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Marché | Ferries

Le calme après la tempête


Publié le : 01.03.2017 I Dernière Mise à jour : 01.03.2017

Auteur

  • Didier Forray

Après une année 2015 riche en rebondissements, avec les disparitions de la SNCM en méditerranée et de Myferrylink dans la manche, l’horizon se dégage enfin sur le marché des ferries. Et les projets se multiplient.

En Méditerranée, le début de l’année 2016 a été marqué par la reprise de la SNCM par le groupe corse Rocca et le lancement de Maritima Ferries. Une compagnie qui a eu à peine le temps de débuter ses activités puisqu’elle a été aussitôt rachetée par Corsica Linea, un groupement d’une quinzaine d’entreprises corses qui avait préalablement échoué à reprendre la SNCM. « Le bon sens l’a finalement emporté », affirme PierreAntoine Villanova, DG de Corsica Linea.

La nouvelle compagnie a été officiellement lancée le 2 mai 2016, mettant un terme au feuilleton de la liquidation de la SNCM. « La page est tournée et chaque jour qui passe démontre que l’état d’esprit n’a plus rien à voir. Les craintes des débuts ont été dissipées », se félicite PierreAntoine Villanova.

Corsica Linea a d’ailleurs fait table rase du passé : les 6 bateaux arborent, ou vont arborer prochainement, la couleur rouge de la nouvelle compagnie, et la flotte est remise à niveau au fur et à mesure. Le DG de Corsica Linea insiste également sur le « retournement de l’entreprise » : « La SNCM était perçue comme une compagnie chère, toujours en grève et avec un personnel qui n’était pas accueillant, énonce PierreAntoine Villanova, nous avons pris le contre-pied en proposant des prix plus agressifs, un accueil plus chaleureux et une meilleure qualité de service, avec notamment la possibilité d’embarquer plus tôt ».

Pour son premier exercice, Corsica Linea revendique un total de 500 000 passagers, dont 300 000 sur la Corse et 200 000 pour les lignes vers le Maghreb, « alors que nous avons hérité d’un plan de flotte déjà déposé », précise Pierre-Antoine Villanova. L’objectif est désormais clair : augmenter la part de marché sur la Corse, qui s’élève aujourd’hui à 10 %.

Les perspectives 2017 sont positives

Avec 80 % de part de marché sur la Corse, Corsica Ferries se réjouit elle aussi de la fin du feuilleton SNCM. « Le marché s’est stabilisé et c’est une bonne chose pour tout le monde », avance Jean-Michel Savelli. Le directeur commercial et marketing de Corsica Ferries ne se sent pas menacé par l’arrivée de la nouvelle compagnie : « Il est évident que Corsica Linea va chercher des parts de marché chez nous, mais nous ne faisons pas le même métier car ils sont avant tout tournés vers le fret », précise-t-il.

Corsica Ferries reste d’ailleurs solidement leader du marché : la compagnie enregistre même une nouvelle année record avec un total de 3,6 millions de passagers en 2016, en hausse de 2,8 % par rapport à 2015, dont 2 millions de passagers sur ses lignes entre la France et la Corse. Des résultats à mettre en particulier à l’actif de l’arrivée d’un nouveau navire en juin dernier, le Mega Andrea, et de l’ouverture de la Sardaigne, qui a totalisé 72 000 passagers.

Dernier entrant sur le marché Corse, Moby Lines tire quant à lui un bilan positif de sa nouvelle liaison entre Nice et Bastia inaugurée en juin dernier.

Les trois compagnies pointent des perspectives positives pour 2017. Fabien Sala, gérant d’Euromer et agent général de Moby Lines en France, laisse entendre que la compagnie devrait étoffer son offre au départ de France. Rien de concret pour l’instant mais les choses pourraient aller vite…

Corsica Linea affirme vouloir travailler sur l’optimisation de ses remplissages et annonce le doublement de ses fréquences vers la Sardaigne. En parallèle, la compagnie entend repartir à la conquête des agents de voyages et des TO, via un « programme d’incitation ». « Les agents de voyages vont nous voir », lance PierreAntoine Villanova, qui compte développer le marché des groupes pour augmenter le remplissage avant et après la saison. La compagnie prévoit également de poursuivre ses efforts en matière de communication.

