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Point marché : Quand l’IA va, tout va !


Publié le : 18.05.2026 I Dernière Mise à jour : 18.05.2026
Point marché : Quand l’IA va, tout va ! I Crédit photo Patrick Gautier

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  • Patrick Gautier - Valoria Capital

Avant l'avènement de l'IA, les économistes raisonnaient avec trois facteurs de production, c’est-à-dire la terre, le travail et le capital. Désormais, ils sont forcés d'intégrer un quatrième facteur de production, les données alias les DATA.

 

Cette ressource est illimitée. Mais avant l'IA, elle n'était pas très utile car sa collecte, son traitement et son analyse étaient trop coûteux. Les hautes technologies ont peu à peu pris le pas sur les secteurs traditionnels, jusqu'à représenter au 1er trimestre 2026 environ 55% de l'investissement dans le PIB nominal aux Etats-Unis.

Les actions américaines, ont d’ailleurs, fait preuve d’une résilience remarquable dans un contexte de forte volatilité, soutenues par des résultats d’entreprise exceptionnels et un cycle d’investissement massif dans l’intelligence artificielle. Si certains risques persistent — notamment le choc énergétique, l’inflation et un positionnement parfois excessif — la tendance haussière du marché et la robustesse des entreprises américaines continuent d’alimenter des perspectives favorables.

En moyenne, la croissance des bénéfices par action des sociétés du S&P 500 atteint 27,7% sur un an, selon les données FactSet. C'est stupéfiant. Tous les secteurs, à part la Santé (pressurisée par la politique de la Maison Blanche), affichent des performances robustes. Mais la couche spectaculaire est presque totalement fournie par la Technologie qui affiche des bénéfices par action en hausse de 50,7%. Si on retire Nvidia et Micron, cette ascension se réduit, si on peut dire, à 28,5%.

Les semiconducteurs, dopés à l'IA, ont vu leurs bénéfices trimestriels croître de 99% sur un an. Outre cette manne, la saison a été rendue exceptionnelle par des… exceptionnels.

Les hyperscalers ont enregistré des plus-values latentes énormes sur leurs investissements dans les sociétés d'IA comme OpenAI et Anthropic. Cela représente même le tiers de leurs bénéfices du 1er trimestre, soit 53 Mds de dollars.

Mais prenons du recul car faire des plus-values énormes sur des entreprises dont vous êtes à la fois bailleur de fonds, client et fournisseur, peut soit être considéré comme génial, quand tout va bien, mais peut aussi être qualifié d’une pyramide de Ponzi si un problème se présente.

Pour faire simple, on achète l'IA, l'IA et encore l'IA. C'est ce qui explique que l'écart se creuse à nouveau entre les actions américaines et les actions européennes.

En revanche, L’Europe et la France sont dans la course du quantique :

Comme vous le savez, dans les points marchés nous parlons d’économie, des différentes pensées économiques. Aussi, nous pouvons constater que notre Président, Emmanuel MACRON, a fait une vraie politique keynésienne.

Pour rappel, les fondements du keynésianisme reposent sur l’idée que la production de biens et de services dépend de la consommation, de l’investissement, des achats de l’Etat et des exportations nettes.

En effet, il est à l’origine du saut quantique en France dans l’industrie digitale, et Paris est devenu en quelques années le premier hub technologique européen devant Londres, et quatrième mondial derrière Boston, New-York et San-Francisco (source Dealroom mai 2025). Toujours d’après Dealroom, la France était le troisième écosystème tech en Europe en 2024, par les montants de capital-risque investis, derrière le Royaume-Uni et l’Allemagne.

Nous avons déjà oublié le soutien apporté aux entreprises pendant la pandémie et celle que les PGE (prêts garantis par l'état) ont sauvées. Près de 700.000 entreprises (source : Fédération bancaire française), avant tout des PME et des TPE ont bénéficié de près de 150 milliards d'euros de crédit garantis par l'Etat lui-même.

La BPI (banque publique d'investissement) a pris son envol sous la direction de Nicolas Dufourcq. Elle est née en 2013 et affirme avoir accompagné 500.000 entreprises lors des 10 dernières années. La banque indique être au capital de plus de 1.200 sociétés, et indirectement, via d'autres fonds, au capital de plus de 6.400 entreprises.

Enfin les plans France 2030 (54 milliards d'euros) et France relance (100 milliards d'euros) illustre le volontarisme de notre Président. Avec « Choose France » le Président Macron a contribué à améliorer l'attractivité de la France. En mai 2025 sur les 31 milliards d'euros d'investissements prévus 21 milliards étaient liés à l'IA.

