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Marché | Montagne

Ça farte pour le hors-ski !


Publié le : 01.11.2017 I Dernière Mise à jour : 01.11.2017

Auteur

  • Manon Gayet

En pleine expansion, le marché de la neige trouve de nouveaux développements dans les activités hors ski. Et les acteurs de la montagne continuent d’affiner leurs offres packagées pour booster la vente en agences.

Les vacances de ski sont mortes, vive les vacances à la montagne ! » L’intitulé de la conférence d’ouverture du salon IFTM Top Resa, le 26 septembre dernier, était audacieux. Pour la première fois, le salon des professionnels du tourisme consacrait sa première table ronde à la montagne. L’édition 2017 accueillait aussi son premier village dédié aux opérateurs des sommets. « Parler de vacances aux sports d’hiver, c’est dépassé », assure Jean-Marc Silva, directeur de France Montagnes. Les intervenants autour de la table acquiescent. « Les gens vont aussi à la montagne pour déstresser et se reposer, pas simplement pour skier », souligne Yariv Abehsera, président du groupe Travelfactory. Une chose est sûre : le marché de la montagne offre de belles opportunités aux acteurs du tourisme. Le bilan de l’hiver 2016-2017 est positif pour la plupart des opérateurs positionnés sur le segment neige. « Nous avons enregistré des taux de remplissage de 80 à 85 % sur nos deux clubs Marmara (Valfréjus et Serre Chevalier) l’hiver dernier. Des chiffres encourageants puisque c’était la première fois que TUI se lançait sur ce créneau », se réjouit Christophe Fuss, directeur des opérations hôtels et clubs de TUI France. Le groupe disposait aussi d’un partenariat avec les clubs Mer Montagne Vacances permettant des locations dans deux hôtels. Pour la saison 2017-2018, TUI met les bouchées doubles en proposant 19 structures, dont 10 Villages Clubs du Soleil et le club Lookéa de Morzine, qui rejoint la production TUI après le rachat de Transat France. « À date, nos deux clubs Marmara sont en avance en termes de réservations par rapport à l’an dernier », affirme Christophe Fuss.

Investissements tout schuss dans les alpes

Belambra aussi aborde la saison hivernale avec sérénité. « L’an passé, nous avons ou vert quatre nouveaux clubs, aux Arcs, à La Plagne, à Tignes et à Morzine », détaille Frédéric Le Guen, le président de Belambra Clubs. La saison passée s’est achevée sur une hausse de 3 % du volume d’a aires. Et le spécialiste des villages de vacances compte poursuivre sur sa lancée en reprenant cet hiver l’exploitation de l’hôtel du Golfe, établissement emblématique des Arcs 1 800, adapté au format club. L’hiver représenterait actuellement 25 % du chiffre d’a aires de Belambra, d’où un soin particulier accordé aux investissements à la montagne : « Nous souhaitons investir dans un à deux clubs à la neige supplémentaires par an. » Une stratégie de montée en puissance sur ce segment également choisie par le Club Med. L’opérateur historique ouvre un nouveau resort, le 17 décembre prochain, au Grand Massif de Samoëns. À mi-septembre, « le village est rempli à 95 % et 63 % des capacités de nos villages sont déjà vendues », s’enorgueillit Xavier Le Guillermic, directeur de la stratégie montagne du Club Med. « Nous enregistrons déjà une hausse de 11 % du nombre de clients par rapport à 2016. » La marque, qui compte ouvrir un nouveau resort dans les Alpes tous les hivers, inaugurera un village aux Arcs en 2018, puis un autre à Tignes en 2019. « D’autres projets sont dans les tuyaux. 80 % d’entre eux devraient être localisés dans la zone Savoie-Mont-Blanc, avec des capacités de 400 à 430 chambres. »

Le collaboratif n’est pas en reste. Airbnb a connu un très bon hiver 2016-2017. « Nous avons multiplié par deux notre volume d’affaires », affirme Alexis Dussilol, responsable du développement en montagne. La saison prochaine s’annonce encore meilleure : plus de 80 000 voyageurs sont attendus durant les vacances de Noël, 70 % de plus qu’il y a deux ans. « Notre clientèle est plutôt jeune, urbaine. Il s’agit souvent de couples. Mais nous développons aussi l’offre famille grâce à des chalets situés plus bas dans les stations. » Les courts séjours ont le vent en poupe, en réaction aux séjours du samedi au samedi qui créent des embouteillages monstres aux abords des stations en pleine saison. « On pousse les propriétaires à baisser le nombre de nuitées minimal afin de favoriser ces arrivées hors week-ends. » Et le site s’est doté d’un filtre « chalets » pour faciliter l’accès à cette offre. À mi-septembre, Airbnb recensait 30 000 hébergements en stations, dont 90 % dans les Alpes.

