La rubrique de Michel Messager : « Je vous parle d’un temps où les jeunes qui travaillent aujourd’hui dans le secteur du tourisme ne peuvent pas connaître… »
« Il n'y a jamais rien de bizarre chez les gens. Dès qu'on cherche à les pénétrer, on saisit que leur conduite, si insolite qu'elle paraisse, est toujours due à quelque motif parfaitement plausible. »
Alberto Moravia (La Belle Romaine)
Xavier Louy ‘’Un parcours atypique’’
Véritable touche-à-tout à l’image de ses passions, la politique, le vélo, l’écriture, la lecture, la musique et un amour immodéré pour les paysages de nos régions françaises au travers de ces petites communes réparties au travers de l’hexagone. Ce n’est pas pour rien que Xavier se destinait à une carrière dans l’aménagement du territoire.
Mais là où se distingue Xavier Louy, c’est que de ses passions, car tout le monde a des passions, c’est que lui, il les a concrétisées au travers de son parcours professionnel et de ses engagements.
Comme il le dit lui-même : « J'ai eu une vie passionnante faite de mille choses. » On ne peut que répondre par l’affirmative à une telle déclaration. Qui peut en effet se targuer d’avoir été à la fois : haut fonctionnaire, directeur du Tour de France, entrepreneur, consultant, maire adjoint, écrivain, auteur-compositeur, inventeur, homme de radio… et surtout ce qui est la ligne directrice et le dénominateur commun de toutes ces expériences : Professionnel du Tourisme et un sacré professionnel !
Inutile de vous dire qu’avec un tel ‘’personnage’’ faire le portrait de celui-ci est un moment privilégié tant il est original et sans détour… de France bien entendu.
Lorsqu’il était encore sur les bancs de la Faculté d’Assas et de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, Xavier Louy n’imaginait pas qu’il s’impliquerait autant dans l’univers touristique quelques années plus tard. Il se voyait plutôt embrasser une carrière purement politique ou s’investir dans la haute administration et être actif dans l’aménagement du territoire.
Après l’obtention d’un diplôme de Sciences économiques, les choses étaient plutôt bien parties pour cela puisque sa première fonction fut d’être affecté en 1971 au cabinet du Premier Ministre, Jacques Chaban-Delmas, pour assister l’équipe économique et financière.
Xavier Louy a tout juste 24 ans.
Mais alors qu’il espérait rejoindre la Délégation à l’Aménagement du Territoire après la démission du premier ministre Jacques Chaban Delmas, le tout nouveau Monsieur Sécurité Routière, Christian Gérondeau (il a mis en place les limitations de vitesse sur route et l’obligation de la ceinture de sécurité hors agglomération), lui fit la proposition de l’accompagner dans cette importante mission.
Pendant 5 années, Xavier Louy s’occupera des statistiques, mais aussi de la sécurité des usagers de deux roues, cyclistes et motocyclistes.
Ayant développé une première campagne de sensibilisation sur le thème « 2 roues, 2 fois plus d’attention » dans le cadre du Tour de France 1975, il fut repéré par les dirigeants du Tour de France.
En 1977, à tout juste trente ans, il est appelé au printemps pour se préparer à assurer la succession des célèbres directeurs de l’épreuve Jacques Goddet et Félix Lévitan. Un de ses rêves d’enfant allait devenir réalité « La passion en elle-même est née en 1953 à Bagnères de Luchon dans les Pyrénées. J'avais alors six ans. J'y étais en vacances avec mes parents et mon frère faisait une cure. Le 14 juillet, j'ai eu la chance d'assister à l'arrivée d'une des étapes du Tour de France. J’ai vu Jean Robic gagner l'étape tandis que Louison Bobet endossait le maillot jaune. Notre lieu de résidence n'était pas très éloigné de la maison où Vincent Auriol, président de la République, venait se reposer. Avec de telles rencontres, à mon retour à Paris, j'avais deux envies : suivre une étape dans la voiture du directeur du Tour et devenir Président de la République ! »
On devine que diriger le Tour de France et ses compétitions annexes pendant 12 ans vous fait entrer de plain-pied dans l’univers touristique de notre pays. Xavier s’est ainsi beaucoup employé d’abord à mondialiser le Tour de France au bénéfice de la promotion internationale de notre tourisme par la très forte augmentation des retombées médiatiques, mais aussi à inciter la production télévisuelle à mettre plus en avant l’environnement géographique.
