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Distribution

Les agences franchisées Thomas Cook face à un dilemme : rejoindre un autre réseau ou rester 100% indépendant


Publié le : 29.10.2019 I Dernière Mise à jour : 29.10.2019
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Les agences franchisées hésitent encore sur la marche à suivre : rejoindre un autre réseau ou reste totalement indépendante ? Témoignages. I Crédit photo Adobe Stock

Auteur

  • Manon Gayet et Brice Lahaye

Un mois après la faillite de Thomas Cook France, les agences franchisées sont maintenant confrontées à un autre problème : rejoindre un nouveau réseau, rester totalement indépendantes… ou attendre la réponse du tribunal de commerce. Témoignages.

Elles ont dû gérer les dossiers Jet tours qui tombaient à l’eau. Récupérer des PNR « bloqués », reprotéger leurs clients. Négocier avec certains tour-opérateurs leur imposant de nouvelles modalités de paiement. Les agences franchisées de Thomas Cook France voient à peine le bout du tunnel qu’une autre question se fait aujourd’hui plus pressante. Doivent-elles quitter Thomas Cook pour un autre réseau de distribution, rester complètement indépendantes ou attendre la décision du tribunal de commerce de Nanterre ?

Certaines n’ont pas attendu longtemps pour se décider, comme Éric Hostingue, gérant de l’agence Destination Voyages, près de Bordeaux : « Nous avons agi immédiatement. J’ai adhéré au réseau Tourcom il y a une dizaine de jours car je les connaissais bien. C’est [ce réseau] qui répondait le plus à nos attentes. » Le réseau fondé et présidé par Richard Vainopoulos a d’ailleurs accueilli 70 points de vente depuis la faillite de Thomas Cook France. Et des discussions sont en cours avec « une vingtaine d’autres », explique le président de Tourcom. « D’autres pourraient nous rejoindre, certaines agences nous demandent de l’aide car elles sont laissées à l’abandon. »

Havas Voyages et Selectour lancent aussi des appels du pied aux agences franchisées de Thomas Cook France, tout comme le Cediv, dont le nombre d'adhérents est également grossi par l'arrivée d'ex-franchisés Thomas Cook : « Nous avons été contactés par les agences, avec déjà du monde qui est arrivé et qui arrive encore. Ces agences font le choix de se dire qu'ils quittent une enseigne et veulent rester indépendants. Beaucoup ont peur d'aller dans un autre réseau. Notre fonctionnement est donc intéressant pour eux : ils gardent leur enseigne et nous leurs apportons tout ce qu'apporte un réseau : des outils, des contrats, des rémunérations... », explique Adriana Minchella, présidente du Cediv. « Nous n'avons pas de discours spécifique pour les agences de voyages franchisées qui nous contactent, mais il faut leur dire qu'il ne faut pas avoir peur, malgré ce qui est arrivé, qu'il aient confiance en eux. »

La décision du tribunal sera clé pour bon nombre d'agences franchisées

Les agences contactées par la rédaction ont pourtant fait mention de mails reçus de la part du Cediv et d'autres réseaux leur proposant de les rejoindre. Pour autant, elles ne sont pas toutes convaincues de l’urgence ni de la nécessité de changer de réseau, comme en témoigne John Jarroux, responsable de l’agence Concepteur de voyages à Deauville : « Je me suis renseigné de loin mais rien de plus pour le moment. (…)  L'idée est de rester tranquille pour le moment parce que tout cela nous a évidemment chamboulés. Et je ne veux pas me jeter vers la concurrence, ce qui me paraitrait déloyal et peu compréhensible vis-à-vis de notre clientèle. Évidemment, sous l'effet de l'émotion, on regarde les autres réseaux, on se dit que ça pourrait être bien, mais ma stratégie depuis le départ est de prendre du recul. » De son côté, Valérie Chartier, gérante de l’agence Le Bleu du Ciel Voyages à Asnières, en région parisienne, confie attendre la décision du tribunal de commerce de Nanterre, prévue pour le 5 novembre prochain : « Je possède deux agences, une franchisée Thomas Cook et l’autre Jet tours, et je dois dire que si Jet tours pouvait être repris, j’en serais soulagée. »

Surtout, certains gérants d’agences de voyages se trouvent face au « casse-tête » qu’implique le choix d’un nouveau réseau : « Il y a énormément de paramètres à prendre en compte : les taux de commission, les tarifs négociés, le GDS utilisé… Et puis je m’interroge sur le facteur de réassurance d’une enseigne, aujourd’hui, on ne peut plus vraiment le mettre en avant », confie la responsable d’une autre franchise francilienne. « Mais ce dont je suis sûre, c’est que de rester complètement indépendante et de tout négocier avec chaque TO, un à un, c’est mortel. »

Un risque que cette gérante d’une agence franchisée bretonne est tout de même prête à prendre : « Je suis en cours de réflexion, mais dans l'absolu, je vais être totalement indépendante car je ne trouve pas mon bonheur. C'est quelque chose que je n'envisageais pas du tout. En étudiant [les autres réseaux], en écoutant l'avis d'autres personnes, j'ai eu du mal à me projeter. C'est une question de contrats, d'ambiance aussi, et je ne me retrouve pas ailleurs. Ça va évidemment compliquer les choses, avec une organisation longue, car le réseau facilitait le travail, en se chargeant notamment d'aller voir tous les prestataires. Et ça implique aussi la disparition de la centrale de paiement. Je ne dis pas que je ne rejoindrai pas un réseau dans le futur, mais je veux prendre le temps. »

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