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Transport

Les compagnies aériennes peuvent-elles dicter leur loi aux États ?


Publié le : 29.01.2026 I Dernière Mise à jour : 29.01.2026
Les compagnies aériennes peuvent-elles dicter leur loi aux États ? I Crédit photo Jean-Louis Baroux

Auteur

  • Jean-Louis BAROUX

Le bras de fer est entamé entre Ryanair et les États européens. Ces derniers, voyant la croissance régulière des flux de passagers aériens, et pensant donner des gages aux écologistes, ont tous pris le chemin de la taxation des compagnies.

 

A leurs yeux, cela a un double effet : d’abord ralentir les volumes de trafic en particulier les mouvements d’avions sources d’une pollution ciblée par certains électeurs, et surtout faire rentrer de l’argent dans les caisses publiques qui en ont bien besoin. Taxer les passagers est bien vu électoralement car ils sont encore en minorité par rapport aux électeurs et puis pourquoi se priver d’une source de revenu qui ne semble pas sur le point de se tarir.

 

Mais les choses ne sont pas si simples

D’abord les nouvelles taxes que les compagnies devront bien acquitter seront intégralement mises à la charge des consommateurs et ces derniers commencent sérieusement à râler. Et les transporteurs ont une parade toute trouvée : puisque les Etats ne les aiment pas, ils s’en vont purement et simplement.

C’est exactement ce que les compagnies « low costs » sont en train de faire. Or ces dernières ont tenu un rôle essentiel dans le maintien des économies des régions délaissées par le développement industriel. Leur économie s’est transformée passant de la fabrication aux services et au tourisme. Et les « low costs » se sont trouvés en position de force dans ces zones car ils ont le seul modèle permettant d’amener des consommateurs pour remplacer les populations déclinantes.

Au fond ces nouveaux entrants jouent un vrai rôle d’aménagement des territoires. Alors ils commencent sérieusement non seulement à menacer de se retirer, mais à passer à l’action. C’est ce qui se passe dans les pays du sud de l’Europe. Voilà qui ne va pas forcément faire l’affaire des gouvernements. En effet le volume des prélèvements attendus risque bien d’être largement inférieur aux attentes tant il est vrai que l’adage « Trop d’impôts tue l’impôts » s’avère confirmé. Mais en plus ce retrait risque d’entrainer une perte considérable aux régions à caractère touristique qui vivent de l’apport des clients de ces opérateurs.

D’un autre côté, ces mêmes compagnies, encouragées par la croissance continue et un modèle économique efficace, ont commandé une quantité considérable de nouveaux appareils aux grands constructeurs. Les seuls 5 plus gros opérateurs « low costs » européens : Ryanair EasyJet Wizzair Vueling et Pegasus détiennent 1.354 appareils et en ont 983 en commande. En face d’eux les 3 grands groupes : Lufthansa Group, Air France/KLM et IAG ont certes 2.065 avions, mais ils n’ont en commande que 425 appareils. Or tous les avions des « low costs » sont des cours-moyens courriers alors que ceux des grands opérateurs traditionnels sont utilisés en majorité pour des vols long-courriers. C’est-à-dire que les transporteurs « low costs » détiennent maintenant le pouvoir quant aux dessertes européennes et il sera probablement conforté dans le futur.

Certes l’Europe est géographiquement parlant un petit continent sur lequel la voie de surface peut devenir un compétiteur féroce au transport aérien. Les lignes ferrées à grande vitesse ont pris une très grande importance et les cars des grands opérateurs privés sillonnent les autoroutes et proposent des tarifs que même les plus performants des opérateurs « low costs » ne peuvent supporter. Est-ce à dire que les États européens pourront se passer de leurs services s’ils décident de fermer des escales comme ils en ont bien l’intention si les gouvernements ne reviennent pas sur leurs décisions de taxation ? Voilà qui mérite réflexion.

Le rapport de forces entre les Pouvoirs Publics et les opérateurs aériens est assez équilibré et les gouvernements n’ont aucun intérêt à voir le très sérieux maillage de dessertes aériennes, construit patiemment par les opérateurs « low costs », se rétrécir.

La construction d’une nouvelle autoroute ou une nouvelle voie ferrée à grande vitesse se heurte maintenant à la farouche opposition des écologistes qui n’auront bientôt plus le transport aérien à se mettre sous la dent. Certes certains opérateurs aériens comme Ryanair ont un comportement parfois répréhensible lequel est sanctionné par les tribunaux dans de nombreux pays. Ils devront bien, eux aussi, améliorer à la fois leurs relations sociales et les liens avec leurs clients. Ils devront se soumettre aux règles d’indemnisation imposées par les autorités européennes. Mais pour autant les Etats ne doivent pas les considérer comme des ennemis.

 

Il est temps que les gouvernements et les opérateurs apprennent à se parler pour le meilleur service aux populations.

 

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