Ancien directeur du salon IFTM Top Résa, il prend les commandes d’un événement qui revendique 2 400 exposants et plus de 67 000 visiteurs issus de 150 pays. Un poids lourd qui s’appuie sur un atout majeur : son ancrage à Paris, « capitale de la création, du design et de l’art de vivre »
À la tête du salon Maison & Objet depuis janvier, Vincent Lhote affiche une ambition claire : renforcer le rôle du rendez-vous parisien comme plateforme de tendances, d’inspiration et de business, dans un secteur des salons professionnels en pleine mutation
Un salon qui résiste dans un marché en concentration
Le contexte n’est pourtant pas favorable. « Beaucoup de salons ferment, se regroupent ou passent en biennal », observe Vincent Lhote. Dans ce paysage en recomposition, Maison & Objet fait figure d’exception : deux éditions annuelles dans une même ville, en janvier et en septembre.
« Nous sommes le seul salon à maintenir ce rythme, et le fait d’être à Paris joue énormément », souligne-t-il. Cette singularité est renforcée par des événements satellites, comme la Paris Design Week ou encore “In the City”, déclinaison plus confidentielle et 100 % B2B.
« Faire vivre des expériences » : un repositionnement stratégique
Au-delà des chiffres, Vincent Lhote insiste sur la vocation du salon : « Maison & Objet fait vivre des expériences ». Une orientation qui dépasse la simple mise en relation commerciale.
Le salon se veut désormais :
Un lieu de découverte sensorielle (toucher les matières, percevoir les couleurs réelles),
Un espace de networking qualifié,
Et une plateforme d’anticipation des tendances.
« On ne vient pas seulement acheter. On vient comprendre où va le marché, rencontrer des acteurs qu’on n’aurait jamais croisés ailleurs », explique-t-il, citant l’exemple d’un artisan ayant décroché un projet national simplement grâce à une rencontre sur le salon.
Un levier clé pour la montée en gamme de l’hôtellerie-restauration
L’un des axes forts du développement concerne le secteur de l’hospitality (hôtellerie-restauration). Architectes d’intérieur, décorateurs, investisseurs et exploitants y trouvent un terrain d’inspiration unique.
« Aujourd’hui, même un hôtel économique doit proposer une expérience esthétique forte : belles matières, lumière travaillée, identité visuelle », analyse Vincent Lhote
Dans ce contexte, Maison & Objet devient un outil stratégique pour :
Monter en gamme les établissements,
Définir une signature décorative,
Suivre les nouvelles attentes des clients.
Le salon accompagne cette évolution en attirant des profils variés : décorateurs, investisseurs immobiliers, chaînes hôtelières, ou encore concept stores.
Un positionnement hybride : entre “maison” et “objet”
L’une des forces du salon réside dans son spectre très large. Contrairement aux salons spécialisés, Maison & Objet revendique un « grand écart » assumé :
d’un côté, l’univers de la maison (mobilier, textile, luminaires),
de l’autre, celui de l’objet (décoration, accessoires, retail).
Cette dualité permet de toucher deux publics distincts :
les prescripteurs de projets (architectes, hôteliers),
les acheteurs retail venant sourcer des produits pour leurs boutiques.
« Nous ne sommes pas un salon de filière, et c’est justement ce qui fait notre force », insiste le directeur.
Une sélection exigeante face à la concurrence du low-cost
Dans un marché marqué par la montée des plateformes en ligne et du low-cost, Maison & Objet revendique une ligne claire : celle du haut de gamme et de la création.
« On ne peut pas lutter contre des acteurs bas de gamme comme Action sur le volume. Notre rôle est ailleurs : valoriser la qualité, les artisans, les petites séries », affirme Vincent Lhote.
Le salon mise ainsi sur une sélection rigoureuse des exposants, refusant l’ouverture massive pour préserver son identité.
Digitalisation et communauté : les nouveaux leviers
Conscient des mutations du commerce, le dirigeant entend accélérer sur le digital avec la plateforme MOM (Maison & Objet and More), permettant aux professionnels d’acheter toute l’année.
Objectif : créer un lien continu entre :
- le salon physique,
- et l’acte d’achat en ligne.
« le salon et le web se complète et s’enrichissent mutuellement ».
Anticiper les tendances plutôt que les subir
Face aux incertitudes économiques et à la baisse de certains marchés (immobilier, retail), Vincent Lhote assume une stratégie tournée vers l’amont :
« Notre rôle est d’être en avance sur le marché, d’apporter des clés de lecture, de comprendre les évolutions sociétales, d’être en amont du tunnel de production. »
En collaboration avec des agences de prospective comme NellyRodi, le salon travaille sur des thématiques de fond : durabilité, nouveaux usages, expérience client, ou encore transformation des modes de consommation.
Un rendez-vous toujours attendu
Malgré les turbulences du secteur, Maison & Objet conserve un positionnement solide :
45 % de visiteurs internationaux,
deux éditions complémentaires,
et un écosystème unique mêlant salon, événements urbains et digital.
« Plus qu’un salon, Maison & Objet revendique aujourd’hui un rôle d’expérience et d’inspiration, au service des professionnels en quête de montée en gamme » Conclut Vincent Lhoste
Prochaine édition : du 10 au 14 septembre à Paris. Un rendez-vous qui entend plus que jamais conjuguer business, inspiration… et expérience.