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Aérien

Nice, Roissy, Ajaccio : ces projets qui font débat dans les aéroports français


Publié le : 23.01.2020 I Dernière Mise à jour : 24.01.2020
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Le futur terminal 4 de Roissy sera capable d'accueillir autant de passagers que'Orly à lui seul, soit 40 millions de personnes. I Crédit photo ARTENS - stock.adobe.com

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  • Manon Gayet

Ça bouge dans les aéroports français… Et ce n’est pas toujours pour le mieux, à en croire les oppositions qui s’élèvent face aux différents projets prévus à Roissy et Nice, qui vont être agrandis. Dans un registre différent, la tempête qui a paralysé la Corse en décembre à entraîner des travaux nécessaires à Ajaccio. Tour Hebdo fait le point.

Roissy : le terminal 4, les riverains n’en veulent pas

C’est LE méga projet qui va occuper Aéroports de Paris pendant les prochaines décennies. Le gestionnaire des aéroports parisiens a décidé de bâtir un quatrième terminal à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. D’une capacité équivalente à celle d’Orly (40 millions de passagers), ce T4 devrait être mis en service en 2037. L’objectif ? « Répondre à la croissance » du nombre de passagers et « maintenir l’attractivité du site dans un contexte de concurrence internationale », expliquait le PDG d’ADP Augustin de Romanet l’an dernier. Et pour respecter le calendrier, les travaux doivent commencer dès le premier semestre 2021.

Outre le coût très important d’un tel chantier (7 à 9 milliards d’euros), le projet suscite de virulentes oppositions. « Les décideurs ne vivent pas ce qu’ils nous imposent, à nous les "survolés". Ceux qui vivent dans la vallée de Montmorency vont subir 40% d’augmentation des vols », assurait ainsi une riveraine lors d’une réunion organisée en fin d’année à Eaubonne (Val-d’Oise).

« A l’heure de l’urgence climatique, c’est complètement aberrant de doubler le trafic », ajoutait un médecin du département, sur lequel est en partie bâti l’aéroport de Roissy. « Je ne suis pas venu vivre près de la forêt pour me faire polluer », complétait un autre habitant. Selon les estimations d’ADP, les émissions de gaz à effet de serre vont en effet augmenter de 12% à l’horizon 2037 sur la zone aéroportuaire. « Incompatible avec l’objectif de la COP21 », dénonce le collectif Roissy Environnement.

Sans oublier les nuisances sonores qui concernent 127 communes réparties entre le Val-d’Oise, la Seine-et-Marne et la Seine-Saint-Denis. Des élus du Val-d’Oise et des associations de riverains ont ainsi lancé en avril dernier une pétition pour « réclamer la fin des vols de nuit à Roissy comme à Francfort ou à Orly ». Chaque jour, plus de 1 300 avions décollent et atterrissent à Roissy. Ce chiffre pourrait croître de plus de 40% en 2037.

Début janvier, 62 maires d’Ile-de-France ont écrit au président Emmanuel Macron pour réclamer l’abandon de ce projet d’extension de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Ce projet serait synonyme d’« un développement de l’activité économique et du tourisme » mais « entraînerait une dégradation des conditions de vie des populations les plus exposées et fragilisées », affirme le courrier. « Entre des perspectives de croissance hypothétiques et la protection du climat et de la santé de nos concitoyens, nous avons pour nous part choisi. » A date, le président de la République n’a pas répondu.

 

Nice : pour s’étendre, il faut encore grignoter sur la mer

La considération environnementale se mêle aussi au projet d’extension de l’aéroport de Nice-Côte d’Azur. Au dernier jour de l’année 2019, la préfecture des Alpes-Maritimes a indiqué avoir délivré un permis de construire pour l’extension de l’aéroport de Nice, troisième aéroport de France derrière les plates-formes parisiennes. Cet agrandissement, prévu sur 25 000 mètres carrés, prévoit la construction d’un nouveau hall d’enregistrement, d’une zone de tri des bagages et de salles d’embarquement supplémentaires. La surface totale de l’aéroport serait ainsi portée à 97 000 mètres carrés. Il s’agit d’accueillir les quelque 14 millions de passagers annuels de manière optimale, selon les défenseurs du projet.

Premier bémol, ce permis de construire est assorti de deux obligations : le respect du plan d’exposition au bruit et l’intégration optimale du projet dans le paysage environnant. Le problème étant que l’aéroport jouxte une zone de protection Natura 2000 et que les émissions de gaz à effet de serre vont là aussi immanquablement augmenter. « Sur le fond, ce projet est en incohérence totale avec tous les enjeux d’urgence climatique », estimait en décembre Airy Chrétien, cofondateur du Collectif citoyen 06. « En dépit des réserves de l’Autorité environnementale, en dépit des 75% d’opposition formulées de l’enquête publique, en dépit de notre demande de saisine de la Commission nationale du débat public (…) le permis a été accordé. » Le militant cite même le nombre de « 500 morts prématurés à Nice du fait de la pollution de l’air ». Le projet d’extension sera d’ailleurs l’un des points mis en avant durant les prochaines élections municipales... De quoi le remettre en jeu ?

 

Ajaccio : les intempéries de décembre ont montré la fragilité de l’aéroport

Frappée par la tempête Fabien en décembre dernier, la Corse s’est trouvée coupée du monde pendant plusieurs jours. L’aéroport Napoléon-Bonaparte, à Ajaccio, est même resté fermé une semaine durant, pendant les congés de fin d’année, en raison d’inondations de la piste. Des pompes, actionnées nuit et jour, ont tenté d’absorber l’eau le plus vite possible et des travaux ont été effectués dans l’urgence pour rendre l’aéroport opérationnel le plus vite possible. Mais le changement climatique pose question car d’autres phénomènes météorologiques de ce type pourraient survenir de plus en plus régulièrement en Corse-du-Sud (et ailleurs).

Un comité de suivi a donc été monté à la suite du passage de la tempête Fabien avec pour problématiques à suivre l’entretien des cours d’eau et l’urbanisation. Par exemple, une brèche a dû être créée… dans la digue construite à proximité de l’aéroport d’Ajaccio pour faciliter le passage de l’eau. Ce qui pose question sur d’éventuels travaux à mener pour rendre l’aéroport résistant à ces caprices de la météo. A l’automne 2018, la Corse-du-Sud avait déjà été placée en vigilance rouge suite au passage d’une tempête. C’était la deuxième fois de son histoire. Mais pas la dernière.

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