L’offre de sièges aériens vers la corse s’accroît

Le leader Corsica Ferries va de son côté renforcer ses rotations vers la Sardaigne et proposer une liaison directe entre la France et Porte Torres : « Nous comptons dépasser cette année le cap des 100 000 passagers vers la Sardaigne », affirme Jean-Michel Savelli, qui confie que le développement de la compagnie passera par un meilleur maillage entre la Corse, la Sardaigne et l’île d’Elbe. « L’idée est d’inciter les touristes à faire des combinés entre les îles ou des allers-retours à la journée pour découvrir une autre île », détaille-t-il.

La compagnie attend aussi beaucoup de l’arrivée cette année de son treizième ferry, le Pascal Lota, présenté comme son « nouveau navire amiral ». Ce bateau, acheté l’an dernier à la compagnie estonienne Tallink, se différencie du reste de la flotte par sa vitesse et sa capacité plus importantes. Le navire fera ses débuts sous les couleurs de Corsica Ferries à compter du 1er juin avec des lignes vers la Haute-Corse au départ de Nice et Toulon.

Un sujet d’inquiétude toutefois : la concurrence de l’aérien. Avec l’arrivée de Volotea, l’offre de sièges vers la Corse s’est encore accrue. Le marché va également suivre de près le prochain appel d’offres dans le cadre de la délégation de service public qui doit être publiée en octobre prochain. Un appel d’offres qui doit se faire ligne par ligne et concerner uniquement le fret. Pour l’heure, les compagnies attendent d’en savoir plus. « Nous regarderons le périmètre de l’appel d’offres et nous pourrions tout à fait répondre sur telle ou telle ligne », commente Jean-Michel Savelli.

En Manche, l’année 2016 a, elle aussi, vu une accalmie du marché. Outre la liquidation judiciaire de MyFerryLink, 2015 avait été perturbée par le blocage du port de Calais par les marins de la scop SeaFrance mais aussi par les conséquences de la crise des réfugiés.

2016 marque donc un retour à la normale. « La situation est plus stable : les opérateurs prennent leur place », affirme Florence Gourdon, directrice commerciale et marketing passagers France de Brittany Ferries. « Il y a désormais une adéquation entre l’offre et la demande, alors que nous étions passés par une période de surcapacité », ajoute Jean-Claude Charlo, DG de DFDS Seaways France.

Le transmanche a toutefois été ébranlé par le résultat suprise du vote sur le Brexit. Pour P& amp ; O Ferries, la chute de la livre sterling, dans la foulée du référendum, explique d’ailleurs les mauvais résultats de l’année. La compagnie totalise 7,2 millions de passagers sur sa ligne Calais-Douvres en 2016, soit une perte de un million de passagers par rapport à 2015.

Brexit : la prudence reste de mise

Une explication qui a toutefois du mal à convaincre. Car, dans ce cas, comment expliquer la croissance des autres compagnies ? Brittany Ferries revendique une progression de 4 %, avec 2,2 millions de passagers du 1er octobre 2015 au 30 septembre 2016, et DFDS Seaways enregistre une augmentation de 27 % par rapport à 2015, avec 5,3 millions de passagers l’an dernier. DFDS Seaways signe même une excellente année sur Calais-Douvres avec un doublement de son trafic, passant de 969 000 passagers en 2015 à 1,9 million de passagers en 2016. La compagnie a, il est vrai, fortement augmenté ses départs et ses capacités avec la mise en service de deux nouveaux ferries, le Côte des Dunes et le Côte des Flandres, les anciens SeaFrance Rodin et SeaFrance Berlioz.

