Menu
Destination

Medellín, nouvelle destination phare d'Amérique latine : trente ans de renaissance


Publié le : 29.06.2026 I Dernière Mise à jour : 29.06.2026
Medellín, nouvelle destination phare d'Amérique latine : trente ans de renaissance
Medellín, nouvelle destination phare d'Amérique latine : trente ans de renaissance I Crédit photo ©Violaine Cherrier

Auteur

  • Violaine Cherrier

Réputée comme l’une des villes les plus dangereuses au monde il y a 30 ans, Medellin a opéré sa mue. Aujourd'hui, les touristes arrivent en masse pour profiter de ses hôtels de design, de ses initiatives communautaires et de sa scène culturelle. Tour d’horizon

Cette transformation est l'une des histoires les plus saisissantes de ce début de siècle. Et c'est précisément pour la comprendre de l'intérieur que le projet TRECC a choisi Medellín comme étape finale de ce voyage de presse. Franck, qui a accompagné le groupe depuis Pereira, passe ici le relais à une guide locale parfaitement bilingue qui n’occulte rien de la violence qu’a connue la ville, mais ne manque jamais de privilégier sa renaissance. Deux jours denses dans la ville de l'éternel printemps.

Comprendre Medellín : une ville née de l'impassevallée

Avant d'entrer dans les quartiers, avant les musées et les hôtels, il faut comprendre comment Medellín est devenue ce qu'elle est. Medellín n'était pas censée être une grande ville. Nichée dans la Vallée d'Aburrá, à 1 400 mètres d'altitude, entourée de montagnes qui la rendaient difficile d'accès, sans grand fleuve navigable à proximité, elle n'avait rien pour attirer les investisseurs ou les populations. C'est l'arrivée du chemin de fer à la fin du XIXe siècle – reliant les haciendas de montagne au fleuve Cauca, puis au Magdalena et à l'Atlantique – qui a transformé la donne. L'industrie s'est installée : textile, tabac, alcool, céramique. La ville a grandi vite dans les années 1930 et 1940.

Puis est venue la violence. Le fil conducteur de l'histoire de Colombie depuis les années 1950 : l'assassinat du candidat populiste de gauche Jorge Eliécer Gaitán en 1948 à Bogotá, qui déclenche une guerre civile larvée entre factions politiques rivales. Les FARC naissent en 1964. Les paramilitaires en réaction. Et au milieu de tout ça, les civils – des centaines de milliers de personnes déplacées de force par les groupes armés qui se disputent les territoires ruraux.

Medellín reçoit ces déplacés. Ils s'installent là où il y a de la place : sur les collines, dans des maisons construites à la main, brique par brique, sans eau potable, sans électricité, sans école. La commune 8, qui surplombe la ville à l'est, est l'une de ces communes nées du déplacement forcé : 80 % de sa population venue du Pacifique colombien, hommes et femmes qui pensaient n'y rester que quelques mois et qui sont restés toute leur vie. Ces familles sans avenir lisible, sans travail stable, sont devenues la ressource humaine du narcotrafic. Pablo Escobar n'a pas créé la misère de Medellín, il en a profité.

La Commune 8 : Darwin, Joaquín et l'art de recommencer

La journée débute par une montée en téléphérique. La ville en propose six lignes. Une ligne, dans la commune 13, est devenue un circuit touristique. La commune 8, elle, a su garder son authenticité malgré ses 178 000 habitants. C'est ce qui en fait l'intérêt.

Nous sommes accueillis en musique. En fanfare même. Celle de la Fondation ADEL C8, une initiative sociale de la Commune 8. Nous sommes plongés d'emblée dans le rythme de la journée et l'âme de Medellin. Le sourire jusuq'aux oreilles. 

Darwin Martínez attend le groupe au pied de la station. Il a grandi ici, dans la Commune 8, pendant les années les plus violentes. Il a fait partie d'un groupe armé : « l'un des plus compliqués d'ici », dit la guide avec une franchise qui ne laisse rien dans l'ombre. Il a ensuite participé à l'un des premiers processus de démobilisation, entamé à Medellín à partir de 2003. Et il est resté.

