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Pourquoi les transporteurs veulent-ils devenir toujours plus gros ?


Publié le : 06.01.2026 I Dernière Mise à jour : 06.01.2026
Pourquoi les transporteurs veulent-ils devenir toujours plus gros ? I Crédit photo Jean-Louis Baroux

Auteur

  • Jean-Louis Baroux

L’édito de Jean-Louis Baroux, Président APG World Connect

 

Je me pose cette question chaque fois que je vois une compagnie en racheter une autre. C’est peut-être la règle de la vie mais, pour tout dire, je n’en vois pas toujours l’utilité.

 

Dernièrement la compagnie turque Pegasus Airlines a acheté le transporteur national tchèque Czech Airlines après avoir d’ailleurs par le passé acquis la « low costs » de ce pays : Smart Wings. Certes le transporteur turc se porte bien et son gouvernement fait tout pour développer son transport aérien à la notable différence avec les autorités européennes.

 

Ce n’est d’ailleurs pas le seul exemple. On voit non seulement de grosses compagnies prêtes à dévorer de plus petites, mais on constate également que des opérateurs de bonne taille recherchent à se faire racheter par de plus gros. ITA s’est revendu à Lufthansa, SAS est en passe de se faire absorber par le groupe Air France/KLM et TAP fait les yeux doux aux trois majors européens. Que cherchent les acteurs dans cette volonté de rapprochement même si les uns et les autres n’en ont pas vraiment besoin.

 

ITA la compagnie italienne née de la disparition d’Alitalia qui, pour le coup ne pouvait pas espérer survivre vu la manière dont elle état gérée au seul profit de ses salariés et des amis du gouvernement, a fait la preuve de sa capacité de développement sain et rapide. On ne voit pas pourquoi l’état italien n’a pas tout bêtement laissé son transporteur national poursuivre sa croissance laquelle était vertueuse et profitable. Nul doute que le groupe Lufthansa a fait une bonne affaire.

 

Le gouvernement portugais a lancé une recherche d’acheteurs pour sa compagnie TAP Air Portugal. Après des années un peu difficiles, le transporteur lusitanien a fait un redressement spectaculaire et il est maintenant en bonne santé. Sa taille est respectable et il est assis sur un réseau transatlantique sud qui ne demande qu’à croitre. Pourquoi alors vouloir vendre ce qui est rentable et qui porte les couleurs du pays ? Car il ne faut pas s’y tromper l‘acquéreur quel qu’il soit et quelles que soient ses promesses, n’agira qu’à son propre profit, quitte à limiter le développement de sa nouvelle filiale.

 

La tendance au rapprochement, on dit consolidation, ce qui ne signifie rien, n’a jamais fait preuve de ses vertus, ni pour les compagnies achetées ni pour les acheteurs sauf dans le cas d’une stratégie défensive comme c’est le cas pour Air France/KLM. On a assisté aux Etats Unis a la démonstration de ce phénomène. La réunion au sein de trois grands groupes United Airlines, American Airlines et Delta Air Lines de la plupart des compagnies régionales certaines de bonne taille, n’a pas fait preuve de sa réussite. Faut-il rappeler que les trois vainqueurs de la compétition sont tous passés par le Chapter 11 c’est-à-dire par le dépôt de bilan.

 

Faut-il également rappeler la désastreuse stratégie d’Etihad Airlines dont la boulimie a failli être fatale à la compagnie. A trop vouloir grossir, on finit par créer des ensembles disparates et finalement ingouvernables. Certes on pourra toujours m’opposer l’indéniable réussite du groupe IAG, mais il a fallu pour cela que le transporteur majeur : British Airways, accepte de laisser la direction générale à un Espagnol, or on voit mal un opérateur allemand en faire autant avec par exemple un Italien. Et ajoutons que le groupe IAG a une vraie connotation internationale où chaque composante peut se retrouver, alors que ce n’est pas le cas du groupe Lufthansa.

 

Et on peut également de poser une autre question : les compagnies d’un même groupe ne dégageraient-elles pas des résultats aussi bons, voire meilleurs si elles étaient indépendantes ? Une certitude toutefois, les pays qui cèdent leur transporteur national perdent d’une manière ou d’une autre un exceptionnel outil pour la promotion de leur pays. Voilà ce qu’ont bien compris quelques états tels que le Qatar, les Emirats ou la Turquie par exemple. Leur transporteur national et même pour la Turquie, leur « low costs », largement soutenus par leur gouvernement, ont fait la preuve de leur capacité de développement. Et plus leur transporteur se développe, plus l’image du pays est porteuse de valeurs estimables.

 

Certes, certains états sont trop petits et trop faibles économiquement pour supporter une compagnie capable de porter leur image sur un plan international. C’est ce qui se passe dans l’Afrique de l’Ouest, ou dans certaines zones asiatiques et sud-américaines. Mais il reste toujours la possibilité de créer et de développer un transport aérien domestique et régional pour le meilleur bénéfice de leurs populations.

 

Une compagnie aérienne est précieuse non seulement pour son apport économique, mais également parce qu’elle est un puissant véhicule culturel.

 

Lire aussi : Un avenir radieux pour les GDS ? Grands profiteurs de l’IA

 

 

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