Les deux autres lignes de DFDS Seaways apparaissent, quant à elles, en baisse : le trafic recule de -9 % sur Dunkerque, avec 2,9 millions de passagers en 2016, et de -2,3 % sur Dieppe-Newhaven, avec 396 000 passagers. Pas de quoi inquiéter Jean-Claude Charlo : « 2015 a été une année particulière en raison du report de passagers sur Dunkerque et Dieppe suite aux événements de Calais, nous revenons maintenant à notre rythme de croisière. »

Mais le Brexit peut-il peser en 2017 ? La prudence reste de mise chez tous les acteurs : « Le Brexit floute notre avenir, insiste Florence Gourdon, nous attendons de voir ce qui va découler des négociations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, en particulier pour ce qui concerne le commerce et les formalités d’entrée. » Sujet d’autant plus crucial que la clientèle britannique représente 90 % des passagers chez P& amp ; O Ferries, 80 % chez Brittany Ferries et 70 % chez DFDS Seaways. Les compagnies maritimes gardent tout de même la tête froide : « Les Britanniques continueront à voyager, assure Florence Gourdon, le ferry reste quelque chose de naturel chez les Britanniques et l’Europe sera toujours pour eux une destination attractive. »

La problématique de la sécurité en Europe constitue aussi une épée de Damoclès sur le trafic. « Nous avons aussitôt senti un impact à la suite des attentats de Nice : les réservations des Britanniques descendant dans le sud de la France ont décroché, avant que cela ne se régule dans le temps », observe Jean-Claude Charlo. Chez Britanny Ferries, Florence Gourdon constate d’ailleurs la bonne santé des lignes reliant l’Angleterre à l’Espagne. « Espagne et Portugal sont des destinations refuges pour les Britanniques », souligne-t-elle, en annonçant une hausse de 5 % du trafic sur l’Espagne en 2016, avec 316 000 passagers.

L’attrait est tout aussi fort pour l’Irlande, une ligne saisonnière qui a attiré 90 000 passagers entre fin mars et fin octobre 2016. Chez Euromer, Fabien Sala cite également la bonne santé des ferries vers la Croatie.

Le retour des investissements

Malgré quelques sujets d’incertitude, l’optimisme est de mise chez tous les acteurs, aussi bien en Manche qu’en Méditerranée. Et, signe qui ne trompe pas, les investissements sont de retour. Alors que Corsica Ferries annonce l’arrivée du Pascal Lota en juin, Corsica Linea espère pouvoir bientôt étoffer sa flotte. « Notre objectif est d’enregistrer deux bonnes années de résultats pour attirer les investisseurs et préparer l’avenir avec de nouveaux navires », confie Pierre-Antoine Villanova. DFDS Seaways se dit prêt, de son côté, à investir en Méditerranée. « Nous ne nous fixons pas de date mais nous sommes à l’écoute des opportunités », confie Jean-Claude Charlo.

En Manche, Britanny Ferries passe d’ores et déjà à l’offensive : la compagnie a signé une lettre d’intention pour la commande d’un nouveau navire d’environ 1 700 passagers qui devrait être livré en 2019. Le marché des ferries repart de l’avant !

Quoi de neuf ?

CORSICA FERRIES ATTEND SON NAVIRE AMIRAL

L’ancien Superstar de la compagnie estonienne Tallink naviguera à partir du 1er juin prochain sous les couleurs de son nouveau propriétaire, Corsica Ferries. Construit en 2008 par les chantiers navals italiens de Fincantieri, le ferry sera baptisé Pascal Lota, en hommage au fondateur de la compagnie, décédé l’an dernier. Après rénovation, le navire pourra accueillir 2 000 passagers et comptera près de 300 cabines. Le navire aura une capacité de 700 véhicules et assurera des rotations au départ de Nice, Toulon et Savone vers Bastia et l’Île-Rousse.

LE MEDITERRANEE VA SE REFAIRE UNE BEAUTE

Corsica Linea annonce dès à présent un « long arrêt technique » l’an prochain pour le Méditerranée. Les travaux de rénovation de ce navire mis en service en 1989 sont prévus pour une durée de 8 mois. Après quoi, le Méditerranée sera alors « le principal ferry à destination du Maghreb ». Le navire peut accueillir près de 2 500 passagers et offre une capacité de 700 véhicules.