Aujourd'hui, Darwin est guide communautaire et étudie le droit. Il lui reste un an. Son arme, désormais, c'est un code pénal : « Les jeunes ont changé les armes pour les livres. C'est le plus important. » Ce n'est pas une métaphore : Darwin cite le chiffre avec fierté : 70 % des jeunes de la commune 8 sont à l'université. Un chiffre impensable il y a vingt ans dans ce quartier.

La visite suit les ruelles pavées de la commune à la découverte de ce qui s'y est construit depuis 2015, quand l'entreprise du métro est arrivée pour installer une ligne de « télécabine » supplémentaire : la Línea Igualidad, la ligne de l'égalité. Avant la ligne, c'étaient des terrains vides. Maintenant, à chaque station, des parcs publics, des espaces de rencontre, des centres culturels. Une avancée énorme pour des quartiers qui n'avaient, pendant des décennies, que la rue comme espace partagé.

Le centre de petite enfance et l'eau potable : les victoires ordinaires

Dans un bâtiment coloré qui jouxte l'une des stations de télécabine, le centre d'éducation de la petite enfance est ouvert aux enfants de 0 à 6 ans, de 8h à 16h, nourriture comprise. Un espace rouvert il y a trois ans après avoir été fermé pendant près d'une décennie pour des raisons de sécurité. Aujourd'hui, environ 280 enfants y passent leur journée pendant que leurs parents travaillent.

Ce qui semble anodin ne l'est pas : dans les communes de Medellín, les écoles publiques fonctionnent soit le matin, soit l'après-midi. Un centre ouvert huit heures de suite, c'est une révolution logistique pour des familles dont les deux parents travaillent au jour le jour.

Autre victoire présentée sans fanfare mais avec une émotion retenue : l'eau potable. Ce n'est qu'en 2021 – trente-cinq ans après la fondation du quartier – que l'eau potable est arrivée dans les foyers de la commune 8, grâce au projet communautaire Unidos por el agua. Avant, les enfants tombaient malades à cause de l'eau non traitée. Aujourd'hui, les réseaux d'eau, de gaz, d'égouts et d'électricité sont installés. La commune avance.

La Casa del Viche : l'alcool ancestral de la côte Pacifique

La visite continue au détour d’un des nombreux escaliers de la Commune 8 qui, pour rappel, est bâtie à flanc de colline. Darwin pousse la porte basse d’une maison typique de la Commune. Celle de la Casa del Viche tenue par Doña Cecilia, une femme venue du Chocó, sur la côte Pacifique, qui prépare encore les boissons ancestrales de sa culture.

Le viche est une eau-de-vie de canne à sucre fabriquée selon des méthodes africaines transmises de génération en génération par les communautés afro-colombiennes du Pacifique. Longtemps interdit ou ignoré, il vient tout juste d'être reconnu comme boisson d'appellation contrôlée, une dénomination qui ne peut être revendiquée que par des producteurs afro-colombiens. La balsámica est le viche enrichi d'un mélange d'herbes médicinales : elle sent le bois et la résine, et ses vertus supposées vont de la régulation de la tension à la stimulation de la circulation sanguine. Le vino sansón, autre déclinaison, est plus doux. Et la dégustation, elle, est très appréciée.

À quelques ruelles de là, deuxième arrêt à la Casa del Pan y la Cuca, pour, cette fois, déguster les parvas, les petites douceurs boulangères typiques de la région Paisa : cucas (biscuits à la panela et aux épices, croquants–moelleux, à l’odeur de pain d’épice), pains sucrés, galettes. Servies avec un café, elles constituent le goûter traditionnel de l'Antioquia.

