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Crise du Moyen Orient : le Seto dénonce une “double peine” pour les tour-opérateurs


Publié le : 25.03.2026 I Dernière Mise à jour : 26.03.2026
Crise du Moyen Orient : le Seto dénonce une “double peine” pour les tour-opérateurs I Crédit photo ©Rémi Bain Thouverez

Auteur

  • Rémi Bain Thouverez

Tags : Seto , EdV , tour-opérateur

Face à une crise majeure ayant entraîné le blocage de milliers de voyageurs français à l’étranger, les tour-opérateurs, réunis au sein du Seto, ont dû organiser en urgence un vaste dispositif de rapatriement

 

Une mobilisation saluée en interne, mais qui soulève aujourd’hui de vives interrogations sur le partage des responsabilités et des coûts.

 

Une mobilisation inédite pour localiser et rapatrier les clients

Pour Patrice Caradec, la priorité a été immédiate : comprendre l’ampleur de la situation et localiser les clients.

Il explique : « Il fallait montrer qu’un syndicat était fort, ça allait rassembler, ça avait fédéré. Et la première chose qu’on a voulu faire, c’est essayer de répertorier où étaient les clients, quelles étaient les grandes destinations où il allait y avoir un véritable empêchement. »

Un travail de cartographie rapide met en lumière une réalité inattendue : la dépendance massive aux hubs du Golfe pour les destinations long-courriers.

Le président du Seto précise : « On a même compris qu’une grande partie des clients qui étaient sur l’océan Indien et sur l’Asie passaient par les hubs du Moyen-Orient, que ce soit Doha, Dubaï ou Abu Dhabi. »

 

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Les Maldives, épicentre de la crise

Parmi les zones critiques, une destination s’impose rapidement : les Maldives.

« On a découvert tout de suite quelque chose qu’on n’avait pas du tout imaginé : le nombre de clients français aux Maldives. Franchement, c’était le numéro un. 2 700 clients du Seto étaient aux Maldives, tous bloqués », alerte Patrice Caradec.

Une situation d’autant plus complexe qu’aucune liaison directe n’existe avec la France : « 90 % des clients français aux Maldives passent par le Golfe. Il n’y a aucun vol direct. Donc il fallait trouver des solutions rapidement, et ce n’était pas simple. »

 

Trouver des avions : un défi logistique et financier

La principale difficulté : affréter des avions dans un contexte de tension mondiale.

« Tous les avions étaient éparpillés aux quatre coins du monde. Il a fallu les faire venir de très loin. Et surtout, ce sont des avions de 300 à 480 sièges : aucun tour-opérateur ne peut les remplir seul. »

La solution passe alors par une mutualisation entre acteurs.

« Il faut consolider avec plusieurs TO, se mettre d’accord sur un prix et remplir ensemble. C’est là qu’on voit la force du collectif. »

Mais la concurrence internationale complique la donne.

« On se faisait souvent devancer par d’autres marchés, britanniques ou allemands, qui bloquaient les avions plus vite que nous. »

Résultat : une explosion des coûts. « On a fait rentrer des clients des Maldives entre 1 300 € et 2 600 € le siège. »

 

Plus de 6 millions d’euros à la charge des tour-opérateurs

Au total, la facture est lourde.

« On va dépasser les 6 millions d’euros. Je ne parle pas du manque à gagner, mais uniquement des coûts de rapatriement, des nuits supplémentaires, des billets rachetés. »

Une charge entièrement assumée par les producteurs. « Pas un avion n’a décollé sans que le chèque soit en banque. Tout a été payé par les tour-opérateurs. »

 

Une “double peine” face aux plateformes

Le président du Seto pointe également une situation jugée injuste vis-à-vis des autres acteurs du marché.

« Le Quai d’Orsay a rapatrié des clients qui n’étaient pas ceux des tour-opérateurs, notamment ceux passés par des plateformes comme Airbnb ou Booking. »

Selon lui, ces rapatriements publics créent un déséquilibre économique : « On a le sentiment de payer deux fois : pour nos clients, ce qui est normal, mais aussi indirectement pour d’autres. »

 

L’ambiguïté du code du tourisme en question

Au cœur des tensions : l’interprétation du Code du tourisme sur la co-responsabilité entre producteurs et distributeurs.

« Quand je lis le code du tourisme, qui parle de co-responsabilité, je ne retrouve pas la réalité. Une co-responsabilité, c’est un partage. Et partager à deux, c’est 50-50. »

Dans les faits, ce partage est rarement appliqué.

« Aujourd’hui, les coûts sont supportés quasi exclusivement par les producteurs. »

Une situation aggravée par certaines clauses contractuelles.

« Les contrats commerciaux peuvent prévoir autre chose. Et souvent, tout est écrit en très petit... »

 

Vers une riposte collective ?

Face à ces constats, le Syndicat des Entreprises du Tour Operating envisage des actions.

« Il y a un moment, on ne peut pas être que des gentils. Il faut alerter. »

Parmi les pistes évoquées : la création d’un fonds de calamité, à l’image de certains pays européens.

« Les Allemands ou les Néerlandais ont des fonds de plusieurs dizaines de millions d’euros. C’est un modèle dont on pourrait s’inspirer. »

Le sujet sera prochainement débattu en comité exécutif.

« Ce ne sera pas une décision individuelle. Le comité exécutif décidera des actions à mener. »

 

Une profession soudée, mais en quête de reconnaissance

Malgré les difficultés, Patrice Caradec salue la mobilisation du secteur : « Franchement, chapeau. La profession a été remarquable. On a dépensé sans compter pour nos clients. »

Un engagement que partage Valérie Bonned, la présidente des EDV qui insiste sur la dimension collective :« Il fallait montrer qu’un syndicat était fort. Ça a rassemblé, ça a fédéré. »

 

Reste désormais à tirer les enseignements de cette crise, tant sur le plan opérationnel que réglementaire, pour éviter que les tour-opérateurs ne se retrouvent à nouveau seuls en première ligne.

 

 

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