Comme il le dit lui-même : « Le Tour de France est notre plus grande ambassade et la plus efficace. Grâce à lui, un milliard de téléspectateurs, répartis dans environ 170 pays, voient non seulement la course, mais aussi nos plus beaux paysages. La télévision ne se contente pas de filmer des pédaliers ou des coureurs : à la moindre occasion, elle élargit les plans et montre nos châteaux, nos montagnes, nos campagnes. Elle déambule dans des villes qui, sans le Tour, n'auraient jamais eu accès à ce qu'on appelle la "médiatisation". »
A noter qu’à la différence de l’ensemble des autres directeurs du Tour, Henri Desgrange, Jacques Goddet, Felix Lévitan, Jean-Marie Leblanc et Christian Prudhomme, notre ami Xavier a été le seul à ne pas être journaliste, à ne pas avoir de carte de presse, ce qu’on lui a assez reproché…
Ce n’est donc pas un hasard si quelques années après son départ du Tour de France, il lui a été demandé par Léon Bertrand de réaliser une étude sur « Le Tour de France au service de la promotion du tourisme français ».
Entre-temps, en 1989, Xavier Louy créé sa société XLco…, société de conseil en développement local, où il a l’occasion de conseiller nombre de collectivités pour mettre en avant leur image.
Mais c’est aussi à cette époque que Xavier Louy réussit, contre toute attente, à être élu maire adjoint de la ville de Sarlat, capitale du Périgord noir, où il prend naturellement en charge la communication, le tourisme et la culture et cela de 1989 à 2001. Petit clin d’œil : sur la photo de la victoire, le nouveau maire, Jean-Jacques de Peretti, portait le maillot jaune que Xavier Louy lui avait offert au soir de l’élection.
Sous la houlette de Xavier, Sarlat va vite devenir la référence pour les petites villes cherchant à développer leur économie touristique. Pour cela, il a travaillé pour accroître la notoriété de la cité de La Boétie, notamment à l’étranger, à partir d’opérations comme l’acceptation de toutes les monnaies européennes chez les commerçants locaux ou l’affichage de tous les prix en euros plusieurs mois avant l’instauration de la monnaie unique.
Sur le plan national, il a initié de très nombreuses actions de communications permettant à Sarlat d’apparaître fréquemment dans les journaux télévisés et les émissions de grande écoute. Il s’est aussi efforcé d’associer au nom de la ville des images positives autour de sa gastronomie, de son marché, de ses festivals de théâtre et de cinéma ou de son nombre record de bâtiments classés.
Cette réussite au niveau de la communication touristique de Sarlat n’a alors pas échappé à Jean-Jacques Descamps devenu député-maire de Loches après avoir été le secrétaire d’État au Tourisme du gouvernement de Jacques Chirac en 1986.
C’est lors d’une rencontre entre les conseils municipaux de Loches et de Sarlat que nait l’idée de la création du réseau des « Plus Beaux Détours de France » consistant à regrouper sous ce label les plus belles petites villes de France (entre 2 000 et 20 000 habitants).
Comme se le rappelle Xavier Louy : « Jean Jacques est venu avec son équipe à Sarlat. On s'est rendu compte que de nombreuses villes disposaient d'atouts touristiques évidents, mais qu'elles étaient handicapées parce qu'elles étaient à l'écart des grandes routes. Il s'agissait donc de les regrouper. De là est née l’idée des « Plus Beaux Détours de France. »
Jean-Jacques Descamps charge alors la société de Xavier Louy (XLco…) d’étudier la faisabilité d’un tel réseau, en s’inspirant notamment du fonctionnement des « Plus Beaux Villages de France » puis lui confie la charge de l’animer. Xavier devient donc le Délégué général de l’association, ce qu’il est encore à ce jour.
En décembre 1998, nait donc officiellement les « Plus Beaux Détours de France » avec 32 Adhérents.
Aujourd’hui l’association, forte de 104 communes, est répartie dans toutes les régions de France et dans 70 départements. Toutes ces communes obéissent à un cahier des charges spécifique et font l’objet d’un audit périodique d’évaluation. « Pour y figurer, il faut répondre à des critères précis : authenticité, patrimoine architectural, bâtiments classés, avoir entre 2 000 et 20 000 habitants, être à l'écart des grands réseaux routiers et bien sûr, proposer des événements dans l'année », précise Xavier Louy.
