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Destination

Les Comores, le diamant brut de l’océan Indien


Publié le : 13.01.2026 I Dernière Mise à jour : 20.01.2026
Les Comores, le diamant brut de l’océan Indien
Les Comores, le diamant brut de l’océan Indien I Crédit photo Violaine Cherrier

Bienvenue aux Comores, l’archipel « vierge » qui veut éviter le piège Zanzibar. Aux Comores, on ne vient pas « consommer une destination ». On vient la découvrir pendant qu’elle s’invente. Carnet d’exploration entre Grande Comore, Mohéli… et l’appel d’Anjouan.

 

Début décembre 2025, nous avons atterri à Moroni sur invitation de l’Office National du Tourisme des Comores et de son directeur, Mohamed Rachidi. Objectif assumé : attirer des regards extérieurs, tester un itinéraire, écouter les retours… et préparer l’avenir, alors que l’archipel accueillera, à l’été 2027, les Jeux des îles de l’océan Indien. Un accélérateur attendu pour les infrastructures comme pour la visibilité internationale.

 

Quand exotique rime avec authentique

Dans un monde où tout a tendance à s’uniformiser, les Comores offrent véritablement une parenthèse enchantée à qui souhaite voyager autrement. Oubliez le tourisme de masse (et tant mieux) et les hôtels de luxe. Place à un tourisme responsable et à la promesse d’une expérience hors des sentiers battus et rebattus. Malgré leur proximité géographique, vous êtes ici très loin de la surpopulation touristique de Zanzibar et des standards touristiques habituels.

Qu’on se le dise, les Comores ne sont (pour le moment) pas accessibles à tous les voyageurs – comme tout diamant qui doit être poli pour atteindre sa pleine valeur –, mais représentent sans conteste une destination à découvrir. Une vraie alternative pour les voyageurs en quête d’authenticité. Un véritable appel à l’aventure, entre chaleur humaine à l’africaine et températures estivales toute l’année, entre plages paradisiaques bordées de leurs eaux turquoise et randos dans une nature protégée, entre découverte d’un artisanat ancestral et d’une culture locale bien vivante. Une perle de l’océan Indien… où l’on parle français.

Comores : l’archipel qui s’invente sous nos yeux

Les Comores, c’est avant tout des traditions millénaires et une histoire qui réveillera les aventuriers qui sommeillent en nous à la seule évocation du célèbre mercenaire, Bob Denard, surnommé le « vice-roi des Comores ». Une histoire étroitement liée à celle de la France. Car, on l’oublie souvent, mais les Comores, ce ne sont pas trois îles mais quatre. Et la 4e n’est autre que le 101e département français (depuis 2011) : Mayotte !

Présente sur le sol mahorais depuis 1841, la France annexe les trois autres îles de l’archipel des Comores en 1912. En 1946, l'archipel des Comores obtient le statut de « Territoire d'Outre-mer (TOM) », mais le 22 décembre 1974, un référendum acte la séparation. Grande Comore, Mohéli et Anjouan choisissent l’indépendance pour composer le territoire actuel des Comores, alors que Mayotte vote en faveur du maintien au sein de la République française.

Mais les deux pays sont, depuis, restés très liés. Si les Comores comptent environ 900 000 habitants en 2026 (dont 400 000 sur l’île principale de Grande Comore), 750 000 Comoriens vivent également en France, dont 300 000 à Marseille, souvent appelée la 5e île des Comores. Parmi les membres de cette diaspora figure notamment le chanteur Soprano. 

En ce sens, les Comores offrent une vraie alternative aux touristes français désireux de découvrir une nouvelle destination francophone, autre que leurs voisines, Madagascar, l’île Maurice ou l’île de La Réunion, ou les Antilles.

Un voyage « pionnier »

Aux Comores, le voyage commence avant le voyage. Avant les « resorts », avant les standards, avant les automatismes. Début décembre 2025, invités par l’Office National du Tourisme des Comores, nous avons parcouru l’archipel avec un sentiment rare : celui d’être là au tout début, en explorateurs, presque en pionniers. Une destination encore peu équipée, mais portée par une volonté politique et par une énergie nouvelle.

