Pendant le Festival Mondial de la Culture “Nomade” en Mongolie, Benoit Tredez a rencontré Madame la Ministre du tourisme ainsi que des responsables de la MTO (Mongolia Tourism Organsition)
L’objectif de la destination s’affiche avec clarté : promouvoir la culture et les traditions des nomades mongols à l’échelle mondiale et de mettre en valeur le patrimoine culturel immatériel de la Mongolie.
Oulan-Bator
Terre de steppes infinies, de yourtes traditionnelles et de ciels étoilés, la Mongolie ambitionne de faire du tourisme un moteur économique majeur au cours de la prochaine décennie. Le gouvernement a décrété la période 2023-2028 comme les “Années à visiter la Mongolie”, avec une stratégie claire : attirer jusqu’à 2 millions de visiteurs d’ici 2030, soit près du triple du niveau actuel.
En 2024, le pays a accueilli près de 809 000 touristes, générant 1,6 milliard de dollars de revenus, soit une hausse de 23 % par rapport à 2023. La Chine, la Russie et la Corée du Sud figurent parmi les principaux pays d’origine des voyageurs, aux côtés du Japon, du Kazakhstan et des États-Unis.
Une offre entre nature, culture et aventure
Près d’un tiers des visiteurs viennent pour découvrir les paysages naturels – du désert de Gobi aux montagnes enneigées – tandis que d’autres privilégient le tourisme culturel (24 %), l’aventure (12 %) ou encore l’observation de la faune sauvage (11 %). Les chevaux mongols, le léopard des neiges ou encore le chat de Pallas comptent parmi les emblèmes naturels les plus recherchés.
Les visiteurs sont également attirés par l’hospitalité nomade, la gastronomie traditionnelle et les expériences uniques offertes par l’hébergement en yourtes (gers), en complément des infrastructures hôtelières modernes en plein essor.
Une politique volontariste
Pour stimuler ce secteur, la Mongolie a multiplié les initiatives :
-Accord bilatéral avec la Chine pour renforcer la coopération touristique,
-Exemption de visa pour les visiteurs sud-coréens (90 jours, jusqu’à fin 2024),
-Cadre légal modernisé pour soutenir le tourisme transfrontalier et encourager les investissements,
-Campagnes marketing internationales ciblant les marchés stratégiques.
L’objectif est aussi de garantir un tourisme durable, en veillant à ce que les bénéfices profitent aux communautés locales, que la sécurité des voyageurs soit assurée, et que l’impact environnemental reste limité.
Des défis à relever
Malgré son potentiel, le pays fait face à plusieurs obstacles : un réseau de transport insuffisant vers certaines régions reculées, une infrastructure touristique encore fragile et une forte saisonnalité de la demande, concentrée sur l’été.
Pour y remédier, la stratégie nationale prévoit :
-Le développement d’infrastructures modernes (routes, aéroports, hébergements),
-La mise en avant de nouveaux produits touristiques comme le tourisme hivernal ou spirituel,
-La diversification des marchés sources, avec une attention particulière à l’Europe et à l’Asie du Sud-Est.
Un pari sur l’avenir
À l’horizon 2030, la Mongolie espère que le tourisme pèsera jusqu’à 10 % du PIB et générera 3 à 4 milliards de dollars de recettes annuelles, tout en créant près de 160 000 emplois.
Entre traditions millénaires et projets modernes, le pays entend s’imposer comme une destination incontournable pour les voyageurs en quête d’authenticité, d’aventure et de dépaysement.