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Comprendre | Le marché

Toujours plus !


Publié le : 01.06.2018 I Dernière Mise à jour : 01.06.2018
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Toujours plus ! I Crédit photo Anne-Claire Delorme

Auteur

  • Anne-Claire Delorme

Boostés par des résultats exceptionnels en 2017, les parcs de loisirs investissent massivement dans les nouvelles attractions mais aussi l’hôtellerie. L’objectif : se transformer en véritables destinations de court séjour.

Deux milliards d’euros ! C’est le montant des investissements à venir annoncés en février par Disneyland Paris. À la clé : la transformation complète du Parc Walt Disney Studios à partir de 2021 avec la création de trois nouvelles zones thématiques dédiées à Marvel, La Reine des Neiges et Star Wars. Cette faramineuse montée en puissance témoigne de l’irrésistible ascension des parcs de loisirs en Europe. Même s’il est aujourd’hui arrivé à maturité, ce marché continue d’enregistrer des performances impressionnantes : après une explosion de la fréquentation en 2017 (+ 7 % avec plus de 17 millions de visiteurs pour les parcs français et + 8,5 % en chiffre d’affaires), 2018 s’annonce sur « un trend haussier » selon la dernière étude réalisée par Xerfi France. Et les principaux parcs affichent une envolée de leur nombre de visiteurs, à l’image des treize parcs de la Compagnie des Alpes qui ont totalisé 8,4 millions de visiteurs en 2017 (+ 6,5 %). En passant la barre des 2 millions de visiteurs, le Parc Astérix a ainsi pulvérisé des records avec une hausse de 10 % de sa fréquentation et de 15 % de son chiffre d’affaires (96 millions d’euros).

Comment expliquer ce boom ? Le retour de la clientèle internationale justifie en partie ces résultats, mais pas uniquement, les parcs réalisant le plus gros de leur fréquentation avec la clientèle française, mis à part Disneyland Paris qui accueille environ 50 % de clientèle étrangère dans ses deux parcs. Il suffit de regarder les scores des parcs voisins pour saisir l’ampleur du phénomène : Port Aventura World, sur la Costa Dorada en Espagne, espère dépasser les 5 millions de visiteurs en 2018 (4,7 millions en 2017) et le parc allemand Europa-Park, en croissance permanente, a affiché 5,6 millions de visiteurs en 2017, dont 23 % de Français. Le succès des parcs de loisirs est d’abord le fruit d’une politique massive d’investissements : selon le dernier rapport d’activités du Syndicat national des espaces de loisirs, d’attractions et culturels (Snelac) regroupant plus de 500 entreprises, les parcs réinvestissent en moyenne 25 % de leur chiffre d’affaires chaque année, contre 20 % pour les sociétés non financières. Ce qui se traduit par des sommes colossales : le Puy du Fou a ainsi investi 500 millions d’euros depuis sa création en 1977, dont 25 millions en 2018 ; la famille Mack, propriétaire d’Europa-Park, met la main à la poche pour 25 à 50 millions d’euros chaque année ; et Port Aventura World avance fièrement le chiffre d’1 milliard d’euros depuis son ouverture voici 23 ans !

Grosses sensations… virtuelles

Il est vrai que l’enjeu est de taille : seule la création permanente de nouveautés permet de retenir les visiteurs fidèles, le cœur de cible des parcs. « Dans notre activité, la clé, c’est le “repeat business” », résume François Fassier, directeur des opérations des parcs de loisirs à la Compagnie des Alpes. Dans certains parcs, le taux de revisite dépasse les 60 % : le Puy du Fou et le Futuroscope revendiquent 65 % de revisiteurs, le Parc Astérix, 70 %, et Europa-Park ou encore le PAL en Auvergne, 80 % ! Du coup, l’annonce des nouveautés 2018 a de quoi donner le tournis sans même passer par le grand huit ! Voyage autour du monde avec « Le Mystère de La Pérouse » au Puy du Fou, course en réalité virtuelle 5D avec « Sébastien Loeb Racing Xperience » au Futuroscope, plongée dans l’univers des super-héros Marvel à Disneyland Paris ou exploration polaire avec le cinéma Adventure 5D au Marineland d’Antibes… l’innovation technologique est largement sollicitée. À l’ère de la réalité virtuelle, l’expérience se doit d’être immersive. Et, à l’arrivée, certains parcs peuvent même se permettre d’aller courtiser les « archéo-visiteurs », comme le Futuroscope qui, à force d’investir 10 à 15 % de son chiffre d’affaires chaque année, a carrément renouvelé 95 % de ses attractions depuis son ouverture en 1977 ! Le parc prépare d’ores et déjà pour 2019 (pour un investissement de 20 millions d’euros) une nouveauté qui s’annonce spectaculaire autour de la thématique des rêves de l’homme.