Ce séjour a été imaginé avec Savanna Tours & Safaris (réseau d’agences réceptives africaines) et organisé avec Roukia Abderemane, comorienne d’origine et dirigeante de l’agence Les Perles de l’océan Indien à Talence (près de Bordeaux).
Sur place, l’opération a été gérée par Adore Comores et son fondateur, Jon Hildebrandt, un Américain (francophone) né au Kenya et installé dans l’archipel depuis plusieurs années (agence créée en 2020, avec un axe transport maritime renforcé en 2025).

Le mot qui revient dans les échanges, c’est « exploration ». Parce qu’ici, tout n’est pas encore prêt… et c’est précisément ce qui peut séduire une clientèle à la recherche du charme de l’imprévu. Sur le terrain, tout se joue sur une alchimie : nature brute, culture forte, sentiment d’être « au début de l’histoire ».

Toutefois, la volonté politique est là. La conscience de la nécessité de développer un tourisme durable, aussi.

 

2027 : les Jeux comme accélérateur… et comme vitrine

Et comme pour tout nouveau projet, un moteur est nécessaire pour le faire avancer. Pour les Comores, l’organisation des Jeux des îles de l’océan Indien en août 2027 n’est pas seulement un événement sportif : elle est présentée comme un concours d’entrée dans le tourisme moderne. Cette compétition multisports quadriannuelle rassemblera sept délégations : l'île Maurice, les Seychelles, les Comores, Madagascar, Mayotte, l'île de La Réunion et les Maldives.

Parmi les chantiers engagés : gestion des déchets (aucune usine de recyclage sur place), qualité d’accueil, formation, langues, transport, signalétique touristique, restauration, rénovations et constructions hôtelières…

Parmi les projets évoqués : un « village des Jeux » conçu pour héberger environ 4 000 athlètes pendant deux semaines, puis destiné à la vente (332 villas, comprises entre 400 et 800 m², dont certaines avec piscine).

Et dans les discussions, une ligne rouge : ne pas reproduire les erreurs du passé. Au contraire ! Sur ce point, les Comores peuvent compter sur un atout de taille : leur (quasi) virginité ! Un terrain de jeu grandeur nature où l’on peut éviter de répéter ce qui a pu dénaturer d’autres destinations (surbétonisation, tourisme de masse, perte de charme, animations « attrape-touristes », etc.).

Si, en l’état, le produit mérite encore quelques ajustements en matière d’infrastructures touristiques, la promesse qu’il porte en lui est, quant à elle, déjà très attrayante : celle d’un voyage qui ne vous laissera pas indifférent.

Grande Comore : Moroni, le Karthala et une côte volcanique qui raconte l’archipel

L’aventure débute dès le tarmac de l’aéroport international de Moroni, Prince Saïd Ibrahim (dont la capacité d’accueil devrait augmenter prochainement), avec un accueil VIP qui nous est réservé. Nous goûtons avec autant de plaisir au jus de fruits exotiques frais et aux samoussas qui nous sont offerts qu’à l’accueil comorien. Grande Comore est quotidiennement desservie par les compagnies aériennes de la région (Ethiopian Airlines, Kenya Airways, EWA Air notamment), une ligne directe avec La Réunion ouvrira en 2026.

 

Moroni : la médina comme entrée dans l’âme comorienne

À Grande Comore, Moroni n’est pas une escale : c’est un sas, une entrée en matière idéale : ruelles anciennes, atmosphère arabo-africaine, tenues traditionnelles, marchés, épices, poissons… et surtout, la médina. Plus qu’une visite de la vieille ville en pierre, une invitation au voyage (dans l’histoire du pays), une immersion dans une atmosphère « arabesque » et des scènes de rue qui rappellent que l’archipel a une identité singulière, à la croisée de plusieurs mondes.

Au détour d’une petite place, des hommes jouent au Mraha Wa Tso (jeu de stratégie traditionnel comorien, joué avec des graines), tandis que l’entrée d’une maison est transformée en une exposition photo. Entre mosquées, musées et échoppes, le site historique fait l’objet d’une dynamique locale de rénovation en vue d’une future inscription au Patrimoine mondial de l'Unesco.

Pour appréhender au mieux Moroni, on embarque avec Benoît Tredez, notre vidéo-reporter, qui a arpenté les rues de la ville pour en extraire toute la saveur : Moroni, c’est capitale aux Comores.

