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La France, un pays transformé : le diagnostic sans concession de Jérôme Fourquet


Publié le : 05.05.2026 I Dernière Mise à jour : 05.05.2026
La France, un pays transformé : le diagnostic sans concession de Jérôme Fourquet I Crédit photo ©Rémi Bain Thouverez

Auteur

  • Rémi Bain Thouverez

Tags : EdV , IFOP

Lors du congrès des EdV, Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion à l’FOP, a livré une analyse dense et percutante de l’état de la société française.

 

Entre éclatement électoral, mutation économique et bouleversement des modes de vie, son intervention dessine les contours d’un pays profondément transformé.

 

Une France « archipélisée »

Premier constat : la fragmentation électorale n’est que le reflet d’un phénomène bien plus profond. En une décennie, les deux grands partis historiques se sont effondrés. En 2012, François Hollande et Nicolas Sarkozy totalisaient 56 % des voix au premier tour. Dix ans plus tard, leurs héritiers plafonnent à des scores marginaux.

Pour Fourquet, cette évolution illustre une « archipélisation » du pays : la société française ne forme plus un bloc homogène, mais une multitude d’îlots sociaux, culturels et économiques.

 

Du monopole médiatique à l’explosion des usages

Ce phénomène dépasse largement la politique. Dans les années 1980, une campagne publicitaire sur TF1 permettait de toucher près de la moitié de la population. Aujourd’hui, l’audience est divisée par plus de deux, dans un univers médiatique éclaté entre télévision, plateformes et réseaux sociaux.

Même logique dans la consommation : la fin des modèles uniformes laisse place à une diversification extrême des comportements.

 

La fin d’un modèle économique industriel

Jérôme Fourquet rappelle une séquence symbolique : la fermeture de l’usine Renault Billancourt le 31 mars 1992, suivie quelques jours plus tard de l’inauguration de Disneyland Paris.

« En quinze jours, la France est passée de Billancourt à Mickey », résume-t-il.

Depuis, l’économie française a basculé vers les services, le tourisme et la logistique. Aujourd’hui, le tourisme pèse presque autant que l’industrie dans le PIB, signe d’un changement structurel majeur.

 

Le triomphe des loisirs… sous contrainte

Les vacances et les loisirs occupent désormais une place centrale dans les imaginaires. Malgré les contraintes économiques, les Français tentent de préserver ces dépenses, quitte à arbitrer ailleurs.

Car le pouvoir d’achat est devenu la préoccupation dominante. Entre hausse du coût du logement, inflation alimentaire et explosion des prix de l’énergie, les ménages ajustent leurs budgets. Résultat : alimentation et habillement sont sacrifiés, tandis que les dépenses liées aux loisirs sont relativement « sanctuarisées ».

 

Une société de plus en plus polarisée

Cette pression économique s’accompagne d’une montée en gamme généralisée de l’offre, notamment dans le tourisme. L’ hôtellerie de plein air remplace le camping traditionnel, excluant progressivement les catégories les plus modestes.

Parallèlement, les offres « low cost » se développent à grande vitesse. Le succès de plateformes comme Vinted ou de hard discounters illustre cette polarisation croissante.

La classe moyenne, loin d’avoir disparu, se fragmente. Elle devient un « millefeuille » où chacun ajuste ses pratiques de consommation pour maintenir son statut social.

Autre conséquence visible : la transformation des centres-villes. Le secteur du textile, frappé par le e-commerce et la seconde main, s’effondre, laissant place à des vitrines vides. En parallèle, l’activité commerciale se déplace vers les périphéries et les zones de flux.

Cette recomposition interroge directement les acteurs du tourisme et du commerce : où se trouvent désormais les consommateurs ?

Dans une société fragmentée, Jérôme Fourquet identifie un espace de cohésion : l’entreprise. Là où la société fonctionne souvent en « côte à côte », le monde du travail impose encore un « faire ensemble ».

Une analyse qui fait écho aux inquiétudes exprimées autrefois par l’ancien maire de Lyon Gérard Collomb sur le risque d’un basculement vers une « société du face-à-face ».

 

Une scène politique en perte de repères

À un an de l’élection présidentielle, le tableau est incertain. Les partis traditionnels peinent à désigner des leaders, tandis que les nouvelles forces restent fragmentées. Dans ce paysage instable, les figures comme Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon ou encore François Bayrou incarnent des pôles sans parvenir à structurer durablement le débat.

Plus inquiétant encore : une partie croissante des Français semble se détourner de la politique, jugée déconnectée des enjeux réels.

 

Une société sous tension, en quête de sens

Entre fragmentation sociale, contraintes économiques et incertitudes politiques, la France décrite par Jérôme Fourquet apparaît profondément recomposée.

Son diagnostic est clair : les lignes de fracture ne cessent de se multiplier, et les repères collectifs s’effacent. Dans ce contexte, comprendre les nouvelles logiques sociales devient essentiel — notamment pour les acteurs économiques, en première ligne face à ces mutations.

 

 

 

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