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Marché

Les Français disent « oui » !


Publié le : 01.10.2015 I Dernière Mise à jour : 01.10.2015
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Les Français disent « oui » ! I Crédit photo Thierry Beaurepère

Auteur

  • Thierry Beaurepère

Malgré la baisse du nombre de mariages, le marché des voyages de noces résiste. Deux tendances se dessinent : le recours à des wedding planners et l’émergence de destinations nouvelles, au-delà du cliché plage et cocotiers…

Est-ce la conséquence de la crise, la peur de s’engager, ou le signe qu’ils sont devenus plus volages ? Les Français sont de moins en moins nombreux à se marier. En 2014, quelque 231 000 mariages de personnes de sexes différents ont été célébrés en France, selon l’Insee, contre 283 000 en 2005 (– 11 % en neuf ans). Pour autant, le marché du voyage de noces ne semble pas en subir les contrecoups. « On peut l’estimer à 600 M€ par an », déclare Rémi Campet, secrétaire général du spécialiste du voyage à la carte sur le Web Marco Vasco, qui propose un site Internet dédié à cette niche. « Au-delà des remariages, qui se traduisent souvent par un nouveau voyage de noces, les Français se marient de plus en plus tard [à 30 ans pour les femmes et 32 ans pour les hommes, selon l’Insee, ndlr]. Ils sont déjà meublés et équipés, et utilisent plus facilement l’argent déposé sur une liste de mariage pour s’offrir une escapade », explique Guy Zekri, Dg de Solea Vacances, pour expliquer la bonne tenue du marché. Le voyagiste réalise 25 % à 27 % de son chiffre d’affaires avec les voyages de noces. « C’est un marché mature, qui reste stable et performant », complète Didier Sylvestre, directeur général adjoint en charge du commercial chez Exotismes. Depuis 1992, le tour-opérateur marseillais propose une brochure spécifique, et réalise selon les années entre 20 % et 25 % de son chiffre d’affaires sur cette niche.

Des mariés plus âgés au budget plus élevé

Pour autant, Exotismes et Solea Vacances, comme la totalité des tour-opérateurs qui commercialisent des voyages de noces, ont ajusté leurs offres pour s’adapter à l’évolution de la société, en intégrant par exemple le Pacs. Quelque 168 000 Pacs ont été enregistrés en 2013 (dernières données disponibles sur le Pacs) contre 60 000 en 2005, d’après l’Insee. De quoi largement compenser la baisse du nombre de mariages. Au global, le nombre total d’unions (mariages et Pacs) de personnes de sexes différents atteignait 393 000 en 2013, contre 338 000 en 2005. Depuis deux ans, les voyagistes prennent également en compte le mariage gay (10 000 unions en 2014). « Cela nous a obligés à revoir notre communication et à reparamétrer nos systèmes, pour remplacer “Madame” par “conjoint” », s’amuse Hélion de Villeneuve, directeur général d’Austral Lagons, qui réalise 34 % de son chiffre d’affaires avec les voyages de noces. « Nous avons déjà fait quelques beaux dossiers avec des couples de même sexe. Il s’agit souvent de mariés plus âgés, qui consacrent un budget plus important à leur voyage », ajoute-t-il. « Mais ce n’est pas une révolution, car nous proposons des voyages de noces et de Pacs depuis que le Pacs existe. Les rabais consentis aux jeunes mariés concernent bien évidemment les deux sexes ! » complète Françoise Maymou, directrice de production chez Beachcomber Tours, pour qui le segment lunes de miel représente 9 % du chiffre d’affaires. « Il faut toutefois apporter quelques réserves dans certains pays, comme les Maldives », nuance Margaux Pellegrino, chef de marché océan Indien et Thaïlande chez Thomas Cook/Jet tours. Même réserve sur certaines compagnies aériennes (du Golfe notamment), qui ne reconnaissent pas les unions de même sexe. Enfin, tous les TO ont également élargi leurs productions aux anniversaires de mariage. Quand ces voyagistes n’organisent pas eux-mêmes des mariages à l’étranger (voir encadré page suivante).