À la découverte d’un artisanat millénaire

Avant même les sites d’intérêt, un passage pose le décor : le Centre national de l’artisanat comorien Bandamadji-Itsandra, dirigé par Rahamatou Goulam Badoro, qui assure la production, la fabrication et la commercialisation de l’artisanat local. Vous y découvrirez toute la richesse du savoir-faire local.

Sur la route de Moroni, une halte à la distillerie d’Ylang-ylang, une plante à fleurs dont les Comores sont le premier producteur mondial, vous permettra de mieux comprendre pourquoi l’archipel est surnommé les îles aux parfums. Ici, vous en saurez plus sur la fabrication des savons et huiles essentielles issues de la distillation.

Un arrêt au village de Mbéni, plus au Nord, pour laisser les visiteurs apprécier pleinement la culture locale : rencontre avec une association traditionnelle de femmes poétesses, démonstration de danse locale... Les Comores revendiquent une cinquantaine de danses traditionnelles : certaines uniquement pour les femmes, certaines réservées aux hommes, et d’autres mixtes.

Mbéni, surnommée la « ville aux minarets », est un centre culturel et historique majeur des Comores. Vous pourrez également y visiter un site d’écotourisme, un centre artisanal et un musée d’histoire locale, et y obtenir de nombreuses informations sur le poisson emblématique de l’archipel, le cœlacanthe, ainsi que sur la fabrication de la vanille.

 

Le Nord de Grande Comore : « sites signature » et paysages carte postale… version brute

Direction le Nord de Grande Comore, en empruntant une superbe route panoramique qui serpente à travers les paysages spectaculaires du Karthala, entre collines volcaniques, végétation luxuriante et vues imprenables sur l’océan. Une partie de la route, sous la forme d’une piste, vous donne l’impression d’être en safari. Dépaysement garanti !

Une fois passés de l’autre côté du volcan, place à une véritable carte postale grandeur nature qui vous offre une succession de scènes très photogéniques, mais jamais « lisses » :

  • Le Dos du Dragon, cratère côtier en partie englouti ;
  • Le Lac Salé, lac de cratère volcanique à l’eau salée, auquel les habitants prêtent des vertus curatives ;
  • Le Trou du Prophète (l’un des spots les plus photographiés) ;
  • Le plus grand baobab de l’île (pouvant accueillir jusqu’à « six personnes à l’intérieur »), plage de Maloudja et village de Mitsamiouli.
  • La magnifique plage de sable blanc immaculé de Bouni et ses eaux cristallines…

Le fil rouge, c’est la matière : volcan, basalte, mer, et cette impression que l’île est née « hier ». Ces sites, tous plus majestueux les uns que les autres, n’ont rien à envier aux îles plus « connues » de l’océan Indien, et présentent un atout de taille : l’impression d’être seuls au monde.

Facilement accessibles depuis la route, certains de ces spots vous offrent un panorama à couper le souffle (comme le Dos du Dragon ou le Lac Salé), tandis que d’autres vous plongent dans une île paradisiaque (la plage de Bouni) qui ferait pâlir d’envie les adeptes de l’île Maurice.

Le Sud de Grande Comore : mémoire, histoire et volcan vivant

Ici, la destination change de ton. Mais les centres d’intérêt sont toujours nombreux. Et pour certains majestueux. La balade commence à Iconi, ancienne capitale des sultans de Bambao, entre anciens palais, piscine d’eau de mer et récits historiques marquants. Nichée au pied d’un cône volcanique, la ville a été témoin d’un des événements les plus dramatiques de l’île : celui des femmes qui, au XIXe siècle, ont préféré se jeter du haut des falaises avec leurs enfants plutôt que d’être réduites en esclavage par les pirates malgaches.

La scène s’est produite juste en face de l’ancien palais Kaviri Djewé, construit en corail et en pierre volcanique, et de la « piscine » naturelle qui, à marée haute, se remplit d’eau de mer et donne à la mosquée qui la jouxte l’impression de flotter sur l’eau. À sec, elle est nettoyée par les enfants du coin dans le cadre d'un projet associatif.

À proximité, le Lac Marabou, lagune d’eau salée entourée de mangroves et fréquentée par de nombreux oiseaux, offre un cadre naturel paisible. Il figure dans le cadre d’un projet pilote de restauration et d’exploitation durable des mangroves.

Plus au Sud, Singani a été rendue célèbre par la coulée de lave qui a détruit le village lors de la dernière éruption du Karthala, en 1977. La communauté a reconstruit le village sur la coulée durcie, en utilisant la roche volcanique comme matériau de construction.