Le parcours se poursuit vers la Cascade de l’Indien, l’Écoparc Las Tinajas et le Chemin de la Vie, jusqu’au Paseo Urbano, où le déjeuner est servi dans le cadre d’une initiative gastronomique locale. Au menu : poisson grillé, galettes, riz et crudités.

Joaquín et le jardin des réconciliations

Après cette pause déjeuner communautaire dans le quartier Esfuerzos de Paz, direction le Cerro de los Valores pour découvrir un projet de recyclage lié à la réintégration. Nous nous arrêtons devant ce qui ressemble de loin à un jardin public ordinaire : des sculptures végétales, des structures de métal couvertes de plantes grimpantes, des silhouettes d'animaux taillées dans des fils de fer et de la verdure. C'est le Jardin des réconciliations, aménagé par la Corporacion Camposanto, et son créateur est là pour expliquer.

Joaquín est un homme qui parle lentement, en pesant chaque mot. Ex-combattant démobilisé en 2003, comme Darwin, il a vécu, lui aussi, le retrait de l'aide gouvernementale au bout de deux ans et la tentation de revenir en arrière. Il a refusé. Ce jardin est sa réponse : transformer en espaces vivants les structures décoratives abandonnées qui parsèment les parcs publics de la commune. Ce qui était des carcasses métalliques pour lampions de fête est devenu un jardin pédagogique – une tortue, une girafe, un avion, des figures d'école – avec lequel Joaquín fait des échanges avec les familles du quartier : apportez des matériaux recyclables, repartez avec une laitue, un chou, un légume de saison.

Le Parc de l'Inflexion : honorer les victimes, pas le bourreau

Sur la route du centre, la guide s'arrête devant ce qui était autrefois la propriété de Pablo Escobar. L'immeuble a été transformé en Parc de l'Inflexion – un nom choisi avec intention. Pas de monument à Escobar ici. Pas de culte de la personnalité, pas de circuit touristique glamour autour du cartel. Ce que propose cet espace, c'est l'inverse : donner une voix aux victimes du narcotrafic, celles dont personne ne se souvient parce que le récit a été confisqué par le personnage du criminel génial.

Le guide qui présente l'endroit le dit avec une franchise qui désarçonne : Pablo Escobar est connu. Mais où sont ceux qu'il a tués ? Les journalistes qui l'ont dénoncé, comme Guillermo Cano, directeur du journal El Espectador, assassiné à Bogotá en 1986 par des hommes d'Escobar pour avoir révélé ses crimes. Les policiers. Les magistrats. Les civils tués dans les attentats à la voiture piégée dont les rues de Medellín portaient les cicatrices. Soit plus de 46 000 morts au total ! Ce parc, conçu comme un mémorial, est leur espace. Et il est aussi, précise le guide, journaliste de profession (tout un symbole), le signe que Medellín refuse de définir son identité par son pire moment.

Le centre-ville : Botero, l'esclavage et le Salon Málaga

La fin d'après-midi est consacrée au « centre historique ». La ville ne s'est développée que tardivement, et son centre des années 1930 a subi de plein fouet la violence des années 1980 et 1990 : les politiciens, journalistes et syndicalistes qui travaillaient dans ces bâtiments officiels étaient les cibles de choix de Pablo Escobar. Le gouvernement a fini par déplacer l'ensemble des bureaux administratifs dans un quartier sécurisé et les immeubles du centre se sont reconvertis.

L'ancien Palais du Gouvernement est devenu le Palais de la Culture. L'ancien Palais de Justice – conçu par un architecte belge – est devenu un marché populaire où l’on vend des chaussures au sous-sol, de l'artisanat aux étages intermédiaires et où l’on offre un point de vue sur la ville au sommet. L'ancien musée de Zea, lui, a changé de nom à cause d'une querelle conjugale aux conséquences artistiques inattendues.

