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Marché

Nouvel avis de gros temps sur les ferries


Publié le : 01.04.2015 I Dernière Mise à jour : 01.04.2015
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Nouvel avis de gros temps sur les ferries I Crédit photo Thierry Beaurepère

Auteur

  • Thierry Beaurepère

Les déboires de la SNCM et de MyFerryLink rebattent les cartes, tant en Méditerranée que sur la Manche. Au détriment des agences, de moins en moins actives sur ce marché de niche.

Le timing ne pouvait être plus mauvais. Alors que les réservations d’été pour la Corse battent leur plein, l’avenir de la SNCM est en suspens. C’est le 18 mars (après notre bouclage) que le tribunal de commerce de Marseille devait statuer sur les offres de reprise du transporteur maritime, en redressement judiciaire. Parmi les candidats au rachat de tout ou partie des activités : la compagnie Baja Ferries, l’ex-président du port de Marseille Christian Garin, le chef d’entreprise corse Patrick Rocca ou encore l’armateur grec Attica. Quelle que soit la décision, les prochains mois s’annoncent agités, entre un plan social et des risques de grève, le remboursement éventuel de 400 M€ d’aides publiques, ou encore le point crucial de la délégation de service public (DSP) entre Marseille et la Corse, qui permet à la SNCM de toucher des subventions dans le cadre de la continuité territoriale. Sans oublier les lignes vers le Maghreb (Alger et Tunis), dont le sort est incertain. L’avenir est tout aussi flou pour la quinzaine de points de vente du réseau Aliso Voyages (Selectour Afat), détenu par la SNCM. Il réalise plus de 20 % de son activité avec la compagnie. Son directeur, Jean Ghibaudo, n’a toutefois pas souhaité répondre à nos sollicitations.

Faute de visibilité, les agences se montrent très prudentes. « Les ventes de la SNCM ont chuté de manière vertigineuse. Au-delà de la compagnie, les agences craignent un blocage du port de Marseille. Elles préfèrent réserver avec Corsica Ferries depuis Toulon », confie Jean-Louis Franceschini, directeur commercial d’Ollandini. « Les agences sont inquiètes », confirme Fabien Sala, patron d’Euromer, « grossiste en ferries », qui note le même report des réservations vers Corsica Ferries. Autre alternative : La Méridionale, par ailleurs partenaire de la SNCM dans le cadre de la délégation de service public, qui propose des rotations de Marseille vers trois ports corses (Ajaccio, Bastia et Propriano).

Dans ces conditions, faut-il craindre une pénurie de places à l’avenir, alors que 4 millions de voyageurs rejoignent ou quittent la Corse chaque année par bateau ? Si les lignes de la SNCM au départ de Marseille, liées aux subventions de la DSP jusqu’en 2024, semblent protégées – un repreneur se manifestera à coup sûr –, celles depuis Nice et Toulon pourraient en revanche être menacées. D’autant que les aides sociales qui étaient accordées à certains passagers (jeunes, familles…) au départ des deux ports, et ce quelle que soit la compagnie utilisée, ont été supprimées le 1er janvier 2014, entraînant une hausse des prix. Corsica Ferries assure être en capacité d’augmenter son offre si nécessaire et n’exclut pas de se positionner à Marseille pour reprendre certaines lignes si besoin. Depuis déjà plusieurs années, la compagnie aux bateaux jaunes profite des difficultés de sa concurrente. Elle a ainsi battu son record l’an dernier, avec 2,68 millions de passagers transportés vers la Corse (+ 6 % par rapport à 2013) depuis la France et l’Italie. Le seul trafic au départ de ses ports d’attache de Toulon et Nice a progressé de 9 %, à 1,9 million de passagers, soit 68 % du marché. « Les réservations pour 2015 sont en avance, mais il est difficile de savoir si le phénomène est lié aux déboires de la SNCM, précise Roland Ferrari, le responsable commercial de Corsica Ferries. Pour autant, les difficultés d’un opérateur ne sont jamais bonnes pour le marché, les voyageurs risquent de faire l’amalgame. »

