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Tourisme : les 10 raisons de rester optimiste selon d’Emmanuel Lechypre


Publié le : 31.03.2026 I Dernière Mise à jour : 31.03.2026
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Auteur

  • Rémi Bain Thouverez

Emmanuel Lechypre a dressé un tableau étonnamment positif des perspectives du tourisme lors du dernier congrès du Seto. Derrière les crises récentes, il identifie des tendances de fond solides qui soutiennent durablement le secteur

Tourisme : « Vous avez les moyens, l’envie et de moins en moins de freins »

 

Malgré les crises, le tourisme n’a jamais été aussi solide. C’est le message contre-intuitif défendu par Emmanuel Lechypre lors du congrès des tour-opérateurs français. Derrière les inquiétudes conjoncturelles, l’éditorialiste économique voit au contraire une accumulation de signaux favorables. Décryptage :

 

Les 10 raisons d’y croire, selon Emmanuel Lechypre

 

Une économie moins vulnérable qu’avant

Premier constat : les grandes peurs énergétiques doivent être relativisées.

« Aujourd’hui, dans un euro de PIB, il y a quatre fois moins de pétrole que dans les années 70 », rappelle Emmanuel Lechypre. La dépendance aux hydrocarbures a été divisée par trois, tandis que les services — moins énergivores — ont pris le relais de l’industrie.

Même lors du choc récent, la situation est restée sous contrôle : « Dans les années 70, on dépassait les 10 % d’inflation. Aujourd’hui, on reste sous les 5 %. »

Autre élément clé : la France est désormais mieux protégée contre une flambée de l’électricité, grâce au redressement de son parc nucléaire et à des capacités d’exportation retrouvées.

 

Le pouvoir d’achat résiste… et se réoriente

Le ressenti des ménages contraste avec la réalité économique. Sur le long terme, le pouvoir d’achat énergétique a progressé : « Avec une heure de SMIC, vous achetiez 3,6 litres d’essence en 1972. Aujourd’hui, vous en achetez 6. »

Surtout, les fondamentaux patrimoniaux sont solides. « La France vaut environ 20 000 milliards d’euros, soit six fois son PIB », souligne-t-il. Et les ménages en détiennent l’essentiel.

Après une période d’épargne record, les signaux changent : « Les Français ont moins envie d’épargner et davantage envie de consommer. »

Mais consommer quoi ? Ni voiture, ni logement, ni équipement. Une réponse s’impose : le voyage.

 

Le tourisme devient une dépense essentielle

C’est sans doute la mutation la plus structurante.

« Le voyage est désormais sacralisé », affirme Emmanuel Lechypre. Longtemps perçu comme un luxe, il est devenu « un ciment social », au même titre que les moments familiaux.

Les chiffres confirment cette évolution : 70 à 80 % des Français souhaitent partir chaque année, même en période de tension budgétaire. Les dépenses de loisirs et de voyages sont maintenues, voire prioritaires.

 

L’effet démultiplicateur des réseaux sociaux

Autre transformation majeure : l’impact des plateformes numériques.

« Le voyage est devenu un capital social », analyse-t-il. Montrer ses vacances, partager ses expériences, s’inspirer des autres : le tourisme s’inscrit désormais dans une logique d’exposition.

Le mécanisme est simple : « Vous désirez ce que les autres désirent. »

Résultat : un effet d’entraînement permanent. Jusqu’à 40 % des voyageurs déclarent avoir réservé après avoir vu un contenu en ligne.

 

Une économie plus stable et plus prévisible

Longtemps très sensible aux cycles économiques, le tourisme bénéficie aujourd’hui d’un environnement plus lisible.

« Nous sommes dans des économies de moins en moins cycliques », explique l’économiste. Les récessions sont plus rares, moins violentes, et fortement amorties par les politiques publiques.

Les États interviennent massivement en cas de crise, tandis que les banques centrales régulent plus finement l’activité. Une évolution qui réduit les à-coups brutaux de la demande.

 

Une dynamique démographique favorable

La démographie constitue un autre pilier de croissance.

« Plus vous avancez en âge, plus vous dépensez pour voyager », rappelle Emmanuel Lechypre. Or, la population vieillit — et dispose globalement de plus de moyens.

Mais les jeunes générations ne sont pas en reste : « 85 % des jeunes considèrent le voyage comme une priorité absolue. » Deux tiers d’entre eux préfèrent même voyager plutôt que consommer des biens matériels.

 

Intelligence artificielle : un levier inattendu

Parmi les facteurs émergents, l’intelligence artificielle pourrait jouer un rôle clé.

« Elle va supprimer la demi-journée la plus pénible de votre semaine », résume-t-il. En automatisant certaines tâches, elle libère du temps et assouplit l’organisation du travail.

À la clé : plus de week-ends prolongés, plus de flexibilité… et donc plus de voyages.

 

Transition écologique : contrainte ou opportunité ?

Loin d’être un frein, la transition climatique pourrait renforcer le secteur.

« Le pire scénario de l’action est toujours meilleur que le meilleur scénario de l’inaction », insiste Emmanuel Lechypre.

Tourisme durable, nouvelles destinations, allongement des saisons : autant de transformations qui créent de nouveaux marchés et de nouvelles marges.

 

Un besoin croissant de sécurité

Dans un monde plus instable, la sécurité devient un critère déterminant.

« On passe d’un monde où l’assurance est optionnelle à un monde où elle devient indispensable. »

Pour les professionnels, c’est une opportunité : proposer de la protection, de l’accompagnement et de la fiabilité devient un avantage concurrentiel face aux plateformes.

 

Une économie mondiale plus résiliente

Enfin, malgré les tensions géopolitiques et commerciales, l’économie mondiale montre une capacité d’adaptation remarquable.

« Le commerce mondial a progressé de 6 %, trois fois plus que prévu », souligne-t-il. Les flux se réorganisent, mais ne s’effondrent pas.

 

Vers un retour de la visibilité

Dernier point, plus politique : la question de la stabilité.

« L’incertitude politique coûte un milliard de PIB par mois », rappelle Emmanuel Lechypre. Mais cette incertitude tend à se réduire, ce qui favorise les décisions de consommation.

 

Un alignement inédit

Au final, le diagnostic d’Emmanuel Lechypre est clair :

« Aujourd’hui, vous avez les moyens, l’envie et de moins en moins de freins. »

Pour le tourisme, rarement les planètes auront été aussi bien alignées. Derrière les inquiétudes du moment, une tendance de fond se dessine : celle d’un secteur devenu central dans les modes de vie contemporains.

 

Le tourisme repose désormais sur un triptyque puissant :

  • Des consommateurs riches
  • Une envie de voyager renforcée
  • Un environnement économique plus stable
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