Menu
Actualités

Point marché : Faut-il invertir dans l’IA


Publié le : 25.06.2026 I Dernière Mise à jour : 25.06.2026
I Crédit photo

Auteur

  • Patrick Gautier de Valoria Capital

Il fait d’abord analyser les valeurs de « Croissance » et de sélectionner des fonds qui investissent sur des entreprises de qualité dotées d'un bilan solide et d'un fort pricing power pour se garantir de gagner de l’argent

Nous restons convaincus que l'investissement Value porte toujours ses fruits sur le long terme, car en fin de compte, la valeur intrinsèque d'une entreprise dépend de sa capacité à accroître durablement ses bénéfices et ses flux de trésorerie. L'effet capitalisé de cette croissance ("compounding effect") conduit à une augmentation de la valeur de l'entreprise au fil du temps, ce qui se traduit finalement par une hausse des prix des actions. En investissant dans des entreprises dont la valeur boursière est en retard par rapport à leur valeur intrinsèque, nous tirons pleinement parti de ce processus créateur de valeur.

 

Parlons IA :

Clairement, l’afflux d'argent frais dans les activités technologiques en rapport avec Anthropic, ChatGPT, DeepSeek, Mistral et leurs petits camarades rebat totalement les cartes de la géopolitique financière.

• Les optimistes béats pensent que c'est pour l'éternité.

• Les éternels baissiers pensent que la bulle va exploser.

• Le Financier est plus pragmatique : il profite tant que ça paie, puis il s'adaptera.

 

Dans ce contexte, où lorsqu’on achète du Sanofi, c’est à peu près aussi exaltant que de regarder de la peinture sécher un jour de canicule. L'investisseur continue à se ruer sur tout ce qui ressemble de près ou de loin à une puce ou à ce qui sert à la faire fonctionner.

Bien sûr, tous ceux qui ont testé une IA sont convaincus qu’il aura un impact profond et durable sur une très grande partie de l’économie dans les prochaines années. Après, à quel moment il y aura des gains de productivité….

Il ne fait aucun doute que l’IA est indéniablement une rupture technologique sans précédent qui engendre des investissements de grande ampleur.

Rien que sur les 5 prochaines années, le consensus des investissements par les analystes financiers pour les cinq principaux hyperscalers américains (Alphabet, Amazon, Meta, Microsoft, Oracle) est au minimum de 6 000 Mds$, soit 4 % du PIB US cumulé sur la période. Le déploiement de la fibre dans les années 2000 avait coûté 400-500 Mds$ sur 7 ans, soit 700-900 Mds$ en dollars actuels.

C’est ce qui sera dépensé et seulement sur 2026….

 

Cette course à la construction de datacenters, a, au moins deux raisons :

La première tient au dilemme du prisonnier. Bien que les hyperscalers n’aient actuellement aucune visibilité sur la rentabilité future de leurs investissements, ils sont obligés de dépenser de peur de perdre la course définitivement.

La seconde est que le fonctionnement de l’IA consomme énormément d’énergie et qu’il faut mettre la main sur les capacités électriques encore disponibles le plus rapidement possible car il faudra ensuite attendre plusieurs années pour obtenir les raccordements au réseau une fois disponibles ou avoir des disponibilités industrielles des grands fournisseurs de génération électrique.

Pour autant, notre message aujourd’hui est de privilégier la gestion active – en sélectionnant des sociétés de gestion et des gérants qui ont une approche sur les fondamentaux – la gestion Value ainsi que des produits structurés adossés à des valeurs dites « value ».

 

Pourquoi ?

Car la croissance ne garantit pas un bon investissement- Il faut que la rentabilité soit au rendez-vous ! C’est comme faire du chiffre d’affaires sans faire de marge…

 

Car la concentration des flux sur le thème de l’IA offre des opportunités dans d’autres secteurs que nous n’avions plus eues depuis au moins 10 ans. En conséquence, il ne faut pas hésiter à prendre des bénéfices et se positionner sur des secteurs à fort potentiel.

Car l’introduction de Space X m’a rappelé cette autre phrase de Warren BUFFETT « n’investissez jamais dans une entreprise que vous ne pouvez pas comprendre »

 

La valorisation de Space X, proche de 2.000 Mds$ n’offre pas de marge de sécurité. Cela me rappelle la bulle internet – la bulle TMT de l’an 2.000 lorsque j’étais gérant de portefeuille à la Banque Neuflize OBC (NSM à l’époque). C’est pourquoi je fais attention au coup de chaud… c’était il y a 26 ans…

Comparons cette valorisation avec celles les plus extrêmes que nous avons connues, en mars 2000, au moment de l’éclatement de la bulle TMT, à savoir avec les grandes entreprises les plus emblématiques de l’époque dont le chiffre d’affaires était relativement comparable à celui de SpaceX. La conclusion est que la valorisation de SpaceX, est 4 à 5fois plus élevée que les valorisations les plus hautes atteintes en 2000 ! Sans compter que l’intensité capitalistique de SpaceX (capex/ventes) est 20 fois plus élevée que celle des entreprises sélectionnées.

