Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et leurs répercussions économiques, le président de l’APST a insisté sur la solidité du modèle de garantie financière et sur la capacité du secteur à absorber les chocs.
Muntaz Teker a tenu un discours à la fois lucide et rassurant à destination des adhérents de Association Professionnelle de Solidarité du Tourisme (APST).
Une crise différente, aux effets surtout économiques
Fort de plus de quatre décennies d’expérience, le président de l’APST a rappelé avoir traversé de nombreuses crises. Mais celle-ci présente, selon lui, une singularité : ses conséquences seront moins directement liées au conflit lui-même qu’à ses répercussions économiques.
« La guerre finira par s’arrêter, peut-être même avant l’été », avance-t-il, sans verser dans un optimisme excessif. En revanche, il se montre plus préoccupé par l’impact durable sur le pouvoir d’achat. Hausse des prix, tensions sur les salaires, ajustements des entreprises : « il faudra sans doute un à deux ans pour digérer cette situation ».
Un constat corroboré par les données de INSEE, qui anticipe une baisse du pouvoir d’achat en 2026 — une situation rare à l’échelle historique : la première baisse du pouvoir d’achat depuis 2011, la deuxième depuis la Seconde Guerre mondiale.
Une APST « plus solide que jamais »
Face à ces incertitudes, Muntaz Teker a tenu à délivrer un message clair : l’APST dispose aujourd’hui de bases financières extrêmement robustes. « Nous n’avons jamais été aussi forts », affirme-t-il.
L’association affiche près de 70 millions d’euros de fonds, dont plus de 40 millions en trésorerie disponible. Un niveau qui permet d’envisager sereinement les éventuelles défaillances d’entreprises, même si le président rappelle avec pragmatisme que ce n’est pas le moment d’envisager une baisse des cotisations : « Au contraire, nous devons rester solides pour faire face à toutes les situations. »
Des défaillances sous contrôle
Sur le front des défaillances, la situation reste stable à ce stade. Depuis le début de l’année, une cinquantaine de cas ont été recensés dans la profession, un niveau comparable à 2025. Parmi eux, une part limitée concerne directement les adhérents de l’APST.
Un indicateur qui témoigne, selon lui, de l’efficacité des dispositifs mis en place. « Nous gérons et contrôlons les entreprises, et nous ne sommes pas inquiets à ce stade », précise-t-il.
Un rôle clé de protection de la filière
Au-delà des chiffres, le président a rappelé la mission centrale de l’APST : protéger à la fois les clients et les partenaires en cas de défaillance. L’objectif est clair : éviter tout effet domino sur la chaîne touristique.
« Une agence peut disparaître, mais ses clients doivent pouvoir partir, et les tour-opérateurs ne doivent pas être pénalisés », résume-t-il. Un rôle de “pare-chocs” essentiel pour maintenir la confiance dans l’ensemble de la filière.
Entre prudence et confiance
Si le discours se veut rassurant, il n’élude pas les défis à venir. Muntaz Teker appelle ainsi à une posture équilibrée : ni pessimisme, ni excès d’optimisme, mais une vigilance active face à une conjoncture inédite.
Dans un environnement où la demande pourrait être freinée par les contraintes budgétaires des ménages, la solidité des institutions professionnelles apparaît plus que jamais comme un pilier de stabilité.
Le message adressé aux adhérents est donc sans ambiguïté : malgré les turbulences, l’APST sera au rendez-vous pour accompagner la profession et absorber les éventuels chocs. Une promesse de continuité dans un secteur qui, une fois encore, devra démontrer sa capacité de résistance.