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Croisière

Patrick Pourbaix (MSC) : « Nos passagers veulent repartir le plus vite possible »


Publié le : 07.05.2020 I Dernière Mise à jour : 07.05.2020
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Patrick Pourbaix, directeur général France de MSC Croisières. I Crédit photo ©Christian Rombi/MSC Croisières

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  • Propos recueillis par Brice Lahaye et Jean-Baptiste Tréboul

En exclusivité pour Tour Hebdo, Patrick Pourbaix, directeur général France de MSC Croisières, revient sur la situation inédite que connaît actuellement sa compagnie en pleine crise sanitaire. Sans en oublier pour autant d'évoquer la reprise prochaine des croisières.

Tour Hebdo : Comment allez-vous aujourd'hui ?

Patrick Pourbaix : On a le moral, on est serein. C'est encore compliqué aujourd'hui, car nous sommes toujours dans l'incertitude. Les compagnies ont été touchées par tous les différents événements. Mais tout cela est derrière nous. Pour MSC, il n'y a eu aucun cas de Covid-19 décelé à bord d'un des bateaux, malgré les alertes et suspicions. Il n'y a pas eu de cas parce que nous avons anticipé les décisions. Nous avons pris des mesures terribles très rapidement, par exemple en annulant un vol entre l'Italie et les Antilles. Et nous avons eu les bons comportements, en prenant dès janvier la température de nos passagers.

T.H. : Pour justement éviter une nouvelle propagation du virus, quelles mesures prévoyez-vous de mettre en place une fois la reprise amorcée ?

P.B. : Nous essayons de faire des plans avec tous les pays, mais reste à savoir quand nous pourrons les appliquer et quand l'activité reprendra. Et c'est quelque chose qui se fera collégialement, avec les croisiéristes et les gouvernements. Car pour remonter à bord, il faut une sécurité absolue. S'il y a, ne serait-ce qu'un cas à bord d'un navire après la reprise, alors nous serons tous bloqués pour plusieurs mois supplémentaires. Nous sommes tous à la recherche du protocole sanitaire pour avoir un risque zéro. MSC mène des réflexions qui sont encore en cours, avec cette recherche de nouveaux protocoles. C'est ce qu'il faut faire dans un premier temps. Puis, ensuite, viendra le moment de tous échanger sur les mesures à adopter.

T.H. : Faut-il s'attendre à une amélioration de la situation rapidement ?

P.B. : Les chances qu'il y ait des croisières en juillet, août et septembre sont faibles. Je dirais 20 à 30% de chances de reprise au maximum. Et cela parce qu'il faut mettre en place ce protocole sanitaire. Il y a aussi d'autres critères à prendre en compte. Sur un bateau, il y a en effet plusieurs problématiques, avec les restaurants et les salles de spectacles par exemple, qui peuvent tous êtres soumis à des procédures particulières. Par contre, je rejette l'idée que la situation sera plus difficile à gérer sur les grands bateaux, alors que justement, le nombre de m2 par passager est plus important que sur des plus petits navires. Plus le bateau est grand, plus l'espace permet de gérer les flux.  

T.H. : Comment se passera concrètement la reprise ?

P.B. : Notre plan de reprise se fera en deux temps. Tout d'abord, avec l'étape du « stand-by ». Nous avons des bateaux placés partout dans le monde, positionnés aux endroits stratégiques. Donc nous sommes dans les starting-blocks pour repartir assez vite. Cette période pourrait s'étaler entre le 10 juillet et la fin de l'automne. Nous sommes extrêmement flexibles sur les itinéraires. Il suffit qu'un port soit ouvert pour qu'on puisse y aller. L'autre étape, ce sera la reprise de la nouvelle saison hivernale, qui permettra un redémarrage plus constant. Là aussi, nous travaillons tous nos plans et nous sommes prêts.

T.H. : Mais la reprise fera-t-elle revenir les passagers ?

P.B. : Nos passagers veulent repartir le plus vite possible. La demande est là ! Nous enregistrons toujours un flux, certes petit, de réservations pendant la crise. Tous les jours, nous avons des réservations, entre 10 et 15% de ce que nous faisons habituellement, principalement pour l'hiver et l'été 2021.

T.H. : Les résultats pour l'année 2020 ne s'annoncent donc pas très encourageants...

P.B. : Oui, le marché va être en baisse, comme tout est à l'arrêt actuellement. Nous avons fonctionné seulement deux mois et demi depuis le début de l'année. Depuis que nous avons stoppé nos bateaux, nous n'avons aucun revenu, alors que nous avons évidemment des coûts pour le maintien des navires mais aussi pour le remboursement des bateaux que nous construisons. Mais je suis assez serein aujourd'hui. Ça peut paraître bizarre, mais c'est parce que MSC est une société un peu atypique. Nous sommes une compagnie privée donc nous n'avons pas de compte à rendre aux actionnaires. Nous avons le soutien des banques et une faculté de tenir le choc sur le long terme, plus que n'importe quelle autre compagnie.

T.H. : Avez-vous fait appel aux différentes aides proposées par l'Etat ?

P.B. : Oui, nous avons demandé toutes les aides possibles pour faire face aux difficultés que nous connaissons. La politique sociale européenne nous montre aujourd'hui toutes ses forces. 

T.H. : L'ordonnance du 25 mars dernier - qui permet de proposer aux clients un avoir en lieu et place du remboursement d'un voyage annulé à cause du coronavirus – vous a-t-elle permis de surmonter plus facilement la situation ?

P.B. : Nous avons même voulu aller plus loin que l'ordonnance. Nous avons décidé de récompenser les passagers qui décidaient de reporter après l'annulation de leur croisière en leur offrant un crédit de 100 et 400 € par cabine, en fonction de la durée de leur croisière d'origine. Et nous avons également prévu de distribuer une commission de 5% supplémentaire aux distributeurs pour ces reports. Enfin, du 10 juillet (date jusqu'à laquelle les croisières sont pour le moment annulées, ndlr) au 30 septembre, il est également possible pour les clients de reporter sans frais. Et pour les nouvelles réservations, les passagers ne paient qu'un acompte de 50 € et peuvent annuler jusqu'à 21 jours avant le départ.

T.H : La question s'était déjà posée lors de la faillite de Thomas Cook et pourrait revenir dans le débat après cette crise sanitaire : faut-il modifier le délai de paiement entre distributeurs et producteurs ?

P.B. : Nous pouvons imaginer qu'avec la situation du Covid-19, il sera peut-être le moment, dans quelque temps, de se poser la question d'un modèle plus équilibré qui satisfait tout le monde. Ce n'est pas une bataille entre producteurs et distributeurs. C'est une réflexion à avoir pour arriver à changer le modèle. Le système en France est une anomalie. Dans les autres pays, il n'y a pas ces paiements après le départ du client. Toutes les compagnies de croisières pointent d'ailleurs la France comme étant une épine dans le pied avec ce système inhabituel, qu'elles considèrent comme un frein pour venir proposer des produits en France. Cette réflexion pourrait se faire sur quatre points : le paiement avant le départ, le paiement des acomptes, la mise en place d'un mécanisme de financement différent - en réfléchissant notamment à une centralisation du paiement avec un système partagé par tous les acteurs - et enfin le rôle de l'APST. Sur ce dernier point, je suis en faveur d'un système mutualisé sur le risque global, à l'image de ce qui se fait dans d'autres pays.

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