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Forum du SETO à Tétouan : entre résilience et défis géopolitiques, le plaidoyer de Patrice Caradec


Publié le : 25.03.2026 I Dernière Mise à jour : 26.03.2026
Forum du SETO à Tétouan : entre résilience et défis géopolitiques, le plaidoyer de Patrice Caradec I Crédit photo Rémi Bain Thouverez

Auteur

  • Rémi Bain Thouverez

Tags : Seto

À l’ouverture du Forum du SETO organisé à Tétouan au Maroc, Patrice Caradec a dressé un bilan d’activité marqué par une année contrastée pour les tour-opérateurs français

 

Entre reprise soutenue de la demande et aléas exogènes, le président du syndicat a notamment longuement évoqué la crise liée à la mise sur liste noire des compagnies aériennes tanzaniennes par l’Union européenne.

 

Un « choc » pour la profession

« Les compagnies tanzaniennes ont été blacklistées par l’Union européenne. Ça a été un choc », a rappelé Patrice Caradec devant les professionnels réunis au Forum. « Au début, on n’a peut-être pas mesuré pleinement l’ampleur de ce choc. Or, vous le savez tous, la Tanzanie est une destination majeure de notre saison d’hiver. »

Cette décision est intervenue à un moment stratégique : « En plein cœur du lancement de l’hiver et de la vente des groupes pour l’année suivante, nous avons compris que cette interdiction signifiait l’impossibilité, à la fois sur le plan assurantiel et réputationnel, de faire voyager nos clients sur ces vols. »

Si des alternatives existaient pour des séjours balnéaires, notamment vers Zanzibar, la situation s’est révélée bien plus complexe pour les circuits : « On peut difficilement faire un safari de qualité sans emprunter des vols domestiques. »

 

Une mobilisation rapide de la filière

Face à cette crise, le Seto a rapidement coordonné sa réponse avec les Entreprises du Voyage. « Je salue la réactivité immédiate de nos amis des EdV. Dans beaucoup de dossiers, nous travaillons main dans la main. La profession doit être unie pour être entendue », a insisté Patrice Caradec.

Les deux organisations ont alors sollicité l’appui de Jean-Baptiste Djebbari, missionné pour faciliter le dialogue avec les autorités tanzaniennes. Le président du Seto précise : « Il s’est immédiatement emparé du sujet, avec une grande capacité d’écoute, et s’est rendu sur place dès le début de l’été pour rencontrer les autorités et leur tendre la main. »

 

Un problème davantage administratif que sécuritaire

Selon Patrice Caradec, la situation ne relève pas d’un déficit majeur de sécurité aérienne : « Nous avons très vite compris qu’il n’y avait quasiment aucune compagnie déficiente en Tanzanie. Le problème vient plutôt de l’autorité de tutelle locale, qui ne répondait pas aux attentes de l’Union européenne en matière de certification. »

Un manque de communication et de coordination qui illustre, selon lui, « les difficultés persistantes entre certaines administrations africaines et européennes ».

 

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Un impact économique significatif

Les conséquences sur l’activité des tour-opérateurs ont été immédiates. « Le segment safari a démarré avec une baisse de 50 %, ce qui est considérable », a détaillé le président du Seto.

En revanche, Zanzibar a mieux résisté : « La destination est restée globalement stable, portée notamment par les clubs de vacances. »

À plus long terme, la situation semble s’améliorer : « Pour l’été, la Tanzanie est à -4 %, ce qui montre une certaine résilience du marché. Nous avons réussi à sécuriser une partie des opérations grâce au soutien des assureurs. »

Entre pragmatisme et frustration

Malgré les efforts engagés, le dossier reste en suspens. « Nous avons compris que l’obtention des certifications prendrait plus de temps que prévu, sans doute plusieurs semestres », a reconnu Patrice Caradec.

Plus encore, il a pointé une certaine réticence des autorités locales : « Les Tanzaniens ont refusé notre main tendue. Ils ne souhaitent pas être accompagnés et préfèrent avancer seuls. C’est sans doute une question d’orgueil, mais cela ralentira probablement la sortie de crise. »

 

Une profession résiliente

En conclusion, ce bilan présenté à Tétouan illustre la capacité d’adaptation des tour-opérateurs face à des crises imprévues, mais aussi la nécessité d’un dialogue international renforcé pour sécuriser durablement les flux touristiques.

Dans un contexte global incertain, le message de Patrice Caradec est clair : l’unité de la filière et la coopération institutionnelle restent les clés pour préserver la compétitivité du tourisme français à l’international.

 

 

 

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