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Guy Bigiaoui (Safrans du Monde) : « L'envie est tellement pressante que nos clients attendent de nous qu'on les rassure »


Publié le : 25.01.2021 I Dernière Mise à jour : 25.01.2021
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Guy Bigiaoui, président de Safrans du Monde.  I Crédit photo ©DR

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  • Propos recueillis par Brice Lahaye

À l'occasion de l'annonce de sa prochaine croisière aérienne « Tour du Monde » programmée en octobre 2021, Guy Bigiaoui, président de Safrans du Monde, fait le point pour Tour Hebdo sur l'actualité du tour-opérateur et sur l'année qui vient de s'écouler. 

2021 marquera le retour des croisières aériennes de Safrans du Monde. Évidemment avec son Tour du Monde en avion privé en 22 jours (du 30 octobre au 20 novembre 2021), mais aussi, et c'est une nouveauté, avec une Croisière aérienne « Iles Féroé, Islande et Groenland » de 4 jours en juillet prochain. Un programme auquel s'ajoutent les voyages sur-mesure et l'arrivée en 2022 des Grands Tours des continents. 

Tour Hebdo : Avant de parler des projets à venir, comment s'est passée l'année 2020 pour Safrans du Monde ? 

Guy Bigiaoui : On a deux forces. La première, c'est notre taille, qui nous permet d'avoir une grande agilité, et la deuxième, c'est notre ADN. Notre ADN, c'est le sur-mesure. Par définition, nous vendons des voyages pour lesquels nous discutons énormément avec le client, avant, pendant et après le voyage. Ça nous permet de voir venir les choses et d'amortir le choc de manière relativement facile. Je parle en comparaison avec d'autres opérateurs qui sont plus dans des process industriels. Nous avons vu venir la crise parce que nous échangeons énormément avec nos partenaires à l'étranger. Nous avons vu venir l'influence de la crise suffisamment tôt pour qu'on ait la possibilité d'avertir nos clients. En leur disant : ”Voilà la situation qui risque de se présenter, que faisons-nous ?”.

Lorsque la crise est réellement arrivée, on a réussi à tenir le choc, on a maintenu tous les emplois, et on a même réussi à maintenir tous les salaires. On n'a même pas, durant les deux premiers mois, fait appel au chômage partiel. Pour une raison très simple. Je me suis dit qu'il y avait là une opportunité de poursuivre l'évolution déjà entamée avant la Covid. On a réussi à prendre ce temps pour traiter les dossiers qui étaient en cours, mais également pour travailler sur notre programmation, pour retravailler nos process. C'est comme ça qu'on a traversé la crise. Est ensuite arrivé le moment de l'été, où on a vu une embellie, puis de nouveau cette baisse tragique, qui a été extrêmement difficile pour nous, comme pour tout le monde. Mais fondamentalement, on a gardé les deux choses qui sont les plus importantes : notre équipe et notre image. Et c'est à ce moment de l'histoire que nous sommes actuellement. Prêts à rebondir, tout est dans les tuyaux. Je pense que c'est déjà le moment de rebondir, malgré les dernières annonces, et les attentes concernant un éventuel troisième confinement. Je pense que l'envie est tellement pressante que nos clients attendent de nous qu'on les rassure. En leur disant : ”Nous, professionnels, nous sentons qu'il est temps de travailler sur vos projets”. 

T.H. : Vous restez donc confiant pour l'année 2021 ? 

G.B. : Je suis positif pour l'année 2021. C'est un peu ma nature, mais c'est aussi ma nature de faire des analyses froides de la situation. Et encore une fois, je me dis qu'il y a une force à laquelle la France ne pourra pas résister. La force des vaccins, qui fait que les pays dans le monde où le tourisme est important vont tendre de plus en plus à vouloir s'ouvrir le plus rapidement possible. Il va y avoir une vague qui va emporter la France. Je parle de la nécessité du passeport sanitaire. Cette vague va toucher le monde entier et la France sera obligée de s'y plier. Et à mon sens, c'est ça qui va réellement faire repartir le tourisme. Le tourisme est une industrie très importante en France et je pense que des solutions créatrices et créatives seront trouvées. C'est à mon avis ce qui va réenclencher la pompe. Et ça, ça va arriver dans quelques semaines à peine. 

