Le dernier rapport « FCM Consulting Insights – Trends & Strategies 2026 » décrit un secteur du voyage d’affaires en pleine transformation, porté par l’arrivée massive de l’intelligence artificielle, les tensions géopolitiques persistantes et la montée des attentes en matière de durabilité
Pour les entreprises européennes, le défi évolue. Il n’est plus seulement question d’optimiser les coûts, mais d’assurer la continuité, la sécurité ainsi que la cohérence des programmes voyage. Dans ce contexte, FCM Consulting identifie des leviers concrets pour aider les entreprises à anticiper les risques, améliorer la visibilité sur leurs dépenses et renforcer la cohérence entre leurs objectifs économiques et environnementaux
Un secteur en mutation
En Europe, le voyage d’affaires retrouve des niveaux d’activité proches de ceux d’avant la pandémie avec un rythme supérieur à la moyenne mondiale. Selon le GBTA BTI Index, une croissance de +5,3% est attendue en 2025, le nombre de vols disponibles a augmenté de 4,3 % au premier semestre, et la capacité en sièges de 5 %.
Malgré cette reprise, les coûts aériens restent instables, avec une baisse observée en mai suivie d’une hausse marquée en juin, liée aux tensions commerciales entre les États-Unis et l’Union européenne. Le tarif hôtelier moyen mondial atteint désormais 201 dollars par nuit, en hausse de 10 %, avec des augmentations plus fortes dans certaines capitales européennes : +19 % à Londres, +23 % à Madrid et +55 % à Dublin.
« Les entreprises doivent sécuriser des contrats à valeur réelle avec leurs compagnies aériennes et leurs partenaires hôteliers, sans s’appuyer sur des modèles de remise devenus obsolètes. Dans un environnement incertain, la flexibilité et la visibilité sont les deux priorités », souligne Juan Antonio Iglesias, Head of Consulting EMEA chez FCM Consulting.
L’innovation technologique, notamment l’intelligence artificielle, s’impose également comme un levier d’évolution. Les entreprises européennes l’utilisent pour automatiser les rebookings, anticiper les perturbations et améliorer la prise de décision.
Selon Jo Lloyd, Global Head of Consulting chez FCM, « l’IA ne remplace pas l’humain. Elle permet d’agir plus vite et de mieux protéger les voyageurs. Le jugement reste essentiel. »
Quatre leviers d’action pour renforcer la performance des programmes de voyage :
Se préparer aux crises
Les experts FCM encouragent les entreprises à tester leurs plans de gestion de crise chaque année, en associant les équipes RH, Sûreté, IT et Voyages. L’objectif est de définir des niveaux d’alerte clairs (crise anticipée, perturbation majeure, menace à la sécurité) et une chaîne de décision bien établie : qui alerte, qui communique, qui autorise les actions, pour garantir une réponse coordonnée et éviter les décisions isolées.
Développer la flexibilité et la visibilité
Avec la hausse des prix et les politiques plus strictes des compagnies aériennes, il devient crucial de négocier des contrats qui apportent une vraie valeur ajoutée plutôt que des remises ponctuelles.
FCM Consulting recommande aux acheteurs de consolider leurs relations avec leurs fournisseurs privilégiés afin d’obtenir des tarifs plus stables, des services mieux adaptés et une meilleure visibilité budgétaire. Cette approche permet à la fois de mieux maîtriser les budgets et de simplifier les processus d’achat, tout en créant des relations plus solides et alignées avec les priorités de l’entreprise.
En parallèle, une politique de voyage plus flexible, tenant compte des périodes de forte demande et des variations régionales, reste un levier clé pour préserver l’équilibre entre coûts et confort des voyageurs.
Intégrer et fiabiliser les données
La centralisation des informations liées aux voyages et à la sûreté permet un pilotage unifié à l’échelle régionale. Avant d’intégrer l’intelligence artificielle, il est important de fiabiliser la qualité des données et de standardiser les flux. Les entreprises peuvent ensuite suivre des indicateurs simples mais utiles comme le coût moyen par nuit, le taux de réservation via les canaux officiels ou le niveau de conformité carbone.
Piloter par la performance et la durabilité
FCM conseille de suivre régulièrement quelques indicateurs clés comme le taux d’anticipation des réservations, la part des fournisseurs conformes aux critères RSE, la proportion de tarifs dynamiques utilisés, ou encore l’écart entre coût réel et budget.
Ils recommandent enfin aux entreprises de se préparer à la directive européenne CSRD, qui imposera une meilleure transparence sur les pratiques durables : émissions de CO₂, choix d’hôtels certifiés ou recours à la mobilité électrique. «Il faut dès maintenant aligner la politique voyage sur les futurs standards européens », rappelle Juan Antonio Iglesias, Head of Consulting EMEA chez FCM Consulting.