Car Fernando Botero – natif de Medellín, sculpteur et peintre mondialement reconnu pour ses figures volumineuses et rondes – a souhaité faire don de 23 sculptures à sa ville natale, à condition qu'elles soient exposées dans un espace public. Le gouvernement a proposé la place adjacente au musée. Botero a dit non : le musée portait le nom de Zea, qui était aussi celui de sa première femme, dont il était divorcé. Pas question de voir sa Plaza Botero voisine éternelle de la Muse Zea. Le musée a donc été rebaptisé Musée d'Antioquia, et les 23 sculptures occupent aujourd'hui la place avec leur rondeur tranquille et provocatrice. Entre les deux bâtiments, la collection Botero est la plus grande du monde.

La place est également l'un des espaces les plus animés de la ville. Un centre commercial informel, vivant, où la prostitution, le commerce de rue et les populations marginalisées cohabitent avec les sculptures que des touristes photographient sous toutes les coutures.

À deux pas, dans une rue qui sent le café et le vinyle, le Salon Málaga est exactement ce que son nom promet : un bar de quartier fondé dans les années 1950, aux murs couverts de photos en noir et blanc d'artistes de tango et de boléro, avec une clientèle qui mêle habitués et jeunes venus pour l'ambiance. Le tango est à Medellín ce que le jazz est à La Nouvelle-Orléans : une affaire de cœur depuis que Carlos Gardel – le plus grand chanteur de tango argentin – est mort dans un accident d'avion à l'aéroport de Medellín le 24 juin 1935. La ville n'a jamais fait le deuil, et elle ne s'en cache pas.

Le restaurant Carmen : la gastronomie de Medellín en vitrine

Le dîner offert par le bureau ProColombia au restaurant Carmen Medellín offre un dernier aperçu de ce que la scène culinaire de la ville a produit en une décennie. Medellín entend emboîter le pas à Bogotá et de Carthagène en matière de gastronomie internationale et peut s’appuyer, pour y parvenir, sur sa nouvelle génération de chefs qui revendique avec fierté les produits locaux : haricots de l'Antioquia, avocats des hauteurs de la cordillère, herbes aromatiques des marchés populaires, chocolat et café en cuisine.

Carmen est l'un des restaurants emblématiques de ce mouvement : une cuisine colombienne contemporaine qui assume ses racines et nous offre une diversité de saveurs digne d’un restaurant étoilé. Au menu : ceviche revisité, pavé de poisson sur son lit de riz coco, délice aux trois chocolats… Une adresse incontournable, réputée à juste titre comme l’une des meilleures de la ville et du pays.

L'Hôtel 23 : un tropique par étage

Où dormir à Medellín ? Medellín est une ville qui mérite que l’on s’y arrête au moins deux ou trois jours. Il faut donc aussi y loger. Le Boutique Hotel 23 surprend dès le hall. Le sol de la réception représente la rivière Medellín vue de dessus – un choix architectural qui dit d'emblée que cet hôtel a une identité, une âme locale et qu'il ne ressemble à aucun autre.

Ouvert en 2026, l'hôtel est une proposition architecturale radicale dans un bâtiment de béton brut où chaque étage incarne un tropique différent – une atmosphère distincte, avec une température, une odeur et une palette de couleurs propres. Les chambres vont du standard (21 m²) à la junior suite (42 m², avec baignoire indépendante et douche séparée). Trois formats de chambres, deux tours distinctes, un seul ascenseur par tour : l'hôtel est conçu pour être intime, pas pour l'industrie de masse.

Les salles de bain en béton brut sont travaillées avec un soin qui transforme le matériau le plus froid en quelque chose de chaud. Les espaces communs complètent l’offre : restaurant, bar à vin, salle de fitness (ouverture prévue à l’été 2026) et son rooftop avec piscine et bar.

Les tarifs indiqués sur le site sont à prévoir avec une remise pour les agences de voyage.

Hôtel 23 : Medellín. Chambres de 21 à 42 m², design en béton signature, concept tropical par étage. Remise agences sur devis.

