La fermeture de plusieurs espaces aériens dans le Golfe et la suspension de milliers de vols ont laissé des dizaines de milliers de voyageurs bloqués, notamment dans les grands hubs de correspondance comme Dubaï, Doha ou Abou Dhabi
Pour les professionnels du tourisme, la situation met en lumière la dépendance du trafic long-courrier mondial à ces plateformes stratégiques et aux grandes compagnies du Golfe.
Des milliers de passagers bloqués dans les hubs du Golfe
Depuis le déclenchement des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran et les représailles qui ont suivi, une grande partie de l’espace aérien régional a été fermée pour des raisons de sécurité. Les États du Golfe ont suspendu temporairement leurs opérations aériennes, provoquant l’annulation de dizaines de milliers de vols dans le monde.
Selon plusieurs estimations, plus de 32 000 vols ont été annulés depuis le début du conflit, désorganisant le trafic mondial et laissant des centaines de milliers de passagers dans l’incertitude.
Les hubs de correspondance majeurs – notamment Dubaï et Doha – sont particulièrement touchés. En temps normal, près de 90 000 passagers transitent chaque jour par ces plateformes reliant l’Europe, l’Asie et l’Océanie.
Parmi eux figurent de nombreux ressortissants français en transit ou en vacances, dont plusieurs milliers se retrouvent bloqués dans les Émirats arabes unis, notamment à Dubaï.
Des opérations de rapatriement progressives
Face à la crise, les autorités françaises et les compagnies aériennes travaillent à l’organisation de solutions de retour. Les vols reprennent progressivement dans la région, mais uniquement de manière limitée.
Certaines compagnies commencent à opérer des rotations ponctuelles ou des vols de rapatriement, permettant de faire repartir progressivement des passagers coincés dans les aéroports du Golfe.
Les voyageurs sont toutefois invités à ne se rendre à l’aéroport que sur confirmation de leur vol, la situation opérationnelle restant très fluctuante selon l’évolution sécuritaire.
Pour les professionnels du tourisme, les retards pourraient encore durer plusieurs jours, voire semaines, le temps que l’ensemble des corridors aériens sécurisés soient rétablis.
Emirates, Qatar Airways et Etihad en première ligne
Les trois grandes compagnies du Golfe – Emirates, Qatar Airways et Etihad Airways – sont particulièrement exposées à la crise.
Emirates : reprise progressive depuis Dubaï
Emirates confirme opérer actuellement un programme de vols réduit jusqu’à nouvel ordre. Cette situation fait suite à la réouverture partielle de l’espace aérien régional, permettant la reprise en toute sécurité de certains vols commerciaux.
Les 5 et 6 mars, plus de 100 vols partiront de Dubaï et y reviendront. Ces vols transporteront des passagers souhaitant rejoindre leur destination finale, ainsi que du fret essentiel, notamment des denrées périssables et des produits pharmaceutiques.
Emirates poursuivra la reprise progressive de son programme de vols, sous réserve de la disponibilité de l’espace aérien et du respect de l’ensemble des exigences opérationnelles. La sécurité demeure notre priorité absolue.
La compagnie continue de suivre attentivement l’évolution de la situation et d’adapter ses opérations en conséquence.
À ce stade, les clients sont invités à se rendre à l’aéroport uniquement s’ils disposent d’une réservation confirmée.
Emirates invite l’ensemble de ses clients à consulter régulièrement le site emirates.com ainsi que ses comptes officiels sur les réseaux sociaux, où seront publiées les dernières mises à jour.
Qatar Airways : vols de secours et routes alternatives
La situation est encore plus complexe pour Qatar Airways, l’espace aérien du Qatar ayant été temporairement fermé. La compagnie prépare néanmoins des vols de secours au départ d’aéroports alternatifs comme Mascate ou Riyad, afin de permettre aux passagers en correspondance de rejoindre l’Europe.
Cette stratégie de contournement illustre la capacité d’adaptation des compagnies du Golfe face à des restrictions aériennes majeures.
Etihad Airways : opérations limitées depuis Abou Dhabi
De son côté, Etihad Airways a également suspendu la majorité de ses opérations commerciales. La compagnie basée à Abou Dhabi opère néanmoins quelques vols spéciaux ou de rapatriement lorsque les autorisations de vol sont accordées, dans le cadre d’une reprise progressive du trafic.
Les premières rotations ont permis de commencer à évacuer des passagers bloqués depuis plusieurs jours dans la région.
Un choc majeur pour l’industrie touristique
Au-delà de la crise immédiate, l’impact pourrait être durable pour le secteur touristique. Le Moyen-Orient, qui avait accueilli environ 100 millions de visiteurs en 2025, pourrait connaître une chute significative de la fréquentation en 2026 si le conflit se prolonge.
Les grands hubs du Golfe – Dubaï, Doha et Abou Dhabi – jouent un rôle central dans l’architecture du transport aérien mondial. Leur paralysie temporaire perturbe non seulement les flux touristiques vers la région, mais aussi les liaisons entre l’Europe, l’Asie et l’Australie.
Des compagnies comme Singapour Airline devrait apporter des alternatives comme en témoigne Franklin Auber directeur marketing France de la compagnie : « Il n’y a pas de modification au programme de vols de Singapore Airlines (SIA) sur la ligne Paris-Singapour depuis les évènements de ce week-end au Moyen Orient. Nous sommes toujours à 11 vols directs A/R par semaine entre Paris et Singapour pour la saison Hiver (14 vols en saison Eté).
Dans le détail :
- Mardi 03 mars : 2 vols Paris - Singapour (SQ335 le matin / SQ337 en soirée)
- Mercredi 04 mars : 1 vol Paris – Singapour (SQ335)
- Jeudi 05 mars : 2 vols Paris - Singapour (SQ335 le matin / SQ337 en soirée)
- Vendredi 06 mars : 1 vol Paris – Singapour (SQ335)
- Samedi 07 mars : 2 vols Paris - Singapour (SQ335 le matin / SQ337 en soirée)
- Dimanche 08 mars : 2 vols Paris - Singapour (SQ335 le matin / SQ337 en soirée)
Pour les tour-opérateurs, agences de voyages et compagnies aériennes, la priorité reste désormais la gestion des passagers bloqués et la remise en route progressive du trafic, dans un contexte sécuritaire encore très incertain.