Les TO, viennent de dépenser au bas mot « 6 millions d’euros pour rapatrier leurs clients suite au conflit du Moyen-Orient » déclare Patrice Caradec lors du forum de Tétouan au Maroc…N’est-il pas temps, enfin, de lancer ce fameux Fonds de Solidarité !
À chaque fois qu’un évènement majeur arrive et vient toucher financièrement les professionnels du tourisme, la question ressort comme le monstre du Loch Ness : quid du Fonds de Solidarité ?
Patrice Caradec, le président du Seto, n’hésite plus à son tour à relancer le débat, au point de proclamer : « je rêve de faire naître une solution qui soit à la fois solide et pérenne pour mettre à l’abri notre profession des dommages qu’entrainent les catastrophes qu’elles soient naturelles ou géopolitiques. »
La quasi-totalité des producteurs étant présent lors du forum de Tétouan, tous impacté de près ou de loin par la crise du Moyen-Orient, le moment était on ne peut plus opportun !
Une occasion de rappeler le code du tourisme qui stipule une ‘’coresponsabilité’’ entre producteur et distributeur, sans pour autant en définir le contour. "Manifestement, nous sommes en présence d’une zone grise" déclare Patrice Caradec.
Certains médias présents au forum se sont ‘’engouffrés’’, à tort, dans ce qui apparaissait comme étant un conflit d’intérêt contradictoire interprofessionnel, au point que Patrice Caradec s’est senti obligé de faire une mise au point : « la presse a voulu faire naître une polémique qui n’avait pas lieu d’être. Nous sommes à côté des EDV et pas en face. Nous devons réfléchir à trouver des solutions pour et pas contre. Je le dis à longueur de journée : c’est ensemble que nous devons avancer ».
Alors la solution ?
Elle existe bel et bien.
Boris Reibenberg avait même proposé un projet de fonds de solidarité structuré et parfaitement adapté. Il explique : « C’est un projet que j’ai essayé de lancer il y a environ 20 ans….L’idée de base était simple, collecter auprès des acteurs une somme basée sur leur volume d’affaires annuel et qui permettait de constituer un « Fonds de Garantie afin d’intervenir en cas d’événement majeur comme ceux que nous avons connus depuis 20 ans ».
Inutile en effet de rappeler les évènements comme, le volcan islandais, les dépôts de bilan de diverses entreprises grandes et petites… et maintenant la crise du Moyen-Orient.
Boris Reibenberg ajjoute : « Avec cette garantie, nous pourrions assurer globalement tout ce qui met en cause les professionnels aussi bien en réponse à leurs responsabilités par rapport au Code du Tourisme que pour apporter une réponse commerciale et faire preuve de responsabilité envers les voyageurs. »
Le fonctionnement est simple et permet même de retrouver au bout de 5 ans une grande partie des sommes versées.
Boris Reibenberg poursuit : « Globalement, le montant collecté annuel avoisinait les 3,5 à 4 millions qui devenaient la franchise en cas de sinistre. Ce qui est à mettre en perspective, c’est le montant global de couverture de 10 millions la première année souscrit auprès d’une compagnie d’assurance. »
Les montants de réserve, les franchises et les sommes garanties en deuxième ressort seraient réactualisés chaque année. Bien entendu l’ensemble serait géré par une Association paritaire ad’ hoc.
François Xavier Izenic, animateur de ce forum, a posé la question au président du comité stratégique d’Xplorassur si : un tel système peut être réactivé ?
Boris Reibenberg n’aimant jamais se trouver pris au dépourvu promet : « oui, dès demain matin ».
Alors Patrice, ‘’tu en rêves ?’’ c’est le moment.
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