À l’occasion de plusieurs travaux menés autour de l’intelligence artificielle appliquée au secteur du voyage, les Entreprises du Voyage (EdV) passent à la vitesse supérieure
Avec le soutien de l’OPCO, l’organisation professionnelle lance un vaste programme d’accompagnement destiné aux agences de voyages afin de les aider à structurer leur usage de l’IA, former leurs équipes et identifier les cas d’usage prioritaires.
Pour Valérie Boned, la présidente des EdV, il ne s’agit plus simplement de sensibiliser le marché, mais bien d’engager concrètement les entreprises du secteur à engager leur transformation.
Une région pilote pour structurer la démarche
Le Grand Est a été retenu comme première région pilote de ce programme. Plusieurs agences volontaires participent actuellement à une phase d’audit et d’accompagnement menée avec un cabinet spécialisé.
« Nous avons d’abord réalisé des études sur le niveau de maturité du marché il y a trois ans. Aujourd’hui, nous avons effectué une nouvelle photographie du secteur. L’enjeu désormais, c’est la mise en œuvre concrète », explique Valérie Boned.
L’objectif est clair : permettre aux agences d’évaluer leur niveau de maturité IA, d’identifier les usages prioritaires et de construire un véritable plan d’action.
Les audits portent notamment sur les usages les plus immédiatement opérationnels : relation client, back-office, automatisation de tâches ou encore production de contenus.
« Il faut que les entreprises sachent où elles en sont, quel chemin elles doivent parcourir et comment avancer sur les cas d’usage les plus importants et les plus récurrents », poursuit la présidente des EDV.
Une démarche appelée à être déployée nationalement
Le dispositif ne devrait pas rester limité au Grand Est. Une seconde région pilote vient d’être validée : les Antilles-Guyane bénéficieront à leur tour d’un accompagnement financé avec l’OPCO. D’autres discussions sont en cours, notamment avec les Hauts-de-France et la Normandie.
L’ambition des EDV est désormais de capitaliser sur les enseignements tirés de ces expérimentations régionales pour proposer une méthodologie reproductible à l’ensemble du marché.
« À partir de ce que nous aurons appris dans ces régions pilotes, nous proposerons une modélisation plus large aux entreprises qui souhaitent tirer parti de cette expérience », indique Valérie Boned.
Un “think tank” d’agences avant-gardistes
Parallèlement à ce travail territorial, la commission digitale des EDV pilote un groupe de réflexion national réunissant une dizaine d’agences particulièrement avancées sur les sujets IA.
Ce “think tank” doit permettre d’identifier les meilleures pratiques et les cas d’usage les plus pertinents pour la profession.
« Nous voulons faire bénéficier l’ensemble du marché de l’expérience de ceux qui ont déjà bien avancé », souligne Valérie Boned.
Les travaux de ce groupe serviront notamment à nourrir les futurs outils d’accompagnement proposés aux agences moins matures.
Vers une charte IA pour les agences de voyages
Parmi les principaux livrables attendus figure également la création d’un guide IA pour aider les agences de voyages à l’établir.
Pensée comme un véritable “règlement intérieur de l’IA”, ce guide doit permettre aux entreprises d’encadrer les usages des outils d’intelligence artificielle, aussi bien sur les aspects organisationnels que juridiques et éthiques.
« Avant même les questions juridiques, il y a toute une démarche d’entreprise à mettre en œuvre. C’est vrai pour les grandes entreprises mais aussi pour les plus petites », rappelle la présidente des EDV.
Ce futur guide s’appuiera directement sur les retours d’expérience des entreprises pilotes et des agences déjà engagées dans la transformation.
“Si l’on n’y va pas cette année, on risque de rater le train”
Pour les EDV, le calendrier ouvert. L’organisation souhaite que, dans les douze prochains mois, les agences disposent des outils nécessaires pour lancer leur transformation IA.
Le message adressé au marché est sans ambiguïté.
« Si les agences ne s’engagent pas dans l’année à venir, elles courent le risque de rater le train » conclut Valérie Boned.
Entre audits terrain, mutualisation des bonnes pratiques et accompagnement opérationnel, les EDV veulent désormais faire de l’intelligence artificielle un chantier structurant pour l’ensemble de la distribution touristique française.