MOTIVER LES AGENCES

Si d’année en année les réservations via le Web n’ont cessé de progresser, la part des agences dans l’activité de Corsica Ferries semble désormais se stabiliser entre 15 % et 20 %. Difficile toutefois de les motiver, alors qu’elles sont commissionnées à 4 % et qu’un point de vente ne fait en moyenne que 3 000 € à 4 000 € de chiffre d’affaires par an avec Corsica ; une moyenne tirée par l’Île-de-France, la région Paca et surtout la Corse, 20 % des ventes agences de Corsica étant générées par des distributeurs de l’Île de Beauté. Corsica Ferries multiplie donc les opérations commerciales, proposant par exemple de mettre à disposition son offre sur les sites Internet des distributeurs à travers un programme d’affiliation, avec à la clé une rémunération de 3 %. Une cinquantaine d’agences auraient saisi cette opportunité.

« Pour l’agent de voyages, la rémunération des ferries est très intéressante, avec des commissions jusqu’à 10 % sur les billets de nos compagnies », considère pour sa part Fabien Sala, d’Euromer, qui estime que 3 000 agences distribuent ce mode de transport. « C’est le client qui est plus demandeur, même si nous organisons des formations téléphoniques, un road show par an et que nos agents se déplacent dans les agences souhaitant intensifier leur positionnement ferry. » Celles-ci ont droit à la solution BtoB d’Euromer, présentée comme facile d’utilisation avec impression des billets sur papier A4. Les vendeurs occasionnels peuvent quant à eux réserver via l’Espace Pro d’Euromer, qui promet un traitement dans la journée.

LES LIGNES TRANSMANCHE EN MOUVEMENT

Le marché transmanche, qui pèse 18 millions de passagers par an, navigue lui aussi en eaux troubles, en particulier sur le « détroit », à savoir l’axe Calais-Douvres, où s’affrontent P&O Ferries, MyFerryLink et DFDS Seaways. Avec un total de plus de 40 traversées par jour, la concurrence profite au port de Calais, qui a enregistré un trafic record en 2014, à 10,7 millions de passagers (+ 3,5 % par rapport à 2013). Mais cette compétition se traduit par une forte pression sur les marges.

Née sur les ruines de SeaFrance, MyFerryLink (qui a pris 10 % du marché) pourrait être la prochaine à boire la tasse, après que les autorités britanniques lui ont interdit d’accoster à Douvres d’ici cet été, estimant qu’elle fausse la concurrence de par son adossement à Eurotunnel. La solution pourrait passer par un désengagement de l’opérateur du tunnel sous la Manche, pour peu que des candidats à la reprise se manifestent.

En attendant, DFDS Seaways pousse ses pions. Issue du rapprochement de Louis Dreyfus Armateurs et du danois DFDS en 2012, la compagnie remettra en service au printemps un second navire sur la ligne. « C’est le reflet de notre volonté de consolider notre présence sur le marché hexagonal », précise Jean-Claude Charlo, Dg de DFDS Seaways. Le transporteur opère aussi sur Douvres-Dunkerque (2,5 millions de passagers en 2014, + 10 % en un an) – où un nouveau terminal prévu pour la fin de l’année facilitera l’embarquement –, ainsi que sur Dieppe-Newhaven (285 000 passagers, + 5,1 % par rapport à 2013). En revanche, DFDS a fermé sa ligne Le Havre-Portsmouth le 31 décembre 2014, considérée comme « structurellement non viable » et qui, surtout, a dû faire face à l’arrivée de Brittany Ferries en 2013.

Sur ce détroit à fort trafic, les agences sont de plus en plus rares à embarquer. Elles ne représentent plus que 10 % des ventes des compagnies, essentiellement des distributeurs locaux et des autocaristes. Le port de Calais a ainsi enregistré le passage de 91 200 autobus en 2014 (+ 6 % en un an) !