Capter de nouveaux clients en agences

Si les voyagistes sont aux petits soins pour les jeunes mariés, c’est parce qu’ils y trouvent toujours leur intérêt… Certes, avec les services additionnels offerts (bouquet de fleurs, bouteille de champagne, dîner romantique, soins au spa…) et les rabais consentis par les hôtels – qui peuvent dépasser les 50 % pour le conjoint dans certains établissements de l’île Maurice – mais aussi les ristournes proposées par les compagnies aériennes (généralement 25 % pour le conjoint, parfois 20 % pour les deux mariés), le prix moyen s’inscrit en baisse comparé à un voyage classique. Mais il est généralement compensé par des prestations plus haut de gamme (une chambre de catégorie supérieure, une classe affaires en avion…) et des produits complémentaires – un transfert VIP ou des excursions « hors norme » – d’autant plus souvent réservés que ce ne sont pas les jeunes mariés qui règlent l’addition, mais leurs invités. Par ailleurs, un voyage de noces est généralement plus long, 12 à 14 jours contre 8 à 10 jours pour un périple « traditionnel ». « Au final, le prix moyen du dossier est supérieur de 20 % à 30 % », estime Véronique Berthier, directrice commerciale des hôtels Lux. « Le panier oscille entre 8 000 € et 10 000 € pour deux personnes chez Marco Vasco, au-delà d’un voyage long-courrier classique. Les jeunes mariés se font plaisir, avec un hôtel luxueux, une prestation exceptionnelle… » complète Rémi Campet.

Les distributeurs aussi y trouvent leur intérêt. Parce qu’au-delà de l’aspect financier c’est un marché qui permet de développer le bouche-à-oreille et d’aller chercher de nouveaux clients qu’il sera ensuite possible de fidéliser, en participant notamment aux 450 Salons du mariage organisés chaque année partout en France. « Nous accompagnons les agences sur une douzaine de salons en province, en partageant avec elles le coût de la participation », explique Guy Zekri chez Solea Vacances. « Avec notre brochure “Voyages de noces”, nous participons à des opérations commerciales sur le terrain et à des salons aux côtés des agences pour développer ce marché », précise de même Gilbert Cisneros, le Pdg d’Exotismes.

Le Web, une concurrence encore faible

Ce marché exige par ailleurs une attention de tous les instants et, de ce fait, n’est encore que partiellement concurrencé par le Web. « Les agences peuvent démontrer leur créativité et leur capacité à réaliser un voyage cousu main en y greffant des services VIP, des transferts privatifs, des carnets de voyages personnalisés », explique Dominique Beljanski, présidente de Selectour Afat. Pour accompagner ses adhérents, le réseau leur propose des modules spécifiques de formation. Il a également signé un partenariat avec OneList, qui permet aux agences de greffer un outil de gestion des listes de mariages sur leur site Internet, moyennant 100 €, auxquels s’ajoutent 10 € pour chaque ouverture de liste. Les amis et la famille des mariés se connectent alors au site pour y déposer directement de l’argent, avec paiement sécurisé… Selectour Afat repique par ailleurs la brochure « Voyages de noces » d’Exotismes sous sa propre marque. « Pour autant, même si c’est un voyage exceptionnel, les jeunes mariés n’hésitent plus à négocier, c’est assez nouveau ! Il faut en permanence travailler à l’optimisation », poursuit Dominique Beljanski.

De son côté, Tourcom a mis en place un partenariat avec Stock2com pour gérer les listes de mariage. Ces listes sont aussi au cœur de la stratégie des réseaux des grands magasins (avec l’avantage pour leurs clients de pouvoir dépenser les sommes collectées en voyage mais aussi dans les autres « rayons », notamment le reliquat). Mais ni Galeries Lafayette Voyages – qui édite sa propre brochure « Voyages de noces » – ni Printemps Voyages n’ont souhaité répondre à nos questions…

L’océan Indien garde la part du lion

Si la concurrence du Web est encore faible, les agences doivent toutefois faire face à l’arrivée de nouveaux acteurs : les wedding planners (organisateurs de mariages) ; à l’image de Bahamour, créé par Aurélie Bagot, qui travaillait auparavant pour l’office de tourisme des Bahamas. « Ce sont des apporteurs d’affaires, qui vont jouer un rôle de plus en plus important à l’avenir », prédit Guy Zekri. « Depuis un an, nous travaillons avec quatre wedding planners qui sont rémunérés au pourcentage ou sur un montant fixe », ajoute Bertrand Moussa, directeur des ventes de l’agence Un Monde à Deux. Rachetée il y a quatre ans par le groupe Karavel, celle-ci réalise 20 % de son activité avec les voyages de noces.

