Avec son positionnement touristique « Explore the Carpathian Garden », la Roumanie souhaite renforcer son attractivité auprès des professionnels et voyageurs français
À l’occasion de son passage au salon du tourisme à Paris, le ministre de Roumanie Monsieur Irineu DARĂU fait œuvre de pédagogie pour définir la stratégie touristique de la destination.
Interview exclusive du nouveau le ministre de Roumanie Monsieur Irineu DARĂU qui cumule la fonction de ministre de l’Économie, du Numérique de l’Entrepreneuriat et du Tourisme.
Pays encore insuffisamment exploité par la distribution comme par la production, le ministre du Tourisme invite les agences et les tours opérateurs à programmer la destination pour sa richesse naturelle, son étendu culturelle et son patrimoniale remarquable : « le pays où l’on ne s’ennuie jamais ».
Entretien avec le ministre du Tourisme roumain, Monsieur Irineu DARĂU
Tour Hebdo : Monsieur le Ministre, quel est le principal message à faire passer auprès des agences de voyages française ?
Irineu DARĂU : J’insisterai en premier lieu sur la diversité que représente la Roumanie. Si notre territoire représente environ la moitié de la superficie de la France, les visiteurs y trouvent une combinaison rare : paysages naturels spectaculaires, patrimoine historique, architecture, gastronomie, terrain de sport, culture et traditions vivantes. C’est un pays où la nature reste très préservée et où l’histoire se lit encore dans les villes et les villages. J’ajoute que la Roumanie se considère comme un pays francophone*.
Le jardin des Carpates : « notre identité touristique »
Tour Hebdo : Votre slogan touristique évoque “le jardin des Carpates”. Que signifie-t-il ?
Irineu DARĂU : Notre signature « Explore the Carpathian Garden » résume l’essence de la Roumanie. Les Carpates traversent le pays et abritent une biodiversité exceptionnelle : forêts sauvages, prairies, rivières et montagnes. À titre d’exemple, j’évoquerais La forêt naturelle des lilas situés à Ponoarele (Pădurea de liliac de Ponoarele), au sud-ouest du pays. J’évoquerais la forêt naturelle de lilas située à Ponoarele, au sud-ouest du pays. Elle est considérée comme la plus vaste d’Europe. Au printemps, des milliers d’arbustes fleurissent en violet, blanc et rose, créant un paysage et un parfum spectaculaires qui laissent le visiteur subjugué. Autre exemple : nous possédons les plus importantes populations d’ours bruns, de loups et de lynx d’Europe. Cette richesse naturelle représente l’une des forces majeures de notre destination.
« Un patrimoine unique entre Orient et Occident »
Tour Hebdo : Quels sont les sites culturels emblématiques ?
Irineu DARĂU : La Roumanie se situe au carrefour des influences byzantines et occidentales, ce qui crée un patrimoine très particulier. Parmi les sites emblématiques, on peut citer : les monastères peints de Bucovine, inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, célèbres pour leurs fresques extérieures qui racontent la Bible en images. Les villages médiévaux comme Sighișoara, une citadelle habitée classée à l’UNESCO, les villes historiques de Brașov et Sibiu, cette dernière ayant été capitale européenne de la culture. La Roumanie possède aussi de nombreux châteaux, dont le célèbre Château de Bran, souvent associé à la légende de Dracula.
« Bucarest, une capitale idéale pour un city break »
Tour Hebdo : La capitale peut-elle constituer une porte d’entrée touristique ?
Irineu DARĂU : Absolument. La ville se distingue par une architecture éclectique mêlant palais néoclassiques, bâtiments Art nouveau, héritage communiste monumental et constructions contemporaines. Parmi les sites emblématiques figurent l’imposant Palais du Parlement, l’un des plus grands bâtiments administratifs du monde, ainsi que l’élégant Athénée roumain, célèbre salle de concert accueillant le prestigieux Festival George Enescu. Surnommée autrefois le « Petit Paris de l’Est », la capitale offre également de larges boulevards, de nombreux parcs, une scène culturelle animée et une vie nocturne très active, des musées, galeries d’art, cafés historiques et quartiers créatifs.
« Nature, traditions et tourisme durable »
Tour Hebdo : Quelles expériences la Roumanie propose-t-elle aux voyageurs d’aujourd’hui ?
Irineu DARĂU : La Roumanie permet de pratiquer un tourisme toute l’année : randonnée dans les Carpates, découverte des villages traditionnels du Maramureș, circuits culturels dans les villes médiévales, observation de la faune sauvage, croisières et écotourisme dans le Delta du Danube, réserve de biosphère classée par l’UNESCO. Le delta est l’un des écosystèmes les plus riches d’Europe avec plus de 300 espèces d’oiseaux et une biodiversité remarquable.
« Un pays de traditions et de gastronomie »
Tour Hebdo : Vous évoquiez la diversité de la destination. Pouvez-vous nous parler de la culture locale ?