Les nouveaux city breaks

Le deuxième enjeu est d’aller « chercher les clients de plus en plus loin », note François Fassier. D’où la tendance des parcs à se transformer en destinations de court séjour et à développer, parallèlement à leurs accords avec les hôtels voisins, de véritables resorts hôteliers dans le sillage des grands comme Disneyland Paris (7 hôtels, 5 800 chambres), Europa-Park (5 hôtels, 4 500 lits) ou Port Aventura (5 hôtels, 2 100 chambres). Le but n’est pas uniquement de booster la fréquentation et la dépense moyenne mais aussi de créer un cercle vertueux en augmentant le degré de satisfaction des visiteurs. « Avec 60 hectares et 30 expériences, visiter en une seule journée le parc du Futuroscope peut être source de frustration pour le visiteur », résume Pierre Watrelot, directeur des ventes France du Futuroscope. « Et plus on allonge la visite, meilleur est le taux de satisfaction. » Or, c’est le nerf de la guerre pour les parcs. « S’il y a un indicateur que l’on suit vraiment, c’est la note de satisfaction de nos visiteurs, plus que le chiffre d’affaires », souligne Étienne Guilmineau, responsable commercial du Puy du Fou. Et ceux qui étaient à la traîne mettent les bouchées doubles pour décupler leur capacité, comme le Parc Astérix qui a investi plus de 100 millions d’euros en trois ans (dont 36 millions en 2018). Après avoir augmenté la capacité de son premier hôtel à 150 chambres, le parc ouvre cette saison La Cité suspendue, un deuxième hôtel de 150 chambres, et en prévoit un troisième de 150 chambres en 2019, Les Quais de Lutèce. « Les consommateurs recherchent de plus en plus une expérience immersive, d’où notre stratégie de développement d’un hébergement dans la forêt », remarque Guy Vassel, directeur général adjoint du Parc Astérix. « Il y a une réelle demande, la preuve : notre taux d’occupation a augmenté de 10 % alors que nous avons ouvert 50 chambres supplémentaires. » Et en se transformant en vraie destination de court séjour, le parc espère augmenter la part des ventes dans le réseau qui reste encore faible (environ 2 %) et attirer une clientèle plus lointaine.

Un développement vertigineux

Car les agences de voyages et TO sont un pivot important de la distribution. Chez Disneyland Paris, les ventes indirectes représentent 40 % des ventes sur le marché français. « Nous travaillons avec de nombreux acteurs du tourisme et notamment les agences de voyages, qui sont clés pour nous aider à installer les nouvelles saisons et produits comme les nouveaux séjours Signature Célébrations ou Marvel », indique Javier Moreno, directeur marketing et ventes France, citant également « l’accompagnement » du client. Et pour les agences de voyages, les parcs de loisirs représentent un bon produit d’appel. « Cela leur permet de travailler la fidélisation et la prospection avec des prix d’appel attractifs », juge Pierre Watrelot. En outre, « le produit est facile à vendre, le taux de litiges extrêmement faible et la centrale de réservation assez disponible puisque, sur notre site BtoB, nous permettons aux agences d’accéder au stock en direct ».

Et le produit semble appelé à se multiplier à l’infini. « Dès lors qu’on développe une capacité hôtelière, l’intérêt est de conserver les visiteurs le plus longtemps possible », indique François Fassier, « si vous voulez les faire rester une troisième ou quatrième journée, il faut prévoir un deuxième ou troisième parc. » D’où la floraison de déclinaisons. Après Port Aventura World qui a investi 100 millions d’euros l’an dernier pour l’ouverture de Ferrari Land, son troisième parc, d’autres vont suivre prochainement. Europa-Park engage ainsi 150 millions d’euros pour créer dès 2019 Rulantica, un nouveau parc aquatique sur une thématique nordique (avec un hôtel de 304 chambres pour 1 300 lits). Objectif : 400 000 à 600 000 visiteurs par an. De son côté, Bellewaerde, en Belgique, inaugurera un deuxième parc aquatique fin 2019, visant 300 000 à 350 000 visiteurs la première année. Quant au Futuroscope, il envisage à terme un deuxième parc à proximité, ce qui « permettrait d’atteindre un vrai palier ». L’étape suivante consiste à franchir les frontières. Le Puy du Fou a ainsi prévu de décliner son concept de parc autour du spectacle vivant à Tolède en Espagne : un premier spectacle nocturne y est prévu en 2019, avant une ouverture du parc en 2021.