En revanche, la « Manche centrale et ouest », avec ses traversées plus longues et souvent de nuit (ce qui pousse les passagers à réserver une cabine), est un terrain de jeu plus propice aux distributeurs. Brittany Ferries y règne en maître, avec huit lignes au départ de Caen-Ouistreham, Cherbourg, Le Havre, Roscoff et Saint-Malo. Après plusieurs années dans le rouge et un plan d’économies drastique, la compagnie bretonne devrait annoncer des bénéfices pour 2014. Elle a transporté 2,4 millions de passagers l’an dernier, toutes lignes confondues, dont 385 000 Français, un record ! Et parmi ces derniers, plus de 60 000 ont acheté un forfait (+ 10 % par rapport à 2013), dans les brochures générales ou thématiques du TO maison. 35 % de ces ventes sont réalisées via les agences, avec pour bassin prioritaire la Bretagne et la Normandie, mais aussi les Pays de la Loire, le Centre et l’Île-de-France. « 25 % des passagers individuels français choisissent un séjour, avec en premier lieu Londres et l’Irlande, mais aussi l’Espagne et le Portugal, avec notre ligne Roscoff-Bilbao. On constate également une forte croissance sur le marché des groupes », se félicite Florence Gourdon, la directrice commerciale de Brittany Ferries. Si le transporteur ne commente pas le dossier MyFerryLink, il vient d’annoncer un renforcement de son offre entre Le Havre et Portsmouth pour compenser le départ de DFDS Seaways. De quoi répondre à la clientèle parisienne, pour qui Le Havre est un port naturel en raison de sa proximité.

IRISH FERRIES MISE SUR LE LOISIR

La suédoise Stena Line a pris part à ce combat de titans l’an dernier, avec l’ouverture d’une ligne entre Cherbourg et Rosslare (Irlande), opérée précédemment par Celtic Link. L’Irlande est aussi le terrain d’Irish Ferries. « En 2014, nous avons transporté 1,65 million de passagers sur l’ensemble de nos lignes, en hausse de 5 % », précise Caitriona Butler, la directrice des ventes. Avec jusqu’à cinq rotations par semaine depuis Cherbourg et Roscoff et des traversées de 15 à 20 heures, Irish Ferries a fait du marché loisirs l’une de ses priorités. « Nous proposons des tarifs spéciaux pour les TO et les autocaristes, avec une équipe dédiée aux groupes pour le marché français. Et les agences de voyages sont commissionnées à 5 % », ajoute-t-elle.

Reste le cas particulier de Condor Ferries, qui relie Saint-Malo à Jersey et Guernesey. L’activité entre le port breton et les îles Anglo-Normandes a progressé de 3 % en 2014, avec 483 000 passagers. La compagnie réaffirme cette année sa stratégie auprès des agences et autocaristes à travers le TO Morvan Fils Voyages, basé à Saint-Malo, agent général pour l’Hexagone. Il cible en priorité les distributeurs de l’Ouest de la France jusqu’à Paris, commissionnés pour l’offre de séjours comme le transport sec et bénéficiant d’un site BtoB pour la réservation. Un nouveau trimaran de 102 mètres, baptisé le Condor Liberation (880 passagers), renforcera encore ce printemps l’offre du transporteur qui, loin des turbulences du « détroit », trace sa route…

QUOI DE NEUF ?

IRISH FERRIES POURSUIT SON CHEMIN AVEC L’EPSILON

En 2014, Irish Ferries a ouvert la ligne Cherbourg-Dublin, opérée une fois par semaine avec un nouveau navire, l’Epsilon. Elle est reconduite en 2015. Le bateau, d’une capacité de 500 passagers, propose le wi-fi gratuit, un bar-lounge, un restaurant et des cabines de deux et quatre lits, équipées de la télévision et d’une salle de bains. L’Epsilon complète l’Oscar Wilde, navire 5* (quatre restaurants, trois bars, deux cinémas…) qui relie Cherbourg et Roscoff à Rosslare.

CORSICA FERRIES BOOSTE LES MINICROISIÈRES

La compagnie corse propose pour la première fois ce printemps deux minicroisières. Au départ de Bastia le 4 avril, Corsica Ferries programme un forfait de deux nuits vers Livourne et Civitavecchia (Rome), à partir de 131 € par personne (cabine et petit déjeuner). Au départ de Toulon le 13 mai, elle prévoit une croisière gastronomique de deux nuits vers Bastia et l’île d’Elbe, à 180 € par personne (cabine, demi-pension, ateliers de cuisine…).

