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Exclusif : Plus belle l’Europe placée en redressement judiciaire


Publié le : 11.02.2020 I Dernière Mise à jour : 11.02.2020
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Le patron de Plus Belle l'Europe dans son bureau, à Levallois (92), près de Paris. I Crédit photo ©Pierre Morel pour Tour Hebdo

Auteur

  • Marie Poirier

Le tribunal de commerce de Nanterre a ouvert aujourd’hui une procédure de redressement judiciaire pour Plus belle l’Europe. Les candidats à la reprise ont un mois et demi pour se déclarer. Frédéric de Fournoux revient en exclusivité pour Tour Hebdo sur le contexte qui a conduit son TO à la chute.

« C’est un soulagement. » C’est en ces termes que Frédéric de Fournoux, le patron de Plus belle l’Europe, a commenté la décision du tribunal de commerce de Nanterre de ce mardi 11 février. Le groupe qui s’est déclaré en cessation de paiement le 30 janvier a en effet été placé en redressement judiciaire ce matin même. « Le tribunal a un avis très favorable sur le dénouement du dossier, je suis donc plein d’espoir », précise Frédéric de Fournoux encore sous le coup de l’émotion. Pour le dirigeant bien connu du milieu du tourisme, il s’agit pourtant d’un coup de théâtre.


Un bon scénario…

L’histoire était pourtant sacrément belle pour le tour-opérateur. « Du lancement de Plus belle l’Europe en 2011 jusqu’à 2017, nous avons connu cinq exercices positifs avec en 2016 un chiffre d’affaires à 10 millions d’euros et un résultat net à 300 000 euros. Nous avions un bel équilibre entre BtoB et BtoC et un modèle pertinent qui nous a permis de devenir rapidement leader des circuits accompagnés en Italie et un acteur important sur les autres destinations », explique le patron du tour-opérateur. Un succès en BtoC fondé notamment sur de lourds investissements en presse grand public. « On mettait 1 million d’euros sur la table pour soutenir nos actions de communication en presse. Ça a très bien marché. Mais le jour où la source a commencé à se tarir, ça nous a fait mal », analyse Frédéric de Fournoux.

Prudent, le dirigeant a toutefois dès 2018 réduit ce budget tout en mettant en place une nouvelle stratégie. Choix de Stéphane Bern comme égérie du TO, développement du « à la carte » sur l’Europe… Des décisions prometteuses qui ont nécessité de nouveaux investissements (financement d’un nouveau logiciel, embauche de 7 personnes supplémentaires…) mais aussi du temps d’adaptation. « Nous avons été opérationnels en septembre dernier à l’IFTM Top Resa. Il a fallu ensuite du temps pour que ça décolle. Malheureusement nous n’avions pas ce temps disponible pour réagir. »


… mais une mauvaise chute

« Au 31 octobre dernier, l’entreprise perd 1,4 million d’euros pour un chiffre d’affaires de 11 millions d’euros. J’ai compris qu’il fallait me faire épauler pour m’en sortir. Je me suis donc mis à la recherche de partenaires », raconte Frédéric de Fournoux. Quelques semaines plus tard, le TO intéresse plusieurs investisseurs. « Un groupe du secteur est sérieusement sur les rangs. Je rassure donc mes [23] salariés à notre soirée de fin d’année en leur disant qu’en janvier, nous ne devrions plus être seuls. » Mais là, c’est la douche froide… « Le 10 janvier, le groupe intéressé m’appelle pour décliner sa proposition. Et malgré l’accord de confidentialité signé entre nous, commence à répandre la rumeur comme quoi nous allons déposer le bilan. Certains distributeurs l’écoutent et vont jusqu’à couper les robinets. » En pleine période de prise de commandes, c’est le coup de grâce pour Plus belle l’Europe déjà bien fragilisée.

Frédéric de Fournoux tente alors le tout pour le tout et fait appel à un plan B. Mais de nouveau le temps joue contre lui… « Fin janvier, j’appelle mon avocat pour déclencher une procédure de mise en redressement judiciaire. La suite, vous la connaissez, elle s’est déroulée ce matin avec l’audience du tribunal de commerce. A la barre, le dossier a été déposé avec une lettre d’intérêt d’un acteur du métier (le fameux plan B). Le tribunal a accepté la mise en redressement judiciaire avec une date limite fixée au 31 mars. » La procédure est donc enclenchée : les repreneurs potentiels ont un mois et demi pour se manifester. « Les passifs sont gelés jusqu’à la décision du tribunal. Mais l’entreprise continue son activité », précise Frédéric de Fournoux. Avant de conclure amèrement : « Ironie du sort : aujourd’hui on croule sous les demandes… »

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