Quant à la demande en termes de destinations, elle évolue elle aussi doucement. D’abord parce que les mariés d’aujourd’hui sont moins jeunes et qu’ils ont souvent déjà voyagé ; mais aussi parce que les nombreux remariages se traduisent par des demandes nouvelles, moins axées sur le cliché « mer et cocotiers ». « Les voyageurs sont plus avertis, plus exigeants. Certains mariés partent même en voyage de noces avec leurs enfants », précise Didier Sylvestre chez Exotismes. « On constate une montée en puissance des voyages plus insolites et dynamiques associant découverte et balnéaire, des safaris en Afrique ou des combinés, par exemple Tanzanie-Zanzibar ou Sri Lanka-Maldives. Aujourd’hui, un tiers de notre demande en voyage de noces concerne des voyages hors des sentiers battus », estime Rémi Campet chez Marco Vasco. « Pour autant, l’image d’Épinal perdure, avec le trio Maurice-Seychelles-Maldives, qui constitue toujours très largement le cœur de la demande, mais aussi la Polynésie. 15 % à 20 % de nos ventes dans l’océan Indien correspondent à des voyages de noces », nuance Anne Daviaud, directrice de la business unit Sables chez Kuoni. Il est vrai que « les hôteliers de ces destinations consentent depuis longtemps des réductions aux jeunes mariés, en particulier à l’île Maurice, qui concentre à elle seule 61 % de nos voyages de noces », ajoute Françoise Maymou chez Beachcomber Tours. Cette stratégie marketing, moins poussée ailleurs sur le globe, permet à l’océan Indien de s’assurer une place de choix sur le marché des lunes de miel, sans doute pour encore de longues années.

QUOI DE NEUF ?

Solea rime avec Pemba

La brochure 2016 de Solea Vacances ajoute une quinzaine de nouvelles adresses à Maurice. Le TO développe aussi son offre à Zanzibar, avec 23 unités. Parmi elles, le nouveau Park Hyatt de Stone Town, et surtout l’Aiyana, un hôtel de 30 villas installé sur la petite île de Pemba (face à Zanzibar), accessible en avion, pour un voyage de noces très nature.

Sur un air de reggae avec Marco Vasco

Spécialiste des voyages long-courriers à la carte sur Internet, Marco Vasco décline son offre voyages de noces en quatre catégories : culture d’ailleurs, aventure douce, plage et relaxation, et insolites. Parmi les destinations originales, le TO propose un périple au Rwanda ou encore, en nouveauté 2015, une découverte itinérante et nature de la Jamaïque.

Kuoni en pointe dans la péninsule arabique

Après avoir ajouté le Sri Lanka, Rodrigues et Zanzibar dans son catalogue « Sables » (où l’on trouve l’essentiel des produits adaptés aux voyages de noces) en 2015, Kuoni innove cet hiver en reprogrammant la péninsule Arabique, avec une douzaine d’hôtels dont quelques joyaux de la région, comme le Chedi Muscat à Oman, le St. Régis à Abu Dhabi ou l’Atlantis The Palm à Dubaï.

Le chaud et le froid avec Un Monde à Deux

Spécialiste des voyages de noces, l’agence parisienne Un Monde à Deux pousse les destinations originales pour renouveler le genre. Parmi les produits émergents qui séduisent les couples, elle met en avant les safaris en Afrique (Tanzanie, Botswana, Namibie…) mais aussi un voyage inédit qui combine le Canada en hiver et le Mexique, avec des vols sur les compagnies de Star Alliance.

Selectour Afat prend de l’Attitude

Dans sa brochure « Voyages de noces » (faite par Exotismes), Selectour Afat ajoute l’hôtel Ravenala (ex-Plantation) à Maurice. Reprise par la chaîne locale Attitude, l’adresse rénovée rouvre le 12 octobre. Elle aligne 272 suites (130 réservées aux adultes dans une aile dédiée) et se caractérise par la collection d’expériences « otentik », comme un dîner chez l’habitant ou un lever de soleil avec un pêcheur.

Un peu d’Exotismes en Rép. Dom.

En République dominicaine, sa nouvelle destination 2014-2015, Exotismes propose une quinzaine d’hôtels qui accueillent les voyages de noces à des conditions avantageuses. À noter que les mariages célébrés sur place sont reconnus en France. Pour faire jouer les synergies, le TO inclut aussi ses offres voyages de noces dans sa brochure « Douceurs des îles » de cet hiver.

