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Exclusif : l’affaire Thomas Cook France racontée par Nicolas Delord (épisode 3/6 : Jet tours et l'offre managériale)


Publié le : 12.02.2020 I Dernière Mise à jour : 13.02.2020
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Après le choc de la défaillance, Nicolas Delord revient sur l'offre que l'équipe managériale de la filiale française a bâti pour reprendre le TO Jet tours. I Crédit photo ©Pierre Morel/Tour Hebdo

Auteur

  • Pascale Filliâtre

Comme dans les meilleures séries, la défaillance de Thomas Cook France a tenu en haleine la profession durant des semaines. En exclusivité, Nicolas Delord a raconté à Tour Hebdo comment a été vécue la crise, de l’intérieur.

Précédemment : Dans nos deux premiers épisodes, « La chute » et « La gestion de la crise », Nicolas Delord revenait sur le 23 septembre 2019, le jour où tout a basculé pour Thomas Cook France, avant de s'expliquer sur l'erreur commise par la banque, les choix de communication du top management ou encore les décisions prises.

 

Épisode 3 : Jet tours et l'offre managériale

 

Échec de la première offre de reprise managériale

« Cela faisait des mois que nous travaillions sur un projet de cession de Thomas Cook France. Nous étions au bout du bout, avec une situation de pertes accumulées sans compter le poids des charges centrales puisqu’on remontait 13 millions d'euros annuels à l’actionnaire. Malgré une technologie défaillante, notre productivité était pourtant l’une des meilleures de la profession. Il fallait qu’on sorte du groupe et on était plein d’espoir, cela allait se faire.

J’avais convaincu l’actionnaire que la stratégie globale du groupe n’était pas adaptée aux spécificités du marché français. Au mois de juin dernier, nous avions trois belles propositions sérieuses d’investisseurs potentiels dont une de reprise du TO avec quelques agences. Elle faisait une place au management. Les lettres d’intention avaient été adressées à Londres. J’étais en attente d’un rendez-vous pour présenter les offres.

Le groupe n’a jamais trouvé trois heures pour nous recevoir et n’a pas fait de zèle, Fosun ne voyant pas forcément d’un bon œil cette sortie du marché français. La vente aurait pu se faire pour 20 millions d'euros, c’était la proposition de l’un des candidats… Trois mois plus tard, on s’est retrouvé à la barre du tribunal ! Alors, oui aujourd’hui, c’est une grande frustration. On aurait pu sauver Thomas Cook France. »

La deuxième tentative de reprise au tribunal

« Lorsqu’on est entré en redressement judiciaire le 2 octobre, le projet de reprise conjointe du tour-opérateur et de quelques agences existait toujours sur le papier. Nous étions confiants pour la partie distribution, on savait qu’il y aurait des candidats. Mais nous devions sauver Jet tours et le siège d’où la réactivation de ce projet datant du mois de juin, sauf que l’investisseur avec qui et pour qui il avait été imaginé a renoncé, pour X raisons, le 14 octobre alors que l’audience était fixée le 22 octobre.

Le Comex s’est réuni à ce moment-là et on s’est dit : soit on laisse tomber et le TO est mort et 350 personnes perdent tout espoir, soit on essaie quand même de trouver un ou des investisseurs alternatifs, que ce soit des fonds d’investissements ou des acteurs de l’industrie, dont certains avaient déjà fait des offres sur la partie distribution. Et c’est ce qu’on a fait. Avec des délais très courts, même si l’administrateur a accepté de prolonger la période de redressement, jusqu’au 19 novembre pour maximiser les chances de reprise. »

L'effet vertueux de cette offre

« C’était notre responsabilité d’aller jusqu’au bout et d’essayer de sauver le plus d’emplois possibles. D’inciter aussi par la même occasion les autres candidats à améliorer leurs offres compte tenu de la concurrence. Et c’est ce qui s’est passé. En un mois, entre le 22 octobre et le 19 novembre, quelque cent postes de plus ont été offerts à la reprise. Le fait que le management ait porté une offre, qui n’a finalement pas abouti car on n’avait qu’une partie du financement avec le groupe Ettori, a aussi permis ce cercle vertueux d’amélioration des offres. Donc aucun regret.

Certains se sont permis de dire que notre projet n’était pas sérieux compte tenu d’une gestion de crise qui n’aurait pas été à la hauteur. Tout d’un coup, nous n’étions plus crédibles. Mais je rappelle que pendant 6 ans, nous avons géré avec sérieux et compétence une entreprise respectable et respectée, avec des croissances de 15% sur le TO et un réseau redressé au bout de deux ans.

Alors, oui c’est vrai, il y a trop de capacités sur le marché français et l’occasion de faire tomber un TO peut se justifier économiquement. Mais moi, je devais défendre d’abord l’intérêt des salariés. Le pire aurait été de battre en retraite. Si on n’a pas persévéré finalement, faute d’investisseurs, c’est aussi qu’il était de notre responsabilité de ne pas les embarquer de manière inconsidérée alors que cette initiative n’était pas perçue positivement par le marché. Au final, la disparition de Jet tours est peut-être une opportunité pour une industrie où opèrent trop d’acteurs mais un drame malgré tout. C’était une marque magnifique avec de très beaux produits. »

À suivre... Dès demain, retrouvez l'épisode 4 "Les institutions et la réglementation" de notre série "L'affaire Thomas Cook France".

=> En attendant, (re)découvrez les épisodes précédents :

- Épisode n°1 : La chute

- Épisode n°2 : La gestion de la crise

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