Des réseaux de distribution plus volontaires

La clientèle des 350 stations de montagne françaises reste d’abord familiale. Pour un opérateur comme le Club Med, les familles représentent jusqu’à 70 % de la clientèle. Ce qui explique la recherche croissante d’offres packagées, incluant notamment les forfaits de remontées mécaniques. « Le parcours client est le principal obstacle au séjour à la montagne. Il faut faciliter le packaging des produits les plus compliqués », analysait Agnès Pannier-Runacher, directrice générale déléguée de la Compagnie des Alpes, lors du salon IFTM Top Resa. Et Yariv Abehsera de renchérir : « Simplifier l’arrivée en station me paraît être une nécessité. Où garer sa voiture après huit heures de route, par exemple, est une vraie problématique. Contrairement à d’autres destinations moyen-courriers, il n’y a pas de prise en charge à l’arrivée. » L’accent mis sur l’offre tout inclus à la neige serait d’ailleurs l’atout numéro un pour booster les ventes en agences.

Aujourd’hui, seulement 8 % du business montagne est capté par les voyagistes et les distributeurs. Pour Cécile Revol, directrice commerciale de Locatour, la méconnaissance des produits montagne reste un frein majeur à la vente en agences : « Il y a une crainte de ne pas maîtriser le produit. » Un constat que fait aussi Patrick Metivier, directeur exécutif marketing et clients de Carrefour Voyages : « Plus de 50 % de nos vendeurs n’ont jamais mis les pieds à la montagne. » Pourtant, le réseau pousse son offre hiver cette année dans une brochure dédiée à la neige. « Les offres packagées sont à valoriser car elles rassurent l’agent de voyages. La démarche de vente est facilitée, les remontées mécaniques et les cours de ski étant inclus », assuret-il. Locatour va même plus loin en proposant la possibilité de faire livrer ses courses à l’appartement ou encore la mise à disposition des forfaits à l’arrivée dans le logement. Si Audrey Eymard, directrice e-commerce et expérience client de Havas Voyages, partage ce point de vue, elle affirme qu’il ne faut pas négliger les produits seuls : « Les repeaters notamment cherchent des offres dépackagées pour les produits annexes, et avoir des offres séparées permet de construire l’offre spécifiquement pour le client, friand de personnalisation. » Pour valoriser les produits montagne, « nous devons fournir un important effort pédagogique », assure Patrick Metivier, de Carrefour Voyages. « Organiser des éductours coûte beaucoup d’argent, mais il y a toujours des effets immédiats. Et d’autres pistes pourraient être développées, comme la familiarisation avec le produit par la réalité virtuelle. » De nombreuses formations, physiques ou en ligne, s’organisent aussi dans les réseaux en collaboration avec les stations pour « démystifier » le produit montagne.

Multiplier les expériences en montagne

Le vendeur a d’ailleurs une carte à jouer, auprès des clients les plus fidèles comme de ceux qui n’ont pas envie de skier. « Une fois formés, les agents de voyages auront les arguments pour vendre la montagne en expliquant qu’il y a bien d’autres activités à y faire, surtout l’hiver ! » avance Audrey Eymard. Les stations misent massivement sur l’après-ski et les activités autour de la neige, en dehors de la glisse. Randonnées en raquettes, soins en spa, sessions patinoire, stages de survie et de chiens de traîneau… Les investissements se multiplient pour varier les expériences à la montagne, notamment à destination des piétons. « La neige, ce n’est plus seulement pour les skieurs et les snowboardeurs. Par exemple, à Tignes, les vacanciers peuvent découvrir le glacier de la Grande Motte à pied, avec un parcours découverte axé sur le développement durable », détaille Agnès Pannier-Runacher. « Il n’existe pas de meilleures vacances en termes de souvenirs que celles passées au ski, assure Yariv Abehsera. Il faut entretenir cette magie autour de la montagne. » Pour prolonger l’expérience et fidéliser les clients, stations, voyagistes et distributeurs travaillent aussi leurs productions été. Et Agnès Pannier-Runacher, de la Compagnie des Alpes, de conclure : « En investissant sur l’été, les professionnels équilibrent leur modèle économique et font rayonner nos destinations en leur donnant de la visibilité toute l’année. Cela permet de faire revenir les vacanciers l’hiver. » Une manière de perpétuer la « magie » de la neige.