Irineu DARĂU : C’est même un de nos atouts majeurs. Dans de nombreuses régions rurales, les traditions se transmettent encore de génération en génération et font pleinement partie de la vie quotidienne. Dans des territoires comme le Maramureș ou la Bucovine, les visiteurs découvrent des villages où l’artisanat, les costumes traditionnels brodés, les danses folkloriques et les fêtes religieuses rythment toujours l’année. Le dimanche, il n’est pas rare de voir les habitants se rendre à l’église vêtus de leurs habits traditionnels, témoignant d’un attachement profond à leur héritage culturel. Cette authenticité se retrouve aussi dans l’architecture des maisons en bois, dans les marchés locaux et dans une gastronomie généreuse issue de recettes familiales.
Tour Hebdo : Justement, un mot sur la gastronomie, qui pour les Français est un critère important
Irineu DARĂU : La gastronomie de la Roumanie reflète la richesse culturelle et l’histoire du pays, au carrefour des influences balkaniques, ottomanes et d’Europe centrale. Elle se caractérise par une cuisine généreuse, authentique et étroitement liée aux produits du terroir. Parmi les spécialités emblématiques figurent les Sarmale, feuilles de chou farcies à la viande et au riz, souvent servies lors des fêtes, ou encore la Mămăligă, une polenta traditionnelle accompagnée de fromage et de crème. Les amateurs de grillades apprécieront les Mici, petites saucisses épicées très populaires dans tout le pays. La cuisine roumaine se distingue également par ses soupes parfumées appelées Ciorbă, dont la saveur légèrement acidulée est typique.
Tour Hebdo : Et bien sûr le vin. Vous êtes 12 éme producteur mondial, d’où la dégustation que vous avez organisée au salon du tourisme.
Irineu DARĂU : Le vin occupe une place importante dans la culture et l’économie de la Roumanie, dont la tradition viticole remonte à plus de deux millénaires. Grâce à son climat continental, marqué par des étés ensoleillés et des sols variés, le pays offre des conditions particulièrement favorables à la viticulture. Aujourd’hui, la Roumanie figure parmi les principaux producteurs européens et se situe, en effet, autour de la 12ᵉ place mondiale en volume. Le vignoble s’étend sur plusieurs régions reconnues, comme Dealu Mare, Cotnari ou Murfatlar, qui produisent aussi bien des vins rouges structurés que des blancs aromatiques. De plus en plus de domaines ouvrent leurs portes aux visiteurs, développant l’œnotourisme et permettant aux voyageurs de découvrir des vins de grande qualité encore peu connus sur la scène internationale
« Un tourisme accessible et authentique »
Tour Hebdo : Pourquoi les agences devraient recommander la Roumanie comme destination ?
Irineu DARĂU : Parce qu’elle reste authentique, accessible et parfaitement sécurisée. Elle est située à moins de 3 heures de vol depuis la France avec des vols directs depuis plusieurs villes. Une carte d’identité est suffisante pour entrer dans le pays. Mais surtout, la Roumanie offre quelque chose de rare : une destination encore préservée, où les visiteurs découvrent un patrimoine et une nature exceptionnels. Je suis moi-même un grand voyageur et je peux vous dire une chose : en Roumanie, on ne s’ennuie jamais. Ceux qui viennent une première fois ont presque toujours envie de revenir.
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La Roumanie est souvent considérée comme un pays francophone pour plusieurs raisons historiques, culturelles et linguistiques. Même si le français n’est pas une langue officielle, il a eu et a encore une forte influence dans le pays. Voici les principales raisons :
1. Une langue proche du français Le roumain et le français appartiennent tous les deux à la famille des langues romanes, issues du latin, le roumain étant la langue la plus proche du latin. Le roumain partage donc de nombreux mots et structures avec le français. Exemples :
Cette proximité facilite l’apprentissage du français pour les Roumains.
2. Une forte influence française au XIXᵉ siècle Au XIXᵉ siècle, la Roumanie s’est fortement inspirée de la culture et du modèle politique français. Les élites roumaines étudiaient souvent à Paris, et le français était la langue de la diplomatie, de la culture et de la haute société. À cette époque, Bucarest était même surnommée « le Petit Paris » à cause de l’influence française sur l’architecture, la mode et la vie intellectuelle.
3. Le français longtemps enseigné à l’école Pendant longtemps, le français a été la première langue étrangère enseignée en Roumanie. Encore aujourd’hui, beaucoup de Roumains l’apprennent à l’école et peuvent le parler.
4. Participation à la Francophonie La Roumanie est membre de Organisation internationale de la Francophonie depuis 1993. Elle participe activement aux activités culturelles et politiques du monde francophone.
5. Une tradition culturelle francophone La littérature, la philosophie et les sciences françaises ont beaucoup influencé les intellectuels roumains. Plusieurs écrivains roumains ont même écrit en français, comme Eugène Ionesco et Emil Cioran.
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