CAMPER A BORD AVEC SUPERFAST FERRIES

Représentée en France par Cap Mer/Viamare à Paris et Euromer à Montpellier, la compagnie du groupe grec Attica (candidat à la reprise de la SNCM) – qui relie les villes italiennes de Venise, Ancône et Bari à la Grèce – lance le service « camping à bord ». Les passagers ont désormais la possibilité de faire la traversée en passant la nuit dans leur camping-car ou caravane, tout en bénéficiant d’un raccordement électrique et des installations du bateau.

BRITTANY FERRIES MISE SUR LA MAGIE DE LONDRES

La compagnie bretonne ajoute neuf hôtels et appartements à Londres – portant son offre à 50 hébergements –, ajoute des visites piétonnières avec guide francophone et un circuit guidé en autocar de 4 j/3 n dans la capitale. Lancé l’an dernier, le séjour de 3 j/2 n incluant la visite des studios où a été tournée la saga Harry Potter (1 000 clients français en 2014) est reconduit.

LA MÉRIDIONALE NAVIGUE DE JOUR

Le transporteur renforce ses liaisons vers la Corse avec des traversées de jour certains dimanches, d’avril à octobre. Ces rotations entre Marseille et Propriano sont assurées par le Kalliste (500 passagers), avec uniquement une offre de fauteuils. Départ de Marseille à 10 h pour une arrivée en Corse à 20 h (retour dans la nuit du dimanche au lundi).

L’ESPAGNE AU LONG COURS CHEZ BRITTANY FERRIES

Depuis cet hiver, Brittany Ferries propose de longs séjours de 28 nuits en Espagne, sur la Costa Blanca et la Costa del Sol, dans des appartements de standing. À partir de 1 180 € le logement pour deux personnes avec la traversée/croisière France-Espagne aller ou retour en cabine intérieure et le passage d’une voiture.

EUROMER MET L’ACCENT SUR LA TECHNO EN BTOB

Agence de Montpellier spécialisée qui distribue une quarantaine de compagnies opérant en Méditerranée, en Europe du Nord et en Scandinavie, Euromer compte faire évoluer d’ici cet été ses outils informatiques destinés aux autres agences. Objectif : proposer des réservations plus simples et plus rapides.

CONDOR FERRIES EN MODE NEW-LOOK ET GUEST-HOUSES

Outre un nouveau trimaran ce printemps, la compagnie change son logo, optant pour un design épuré, aux couleurs plus tendance. En parallèle, Condor Ferries complète son offre d’hébergements dans les îles Anglo-Normandes, avec une sélection de belles guest-houses et de locations d’appartements, pour des miniséjours ou à la semaine. Elle propose aussi davantage de séjours à thème, pour les adeptes de voitures vintage, de marche ou de vélo, et de séjours à la carte pour les séminaires d’entreprises et les incentives.

LA SNCM GARDE L’APPÉTIT

Pour doper les réservations de repas avant le départ du bateau, la SNCM propose son offre « Bon App’ ». D’un coût de 20 euros, le Chèque Bon App’ donne droit à une dépense de 25 € à bord. La Formule Bon App’ (soit trois plats et un petit déjeuner) est quant à elle proposée à 30 € (au lieu de 38 € à bord) et 10,90 € pour les enfants (au lieu de 14,90 €). Enfin, le Snack Bon App’ (deux sandwichs, deux desserts et deux boissons pour 24 €) permet de bénéficier d’un pique-nique gratuit à emporter.

DFDS SEAWAYS FAIT COUP DOUBLE SUR CALAIS-DOUVRES

Désignée comme la meilleure compagnie de ferries au monde lors des derniers World Travel Awards, DFDS Seaways renforce sa présence sur l’axe Calais-Douvres avec la mise en service ce printemps d’un second navire (le Nordica de Stena Line, qui va changer pour l’occasion de nom et battre pavillon français).

D’une capacité de 405 passagers et 375 voitures, ce ferry permettra à la compagnie de proposer jusqu’à 20 traversées par jour.

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