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Portrait - Patrick Sauzier : le banquier du tourisme


Publié le : 23.01.2026 I Dernière Mise à jour : 23.01.2026
Portrait - Patrick Sauzier : le banquier du tourisme I Crédit photo Michel Messager

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  • Michel Messager

Pendant près d’une quarantaine d’années, son allure et son flegme très ‘’british’’, sa courtoisie légendaire… celui que l’on appelait ‘‘LE banquier’’ a accompagné les entreprises du tourisme.

« Je vous parle d’un temps où les jeunes qui travaillent aujourd’hui dans le secteur du tourisme ne peuvent pas connaître… » : la rubrique de Michel Messager

 

"Les banquiers sont les médecins de l'économie,

diagnostiquant les maux financiers et prescrivant des remèdes." -Paul Romer

 

Jamais un mot plus haut que l’autre, pendant longtemps (très longtemps) il a été le seul banquier à savoir ce qu’était une agence de voyages ou un tour-opérator, d’où sans doute son stoïcisme à toute épreuve…

 

Présent dans toutes les manifestations de la Profession, congrès, conventions, salons… il faisait partie de la ‘’famille’’. Toujours là, pour les petits comme pour les grands, il savait distiller ses conseils, en toute discrétion, banquier oblige…

 

Rien ne prédisposait Patrick Sauzier à ce métier de banquier qu’il a exercé pendant toute sa carrière.

 

Après des études à l’École libre des sciences commerciales et à la Faculté de Droit, puis libéré de ses obligations militaires, il en profite de faire une année de troisième cycle en markéting à l’ESSEC (il était affecté pendant son service au cabinet du président de l’Assemblée nationale). En 1967, un stage de six mois lui est proposé par hasard dans le groupe CIC. « Je pensais que ce serait un stage sympathique, sans plus. J’ai découvert un monde passionnant qui permet de côtoyer des entreprises très diverses et de participer souvent à leurs grands moments, heureux ou périlleux. »

 

Après un bref passage au CIC dans ses succursales de Douai et Saint-Quentin, il se marie (il aura trois enfants) et rentre à Paris chez la Banque Hervet. Début 1975, il rejoint la banque Monod où il se voit confier les ‘’professions réglementées’’ (agents immobiliers, administrateurs de biens, conseils juridiques, sociétés de travail temporaire… et agences de voyages).

 

Sa carrière était lancée !

 

Il se souviendra toujours des conseils de son patron : « pour s’implanter dans ces milieux deux choses : tisser des liens forts avec les caisses de garanties du secteur et tisser des liens forts avec les syndicats du secteur. »

 

Depuis ce jour, Patrick Sauzier saura toujours faire en sorte que dans les banques où il travaille soient des partenaires et des sponsors du SNAV (aujourd’hui Les Entreprises du Voyages) et de l’APST.

 

N’oubliant jamais ce conseil, Patrick ouvre en 1977 ses premiers comptes d’agents de voyages avec un regret. A-t-il un regret ? non sauf pour Terd’av : « j’ai toujours le regret d’avoir raté l’ouverture du compte de Terres d’Aventures, faute de ne pas avoir encore bien compris le fonctionnement de la garantie financière. » Bien entendu ce ne sera que partie remise quelques années plus tard…

 

Peu à peu, le secteur du tourisme se développe dans la banque, jusqu’à prendre une réelle importance. Au début des années 90, Patrick Sauzier, devenu entretemps Directeur Commercial, est l’un des premiers à communiquer avec la presse professionnelle : à cette époque, dixit Patrick Sauzier « chaque annonce publiée suscitait des dizaines d’appels de gens du tourisme qui proposaient de nous rencontrer. » Il avait tout compris des ‘’us et coutumes’’ de notre profession de l’époque : le Contact humain !

 

Et Dieu sait, si des contacts il en a eu, mais nous n’en saurons pas plus secret bancaire oblige… Dommage !

 

En 1997, Patrick Sauzier se retrouve à la banque De Baecque Beau. Son patron, Christian de Baecque, lui confie la création d’un véritable département tourisme regroupant tous les clients de la banque exerçant dans cette profession, et cela où qu’ils se trouvent !

 

Ce mandat, c’était en quelque sorte une nouvelle et sérieuse reconnaissance pour celui qu’on appelait déjà ‘’Le Banquier’’.

