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Les cinq conseils de l’ATR pour aider les agences de voyages à devenir plus responsables


Publié le : 23.06.2026 I Dernière Mise à jour : 25.06.2026
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Auteur

  • Rémi Bain Thouverez

Congrès du Cediv : Comment une agence de voyages peut-elle s’engager concrètement dans une démarche plus responsable sans bouleverser son modèle économique ?

Jean-Christophe Guérin, représentant de l’Association pour un Tourisme Responsable (ATR), a livré une feuille de route pragmatique à destination des distributeurs, lors du congrès du Cediv,. Son message est clair : le tourisme responsable ne se résume ni au carbone ni à quelques produits « verts », mais repose sur une transformation progressive de l’ensemble de l’entreprise.

 

Une vision à 360 degrés du tourisme responsable

Premier enseignement : le tourisme responsable dépasse largement les seules questions environnementales.

En ouvrant les échanges avec les participants, Jean-Christophe Guérin a constaté que les notions de respect des populations locales, des clients, des fournisseurs et plus largement de l’humain revenaient tout aussi souvent que les enjeux climatiques.

« Le tourisme responsable est une démarche à 360 degrés », a-t-il résumé.

Préservation de la biodiversité, soutien à l’emploi local, recours aux circuits courts, consommation de produits locaux, choix de partenaires engagés ou encore mobilités plus vertueuses : autant de dimensions qui composent une approche globale de la responsabilité.

Pour l’ATR, cette logique irrigue désormais toutes les composantes de l’activité touristique et peut se retrouver dans la majorité des sujets traités par les professionnels.

 

Une responsabilité partagée entre agences et voyageurs

Autre idée forte développée durant l’atelier : les agences ne portent pas seules la responsabilité de la transition.

Les distributeurs occupent néanmoins une place centrale. Ils ont pour mission d’informer, de sensibiliser les voyageurs, d’orienter leurs choix et de sélectionner des partenaires cohérents avec leurs engagements.

« Vous n’êtes pas les seuls arbitres du tourisme responsable, mais vous êtes au cœur du dispositif », a rappelé Jean-Christophe Guérin.

Les voyageurs conservent toutefois leur part de responsabilité à travers leurs comportements et leurs arbitrages.

Cette réalité confronte les agences à une question récurrente : les clients sont-ils réellement prêts à payer davantage pour des prestations plus responsables ou à modifier certaines habitudes de consommation ?

Un débat qui reste ouvert, tant les intentions affichées diffèrent parfois des comportements observés au moment de l’achat.

 

Faire entrer la RSE dans tous les métiers de l’entreprise

Pour l’ATR, la responsabilité ne peut être cantonnée à un service ou à une offre spécifique.

La démarche doit concerner la direction, les ressources humaines, les équipes commerciales, la production et la relation client.

Jean-Christophe Guérin a notamment souligné l’importance croissante des enjeux de sens auprès des nouvelles générations. Si leurs comportements peuvent parfois sembler contradictoires, les attentes en matière d’engagement des entreprises jouent désormais un rôle dans l’attractivité des employeurs.

Les démarches RSE deviennent ainsi un levier de marque employeur, mais aussi un outil de mobilisation interne.

« Le tourisme responsable n’est pas une spécialité. Il doit progressivement irriguer l’ensemble des fonctions de l’entreprise », a insisté l’intervenant.

 

Mesurer pour progresser et éviter le greenwashing

La quatrième recommandation porte sur l’évaluation des actions menées.

Pour l’ATR, une démarche responsable crédible repose sur des indicateurs concrets et mesurables.

Mise en place de KPI, suivi des actions engagées, recours à des démarches de labellisation : autant d’outils permettant d’inscrire la progression dans la durée.

Jean-Christophe Guérin a reconnu que ces démarches pouvaient apparaître lourdes ou fastidieuses au départ. Toutefois, elles constituent selon lui un excellent moyen de structurer l’organisation et d’intégrer la RSE à tous les niveaux de l’entreprise.

Les labels, à l’image de ceux accompagnés par ATR, n’ont pas nécessairement vocation à générer davantage de ventes à court terme. En revanche, ils permettent de construire une stratégie solide et crédible.

L’objectif est également de disposer d’éléments factuels face à des consommateurs de plus en plus attentifs aux preuves d’engagement et prompts à dénoncer les discours jugés trop marketing.

 

Le carbone est incontournable, mais il n’est pas le seul sujet

Si les émissions de carbone restent un pilier majeur du tourisme responsable, ATR appelle à ne pas réduire le débat à cette seule dimension.

La sensibilisation des clients et des fournisseurs, l’inclusion, les retombées économiques locales ou encore la qualité de l’emploi dans les destinations doivent également être prises en compte.

Jean-Christophe Guérin invite ainsi les professionnels à aller au-delà des indicateurs classiques et à s’interroger sur la réalité des bénéfices générés pour les territoires visités.

L’enjeu consiste notamment à mesurer la qualité des emplois soutenus, les conditions sociales des partenaires ou encore la capacité à faire bénéficier des retombées touristiques à des acteurs habituellement éloignés des circuits économiques traditionnels.

 

Faire évoluer les pratiques plutôt que les interdire

Enfin, ATR défend une approche fondée sur la progression plutôt que sur la culpabilisation.

Face à des débats parfois très polarisés, l’association plaide pour un discours d’humilité et de transparence.

Les entreprises ont intérêt à reconnaître les limites de leurs pratiques et les défis auxquels elles sont confrontées avant de mettre en avant les actions engagées pour progresser.

Selon Jean-Christophe Guérin, cette posture est aujourd’hui plus crédible auprès des clients et répond également aux exigences croissantes en matière de communication responsable.

Parmi les pistes évoquées figurent l’allongement de la durée des séjours, la réduction des voyages très courts ou encore l’accompagnement des voyageurs vers des comportements plus vertueux.

 

Une transformation progressive

Au final, le message délivré par l’ATR aux adhérents du Cediv est celui d’une transition pragmatique.

Le tourisme responsable ne se limite pas à la réduction du carbone et ne repose pas sur quelques produits spécifiques. Il constitue une démarche globale qui touche l’ensemble des métiers de l’entreprise et qui s’inscrit dans le temps long.

Pour Jean-Christophe Guérin, l’essentiel n’est pas d’atteindre immédiatement la perfection, mais de s’engager dans une dynamique de progrès continue, mesurable et partagée avec l’ensemble des parties prenantes.


 

 

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