Il prendra les mers après l’été. Après le MSC World Europa, mis en service en octobre 2022 et le MSC World America : voilà que le MSC World Asia vient d’être mis à l’eau
Voici le MSC World Asia, tout juste mis à l’eau. L’invitation à son inauguration officielle, organisée aujourd’hui, était l’occasion rêvée de découvrir ce nouveau fleuron de la flotte MSC — un véritable symbole industriel et maritime.
Un géant d’acier et d’innovation
Long de 330 mètres, le MSC World Asia impressionne par ses dimensions et sa capacité : 2 600 cabines pouvant accueillir jusqu’à 6 700 passagers, sans compter les membres d’équipage. Chaque détail du navire illustre le savoir-faire des Chantiers de l’Atlantique, à Saint-Nazaire, où il a été conçu et assemblé.
« Nous sommes fiers de poursuivre notre partenariat de 20 ans avec Chantiers de l’Atlantique, avec qui nous avons déjà construit 18 navires », a déclaré Pierfrancesco Vago, Président exécutif de la division croisières du Groupe MSC. « Le World Class est un prototype véritablement innovant. Ensemble, nous construisons les navires les plus avancés au monde. »
Chaque unité représente un investissement d’environ 1 milliard d’euros, amorti sur une trentaine d’années. Au-delà de la performance maritime, c’est un véritable moteur économique : 10 000 emplois directs et indirects dépendent de cette filière à Saint-Nazaire et dans sa région.
MSC, un acteur mondial en pleine expansion
Avec 23 navires en service et 4,5 millions de passagers transportés par an, MSC Croisières s’impose aujourd’hui comme le troisième acteur mondial du secteur. Le groupe familial d’origine italienne poursuit une stratégie ambitieuse de développement, notamment sur le marché français, encore en phase de croissance comparé à ses homologues allemands ou américains.
« La croisière continue de percer en France car elle offre un excellent rapport qualité-prix par rapport à d’autres formes de vacances, comme les clubs ou les hôtels, dont les tarifs ont beaucoup augmenté », explique Patrick Pourbaix, Directeur général France, Belgique et Luxembourg de MSC Croisières.
Un argument qui fait mouche : 80 % des Français ayant testé la croisière repartent dans les trois ans, selon les données de l’entreprise.
Souveraineté industrielle et transition écologique
Derrière la mise à l’eau du MSC World Asia se joue aussi une réflexion plus large sur la souveraineté industrielle et la place de la France dans la construction navale mondiale. Saint-Nazaire reste l’un des rares sites capables de produire des paquebots de cette taille et de cette complexité technique. Dans un contexte de recomposition industrielle et énergétique, ces projets incarnent une réussite collective : ingénieurs, ouvriers, fournisseurs, sous-traitants — tout un écosystème mobilisé.
Mais la dimension environnementale n’est jamais loin. MSC Croisières a déjà réduit de 38 % ses émissions depuis 2008 grâce à une meilleure efficacité énergétique, à l’électrification des quais et à des innovations de propulsion. La compagnie s’est engagée à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, notamment grâce au GNL (gaz naturel liquéfié) et à la recherche sur les carburants alternatifs.
Un symbole de relance et d’avenir
En montant à bord du MSC World Asia, on ne découvre pas seulement un nouveau paquebot. On mesure aussi la vitalité d’une industrie, la capacité d’innovation d’un chantier historique et la volonté d’une compagnie d’évoluer vers un tourisme plus responsable.
À l’heure où la croisière retrouve son rythme de croisière après la pandémie, ce lancement marque une étape importante. Il illustre à la fois la puissance du secteur maritime européen et les défis à venir : concilier croissance, plaisir du voyage et respect des océans.
Par Éric Ritter