Quoi de neuf ?

STAGE DE SURVIE « GRAND FROID/ MUSHER »

Apprendre à survivre à des conditions extrêmes en France ? C’est le stage insolite que proposent Les Voyageurs de l’Hiver aux Contamines-Montjoie (Haute-Savoie). Durant un week-end, les plus aventureux s’initieront à faire du feu, trouver de la nourriture et de l’eau, construire un igloo ou se déplacer avec des chiens de traîneau.

UN NOUVEAU VILLAGE CLUB DU SOLEIL CHEZ TUI

Après le rachat de Transat, TUI France récupère dans son portefeuille le tout nouveau village de vacances 4* d’Oz en Oisans (Isère). Dans une déco montagnarde et chaleureuse, petits et grands pourront bénéficier d’un magasin de ski de pros et d’un spa doté d’une piscine intérieure chauffée. À partir de 724 € par adulte la semaine tout compris.

LA LUGE 3.0 ARRIVE EN STATION

Une nouvelle piste de luge ouvre à Doucy, nichée au coeur d’une forêt de sapins, face au Mont-Blanc. Petite particularité : les plus jeunes pourront s’adonner aux joies de la glisse avec une appli à réalité augmentée, produite par Gulli. L’occasion de faire la descente d’un peu plus de 2 km en mode chasse au trésor.

FONDUE « IN THE SKY » À MÉRIBEL

Manger dans une télécabine, c’est désormais possible ! Sylvain Chardonnet, propriétaire du Bistrot de l’Orée, invite les vacanciers à s’installer confortablement dans l’une des télécabines de la Saulire Express… Et à y déguster une véritable fondue suisse pendant le voyage ! Départ de Méribel-Centre (Savoie) à 1 450 m, puis halte au sommet de la Saulire à 2 738 m, avant de retourner dans la station. De quoi s’en mettre plein les yeux et le ventre ! Sur réservation, 4 à 6 personnes par télécabine.

HYATT CENTRIC POSE SES VALISES À LA ROSIÈRE

Propriété du groupe Marriott, la marque ouvrira son premier établissement en France à La Rosière (Savoie) le 15 décembre. L’hôtel, idéalement situé au pied du domaine skiable franco-italien San Bernardo, compte 69 chambres dont 12 suites dédiées aux familles. Toutes bénéficient de la vue sur la montagne. La patinoire, le bowling et la remontée mécanique la plus proche sont à moins de 100 mètres de l’hôtel.

RESTAURANT LE W À SAINTE-FOY

Après l’effort, le réconfort. Ce nouveau « bar à manger » est installé au pied des pistes, au coeur de la station de Sainte-Foy-Tarentaise (Savoie). Il propose une cuisine autour du burger. À noter que toutes les tables sont équipées de tablettes tactiles pour commander en un clic.

ODALYS SE DOTE DE DEUX NOUVELLES RÉSIDENCES

Deux nouvelles adresses dans les Alpes s’ajoutent au portefeuille d’Odalys : le Village de Praroustan à Pra-Loup (à partir de 200 € le studio pour 2 personnes en mars) et la résidence Prestige Isatis à Chamonix (à partir de 390 € l’appartement pour 4 personnes début décembre). Au total, Odalys compte 70 résidences dans les Alpes et les Pyrénées.

ANTICIPER SON CHECK-IN DANS UNE RÉSIDENCE CGH

Dans son nouveau catalogue hiver, CGH Résidences & Spas propose une arrivée en station en douceur à ses vacanciers. Ces derniers ont la possibilité de réaliser un pré-check-in en ligne la veille du jour d’arrivée sur le portail de CGH. Des transferts depuis et vers les aéroports de la région sont aussi ouverts à la réservation.

LES PISTES DE VAL-THORENS EN TEMPS RÉEL

Pour réduire son temps d’attente aux remontées mécaniques ou connaître l’affluence sur sa piste préférée, Val-Thorens (Savoie) s’est doté du système « Ski Flux », qui indique en instantané aux glisseurs la fréquentation sur le domaine. Une nouveauté rendue possible grâce à la pose de capteurs sur les pistes.

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