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Le coup de gueule de Patrice Caradec en ouverture du Convenc'Tour du Cediv


Publié le : 17.06.2026 I Dernière Mise à jour : 17.06.2026
Le coup de gueule de Patrice Caradec en ouverture du Convenc'Tour du Cediv I Crédit photo Rémi Bain Thouverez

Auteur

  • Rémi Bain-Thouverez

Tags : Seto , Cediv , france

Nous, TO, nous avons dépensé 6 millions d’euros pour prendre en charge tous nos clients suite à la guerre au Moyen Orient pendant que l’État rapatriait ceux des plateformes étrangères telles que Booking et Airbnb avec l’argent de nos impôts !

 

À l’occasion d’une prise de parole particulièrement remarquée, Patrice Caradec, président du Seto (Syndicat des Entreprises du Tour Operating), s’est insurgé contre ce qu’il considère comme une profonde injustice entre les opérateurs de voyage français et les plateformes étrangères.

Dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient ayant nécessité le rapatriement de milliers de voyageurs, le président du Seto a rappelé le rôle assumé par les tour-opérateurs et agences de voyages françaises : protéger, assister et rapatrier leurs clients, souvent dans l’urgence, et à leurs propres frais.

« Nous avons rapatrié nos clients, c’est notre responsabilité », affirme-t-il.

Depuis le début de la crise, les entreprises du voyage adhérentes du Seto ont mobilisé des moyens considérables pour sécuriser leurs voyageurs. Patrice Caradec évoque plusieurs milliers de vacanciers concernés.

« Nous avons communiqué sur la réassurance, sur le fait que nos clients étaient pris en charge, rapatriés, accompagnés. Entre 4 000 et 6 000 voyageurs ont été concernés selon les opérateurs. Et tout cela a été fait à nos frais », explique-t-il.

Le président du Seto insiste : « Il ne s’agit pas pour la profession de réclamer une quelconque compensation. Nous ne disons pas que c’est scandaleux de devoir payer. C’est notre métier. Cela fait partie de notre responsabilité d’opérateur de voyage. »

Il est vrai que l’addition est lourde : les TO ont dépensé dans les 6 millions d’euros pour organiser ces retours en urgence. Mais au-delà du coût financier, Patrice Caradec regrette surtout l’absence totale de reconnaissance médiatique du travail accompli par les professionnels du tourisme.

« En dehors de la presse professionnelle tourisme, aucun média n’a relayé cet effort. Nous avons été appelés plusieurs fois par jour par des journalistes des médias grand public. Avec Valérie Boned des EdV, nous avions décidé de communiquer sur la réassurance, d’expliquer que les voyageurs partis avec des professionnels étaient accompagnés et protégés. Mais cela n’intéressait personne

Le président du Seto déplore une forme d’indifférence générale envers les “bonnes nouvelles” : « Les médias se sont totalement désintéressés du fait que des millions d’euros avaient été engagés par les opérateurs pour rapatrier leurs clients. Un journal des bonnes nouvelles n’aurait aucune chance d’exister aujourd’hui. »

 

« La double peine » des entreprises françaises

C’est toutefois un autre sujet qui a déclenché la colère du patron du Seto : le rapatriement par l’État français de voyageurs ayant réservé via des plateformes étrangères.

Patrice Caradec s’enflamme : « Les opérateurs français ont payé pour rapatrier leurs clients. Mais dans le même temps, des Français partis via des plateformes étrangères comme Booking.com ou Airbnb ont été rapatriés en dernier ressort par l’État français, donc avec l’argent de nos impôts. »

Pour lui, la situation est incompréhensible.

« Nous avons la double peine. Nous respectons un cadre extrêmement légal, nous payons nos impôts en France, nous assumons nos responsabilités vis-à-vis de nos clients, et derrière l’État utilise l’argent public pour venir au secours de clients passés par des plateformes qui, elles, ne paient pas leurs impôts en France ! »

 

« Une honte absolue »

Le président du Seto n’a pas caché son exaspération. Il élargi son propos à certaines pratiques d’optimisation fiscale et à la concurrence qu’il juge déloyale de certains acteurs internationaux.

« Sincèrement, c’est une honte absolue. » clame Patrice Caradec « Nous, entreprises françaises du tourisme, nous payons nos charges et nos impôts ici. Et avec cet argent, l’État finance ensuite le rapatriement de voyageurs qui ont parfois choisi des plateformes étrangères ne contribuant pas au système français. Pire c’est souvent aussi de rapatrier des voyageurs qui ne payent pas d’impôt en France. Je pense aux influenceurs qui habitent

Un message fort, qui traduit l’exaspération croissante d’une partie des professionnels du voyage face aux différences de traitement entre les entreprises françaises régulées et les géants internationaux du numérique.

En conclusion de son intervention, Patrice Caradec a laissé entendre que ce débat ne faisait peut-être que commencer.

 

 

 

 

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