BRITTANY FERRY COMMANDE UN NAVIRE AU GNL

La compagnie Brittany Ferries a signé une lettre d’intention avec le chantier allemand Flensburger Schiffbau Gesellschaft pour la construction d’un ferry qui devrait être livré en 2019. Principale particularité de ce nouveau bateau : il sera propulsé au GNL (gaz naturel liquéfié), un mode de propulsion qui permet de répondre aux nouvelles contraintes réglementaires concernant les émissions polluantes. Le ferry mesurera 185 mètres de long pour 31 de large et pourra accueillir près de 1 700 passagers et 550 véhicules.

DFDS SEAWAYS ACCUEILLE SES DEUX NOUVEAUX NAVIRES

Les anciens SeaFrance Rodin et SeaFrance Berlioz ont repris du service. Depuis février 2016, les deux sister-ships ont intégré la flotte de DFDS Seaways sous les noms de Côte des Dunes et de Côte des Flandres. Le premier (ex-Rodin) avait été mis en service à l’origine en 2001 tandis que le second (ex Berlioz) avait été livré en 2005. Les deux navires ont chacun une capacité de 1 900 passagers et 700 véhicules.

BIENTOT UN 6e NAVIRE POUR IRISH FERRIES

La compagnie irlandaise Irish Ferries attend la livraison d’un sixième navire en mai 2018. Ce ferry, de près de 195 mètres de long pour environ 32 de large, est actuellement en construction dans les chantiers navals allemands Flensburger Shiffbau Gesellschaft. Le navire comptera un total de 435 cabines et pourra accueillir près de 1 900 passagers et 300 véhicules. Le ferry disposera par ailleurs d’un cinéma. Montant de la commande : environ 144 millions d’euros.

P&O FERRIES RENOVE 4 NAVIRES

P&O Ferries vient d’engager la rénovation de quatre de ses navires : deux ferries naviguant en mer du Nord et deux autres reliant Calais et Douvres, le Pride of Burgundy et le Pride of Canterbury. La compagnie annonce, entre autres, un réaménagement des espaces dédiés aux passagers. Le coût total des rénovations pour les quatre navires s’élève à près de 16,5 millions d’euros.

BRITTANY FERRIES SE MET A LA REALITE AUGMENTEE

Après avoir déployé l’an dernier des imprimantes 3D et des casques de réalité virtuelle sur certains de ses navires, Brittany Ferries propose une nouvelle activité high-tech à destination des jeunes. L’application Draw your game (Dessinez votre jeu) permet de réaliser son propre jeu vidéo, en partant d’un dessin réalisé sur papier. Cette initiation ludique à la réalité augmentée est disponible gratuitement à bord des navires Pont-Aven, Cap Finistère, Armorique, Bretagne, Mont-Saint-Michel et Normandie.

CONDOR FERRIES AFFICHE SA PONCTUALITE

La compagnie qui dessert les îles anglo-normandes invite désormais ses clients à suivre de près la ponctualité de ses bateaux. Depuis avril 2016, Condor Ferries publie les pourcentages de traversées effectivement réalisées et de navires arrivés à l’heure ou avec 30 minutes maximum de retard, ainsi qu’un score reflétant la satisfaction de ses passagers, via un baromètre réalisé par le cabinet indépendant MindMover. Ces données sont consultables sur la version anglaise du site : www.condorferries.co.uk/performance

SUPERFAST FERRIES LANCE SON PORTAIL @SEA

S’inspirant des programmes de divertissement en vol des compagnies aériennes, la compagnie grecque Superfast Ferries (groupe Attica) propose à ses passagers un nouveau portail interactif accessible depuis les points d’accès wifi des navires. Ce portail « d’infotainment » donne accès à des films et émissions de télévision ainsi qu’à de la musique et à des jeux, depuis n’importe quel ordinateur portable, smartphone ou tablette. Les passagers peuvent aussi suivre la position du navire en temps réel et s’informer sur les ports et les dessertes. Les navires de la flotte naviguent entre l’Italie et la Grèce et relient les îles grecques.

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