Plus qu’un label, la marque « Plus Beaux Détours » doit donc être considérée comme une appellation contrôlée qui s’efforce de garantir au visiteur que le détour en vaut la peine. C’est pourquoi l’association souhaite se limiter à une centaine d’adhérents.
Si ces jolies petites villes sont bien évidemment diverses dans ce qu’elles offrent à découvrir, elles présentent des caractéristiques communes qui font la cohérence du réseau : nombre d’habitants compris entre 2.000 et 20.000, intérêt du patrimoine tant architectural qu’immatériel, animation de la cité, identité artisanale et gastronomique, capacité d’accueil, dynamique de développement et d’aménagement, atmosphère générale de la ville et de son centre historique ou commercial.
Pour donner plus de visibilité à l’association Xavier Louy, a la brillante idée d’éditer dès 1999 un guide des « Plus Beaux Détours de France », mais laissons-le parler de son ‘’bébé’’ : « Nous avons alors élaboré ce guide qui constitue un outil. C'est le premier guide national par son tirage record (180 000 exemplaires en 2025), auquel Michelin nous apporte son expertise. Le nombre de villes recensées est de 104 dans tout le pays. Pour y figurer, il faut répondre à des critères précis : authenticité, patrimoine architectural, bâtiments classés, avoir entre 2 000 et 20 000 habitants, être à l'écart des grands réseaux routiers et bien sûr, proposer des événements dans l'année. Quand une ville est partante, nous nous rendons sur les lieux, il n'est pas question d'y venir en cachette et si elle est sélectionnée, elle est réauditée tous les quatre ans. A ce propos, il convient également de remercier les partenaires de « Plus Beaux Détours de France », que sont : Michelin, notre premier partenaire qui nous a dès le début de l’aventure fait immédiatement confiance, le syndicat Uni Vdl (Véhicules de loisirs), La Poste et Enedis. »
Homme de média, il dispose chaque été sur Sud-Radio d’une chronique quotidienne pour animer et vanter les ‘’Plus Beaux Détours de France’’ renforçant ainsi la notoriété de ces 100 plus belles petites villes à découvrir.
Xavier, ce véritable ‘’touche à tout’’, comme nous l’écrivions au début de ce portrait est aussi l’auteur de nombreux ouvrages consacrés tour à tour au cyclisme, à l’économie, à la politique, au roman ou même à Johnny Hallyday…Mais au moins trois d’entre eux se rapportent à l’univers touristique, notamment « Parlons tourismes » qui lui a été commandé par le club « France Terre de Tourisme » avec pour mission de mettre en avant les propositions des députés Daniel Fasquelle et Pascal Terrasse. Il a aussi écrit, en collaboration avec Pierre Bonte, deux versions d’un ouvrage faisant l’inventaire de nos communes « capitales », une véritable encyclopédie de l’histoire de nos communes et de leurs savoir-faire.
Multipassionné en quelque sorte, Xavier est grand collectionneur d’automates anciens, mais il est aussi auteur-compositeur depuis son adolescence. Il a produit 2 CD de nos chants patriotiques et a enregistré pour lui-même déjà 8 albums pour un total de plus de 100 titres.
Sa dernière aventure, dans un domaine qui nous ramène au loisir et au vélo, il est aussi à l’origine de la conception du ‘’Jet-Cycle’’, un pédalo sur foils avec Bernard Accoyer et Christophe Depres, enseignant à l’IUT d’Annecy et les étudiants de l’Université Savoie Mont-Blanc (USMB).
Quand on demande, à Xavier Louy :
Quel est son plus beau souvenir de voyages, il répond, instantanément : « Le Périgord noir, la plus forte concentration mondiale de richesses patrimoniales et touristiques. »
Sa plus grande fierté : « Avoir contribué à valoriser l’image de notre pays et de Sarlat. »
Sa plus grande angoisse : « Que la France tourne le dos à ce qui a fait sa grandeur. »
Aujourd’hui, Xavier Louy continue à œuvrer au service du développement local et de l'intérêt général. A l’âge où certains profitent de la retraite, il continue à écrire, chanter, composer et à confectionner les pages du prochain guide des « 100 Plus Beaux Détours », tout en continuant d’animer le réseau et de participer aux deux séances d’échanges annuelles dans chacune des 9 régions composant l’Association.
Xavier Louy : il ne s’arrête jamais ! Tant mieux pour nos belles villes de France.