Le volcan constitue le moment « grand angle » de la visite de l’île. Ne dit-on pas de Grand Comore qu’elle est l’île aux 120 volcans ? Plus exactement, 120 pics volcaniques. Outre le fait que son sommet culmine à 2 361 m, l’ascension du volcan Karthala, en 4x4, puis trek guidé jusqu’à la caldeira, est un incontournable. De là-haut, vous tutoyez les nuages et surplombez l’île avec une vue imprenable sur l’océan Indien. Mais surtout, vous randonnez au milieu d’un paysage « lunaire », entre cendres, blocs de pierre volcanique et flore verdoyante, jusqu’à l’un des plus grands cratères du monde (300 m de profondeur).

Pause photo obligatoire, mais n’oubliez pas d’admirer le paysage à l’œil nu. Il en vaut le détour. Petit plus de l’escapade : l’altitude vous offre une fraîcheur bienvenue.

Benoît Tredez n’a pas résisté à l’envie de vous présenter les plus beaux paysages volcaniques de Grande Comore en vidéo : Grande Comore, l’île née du feu.

Où loger à Grande Comore ?

Comme expliqué, le pays développe encore ses « scènes d’accueil ». Le contraste hôtelier est un sujet central de ce voyage : peu d’infrastructures, mais une vraie dynamique, portée en partie par la diaspora qui rentre et investit.

Itsandra Beach Hotel & Resort

Pour un hébergement « complet », vous trouverez tout sur place à l’Itsandra Beach Hotel & Resort. Proche de Moroni et à 25 minutes de l’aéroport, il se compose actuellement de 52 chambres (Deluxe, Luxury et Suite) équipées d’une clim et du Wi-Fi, et prévoit une extension de 154 nouvelles chambres 5* pour accueillir les visiteurs à l’occasion des Jeux des îles de l’océan Indien. D’ici là, privilégiez les chambres Luxury : plus éloignées de l’accueil, elles proposent une sublime vue mer. Les chambres Deluxe doivent être prochainement rénovées (la literie est très confortable mais la salle de bains mérite un coup de frais).

L’hôtel compte de nombreux atouts, à commencer par son magnifique jardin bordé de palmiers, sa grande terrasse où vous pouvez vous restaurer et profiter d’un verre face à la mer, et un accès direct à la plage et à son club de plongée. Bien que nous n’ayons pas pu tester cette activité, les Comores méritent de devenir une destination Plongée de premier ordre au vu de leurs eaux cristallines et de la diversité de leur faune marine. Une salle de massage (et même une salle de conférence) complète l’offre. Une piscine viendra également agréer l’ensemble (en cours de rénovation).

Coelacanthes Resort

Autre option à Moroni : le Coelacanthes Resort et sa piscine d’eau de mer semi-olympique face à la mer. Sa (très) grande terrasse surplombant la piscine vous accueille pour le déjeuner/dîner, aussi bien que pour des événements : le soir de notre arrivée, nous avons ainsi pu profiter concert du groupe comorien Yax Leader (et on a adoré). Idéal pour déguster la gastronomie locale et profiter pleinement de l’atmosphère des Comores.

L’Escale

Toujours à Moroni, L’Escale apporte une touche plus intimiste. Non seulement le restaurant (car oui, c’est d’abord un restaurant) vous régale de sa cuisine maison (testée et approuvée), mais ces cinq chalets en bois, tous situés au calme, derrière le restaurant, vous permettent de visiter très facilement la ville et ses alentours.

Chalets Chomoni

Sur la côte Est de l’île, les Chalets Chomoni (concept développé par un Franco-Comorien) illustrent parfaitement la nouvelle offre hôtelière souhaitée par le pays. Entre mer et volcan, les 7 chalets (vue jardin, mer ou studio) peuvent accueillir jusqu’à 20 personnes (avec un lit additionnel). Chaque chalet possède sa décoration propre, tout en sobriété mais avec tout le confort souhaité, et fonctionne au solaire. Car les Chalets Chomoni offrent une approche résolument écologique : pas de TV, ni de canettes, récupération des bouteilles en plastique, prêt de VTT pour explorer les environs (villages, cimetière juif…), etc. À 1 heure maximum de l’aéroport (transfert pris en charge par l’hôtel) et de Moroni, vous profitez ici d’un calme absolu, et d’un accès direct à la plage (snorkeling possible), où se situe une petite mosquée vieille de 300 ans que le propriétaire des lieux est en train de rénover. Possibilité de dîner sur place, face à l’océan Indien. Tout est fait maison (et c’est très bon).