Dès le premier semestre 1998, Patrick et son équipe, mettent en place pour les entreprises du tourisme de nombreuses actions comme des petits déjeuners d’informations sur des thèmes du type : ‘’Ratios moyens des agences de voyages’’,’Impayés et recouvrement des créances’’, ‘’Vente à distance et Carte bancaire’’, ‘’Comment passer un cap difficile’’… qui seront repris sous forme de dossiers techniques. En collaboration avec l’APST, la banque De Baecque Beau sera un partenaire actif dans le ‘’Challenge du Nouvel Entrepreneur du Tourisme’’ dès sa création en 1998.

 

En 2003 Patrick Sauzier et son équipe finalisent ‘’ le dispositif d’aide au rachat d’entreprise (rachat du fonds de commerce) par les Jeunes Professionnels’’, en collaboration avec la Sofaris et L'APST.

Fidèle à sa philosophie, à savoir : « Nous avons le devoir de dépasser notre strict rôle de banquier pour apporter notre contribution », les équipes de tourisme de la banque multiplient, les actions de formations et de conseils à travers toutes les régions de France.

 

Patrick Sauzier, a toujours défendu les jeunes et nouveaux entrepreneurs. Combien de fois l’ai-je entendu, devant ses patrons, devant les ministres ou à Bercy tenir le discours suivant : « Les nouvelles générations ont l’esprit créateur et ont la volonté d’entreprendre et notamment dans le tourisme qui voit régulièrement de très beaux projets. Notre mission consiste à les aider, de les accompagner et si besoin est, de les remettre sur le droit chemin, car ce sera la richesse de la profession de demain. Bien entendu, la confiance n’excluant pas le contrôle… »

 

(Pour mémoire, cette citation est attribuée à Lénine dans ses relations avec Trotski !)

 

Rachetée par HSBC en 2005, la banque est identifiée par l'appellation HSBC de Baecque Beau, puis en 2006 sous l’appellation HSBC.

 

C’est la dernière ligne droite pour le ‘’Banquier du Tourisme’’. Pas facile d’imposer le secteur du tourisme dans une banque mondiale, de surcroît Hong-Kongaise, présente dans plus de 80 pays et implantée en France seulement depuis 2 000 (l’année du Bug) !

 

L’ère du ‘’reporting’’ tous azimuts est arrivée.

Tout en gardant la tête froide et ses convictions, Patrick Sauzier a su prendre les bons côtés et les opportunités de cette nouvelle dimension : « grâce à l’implantation de HSBC dans le monde j’étais capable désormais d’ouvrir instantanément un compte dans une des succursales à Singapour, Dubaï ou autre lieu… un top pour les agences de voyages et les tour-opérators. »

 

Ainsi quand il partira d’HSBC en juillet 2008, il laissera un portefeuille de plus de 500 clients d’entreprise (un tiers de producteurs, un tiers d’agences indépendantes et un tiers de réseaux et institutions), tout en développant le rayon d’action de la banque à des chaînes hôtelières et des prestataires informatiques… À son départ, le tourisme représentait plus de 10% des affaires d’HSBC France !

 

Quand on demande, à Patrick Sauzier, son plus beau souvenir de voyages, il nous répond : « en 1992, la finale du championnat des vendeurs à Bali. Un pays magnifique, une organisation de voyage super (par les soins d’Asia), des vendeurs très motivés et très impatients de savoir quel prix j’allais remettre : crédit ? Découvert ? Ou autre… En réalité une montre Breitling. »

 

Sa plus grande fierté : « assister au démarrage de jeunes entreprises avec succès et de voir leur capacité de résilience et de réactivité devant de grands bouleversements, tels que le 11 septembre. »

 

Sa plus grande angoisse : « réunir toutes mes forces de persuasion pour convaincre mon Président que la Profession n’allait pas s’écrouler à chaque attentat, crise politique ou fait de guerre. Il m’a fallu aussi lui expliquer que les agences physiques ne disparaîtraient pas au profit d’internet mais devraient évoluer. Je constate que c’est toujours ainsi. »

 

Aujourd’hui Patrick Sauzier coule des jours heureux entre Bourges et sa fameuse pâte brisée ou feuilletée et l’île Maurice dont une partie de sa famille est originaire, et malgré les ‘’Mozart de la finance’’, notre banquier du tourisme continue à être appelé pour des conseils.

 

Il est vrai que les finances n’ont pas de modes et l’IA n’y changera rien : « un débit est un débit et un crédit restera toujours un crédit » paroles de banquier.

 

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