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Transport

Environnement : toutes les initiatives prises au sol pour sauver le climat (2/2)


Publié le : 21.11.2019 I Dernière Mise à jour : 29.11.2019
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Tour Hebdo a listé les mesures adoptées par les compagnies aériennes, ferroviaires et de croisières pour l'environnement. I Crédit photo Adobe Stock

Auteur

  • Manon Gayet

Face à l’urgence climatique et le changement de consommation du voyage, les entreprises du tourisme n’ont pas d’autre choix que de mener des politiques pro-environnement. Tour Hebdo les a listées et évoque aujourd'hui celles prises à quai ou sur le tarmac par les compagnies de transport.

Impossible de passer à côté. Le climat, ou plutôt l’urgence climatique, s’est affiché toute l’année au premier plan. La grève scolaire et les discours virulents de Greta Thunberg, activiste suédoise de 16 ans, ont contraint nombre d’industries de prendre de sérieux engagements. Le mouvement du flygskam (littéralement, « la honte de voler ») a eu l’effet d’un électrochoc sur l’industrie du tourisme. L’urgence climatique s’est mue en urgence d’agir pour ne pas perdre de clients – ou plutôt pour éviter aux jeunes générations de se détourner de certaines entreprises qui seraient jugées trop peu eco-friendly. Face à cette actualité très dense, voici une compilation des dizaines de mesures déjà prises ou bientôt appliquées par les transporteurs.

 

Créer un mécanisme d’achat d’émissions

Iata, ainsi que les compagnies aériennes européennes, le défendent bec et ongles. Le système Corsia (Carbon Offsetting and Reduction Scheme for International Aviation, soit « Programme de compensation et de réduction de carbone pour l’aviation internationale » en français) a été élaboré par l’Organisation de l’aviation civile internationale et adoptée en octobre 2016. Il prévoit un système de compensations des émissions et l’utilisation de carburants « alternatifs », c’est-à-dire que les compagnies aériennes peuvent acheter entre elles des unités d’émissions équivalentes. Dans les faits, la participation des pays à Corsia se fait uniquement sur volontariat jusqu’en 2026. En janvier 2018, plus de 70 pays représentant plus de 85% de l’activité aéronautique internationale s’étaient toutefois déjà portés volontaires pour participer. Mais des pays, telle que l’Inde, n’en font pas partie. Le système est donc jugé « faible » par les écologistes.

 

Compenser les émissions

Certaines compagnies prennent le parti de compenser par d’autres biais leurs émissions carbone. Easyjet a ainsi marqué un virage dans sa politique environnementale le 19 novembre dernier. Pour la première fois, les émissions générés par son vol Berlin/Vienne ont été intégralement compensées. Une façon d’inaugurer la neutralisation à 100% des émissions de l’ensemble des vols d’Easyet dès à présent. Une facture estimée à 30 millions d’euros. Par quel biais ? Via des projets de reforestation en Amérique latine ou le financement de centrales solaires en Inde.

De son côté, Air France a annoncé la compensation des émissions de CO2 des quelque « 500 vols intérieurs » effectués par ses avions chaque jour en France à compter de janvier prochain. IAG (British Airways, Iberia…) emboîtera le pas à la compagnie nationale tricolore en 2020 également. Le groupe britannique construit par ailleurs des installations pour produire du fuel à partir de déchets domestiques et du secteur marchand à compter de 2024.

Enfin, sur les rails, la compagnie transmanche Eurostar a annoncé mi-novembre qu’elle planterait un arbre par voyage de ses trains à grande vitesse entre Londres et le continent pour compenser ses émissions carbone dès le 1er janvier. Eurostar soutient désormais les ONG Woodland Trust, Reforest’Action et Trees for All et contribuera ainsi à la plantation de 20 000 arbres tous les ans dans les forêts des pays que ses trains desservent, le Royaume-Uni, la France, la Belgique et le Pays-Bas.

 

Privilégier les circuits courts d’approvisionnement

Les compagnies aériennes se mettent aussi au circuit court. En Asie-Pacifique, Singapore Airlines mise sur « des partenariats avec des producteurs locaux » pour les repas à bord. La compagnie s’associe notamment avec des agriculteurs australiens. Un choix aussi suivi par Japan Airlines, qui est depuis peu associé à un groupe agricole situé à proximité de l’aéroport de Tokyo-Narita.

 

Payer une taxe carbone (ou éco-taxe)

L’exécutif français avait écarté cette hypothèse… avant de la prévoir pour janvier 2020. A compter du 1er janvier, les compagnies aériennes seront soumises à une nouvelle éco-taxe, incorporée en dernière minute à la taxe Chirac existante (et qui sert à abonder originellement des fonds pour les pays en voie de développement). Une mesure dans l’air du temps qui pourrait s’étendre en Europe puisque neuf pays de l’Union européenne plaident « pour une aviation plus propre en Europe, un des moyens de transports les plus polluants qu’ils jugent insuffisamment taxé ».

Parmi les pays, il y a bien sûr la France, mais aussi l’Allemagne, l’Italie, les trois pays du Benelux, la Suède, le Danemark et la Bulgarie. Cette déclaration a été initiée par les Pays-Bas et signée par les ministres des Finances de ces neuf pays pour alerter la Commission européenne : « Nous appelons la nouvelle Commission européenne à faire avancer le débat sur la tarification de l’aviation civile, par exemple au moyen de mesures fiscales spécifiques ou de politiques similaires », écrivent-ils. « Le prix des billets d’avion pour les vols internationaux ne reflète pas suffisamment le coût moyen des émissions de CO2 et des conséquences négatives du transport aérien. » Les Pays-Bas sont d’ailleurs prêts à faire cavalier seul avec leur propre taxe en 2021. Et le Royaume-Uni planche aussi sur sa propre taxe.

 

Adopter du matériel terrestre électrique

Il n’y a pas que dans les airs ou en mer que les compagnies de transport adoptent leurs pratiques pour coller à l’injonction de protéger l’environnement. L’utilisation d’engins électriques sur le tarmac et autour des aérogares est aussi un levier privilégié. L’aéroport de Nice a ainsi annoncé la mise en circulation de navettes 100% électriques dès le 28 novembre pour transporter les passagers des parkings aux aérogares. 90 passagers pourront prendre place à bord de chacun d’eux. Certains aéroports vont encore plus loin comme celui de Cochin, en Inde, qui est devenu dès 2015 la première plate-forme aéroportuaire du monde entièrement alimentée en énergie solaire.

De leur côté, certaines compagnies de croisières prévoient en revanche d’aller plus loin en se branchant au système électrique du port, comme La Méridionale et Corsica Lines à Marseille. Mais cette initiative est encore limitée car ni les infrastructures à terre ni les bateaux eux-mêmes n’ont été pensés pour une telle connexion, rapporte l’AFP.

 

Favoriser les autres modes de transport

C’est un discours qui peut sembler un peu extrême mais il est porté par des entreprises de premier plan du transport. En septembre dernier, la compagnie néerlandaise KLM incitait ainsi les voyageurs à privilégier le train plutôt que l’avion pour des distances courtes comme celle entre Bruxelles et Schiphol. D’ailleurs, KLM remplacera ainsi sa liaison quotidienne entre les deux villes par des navettes ferroviaires à compter du 29 mars prochain ! Une mesure peu envisageable en France, Air France étant en concurrence frontale avec la SNCF – notamment sur des axes comme le Paris/Bordeaux.

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