Naya Lodge

Plus au Nord, près du village de Misamiouli et à 30 min de l’aéroport (la route est toute neuve), le Naya Lodge est flambant neuf lui aussi. Ce projet familial propose 8 bungalows en bois (une extension de 20 chambres est prévue pour une offre familiale et MICE d’ici 2027), construits avec des matériaux adaptés à l’air marin. À titre d’information, la suite est à 280 euros, petit-déjeuner inclus, et 380 euros en été (haute saison). Le site est équipé de 100 m2 de panneaux solaires et d’un système de gestion de l’eau (eau de pluie et eaux usées utilisées pour l’arrosage).

C’est l’endroit parfait pour se poser et se reposer. Au programme : spa, fitness ou transat. Les clients ont le choix entre la superbe piscine à débordement, avec vue sur l’océan, la plage Galawa accessible à pied depuis l’hôtel, ou, juste à côté, la splendide plage de Maloudja.

Vous aurez le choix entre faire la sieste sous les palmiers, prendre l’apéro les pieds dans l’eau ou vous détendre grâce à une baignade dans une eau à 30°. Ces plages sont également privilégiées par les locaux et vous offrent un moment d’échange magique avec les enfants.

Une petite faim ? Ça tombe bien, le chef mauricien et le sous-chef comorien du restaurant du Naya Lodge vous préparent une savoureuse cuisine, savant mélange des produits locaux et de la cuisine européenne. À noter : l’hôtel obtiendra sa licence d’importation d’alcool en 2026. L’équipe est 100 % francophone et des excursions vous sont proposées pour découvrir les sites d’intérêt à proximité (volcan, Lac Salé, Trou du Prophète, culture locale, etc.).

À noter : certains produits sont développés sur des fonds propres dans le cadre d’une initiative personnelle ou familiale, mais par des non-professionnels du tourisme. Certains hébergements sont parfois mal conçus. Au Naya Lodge, nous vous recommandons la suite (produit de grande qualité), mais la chambre standard comporte quelques défauts (notamment pour les plus âgés) : lit collé au mur d’un côté et éloigné de la clim, peu de place entre la douche et la porte de la salle de bains…

Pour les voyageurs en quête d’une authenticité maximale, il est également possible de loger et de dîner en immersion chez l’habitant. Idéal pour déguster des repas traditionnels.

On jette un dernier coup d’œil à Grande Comore, Perle de l’océan Indien, avec Benoît Tredez :

Mohéli : l’île sanctuaire, le parc marin, les tortues… et le luxe rare du « silence »

Changement immédiat avec la plus petite des îles comoriennes et ses 52 000 habitants : Mohéli n’est pas une carte postale « resort », c’est une promesse de nature. Pour vous rendre sur l’île, il vous faudra prendre le bateau. Les 60 minutes de traversée (environ) sont l’occasion d’admirer le paysage marin (vous pouvez notamment observer les dauphins), mais aussi de dialoguer, selon la taille du groupe, avec la population locale. À noter que l’agence Adore Comores possède son propre bateau : Adore Comores Express. Pratique !

Le passage à Mohéli change tout : on quitte l’île « capitale » pour un récit de nature. À l’arrivée, cela peut surprendre, mais vous devrez remplir un formulaire d’entrée à Mohéli (même si vous venez de Grande Comore), et débarquer… sans débarcadère. Un ponton flottant vous permet néanmoins de ne pas vous mouiller les pieds, et l’équipage s’occupe de vos bagages.

 

Les expériences « signature »

Direction Fomboni, capitale de l’île, et son marché coloré et animé. Une visite incontournable avant une pause « thé » bienvenue.

Mais l’essentiel n’est pas là. Non. Mohéli, c’est une réserve naturelle à ciel ouvert et à fonds marins. Un trésor vert protégé et préservé en tant que parc national. Sur terre, sous l’eau ou dans les airs, le « jardin des Comores » vous offre une bouffée d’oxygène exceptionnelle :

  • Îlots inhabités ;
  • Arche naturelle ;
  • Plages de sable blanc ;
  • Snorkeling et plongée sous-marine au cœur du parc marin ;
  • Jungle « tropicale » ;
  • Lagon aux eaux translucides ;
  • Et, cerise sur le gâteau, observation nocturne de la ponte des tortues vertes (à Itsamia).

