Menu
Transport

La FNAM alerte sur un été sous haute tension : entre contraintes opérationnelles et mutations réglementaires


Publié le : 18.05.2026 I Dernière Mise à jour : 18.05.2026
La FNAM alerte sur un été sous haute tension : entre contraintes opérationnelles et mutations réglementaires I Crédit photo Rémi Bain Thouverez

Auteur

  • Rémi Bain Thouverez

À l’approche de la saison estivale, la Fédération Nationale de l’Aviation et de ses Métiers (FNAM) tire la sonnette d’alarme sur plusieurs facteurs susceptibles de fragiliser la fluidité du transport aérien en France et en Europe

 

Lors d’un point de situation, Julien Ducoup, vice-président de FedEx France a détaillé les principaux défis auxquels les compagnies aériennes et les plateformes aéroportuaires devront faire face dans les prochains mois, dans un contexte géopolitique, réglementaire et fiscal particulièrement tendu.

« Notre priorité absolue est de pouvoir acheminer nos passagers dans cette période extrêmement chargée et intense », a rappelé Julien Ducoup, évoquant trois grands points de vigilance ayant mobilisé l’ensemble de la filière ces derniers mois.

 

Le nouveau système européen de contrôle aux frontières inquiète les compagnies

Premier sujet de préoccupation : l’entrée en vigueur, le 10 avril dernier, du nouveau système européen de gestion des frontières destiné aux passagers non européens, l’Entry/Exit System (EES). Ce dispositif, imposé par règlement européen, repose notamment sur l’enregistrement biométrique des voyageurs lors du passage des frontières extérieures de l’Union européenne.

Si les infrastructures commencent à être déployées dans les grands aéroports européens, la FNAM estime que le système demeure encore partiellement opérationnel. « Les kiosques sont installés dans les aéroports français, mais ils ne fonctionnent pas encore pleinement », souligne Julien Ducoup.

Dans plusieurs États membres, des interrogations techniques persistent, notamment sur les risques d’allongement des temps d’attente lors des correspondances ou des arrivées sur le territoire européen. La profession craint des phénomènes de congestion durant les grands départs estivaux.

Face à cette situation, les compagnies aériennes françaises demandent davantage de flexibilité aux autorités européennes et nationales. « Si des files d’attente excessives apparaissaient, il serait souhaitable que certaines souplesses puissent être accordées afin de préserver la fluidité du trafic », insiste Julien Ducoup.

Le secteur réclame également une réflexion de fond sur la poursuite du dispositif à moyen terme, alors qu’un autre système européen de contrôle des voyageurs doit entrer en vigueur fin 2026, accentuant encore la transformation des procédures documentaires aux frontières.

 

Contrôle aérien : la France toujours en difficulté

Deuxième sujet sensible : la performance du contrôle aérien français. Malgré les efforts engagés depuis le début de l’année 2026 par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), la France reste en retrait au niveau européen en matière de ponctualité et de gestion du trafic.

« Nous continuons à avoir des performances relativement médiocres au niveau européen », constate Julien Ducoup. Les principaux centres de contrôle, notamment dans le sud-est, à Brest ou encore à Paris-Charles-de-Gaulle, continuent d’enregistrer des retards significatifs.

Les causes sont multiples : modernisation technologique des systèmes de navigation aérienne, tensions sur les ressources humaines, organisation du temps de travail ou encore difficultés de recrutement et de formation des contrôleurs.

Pour la FNAM, l’enjeu est désormais d’assurer la continuité opérationnelle durant les semaines de forte affluence estivale.

Les compagnies espèrent une meilleure priorisation des créneaux les plus chargés et une coopération renforcée avec les services de la DGAC afin de limiter l’impact sur les passagers et sur les chaînes logistiques du fret aérien.

Au-delà de l’été, la fédération estime qu’une réforme plus structurelle devra être engagée pour améliorer durablement la compétitivité du ciel français. Parmi les pistes évoquées figurent notamment l’organisation du service minimum ou certaines réformes de gouvernance du contrôle aérien.

 

Orly sous contrainte jusqu’à la fin de l’année

Enfin, troisième point de vigilance : les importants travaux engagés sur la piste 4 de l’aéroport de Paris-Orly. Ces opérations de rénovation, pilotées par Aéroports de Paris (ADP), doivent se poursuivre du 10 août au 17 décembre.

Conséquence directe : une réduction temporaire de capacité sur l’une des plateformes les plus fréquentées du pays. Plusieurs compagnies ont déjà dû réorganiser leurs programmes de vols, transférer certaines rotations vers Paris-Charles-de-Gaulle ou réduire le nombre de mouvements autorisés.

« Nous sommes dans une année particulière pour Orly », reconnaît Julien Ducoup. « Les programmes de vols ont dû être amendés afin de s’adapter aux contraintes liées aux travaux. »

Dans un contexte international déjà marqué par les tensions géopolitiques, les incertitudes économiques et les pressions fiscales croissantes sur le transport aérien européen, la FNAM appelle ainsi à une mobilisation collective des acteurs publics et privés afin de préserver la fluidité du trafic aérien et l’attractivité du territoire français durant cette période critique.

 

 

Div qui contient le message d'alerte

Se connecter

Identifiez-vous

Champ obligatoire Mot de passe obligatoire

Mot de passe oublié

Déjà abonné ? Créez vos identifiants

Vous êtes abonné, mais vous n'avez pas vos identifiants pour le site ? Remplissez les informations et un courriel vous sera envoyé.

Div qui contient le message d'alerte

Envoyer l'article par mail

Mauvais format Mauvais format

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format

Div qui contient le message d'alerte

Contacter la rédaction

Mauvais format Texte obligatoire

Nombre de caractères restant à saisir :

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format