WALIBI RHÔNE-ALPES PREND DE L’Altitude

Une nouvelle zone invite les visiteurs à prendre de la hauteur. Conçue comme une cité imaginaire, Festival City, la ville de toutes les fêtes, accueille trois attractions majeures : Hurricane pour un voyage en apesanteur dans un ventilateur géant à 49,7 m de haut, Balloon Race pour une virée à 2,5 m en l’air et Dock’n Roll pour s’habituer à affronter les vagues sans mal de mer !

DANS LE GRAND NORD CANADIEN AU PAL

Des quads propulsés jusqu’à 90 km/h sur un grand huit pour parcourir les grands espaces du Nord canadien ! Le PAL voit grand en 2018 avec Yukon Quad, une nouvelle attraction unique en Europe, et la plus grande jamais inaugurée par le parc d’attractions et animalier de l’Allier. PAL, qui a passé la barre des 600 000 visiteurs en 2017, a déboursé 10 millions d’euros pour ce circuit d’1 km.

MARINELAND VOIT L’ARCTIQUE EN 5D

Marineland, à Antibes, vient d’inaugurer sa première attraction dynamique : un cinéma 5D de 132 sièges (dont 4 pour les personnes à mobilité réduite). À l’affiche, « Arctic 1 » promet un véritable voyage d’exploration à travers le pôle Nord et le pôle Sud à la rencontre des animaux marins. Le but, outre les sensations, est de sensibiliser le grand public à la conservation des espèces.

LE MYSTERE DE LA PEROUSE AU PUY DU FOU

Embarquer sur La Boussole, le vaisseau du célèbre navigateur La Pérouse, disparu mystérieusement en 1788 dans les îles Salomon : c’est ce que propose le Puy du Fou avec sa nouvelle création. Les « voyageurs » quitteront le port de Brest en 1785 pour affronter les mers et participer à l’épopée des Grandes Découvertes, du cap Horn à l’Alaska… non sans essuyer quelques redoutables tempêtes !

AVEC SEBASTIEN LOEB AU FUTUROSCOPE

Expérimenter toutes les sensations d’un rallye automobile, y compris les dérapages contrôlés et les accélérations ? C’est possible avec la toute dernière attraction du Futuroscope, « Sébastien Loeb Racing Xperience », conçue en partenariat avec le pilote français et réalisée en VR 5D pour une immersion totale. En prélude, 700 m2 retracent la carrière du champion grâce à une scénographie interactive.

EUROPA-PARK DEDIE SA SAISON 2018 À LA FRANCE

Le parc allemand conçu autour de la thématique européenne a entièrement rénové son quartier français en partenariat avec le Moulin Rouge. La nouvelle façade de son grand huit, rebaptisé « Eurosat CanCan Coaster », est ornée d’une reproduction du célèbre cabaret et les décors évoquent le Paris de la fête et du divertissement au XIXe siècle.

De nouveaux parcs à l’horizon

Alors que la France compte déjà 250 parcs de loisirs, de nombreux projets sont dans les cartons. Et l’énoncé des thématiques a des airs de poème à la Prévert. Dans l’Hérault, la ville de Béziers vient de dévoiler un projet autour des métiers du cinéma, avec un parc à thèmes permettant de s’immerger dans les technologies liées au grand écran et aux jeux vidéo, mais aussi un volet formation professionnelle. Près de Bordeaux, le futur projet Tarmaq, prévu pour 2021, véritable vitrine de l’aéronautique, offrira des expériences autour de l’avion : simulateur d’avion de ligne, parcours « pilote de chasse » et pilotage de drones de loisir. Dans un autre style, l’agglomération Nîmes Métropole projette de lancer un parc de loisirs dédié au patrimoine gallo-romain.

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