À Mohéli, vous êtes à la fois au plus près de la nature, de la faune et des humains.

 

Mohéli : l’offre s’organise autour de quelques adresses clés

Afin de préserver son côté naturel, l’île comporte peu d’infrastructures. Seuls deux hôtels y sont répertoriés.

Les Abous

L’auberge Les Abous (2*) propose trois types de chambres (entre 40 et 70 euros la nuit environ) et un restaurant (au menu : poulet, salade, crudités, fruits). Son plus : sa vue imprenable sur la mer et son accès direct à une plage privée.

Le Laka Lodge

Le Laka Lodge, second établissement de l’île, est à la fois un hébergement… et un organisateur d’expérience. Côté chambre, vous avez le choix entre deux suites en bord de mer, deux chambres supérieures de plus de 50 m2 et des bungalows de 20 m2. Toutes en pension complète : petit-déjeuner, déjeuner, goûter (thé, café, beignets), dîner. Au menu : poisson (mais pas de poisson entier grillé), plats en sauce, plats et hamburgers végétariens, très peu de viande en revanche. Attention, si la clim est disponible dans les chambres, elle est en supplément (10 euros par jour) et le Wi-Fi n’est disponible que dans les parties communes, pas dans les hébergements.

Le lieu a surtout un charme fou : ici, vous dormez face au lagon, bordé d’une magnifique plage. Vous êtes accueilli par une Noix de Coco fraîchement coupée et « prête à boire », vous vous baladez dans les allées arborées à la recherche des Makis (lémuriens) qui habitent ici en toute tranquillité (des bananes sont proposées gratuitement à l’accueil pour les nourrir).

Le soir, vous pouvez prendre un verre sur la plage, au coucher du soleil, au son d’une danse traditionnelle interprétée par un groupe folklorique local. Possibilité aussi de louer des VTT.

Côté activités, deux éléments structurent l’offre « nature » :

  • La plongée sous-marine : Mohéli Laka Lodge Diving est le seul centre de plongée de l’île, explorant le parc national (mentionné à 400 km²) depuis 2013. Réservation recommandée.
  • Sorties mer / faune (excursions payantes) : snorkeling (prêt de masque, palmes et tuba), nage avec dauphins / raies manta / baleines à bosse (selon la saison), pêche, kayak / paddle, et sorties « tortues » la nuit ; balade dans la jungle à la rencontre des chauves-souris Livingston et baignade dans la cascade ; randonnée dans la forêt primaire avec un guide dans une végétation tropicale ultra dense (dégagée à coups de machettes) ; visite du village voisin et d’une distillerie d’ylang-ylang

Une adresse qui assume l’esprit « aventure tout confort » : il est bon de rappeler que nous ne sommes pas sur une île de tourisme de masse, mais sur un produit pensé pour des voyageurs aguerris, avec une vraie promesse nature.

Partons à la découverte de Mohéli, l’île secrète des Comores, avec Benoît Tredez :

Anjouan : l’île « à raconter » (même sans l’avoir foulée)

Aux Comores, la réussite d’un combiné multi-îles dépend aussi de la logistique (liaisons, météo, horaires, départs soumis aux marées, départs tôt recommandés). Pour cette dernière étape, cap sur Anjouan, la plus lointaine des trois îles. Pour y accéder, privilégiez l’avion pour atterrir à l’aéroport d’Ouani. La liaison peut également se faire en ferry. Pensez à bien vérifier les dates et les horaires car le service n’est pas nécessairement quotidien.

Puisqu’une image vaut mille mots, je laisse ici Benoît Tredez vous faire découvrir en vidéo « Anjouan, l’île parfumée des Comores » :

Faute de temps, nous n’avons pas pu visiter cette dernière île, mais elle fait pleinement partie de l’imaginaire comorien : celle que l’on décrit souvent comme « l’île-jardin » (relief, plantations, randonnées, cascades) est la moins « industrialisée », touristiquement parlant. Toutefois, des guest houses au confort moderne, conformes aux normes européennes, y sont disponibles.