Cependant le bilan économique de la France n'est pas bon. Le chômage repart à la hausse et la dette publique atteint 3.500 milliards d'euros.

La dette publique est devenue l'éléphant dans notre magasin de porcelaine économique et sociale au point que les sénateurs se demandent s'ils ne vont pas contraindre les plus fortunés à prêter leur argent à l'état à taux 0.

Nous faisons que redistribuer de l'argent que nous ne gagnions pas mais que nous empruntons. À l'inverse de la Chine et des États-Unis, qui finance les grandes transitions : intelligence artificielle / climat / énergie / démographie / alimentation et santé … Et pour ne rien arranger on remplace de la dette à taux faible par de la dette beaucoup plus onéreuse bientôt 100 milliards d'euros à payer chaque année au créancier de la France pour les seuls intérêts.

Le pari était d'effacer le poids de la dette par la croissance en pensant que la croissance suivrait … le pari est perdu.

Il faut à présent prendre le chemin inverse stopper toutes nouvelles dépenses publiques, ou la réduire et enfin croître. Pour croître il ne faut pas seulement promouvoir l'investissement en France il ne faut pas seulement « Choose France » mais il faut également produire massivement en France il faut rassembler les conditions pour produire et vendre français.

Mais la logique du rabot est de retour. Sous la contrainte, L'état taille dans les budgets parfois sans beaucoup de discernement. Le centre national de la recherche scientifique (CNRS) vient de se voir contraint de restituer 20 millions d'euros. Cela peut sembler bien dérisoire comparé aux milliards d'euros brassés dans le cadre du budget, mais il illustre une lente dérive qui revient à privilégier le temps court, celui de la politique, sur le temps long, celui de la recherche. C'est pourtant le moment où la France devrait accélérer. Dans un rapport publié au mois de mars l'Observatoire du long terme souligne le « grand décrochage » face à la montée en puissance des moyens consacrés à la recherche dans de nombreux pays à commencer par les États-Unis et la Chine.

Au sein même de l'Union européenne, la France recule.

Quand l'Allemagne augmente ses efforts de R&D (recherche et développement) de 46% entre 1996 et 2023 ceux de la France diminuent de 2% au cours de la même période selon l'OCDE.

La recherche ne devrait pas être une variable d'ajustement comptable car non seulement la Chine ne ralentit pas mais elle accélère la cadence. La croissance annuelle de sa part de R&D dans le PIB est de 5,6% contre 1,55% aux États-Unis et 1,07% au sein de l'Union européenne. La France a besoin d'innovation de rupture.

Mais pour cela il faudra probablement simplifier notre bureaucratie et nos normes

A titre d’exemple, je vous propose de prendre en illustration deux projets, celui du commissariat de Police de Boulogne-Billancourt, et la reconstruction de Notre Dame.

A Boulogne, le projet de la rénovation du commissariat traine depuis 18 ans. En effet, nous sommes dans un pays ou les contrôleurs et les inspecteurs ont fini par prendre le pouvoir et nous avons perdu tout le côté pratique et pragmatique. Alors, même si le commissariat de Police, dépend du ministère de l’intérieur, il faut commencer par voir la ville de Boulogne, mais cela ne suffit pas, donc il faut aller voir l’agglomération de Boulogne, le Conseil Général, puis le département des Hauts de Seine, puis la région Ile de France, puis le service qui gère les fonds européens, puis celui qui gère le Fonds FEDER (Fonds Européen de Développement Régional), puis l’intérieur… bref, notre bureaucratie et notre système implique que pour ce projet il faut 7 financeurs, donc 7 « caprices » ou chacun va ajouter une contrainte. 18 ans après, toujours rien, si ce n’est le devis qui est passé de 13 millions à 30 millions.

Notre-Dame, en revanche cela a été un réel succès, grâce à nos artisans bien sûr, et au génie français, mais surtout du fait que Notre Dame était tellement mondiale et symbolique qu’une loi a été faite pour abandonner toutes les lois françaises. Alors un Général a été nommé à la tête de ce projet et le gouvernement a fait voter une loi pour abandonner toutes les normes, la bureaucratie, car autrement il fallait passer par la ville de Paris, le service des voies navigables, des bâtiments de France, du département…. Et grâce à des fonds privés, car au total c’est près de 350.000 donateurs de 150 pays sans oublier 3 grandes familles, que nous pouvons remercier, ce projet à été un réel succès.

