Malgré la poursuite des recherches et un retour sécurisé des participants vers N’Djamena, le septuagénaire dijonnais a été retrouvé sans vie en fin de matinée nous annonce notre source sur place.
Deux jours après sa disparition, le corps de ce retraité français perdu dans le désert lors d'une sortie de groupe, a été retrouvé…
Tchad : que savons-nous sur la disparition de ce Français ?
Lors d’une réunion de crise organisée sur place, hier soir, Sonia du Pont Afrique a dressé un point de situation concernant la disparition de Paul, survenue lors d’une balade au départ du campement de Bachikele.
Sa disparition aurait été officiellement signalée aux organisateurs vers 15h. À partir de ce moment, une coordination aurait été mise en place avec l’armée tchadienne, la Saharienne — organisatrice du festival — ainsi que l’ONPTA (Office National du Tourisme du Tchad), en charge de la logistique.
Selon les éléments communiqués, des moyens terrestres ont été déployés : véhicules, motos et unités militaires afin de quadriller les différents itinéraires possibles. Des traces auraient été repérées à proximité d’un point d’eau, ce qui laisserait supposer qu’il aurait pu s’hydrater. À ce stade, aucune hypothèse criminelle n’est évoquée officiellement. La thèse retenue est celle d’une désorientation dans le désert.
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L’ambassade prévenue tardivement
Interrogée sur le rôle de l’ambassade de France, Point Afrique a indiqué que celle-ci aurait été informée officiellement le lendemain matin à 6 heures, bien qu’elle ait eu connaissance de la situation de manière officieuse dès la veille, notamment par l’intermédiaire d’une journaliste présente sur place.
Il a été précisé que l’ambassade agit comme relais avec les autorités tchadiennes, mais qu’elle ne dispose plus de moyens militaires propres dans le pays.
Retour anticipé du groupe
Il a également été annoncé que l’ensemble des participants — touristes et journalistes — serait évacué vers N’Djamena dès le lendemain. Selon le type d’appareil mis à disposition, un ou deux vols pourraient être organisés dans la journée. Les journalistes devraient être prioritaires en raison de leurs correspondances internationales. Un hébergement serait prévu à N’Djamena jusqu’aux départs vers la France.
Des interrogations persistantes
Plusieurs participants ont néanmoins soulevé des questions sur le déroulement des événements.
Certains témoignages font état d’inquiétudes exprimées dès la fin de matinée, vers 11h ou 11h30, soit plusieurs heures avant l’alerte officielle de 15h. Il aurait fallu insister pour qu’un véhicule soit mobilisé afin d’entamer des recherches préliminaires. L’un des participants affirme avoir dû convaincre les chauffeurs et responsables sur place de la gravité de la situation avant qu’une première reconnaissance ne soit effectuée.
Autre point soulevé : l’absence de consignes claires concernant les déplacements autour du camp. Aucun encadrement formel ni instruction explicite n’aurait été donnés. Plusieurs intervenants ont évoqué un manque de référent clairement identifié sur place et une communication jugée fragmentaire depuis le début du séjour.
Enfin, la diffusion rapide de l’information par l’AFP et certains médias français, relayée par des chaînes d’information en continu, a surpris les participants, certains apprenant la médiatisation des faits par des messages de leurs proches.
Sonia a également tenu à rappeler que Point Afrique avait été missionné pour la réservation des vols et la coordination aérienne, mais que l’organisation du programme sur place relevait exclusivement de la Saharienne et des autorités locales.
Pourtant, plusieurs participants ont souligné que les représentants de la Saharienne présents sur le terrain refusaient régulièrement de répondre aux questions des journalistes et des touristes venus avec Point Afrique.
Selon plusieurs témoignages concordants, certaines demandes d’éclaircissements sur le déroulement du programme auraient été écartées sèchement. Un membre de l’organisation aurait même tenu des propos particulièrement déplacés à l’encontre du groupe, déclarant ne pas vouloir « se mélanger avec ces touristes de merdes », tandis que des journalistes ont été insultés après avoir posé des questions sur le planning, restées sans réponse.
Plusieurs participants ont par ailleurs évoqué une différence manifeste de traitement entre les camps installés à Amdjarass : un espace réservé à la Saharienne, et un autre destiné aux autres participants. Si chacun était conscient de l’absence d’infrastructures classiques dans cette zone isolée, certains décrivent des conditions sanitaires très dégradées dans le camp qui leur était attribué, avec des sanitaires jugés insalubres et non entretenus. Des éléments qui ont contribué à alimenter le malaise général au sein du groupe.
Cette réunion de crise laisse apparaître des zones d’ombre sur la chaîne de décision et la gestion des premières heures suivant la disparition.