T.H. : L'année 2021 sera donc marquée, pour vous, par la reprise du Tour du Monde. Quel est le programme ? 

G.B. : J'aimerais compléter ce que je disais en rappelant une information qui est un peu passée inaperçue il y a quelques semaines, et qui est pour moi très significative. L'information selon laquelle Qantas rouvre les réservations aériennes pour tous les continents à partir du mois de juillet. Lorsqu'un patron d'une compagnie telle que Qantas prend ce genre de décision, il prend en considération les estimations et les analyses, mais aussi le coût que représente la remise en service de gros porteurs sur une flotte qui est assez importante. Je pars du principe que si quelqu'un comme le patron de Qantas prend cette décision, c'est qu'il croit vraiment que, dès le mois de juillet, le monde entier va reprendre. Évidemment avec une certaine inégalité, mais il y a véritablement quelque chose qui va se passer sur tous les continents. Partant de ce principe, je crois que nos croisières aériennes vont pouvoir reprendre dès le mois de juillet. Non pas pour le Tour du Monde, qui est programmé en octobre, mais aussi pour notre croisière aérienne dans le Grand Nord. C'est un itinéraire qui fait trois nuits blanches et quatre journées totalement exceptionnel. C'est un concentré d'émotions avec une découverte des îles Féroé, de l'Islande et du Groenland. C'est un itinéraire avec des rencontres avec des Inuits, avec un survol en hélicoptère incroyable d'un glacier. Ça va être des moments uniques. Ce voyage là était déjà prévu pour 2020. Nous n'avons pas pu le réaliser, mais il sera bien prévu au mois de juillet 2021. 

Ensuite, il y aura, bien sûr, notre Tour du Monde. Ça fait des années que nous opérons ce Tour du Monde en octobre dans sa version classique. Les nouveautés par rapport à 2019 sont deux escales qui ont été remplacées. La Grande Barrière de Corail a été remplacée par Sydney, et la Birmanie par le Cambodge, par les temples d'Angkor. À part cela, rien ne change sur notre itinéraire. On ne change pas une équipe qui gagne. Avant la crise, nous avions déjà un bon niveau d'inscriptions, et nous avons, même pendant cette période de confinement, continué d'enregistrer des ventes. Pas beaucoup, mais les gens ont besoin de rêver. Ça nous a permis, quelque part, de nous conforter dans le cap que nous avons pris. Ensuite, nous aurons pour 2022 ce que nous avions initialement prévu pour 2021, c'est-à-dire le Tour d'Amérique du Sud, le Tour d'Afrique, le Tour d'Asie et des créations ponctuelles qui viendront s'ajouter au fur et à mesure. 

On a mis cette période à profit pour communiquer énormément avec nos réseaux dans le monde. Ce qui nous permet de comprendre ce qui se passe, de nous tenir informés de ce que deviennent les opérateurs, les hôtels, les prestataires terrestres, les compagnies aériennes. C'est un gros travail de mise à jour qui a été fait pendant tous ces mois. Et c'est véritablement l'avantage que nous avons par rapport aux autres acteurs sur le marché français. Nous sommes les seuls opérateurs, fondamentalement, à nous adresser également aux agences de voyages pour leur donner accès à ce monde un peu étranger des agences de luxe, qui ne leur est généralement pas accessible. 

T.H. : Vous le disiez, vous êtes en discussions permanentes avec vos partenaires. Tous les changements de protocoles réguliers, les mesures parfois incertaines, compliquent-ils les choses pour envisager les mois à venir ? 