Mais revenons au marché financier :

Bien que les valeurs liées à l’IA aient largement contribué à la performance du marché au cours des dernières semaines, une allocation de portefeuille efficace doit veiller à éviter une concentration excessive, y compris dans les secteurs technologiques, et intégrer des stratégies de couverture ainsi qu’une protection contre l’inflation.

Ce qui est indéniable, c'est qu'un afflux de capitaux historique alimente l'écosystème et se propage aux activités connexes. Son contrepoids actuel, c'est la géopolitique et ses conséquences sur l'économie. La guerre avec l'Iran et la désorganisation des flux de certaines matières premières provoque des ondes de choc qui tendent toutes vers une chaîne de hausse des prix. L'inflation américaine est trop élevée et menace de créer des déséquilibres néfastes aux Etats-Unis : pouvoir d'achat menacé, coût de la dette qui enfle, politique monétaire contrainte.

La traduction économique directe ce sont des rendements obligataires américains qui « chauffent » à nouveau. Le taux de la dette à 10 ans a passé la barre des 4,5%, tandis que le 2 ans est au-dessus de 4% pour la première fois en 11 mois.

Les prolongements de la guerre au Moyen-Orient montrent une fois de plus la capacité du marché à passer à autre chose. On peut faire le parallèle avec les droits de douane, l'an dernier. La chute des marchés a été très vite effacée et les indices ont continué leur chemin haussier, alors même que les droits de douane sont restés. Alors, certes Donald Trump a un peu allégé la facture mais l'année 2025 s'est tout de même achevée avec des barrières commerciales américaines au plus haut depuis un siècle.

En 2026, le blocage du détroit d'Ormuz perdure mais les indices américains ont tout de même repris leur marche en avant.

Explosion des bénéfices. La croissance des bénéfices du S&P 500 au premier trimestre a dépassé 25 % sur un an, nettement supérieure au consensus du marché (12 %).

Leur chiffre d’affaires affiche une progression supérieure à 10 %, un niveau remarquable qui fait de ce trimestre l’un des meilleurs pour les grandes capitalisations américaines depuis plusieurs années. Cela illustre une nouvelle fois l’exceptionnalisme des entreprises US, capables de générer des profits élevés et stables dans un contexte complexe.

Dans le secteur technologique, les investisseurs sont rassurés quant à la rentabilité des investissements massifs dans l’infrastructure : le marché valorise les entreprises capables de démontrer un retour tangible sur les investissements dans l’IA et le cloud. Cela place toutefois la barre plus haut pour les prochains trimestres : la poursuite des dépenses d’investissement devra s’accompagner d’une accélération continue des revenus et des profits.

Enfin, des signaux d’amélioration ont également apparu dans les secteurs cycliques. L’indice ISM manufacturier reste en zone d’expansion (>50), tout comme la composante nouvelles commandes, ce qui est encourageant malgré la hausse des prix de l’énergie.

Du côté de la consommation, les dépenses demeurent solides, certaines entreprises faisant même état d’une accélération de leur activité. Ces éléments confortent notre scénario central d’une croissance bénéficiaire solide pour l’ensemble de l’année. Même si le S&P 500 évolue actuellement à des niveaux records (+10 % en avril), il convient de rappeler que le fait d’atteindre un plus haut historique ou d’afficher une valorisation élevée à court terme (environ 21 fois les bénéfices) n’a pas d’incidence déterminante sur la performance future du marché.

Sur les douze prochains mois, l’élément clé restera la dynamique des bénéfices, qui demeure selon nous bien orientée. Nous restons donc confiants dans la poursuite de la progression des actions américaines, tout en restant particulièrement attentifs à l’évolution des flux énergétiques en provenance du Moyen-Orient.

Protection contre l’inflation. Malgré la résilience des marchés actions, les données confirment que la hausse des prix de l’énergie exerce déjà une pression tangible sur l’inflation mondiale. Dans les prochains mois, une augmentation généralisée de l’indice des prix est attendue. Si nous n’anticipons pas un scenario d’inflation incontrôlée, il peut néanmoins être bénéfique d’intégrer des stratégies de protection afin de préserver la performance des portefeuilles.

Les actions à dividendes de haute qualité offrent un flux de revenus régulier et contribuent à la résilience du portefeuille face à l’inflation.

Vous comprenez donc pourquoi, nous ne changeons pas de stratégie, et que nous privilégions toujours l’investissement en actions, avec les Etats-Unis comme moteur principal et les belles sociétés européennes à fort dividendes. Nous privilégions toujours les produits structurés qui permettent d’enlever du « risque » tout en étant investi sur les actions.

Julia et moi sommes à votre entière disposition.

 

 

 

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