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Plan social chez Air France et Hop! : la colère gronde chez les salariés et syndicats


Publié le : 06.07.2020 I Dernière Mise à jour : 06.07.2020
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Air France s'est lancé dans un « plan de reconstruction » qui prévoit une réduction de son réseau français de 40% d'ici à la fin 2021. I Crédit photo ©Adobe Stock

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  • Brice Lahaye (avec AFP)

Plusieurs actions ont été organisées vendredi à Paris et en région, alors que devaient se tenir plusieurs réunions pour informer les salariés sur le plan de suppression d'emplois annoncé par Air France et Hop !.

Ils n'ont pas dit leur dernier mot. Au lendemain de l'annonce concernant la suppression de plus de 7 500 postes par Air France, principalement dans son réseau court-courrier, les salariés du groupe se mobilisent. La direction avait prévu, vendredi, deux rendez-vous pour informer les représentants du personnel de l'évolution de l'emploi dans le groupe : un comité social et économique central (CSEC) extraordinaire porte de Montreuil à Paris pour la compagnie Air France et un CSE extraordinaire à l'aéroport de Nantes pour Hop!. Mais c'était sans compter sur l'accueil prévu par les salariés.

À Nantes, près d'une cinquantaine de personnes ont ainsi cadenassé vendredi matin un portail pour bloquer l'accès au siège de la compagnie régionale, et le CSE de Hop! a duré moins de deux heures. Les représentants du personnel avaient décidé de boycotter cette réunion pour « faire barrage » à la « disparition programmée » de la compagnie. Plus de 1000 emplois sont en effet menacés au sein de Hop!, soit 37 % des effectifs de la filiale low-cost, et la fermeture de 12 des 14 bases de personnel navigant (toutes sauf Paris-Charles-de-Gaulle et Lyon) et des sites de maintenance de Lille et Morlaix a également été annoncée. 

Une décision que justifie le patron de Hop!, Pierre-Olivier Bandet, en soulignant « le caractère exceptionnel de la crise ». « Face à la dégradation importante et durable de nos marchés sur l'ensemble des réseaux, et surtout sur le court-courrier qui accumule déjà des pertes depuis plusieurs années, face à la concurrence des low-cost, aux changements de comportement de nos clients, le groupe Air France, dont Hop!, doit se transformer et se reconstruire rapidement », estime-t-il dans un courrier adressé aux salariés.

Colère et incompréhension

Un message qui ne semble toutefois pas avoir apaisé les tensions. Un rassemblement de 150 à 200 personnes a eu lieu vendredi sur le site de Morlaix, qui emploie environ 300 salariés et doit fermer d'ici 2023. « Le sentiment, là, c'est de la colère », réagit Valérie Scattolin, 54 ans, élue (Unsa) au CSE et depuis 23 ans dans l'entreprise, jugeant la fermeture « incompréhensible ». « On trouve ça inacceptable, du fait qu'aujourd'hui l'activité est réelle, pour preuve, dans le hangar il y a deux avions en maintenance, d'autres avions sont prévus derrière », estime de son côté Matthieu Jolivet, contrôleur production sur le site maintenance de Morlaix.

Même incompréhension au sein des équipes d'Air France, la direction prévoyant de supprimer 6560 postes en CDI équivalents temps plein (ETP) sur environ 41 000, soit 16% des effectifs de la compagnie nationale. Devant le siège à Roissy, une centaine de personnes se sont regroupées pour exprimer leur « colère » face aux suppressions de postes. Le grillage de la vaste entrée du siège de la compagnie aérienne était recouvert par de nombreuses affiches, clamant « Nos vies valent plus que 7 milliards » et « Air France veut nous tuer ».

« On est très combatifs », a déclaré Jérôme Beaurain, de Sud Aérien, qui dénonce « une logique de destruction d'emplois et non de croissance ». « La crise, on ne la nie pas mais (la direction) en profite pour faire passer ce plan qui a été concocté bien avant », accuse de son côté Guillaume Pollard (syndicat Alter), pilote Air France depuis 22 ans. La stratégie d'Air France « ne pourra se faire sans l'assentiment des salariés, au risque d'un nouvel embrasement social », ont également mis en garde vendredi les élus de FO, premier syndicat chez Air France. 

Fortement secoué par la crise du Covid-19, comme l'ensemble du secteur, le groupe Air France s'est lancé dans un « plan de reconstruction » qui prévoit une réduction de son réseau français (déficitaire) de 40% d'ici à la fin 2021. Pour tenter de limiter les dégâts, Air France-KLM a par ailleurs reçu il y a quelques semaines un soutien financier de 7 milliards d'euros.

 

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