G.B. : Non, et cela pour deux raisons. Vous savez, quand vous citez un groupe hôtelier de grand luxe, comme le Peninsula ou Oetker qui possède le Bristol à Paris, ou bien quand vous parlez avec des agences réceptives qui sont celles que nous employons pour nos voyages sur-mesure, vous savez que ces gens-là sont extrêmement sérieux dans la mise en place des mesures nécessaires localement. Et deuxièmement, nous partons du principe qu'un voyage est quelque chose de très important pour un client. Dès lors que la mise en place de contraintes sanitaires est trop importante, nous excluons tout simplement le voyage. Nous ne ferons le Tour du Monde, tel qu'annoncé, qu'à partir du moment où on aura la certitude que les conditions de voyage seront celles qui permettent véritablement de réaliser le voyage d'une vie. Et ce n'est pas très compliqué pour nous. Nous avons un avion privé et une expérience dans une centaine de pays. Ce qui arrivera dans un pays n'arrivera pas forcément dans un autre, donc nous avons déjà prévenu nos clients qu'il se pourrait, à l'approche du voyage, qu'une ou deux escales soient modifiées pour ces raisons. Pour justement assurer le confort.

Un Tour du Monde, c'est vraiment une expérience où on voyage énormément, donc si vous enlevez cela, ce n'est pas la peine de le faire. Nous avons adapté nos voyages à cette nécessité d'être flexible. Nous n'avons pas, par exemple, d'annulation à ce jour. Nos clients et agences de voyages sont à même de nous écouter et de se dire : ”Après tout, il n'y a pas de frais d'annulation, on peut s'inscrire sur une croisière aérienne”. La tendance est, à mon avis, sur des voyages avec des avions privés, des petits groupes, des guides privés, complètement déconnectés d'une opération plus globale. Je pense que c'est l'essence même de la croisière aérienne. 

T.H. : Vous parliez un peu plus tôt aussi des Grands Tours des continents. Qu'en est-il de leur organisation ? 

G.B. : La crise a fait que nous n'avons pas pu les lancer, mais ils sont programmés pour 2022. Il n'y a que nous qui faisons des croisières aériennes de cette qualité, et j'y tiens énormément. Le Tour de continent est une croisière aérienne exactement à l'image du Tour du Monde, c'est à dire que nous offrons un kaléidoscope concentré d'une destination pour en retirer une vision globale. Et ça s'adresse à la même clientèle, dans la mesure où beaucoup de nos clients qui ont fait un Tour du Monde font aussi ces Tours de continents. Le voyage est plus court mais l'intensité est la même. La programmation et les brochures sont sur le point de sortir. 

T.H. : Si le sur-mesure peut tirer son épingle du jeu avec la crise sanitaire, quels arguments mettre en avant par un agent de voyages pour promouvoir ces croisières aériennes ?

G.B. : Les argument n'ont pas changé, si ce n'est que, dès que le client monte à bord, il est pris en charge à 100%. Il n'a pas à se soucier de quoi que ce soit. Si une mésaventure quelconque arrivait, nous sommes là, et je suis moi-même à bord pour veiller à ce que les problèmes qui peuvent potentiellement se poser soient résolus. C'est donc une prise en charge totale tout en laissant la liberté d'avoir un guide privé si le client le souhaite. Et évidemment la flexibilité, comme je le disais, avec aucun frais d'annulation appliqué pour le moment sur nos croisières aériennes. C'est quelques chose qui est de nature à rassurer le client final et l'agence de voyages. Nous avons commencé une série de webinaires à ce sujet. On voit d'ailleurs que les agences restent dans la dynamique, ont envie de proposer des choses à leurs clients qu'elles n'osaient pas leur proposer auparavant. Pour le sur-mesure, c'est la même chose, nous échangeons énormément pour construire au mieux le voyage. Nous avons 18 ans d'expérience pour créer ce genre de voyage. J'ai tendance à penser que le sur-mesure et le luxe seront les choses qui reprendront le plus tôt. 

T.H. : Avez-vous déjà quelques tendances de réservations sur les croisières aériennes à venir ? 

G.B. : Elles sont bonnes sur les croisières aériennes. Elles sont encore un peu faibles à mon goût pour le sur-mesure. Nous avons subi une crise énorme, comme tout le monde. Nous avons été percutés de plein fouet, mais le lien que nous avons avec nos clients et nos agences de voyages fait que nous avons traversé ensemble cette crise plus facilement. 

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