Quinta Ladera, la casa cosy

Juste en face de l’hôtel 23, le boutique hotel Quinta Ladera offre une alternative plus cosy, dans l’esprit d’une maison d’hôtes ou d’une hacienda. L’hôtel compte une vingtaine de chambres, de la simple à la familiale. En revanche, les services proposés sont plus limités que ceux de son voisin, le 23. Ici, pas de piscine, ni de bar à vin. Seul le petit-déjeuner est proposé. Et il est recommandé de demander une chambre lumineuse car toutes ne bénéficient pas d’une lumière naturelle optimale. En revanche, le confort y est irréprochable.

Quinta Ladera : une vingtaine de chambres, pouvant accueillir entre 2 et 5 personnes. Charme.

Masaya : quand trois Français tombent amoureux de la Colombie

Autre quartier, autre atmosphère : le Masaya Hotel de Medellín. Une belle façon de boucler la boucle, puisque c'est un groupe de trois Français qui a fondé Masaya en 2012. L'histoire mérite d'être racontée.

Trois étudiants français arrivent en Colombie en 2012 – une Colombie très différente de celle d'aujourd'hui – et tombent amoureux de la culture, des gens, de l'hospitalité. Ils lancent, comme projet de fin d'études, l'idée d'une auberge de jeunesse à Bogotá – dans la Candelaria, le centre historique – avec un concept inédit : ouvrir les portes aux Colombiens. Les auberges de jeunesse de l'époque étaient plutôt réservées aux internationaux. Masaya rompt avec cette logique et accueille tout le monde.

Le concept prend immédiatement. Treize ans plus tard, Masaya compte 13 propriétés en Colombie – des hostels culturels originaux en centre-ville et, depuis 2023, une nouvelle gamme, les Masaya Collection : des hôtels-boutiques ou des écolodges, positionnés sur un « lifestyle luxury » accessible, ancrés dans l'environnement local. L'hôtel de Medellín est le plus urbain et le plus moderne de la collection. Les autres propriétés sont des maisons coloniales rénovées, des lodges dans la nature, toujours intégrées à leur territoire. En 2025, Masaya a accueilli 115 000 voyageurs. Le groupe envisage une expansion en Amérique latine, voire en Europe.

La soirée chez Masaya est le clap de fin du voyage : cocktails, échanges avec l'équipe, dîner (excellent), cours de bachata proposés sur le rooftop (en duplex) offrant une vue imprenable sur la ville… Piscine disponible au dernier étage.

Masaya Medellín : Hôtel boutique urbain. Restaurants, bars, cours de bachata. 13 propriétés en Colombie. www.masayahostel.com

Le Forum du tourisme et la gastronomie comme acte politique

Le Forum des Tendances du Tourisme 2026 organisé à la Chambre de Commerce d'El Poblado de Medellín a été l’occasion de rencontrer et d’échanger avec des acteurs du tourisme locaux. Et cette année : cocorico, la France était le pays à l’honneur. L’occasion d’organiser notamment une conférence sur la gastronomie colombienne et son rôle dans la reconstruction des territoires post-conflit.

La parole y est donnée à des acteurs très différents. Patrice, Rooms Division Manager du Sofitel Santa Clara de Carthagène, explique comment le chef a appris à mêler technique culinaire française et produits caribéens colombiens – travailler avec les palenqueras (vendeuses de fruits de la communauté afro-colombienne de San Basilio de Palenque), inviter des mamas culinaires venues du Pacifique, de la Guajira et de la côte caraïbe pour des dîners de cuisine ancestrale. « Le mélange de notre technique française avec ces mamas donne un mélange très réussi », dit-il simplement – et cette simplicité dit tout.

En Colombie, la gastronomie est aussi « un acte de reconstruction » : dans les territoires qui ont connu des décennies de conflit armé, un plat cuisiné avec des ingrédients locaux devient un acte de mémoire et de résistance. Comme un acte de reconstruction.