Lux invite à La fête tous les cinq ans

Pour les TO spécialistes de l’océan Indien sur les voyages de noces et l’organisation de mariage, la chaîne Lux améliore son offre sur les anniversaires de mariage. Il est désormais possible de profiter d’offres spéciales à tarifs réduits pour fêter ses cinq ans d’union (contre dix auparavant), puis tous les cinq ans. À noter que la chaîne ouvrira un second hôtel de 82 villas à La Réunion (Lux Sud Sauvage) en 2016.

Rejoindre Monaco en Hélico avec Visit Europe

Petit plus pour élaborer un voyage de noces à Monaco, le transfert AR en hélicoptère depuis Nice est offert par Visit Europe. À découvrir dans le Passeport Monaco présenté dans la brochure « France » 2015-2016 du TO.

Le Touessrok sous enseigne Shangri-La

Après six mois de travaux, le Touessrok rouvre le 1er novembre, sous le nom Shangri-La’s Le Touessrok Resort & Spa. Le luxueux établissement de l’île Maurice proposera 200 chambres et suites, ainsi que trois villas, dans un style contemporain. Côté restauration, le resort innove avec des dîners en bord de plage au Republik Beach Club & Grill, et de la cuisine japonaise au Kushi.

Austral Lagons pousse ses pions à Bali et en Tanzanie

Après Zanzibar l’an dernier, Austral Lagons ajoute cet hiver la Tanzanie et Bali à sa production, deux destinations sur lesquelles le TO entend bien vendre également des voyages de noces. En Tanzanie, il propose des safaris privatifs avec hébergement en lodges, combinables avec un séjour à Zanzibar. Il consacre 20 pages à Bali, avec un large choix d’hôtels et d’excursions.

La Polynésie en Paquebot avec Kuoni

Le TO propose un voyage de 15 jours en Polynésie à bord du M/S Paul Gauguin avec à la clé une réduction pour le ou la mariée. Ce produit permet de découvrir les plus belles îles de la Société (Tahaa, Bora Bora, Moorea, Huahine) et de passer trois nuits à Rangiroa.

Lune de miel express à Munich

Pour les couples pressés, le Charles Hotel, nouveau 5* du groupe Rocco Forte Hotels, situé à Munich, lance un forfait « mini moon » de quatre nuits dans une suite de luxe, un dîner romantique sur le rooftop de l’immeuble ou aux chandelles dans une salle à manger privatisée, des soins au spa, une séance photos au château de Nymphenburg, une balade en calèche…

Mariage sous les tropiques

Se marier à Las Vegas avec Elvis Presley et Marilyn Monroe pour témoins, ou se dire « oui » à Maurice au bord du lagon ? Chaque année, plusieurs centaines de Français scellent leur union hors de France. Parmi les destinations qui reconnaissent les mariages étrangers, citons l’île Maurice, les Seychelles, la Thaïlande, Sainte-Lucie, la République dominicaine, Las Vegas, Venise ou les Bahamas. Ailleurs, on peut certes organiser une cérémonie, mais elle sera purement « folklorique ». Enfin, il n’est pas possible de se marier dans les îles des Dom-Tom, sauf à y résider au moins 30 jours par an.

Pour répondre à cette demande grandissante, plusieurs spécialistes des voyages de noces organisent des mariages à l’étranger : 100 à 150 par an pour Exotismes, une cinquantaine chez Austral Lagons, 20 à 30 chez Solea Vacances, une vingtaine pour Jet tours. « Il s’agit parfois de minigroupes, avec les témoins et quelques invités », précise Didier Sylvestre, chez Exotismes. « C’est une conception différente, souvent dans le cas d’un remariage, avec généralement de quatre à six personnes par dossier. On a multiplié par trois leur nombre en quelques années », ajoute Bertrand Moussa, chez Un Monde à Deux.

Tous les TO prennent en charge les formalités administratives, peuvent s’occuper de fournir les témoins, organisent la cérémonie et ses à-côtés (décoration, reportage photo…). Comme pour les voyages de noces, l’île Maurice est à la pointe. « Chaque hôtel Lux, en particulier celui du Morne, dispose d’un event manager qui accompagne le couple tout au long de son mariage. Et il n’y a jamais plus d’un mariage par jour dans chaque établissement », précise Véronique Berthier, directrice commerciale de la chaîne. Même stratégie chez Beachcomber Hotels, où les jeunes mariés sont assurés d’être les vedettes du jour.

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