Pour aller plus loin, Benoît nous emmène à Mutsamudu, immersion dans la capitale d’Anjouan :

Ce que racontent les Comores, au-delà de la carte postale

Les Comores ne sont pas (encore) une destination « plug-and-play ». Elles demandent de choisir son voyageur. La destination veut grandir, mais pas se trahir. La « virginité » est revendiquée comme une chance : celle d’être un laboratoire afin d’éviter de reproduire les erreurs du tourisme de masse survenues ailleurs.

Et c’est peut-être là que réside l’argument le plus fort : aux Comores, l’authenticité n’est pas un slogan marketing, c’est l’état actuel du pays. Le nerf de la guerre pour l’Office national du tourisme : accessibilité, logistique et « vraie » promesse client.

Mais les Comores ne s’achètent pas avec une promesse « facile ». Elles se vendent sur une autre musique : authenticité, nature, culture, et une forme de luxe très contemporain : celui d’un archipel encore préservé, loin des foules et des itinéraires copiés-collés.

Trois îles, trois énergies :

  • Grande Comore pour l’histoire, la ville, le volcan, la côte noire et les sites « signature ».
  • Mohéli pour le sanctuaire : parc marin, tortues, plongée, lenteur, nature.
  • Anjouan comme promesse « jardin », dans une logique de combiné bien pensé.

Les Comores se révèlent une destination de rupture, « anti-masse » par nature (et par nécessité), qui s’impose comme une alternative durable à Zanzibar et à l’île Maurice… mais pas selon les mêmes codes. Plongeurs, backpackers et aventuriers y trouveront le plus merveilleux des terrains de jeu, en attendant d’autres profils voyageurs dans quelques années (et qui seront tout aussi émerveillés).

À table !

Côté gastronomie, les Comores ont aussi une identité affirmée. Légumes et fruits de tous genres sont cultivés sur place : orange, avocat, goyave, mangue, pomme de jaque, noix de coco, girofle, banane… et, bien sûr, la vanille ! Au menu : poissons frais et fruits de mer, brochettes de bœuf ou de poulet, samoussas… garnissent vos assiettes. Mention spéciale pour le « good good », gâteau signature du pays, au lait de coco et aux épices. Attention toutefois aux conditions de conservation des aliments dans certains établissements. En revanche, tous ceux mentionnés ci-dessous sont « sûrs ».

Trois nouveaux programmes Savanna Tours & Safaris aux Comores

Un potentiel dont a pleinement conscience Jean Michel Juloux, fondateur de Savanna Tours & Safaris, avec qui nous étions partis en Tanzanie :

« La destination se veut plus confidentielle, plus “nature”, moins “plage carte postale continue”. C’est une destination à concevoir avec rigueur côté produit et distribution. Ici, pas de longues plages continues “façon Zanzibar”, les sites sont plus morcelés, plus exclusifs, donc nous sommes sur un tourisme qui doit se penser élitiste et nature, et non mass market. Il faut être clair quant à l’expérience réelle proposée, mais il y a des points d’entrée intéressants. Comme le vol hebdomadaire au départ de La Réunion (un par semaine), ce qui permet de travailler un marché réunionnais qui a déjà de l'appétence. Ensuite, il existe des options via des hubs plus connectés, avec des fréquences plus régulières. C’est une destination qui a du sens, mais seulement si elle est bien conçue. »

Trois programmes à destination des Comores sont déjà au catalogue de Savanna Tours & Safaris. Un partenariat avec Adore Comores est également dans les tuyaux.

Pour quel voyageur ?
Les Comores ne se vendent pas comme une évidence. Et c’est précisément ce que ce voyage met en lumière. Elle s’adresse à celles et ceux qui ont « déjà beaucoup voyagé », cherchent une alternative aux îles très structurées, et veulent retrouver le sentiment rare d’une destination qui n’a pas encore été standardisée.

En filigrane, un point ressort : les Comores ne manquent pas d’atouts, mais l’offre hôtelière est encore en phase de démarrage. C’est précisément ce qui rend l’archipel attractif pour une clientèle en quête d’authenticité… à condition d’assumer une destination qui n’a pas encore standardisé son accueil.

Crédits photo : ©Violaine Cherrier

Crédits vidéo : toutes les vidéos sont disponibles sur la chaîne YouTube de Benoît Tredez.

 

 

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