Autre salle, autre ambiance : le videomapping comme outil de tourisme culturel. Une technique qui donne lieu à de belles collaborations entre professionnels colombiens et français. À l’image du Festival de la Luz d'Antigua au Guatemala, codéveloppé avec l'association lilloise L'Encontre audiovisuel, qui a formé 65 jeunes Centraméricains à cette technique en trois ans : 200 000 visiteurs, 8 millions de dollars de retombées économiques pour 500 000 dollars investis. Un ratio de 1 pour 16 qui fait réfléchir tout promoteur de destination culturelle.

Que retenir de Medellín ?

Medellín n'est pas seulement une ville à vendre. C'est une histoire à raconter. Et c'est précisément ce qui la rend irrésistible pour des voyageurs en quête d’un supplément d’âme, et pas seulement de plages et de visites de musées.

Profil de clientèle : urbains curieux, voyageurs engagés, jeunes adultes (25–40 ans), ainsi que des couples ou des petits groupes sensibles au tourisme responsable. La commune 8 est une expérience forte : à réserver à des clients habités par une certaine curiosité d’esprit.

Ce qui distingue Medellín de Bogotá : la ville est plus petite, plus lisible, plus chaleureuse. Le climat – éternel printemps à 1 400 mètres – est idéal toute l'année. La scène culturelle et festive est en pleine effervescence. Et la transformation sociale visible dans ses rues rend la narration touristique unique.

Ce qu'il faut éviter : les circuits Pablo Escobar à vocation purement spectaculaire. La ville travaille activement à réécrire son récit : les professionnels du tourisme responsable ont intérêt à s'aligner sur cette dynamique.

Infos pratiques – Medellín

  • Accès : Aéroport International José María Córdova (Rionegro). Vols directs depuis Paris avec Avianca (via Bogotá). Vols internes depuis toutes les grandes villes colombiennes.
  • Hébergements :
    • Hôtel 23 : design béton, tropiques par étage, 21–42 m², remise agences. Idéal clientèle design internationale.
    • Quinta Ladera : hôtel boutique, quartier Poblado. Esprit local, service personnalisé.
    • Masaya Medellín :La ville n'a jamais fait le deuil et ne s'en cache pas. lifestyle boutique, esprit communautaire, ouvert à tous. 
  • Visites incontournables :
    • Commune 8 — parcours communautaire « Transformation et Paix » avec Darwin Martínez (guide local). À réserver à l'avance via Compás Urbano.
    • Plaza Botero et Musée d'Antioquia (collection Botero la plus grande du monde)
    • Ancien Palais de Justice / Palacio Nacional (architecture belge, marché populaire)
    • Salon Málaga (bar à tango, fondé en 1950, musée vivant)
    • Parc de l'Inflexion (mémoire des victimes du narcotrafic)
    • Centre-ville en transports publics : tramway + téléphérique (expérience urbaine unique)
  • Gastronomie : Restaurant Carmen Medellín (cuisine colombienne contemporaine, El Poblado)
  • Opérateur pour le tourisme communautaire : Fondation Compás Urbano – andrea@compasurbano.com / logistica@compasurbano.com

Voyage réalisé dans le cadre du projet TRECC (Tourisme Responsable, Communautaire et Culturel), une initiative de l'Ambassade de France en Colombie, l'Institut Français de Colombie et la Fondation Compás Urbano, avec le soutien de ProColombia.

Crédits photos : ©Violaine Cherrier

Div qui contient le message d'alerte

Se connecter

Identifiez-vous

Champ obligatoire Mot de passe obligatoire

Mot de passe oublié

Déjà abonné ? Créez vos identifiants

Vous êtes abonné, mais vous n'avez pas vos identifiants pour le site ? Remplissez les informations et un courriel vous sera envoyé.

Div qui contient le message d'alerte

Envoyer l'article par mail

Mauvais format Mauvais format

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format

Div qui contient le message d'alerte

Contacter la rédaction

Mauvais format Texte obligatoire

Nombre de caractères restant à saisir :

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format