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Transport

Le conflit au Moyen-Orient rappelle que la géopolitique représente la principale incertitude pour le transport aérien


Publié le : 16.03.2026 I Dernière Mise à jour : 16.03.2026
Le conflit au Moyen-Orient rappelle que la géopolitique représente la principale incertitude pour le transport aérien I Crédit photo ©Jean-Louis Baroux

Auteur

  • Jean-Louis BAROUX

L’édito de Jean-Louis Baroux

 

L’offensive puissante et constante des promoteurs de l’écologie a fait effet d’un épouvantail sur le transport aérien. Aussi, fort injustement attaqué, il a cherché des parades quitte à modifier en profondeur certains aspects de cette activité, comme, par exemple l’arrêt de la baisse des tarifs.

Toutes les mesures prises, ne sont d’ailleurs pas sans intérêt car plus ce secteur d’activité répondra aux critères de bonne conduite écologique et plus il sera rentable.

Cela nécessite néanmoins de colossaux investissements qui ne feront leur plein effet qu’à très long terme, tout en étant financés à court terme. On ne fera pas l’économie d’augmentations de tarifs pour financer les recherches si complexes. Mais les contraintes subies par les opérateurs ne sont sensibles que très progressivement.

 

Un autre facteur beaucoup plus pénalisant : la géopolitique

Elle vient de se rappeler à notre bon souvenir depuis l’extension du conflit au Moyen Orient. Brutalement le trafic aérien dans la région a été mis à l’arrêt presque complet. Il faut dire que les avions civils peuvent représenter des cibles de choix alors qu’ils sont dans l’incapacité de se défendre et que les aéroports constituent des infrastructures importantes, parfaitement localisées et qu’il suffit d’un seul impact, même sur un parking, pour les mettre à l’arrêt.

C’est bien ce qui est arrivé avec des frappes, certes limitées, mais qui ont touché les aéroports de Dubaï, de Doha ou d’Oman pour ne parler que des principaux. Or Dubaï et Doha sont d’énormes plateformes. Elles abritent les deux principaux « hubs » de la région et parmi les plus importants du monde.

Alors la mise à l’arrêt de leur exploitation entraine des conséquences non seulement locales et régionales, mais bien mondiales. Elles sont difficilement remplaçables car leur efficacité est créée par une conjonction entre des équipements fixes au sol et deux très grands opérateurs que sont Qatar Airways et Emirates. Ces deux compagnies opèrent dans la totalité de la planète.

Mais les conséquences ne s’arrêtent pas là. La fermeture du détroit d’Ormuz a entraîné immédiatement un renchérissement du prix du pétrole qui a pris 59% d’augmentation depuis le 16 décembre où il cotait 58,64 dollars le baril alors que le 06 mars il est monté à 93,04 dollars. Voilà que ne va pas faire les affaires du transport aérien où qu’il se trouve dans le monde, même si beaucoup de compagnies ont déjà sécurisé leurs approvisionnements au moins pour l’année.

 

Et puis, il y a les assurances !

Le transport aérien est largement couvert par une batterie de contrats d’assurances qui vont de la fabrication des avions jusqu’à la perte des bagages. Or certains évènements ne sont pas couverts, c’est en particulier le cas d’aléas météorologiques mais aussi de conflits armés. Alors les clients qui se croyaient protégés par leur assurance voyages, découvrent qu’ils doivent se débrouiller tout seuls.

 

Et ce n’est pas fini !

Les droits de survol des territoires dépendent de la volonté de chaque état qui peut à loisir en interdire l’accès. C’est la décision de la Russie, en particulier qui, en réponse à l’embargo prononcé contre elle par les pays dits occidentaux, a interdit son survol à toutes les compagnies aériennes de ces pays. Or la Russie dispose de l’espace aérien le plus étendu au monde et tous les vols entre l’Europe et l’Asie de l’Est doivent survoler la Sibérie et si le survol est impossible il faut alors passer par le sud du continent asiatique ce qui rallonge le temps de vols de plus de 2 heures dans chaque sens et chaque heure de vol d’un appareil long-courrier comme le Boeing 777 ou l’Airbus A350 coûte autour de 30.000 dollars.

Sur un aller-retour, le coût supplémentaire est donc de 120.000 dollars pour les transporteurs occidentaux alors que les opérateurs chinois peuvent librement survoler la Russie. Or depuis l’embrasement au Moyen Orient toute la zone étant déclarée zone de guerre, elle ne peut plus être utilisée par les transporteurs. IL faut alors faire le tour de la péninsule arabique pour se rendre en Asie.

On voit bien comment un conflit, même très localisé, peut avoir des conséquences néfastes sur toute l’activité du transport aérien.

Je n’oublie pas non plus que les approvisionnements en pièces de rechange et tout le complexe de fabrication des avions très dispersé peut également être touché par des augmentations de taxes de douane.

Au fond, on peut qu’être admiratifs sur la capacité de résistance du transport aérien qui, même affronté à toutes ces difficultés, continue néanmoins sa croissance régulière. Faut-il que les habitants de notre planète aient un furieux besoin de voyager ! Et c’est tant mieux.

 

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