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Distribution

Richard Vainopoulos (TourCom) : « Comme chaque année, on annonce la catastrophe… et pourtant les Français partent »


Publié le : 25.06.2026 I Dernière Mise à jour : 26.06.2026
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Auteur

  • Rémi Bain Thouverez

Alors que nombre d’observateurs s’inquiètent d’un ralentissement du tourisme cet été, Richard Vainopoulos, président du réseau TourCom, affiche une vision radicalement différente

Interrogé par Tour Hebdo, le dirigeant défend une lecture fondée sur les départs réellement effectués plutôt que sur les seuls carnets de commandes. Son constat est clair : les crises n’empêchent pas les Français de voyager et la saison touristique est loin de s’arrêter au 31 août.

 

Une analyse à contre-courant

Depuis plusieurs semaines, les prévisions prudentes se multiplient dans le secteur du tourisme. Pourtant, Richard Vainopoulos refuse de céder au pessimisme ambiant.

« Je suis de nature optimiste, mais surtout réaliste », explique-t-il. « Les chiffres que nous observons aujourd’hui ne confirment pas les scénarios les plus alarmistes. »

Le président de TourCom rappelle que les agences de voyages vivent chaque année la même séquence : une période d’inquiétude au début de l’été suivie d’un redressement des ventes à la rentrée.

« En juin et juillet, c’est toujours la grande angoisse. Puis en septembre, les visages redeviennent beaucoup plus souriants », résume-t-il.

Selon lui, l’erreur consiste à considérer que la saison estivale s’achève fin août. « Dans le tourisme, les ventes se font aussi énormément en septembre et en octobre. La saison d’été se prolonge pratiquement jusqu’à la mi-octobre, voire début novembre selon les destinations. »

 

Les fortes chaleurs freinent temporairement les réservations

Pour Richard Vainopoulos, le ralentissement actuel des ventes s’explique par les inquiétudes liées à la guerre bien entendu mais aussi par les conditions météorologiques qui brident la reprise.

« Il fait très chaud et les gens se déplacent moins dans les agences. Mais cela ne signifie pas qu’ils ne partiront pas », analyse-t-il.

Le dirigeant observe d’ailleurs que les comportements d’achat ont profondément évolué. Les clients réservent désormais beaucoup plus tardivement qu’auparavant.

Une fois les épisodes de fortes chaleurs passés, il s’attend à voir affluer les réservations de dernière minute, un phénomène devenu récurrent ces dernières années.

 

Les Français continuent de partir malgré les crises

L’un des messages forts du président de TourCom concerne la capacité de résistance de la demande touristique.

« Quand il y a une crise, les gens veulent partir », affirme-t-il.

Selon lui, la clientèle des agences de voyages dispose généralement du pouvoir d’achat nécessaire pour maintenir ses projets de vacances, même dans un contexte économique ou géopolitique incertain.

Le responsable estime que certains indicateurs publiés actuellement de moins 9 à moins 12%, sous-estiment la réalité du marché qui oscille vers les moins 3%. Il rappelle que les statistiques de réservations ne reflètent pas toujours les ventes tardives qui caractérisent désormais le secteur

Pour TourCom, les départs effectivement réalisés restent globalement stables, voire en légère progression selon les segments en agence de voyages.

 

Un modèle économique désormais réparti sur douze mois

Richard Vainopoulos souligne également que le modèle traditionnel des agences a profondément changé.

« Il y a quinze ou vingt ans, une agence réalisait son activité sur quatre grandes périodes : février, Pâques, l’été et Noël. Aujourd’hui, le business se fait sur douze mois. »

Cette évolution permet selon lui d’amortir les périodes plus difficiles et de réduire la dépendance à la seule saison estivale.

 

Le voyage d’affaires reste particulièrement solide

Autre motif de confiance : le dynamisme du business travel.

Chez TourCom, cette activité représente désormais près de 65 % du volume d’affaires du réseau et affiche une excellente résistance.

« Nous sommes en forte progression sur l’aérien comme sur l’hôtellerie », indique le président.

Un constat qui peut surprendre alors que l’économie européenne montre des signes de ralentissement. Pour Richard Vainopoulos, la crise n’affecte pas la volonté les entreprises qui misent sur les rencontres physiques pour conclure des affaires.

« Celui qui reste sur place en attendant que la crise passe prend du retard. Les rendez-vous en présentiel continuent de faire la différence. »

Le dirigeant considère même que les périodes d’incertitude renforcent parfois la nécessité de se déplacer pour développer ou sécuriser ses affaires.

 

L’intelligence artificielle : une menace davantage pour les pure players

Interrogé sur l’impact de l’intelligence artificielle sur la distribution touristique, Richard Vainopoulos se montre là encore mesuré.

S’il reconnaît que les sites internet enregistrent une baisse de trafic au profit des outils conversationnels, il estime que les agences de voyages disposent d’un avantage décisif : la confiance.

« L’IA est un outil complémentaire, pas un remplacement. Pour acheter un voyage il faut une bonne dose de confiance ce que l’IA avec ses hallucinations ne peut pas garantir, du moins pour l’instant et encore moins en cas de problème comme la dernière crise du Moyen-Orient vient de nous faire connaître », affirme-t-il.

Selon lui, les acteurs les plus exposés sont avant tout les pure players du web dont le modèle repose sur la captation de trafic en ligne. Les agences physiques, elles, continuent de valoriser l’expertise, le conseil personnalisé et l’accompagnement humain.

Cette conviction s’inscrit dans la stratégie historique de TourCom, orientée vers le haut de gamme et la qualité de service plutôt que vers la guerre des prix.

« Nous avons les paniers moyens parmi les plus élevés du marché, aussi bien en loisirs qu’en affaires », revendique-t-il.

 

Accompagnement renforcé des agences

Le réseau poursuit par ailleurs son important travail d’accompagnement des adhérents. Formations, webinaires, réunions régionales et accompagnement sur des sujets comme la facturation électronique rythment désormais la vie du réseau.

« Nous travaillons à donner à nos agences tous les outils métiers dans tous les compartiments de la vente à la gestion. L’objectif reste pour elles d’avancer sereinement tout en gagnant en productivité », explique Richard Vainopoulos.

Une approche pragmatique qui privilégie les échanges de proximité plutôt que les grands événements spectaculaires.

 

Le pari gagnant des DMC

Enfin, le président de TourCom revient sur le développement des DMC (réceptifs locaux), une stratégie qu’il avait initiée avant de voir l’ensemble de la profession s’en inspirer.

Aujourd’hui, cette activité représente un volume d’affaires de 20% de l’ensemble, sans empiéter sur le business des TO.

Pour lui, il ne s’agit pas d’une concurrence mais d’une offre complémentaire, à condition d’être encadrée avec les mêmes exigences de garantie, de formation et de suivi que les autres produits touristiques.

 

Un optimisme fondé sur l’expérience

À rebours du discours anxiogène qui entoure parfois le marché touristique, Richard Vainopoulos préfère s’appuyer sur plusieurs décennies d’expérience.

Son message est simple : les comportements de consommation ont changé, les réservations sont plus tardives, les cycles d’activité se sont allongés et les crises n’ont jamais empêché durablement les Français de voyager. Croisons les doigts pourrait on ajouter…

« Regardez Paris dans quelques semaines : certaines rues seront vides. Cela voudra simplement dire que les Français sont partis en vacances », conclut-il avec le sourire.

Un optimisme assumé qui tranche avec les inquiétudes actuelles mais qui repose, selon le patron de TourCom, sur une observation concrète du terrain et des chiffres de départs réels plutôt que sur les seules intentions de réservation.


 

 

 

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