Depuis le début de l’année, SpaceX a signé des contrats pour louer une partie de ses capacités de datacenters à Anthropic et Alphabet. Ces contrats sont fragiles car ils sont résiliables tous les trois mois. De plus ils gonflent le chiffre d’affaires à court terme de SpaceX (~25Mds$/an supplémentaires) et rendent facialement la valorisation moins tendue, environ 40 fois, mais cela reste toujours deux fois plus qu’à l’époque.

Enfin, l’introduction en Bourse ne concernait que 5% environ du flottant de SpaceX. Cela illustre parfaitement l’appétit actuel des investisseurs pour les thématiques de croissance.

 

Maintenant parlons de la gestion passive

Au-delà de la valorisation de Space X, le processus et les conditions de l’introduction en Bourse témoignent eux aussi des excès actuels et nous invitent à la vigilance. Pour assurer une demande suffisante et surtout insensible au prix, deux leviers ont été activés :

Premièrement, réserver une part très importante de l’IPO à des investisseurs particuliers, attirés avant tout par le charisme d’Elon Musk et la vision messianique de l’entreprise – la mission de SpaceX est ainsi formulée dans le prospectus : « Construire les systèmes et les technologies nécessaires pour rendre la vie multi planétaire, comprendre la véritable nature de l'univers et étendre la lumière de la conscience jusqu'aux étoiles ».

Deuxièmement, s’assurer que la gestion indicielle soit rapidement impliquée dans l’IPO en assouplissant les règles d’intégration aux indices. Cela permettra à SpaceX d’intégrer le Nasdaq 100 seulement 15 jours après son introduction, contre 6 mois minimum habituellement.

C’est là qu’intervient la gestion passive. Ces achats « forcés » par la gestion passive pourraient représenter 30 % à 40 % du flottant sur les deux premières semaines ; c’est une « arme de destruction massive » du capital du petit épargnant qui n’existait pas en 2000. À l’époque, la gestion passive était inexistante ; aujourd’hui, elle représente plus de 50 % des encours en gestion collective.

Ce phénomène souligne les limites d’une industrie de la gestion passive devenue leader plutôt que suiveuse dans l’allocation du capital. Tout d’abord, comme dans le cas de SpaceX, cela peut conduire à des distorsions dans le rôle fondamental des marchés côtés, à savoir : la découverte du « juste prix » par la rencontre libre d’acheteurs et de vendeurs consentants.

Ensuite, la gestion passive draine les capitaux étrangers vers les États-Unis, car les indices mondiaux surpondèrent fortement les entreprises américaines. Ainsi, les Européens qui investissent en gestion passive financent de facto la construction de l’IA américaine à des prix exorbitants. Pendant ce temps, Mistral AI et d’autres entreprises manquent de financements pour bâtir notre propre infrastructure IA, compétitive et indépendante, condition pourtant nécessaire à notre souveraineté européenne dans les décennies à venir.

 

ETF

Une autre illustration de la spéculation grandissante autour de l’IA concerne les ETF à effet de levier x2 ou x3, par exemple. Le levier utilisé engendre des achats forcés quand les cours de bourse montent et des ventes forcées quand ils baissent.

Vous l’aurez compris, le risque sur les ETF est le poids de quelques valeurs dans un indice. Space X intègre le Nasdaq 100 alors que c’est une société qui ne gagne pas d’argent. Les 7 magnifiques dans l’indice du S&P 500 représentent près de 35% de cet indice.

À titre de comparaison, leur poids était d'environ 12 % en 2016 ; il a presque triplé en une décennie grâce à la forte hausse des valeurs technologiques et de l'IA. Si vous souhaitez investir dans le S&P 500, cela implique qu'un ETF classique pondéré par la capitalisation est aujourd'hui beaucoup plus exposé aux 7 Magnifiques qu'à la plupart des autres sociétés de l'indice.

 

La gestion Active : saisir les opportunités au-delà des indices :

Début 2026, la gestion passive a définitivement dépassé la gestion active sur les actions américaines, avec 19,4 trillions de dollars d’encours pour les fonds indiciels et ETF américains, contre 16,0 trillions pour les fonds actifs. À l’échelle mondiale, la part de marché des fonds passifs est passée de 40 % à 43 %, accélérant une tendance de long terme portée par des coûts plus faibles et des performances régulières.

La domination des méga-capitalisations et l’effet amplificateur de la gestion passive. Au cours des dix dernières années, la progression des méga-capitalisations a largement dominé les marchés actions américains. La capitalisation boursière des « Sept Magnifiques » dépasse désormais 21 000 milliards de dollars, contre environ 2 000 milliards il y a dix ans : leur valeur a ainsi été multipliée par dix. L’essor de la gestion passive a accentué cette dynamique : les flux vers les indices pondérés par la capitalisation ont mécaniquement renforcé le poids des plus grandes entreprises, consolidant leur position dominante. C’est un cercle vicieux.

Mais la dynamique évolue. Cette année, seules quatre des « Sept Magnifiques » affichent une performance positive, tandis que les autres sont en repli depuis le début de l’année.

En territoire positif : Alphabet (+17.6%) – visibilité sur la rentabilité de ses investissements IA, Nvidia (+13.0%) position centrale dans la chaîne de valeur des semi-conducteurs, Apple (+9.6%) stratégie plus pragmatique fondée sur les partenariats technologiques.

En territoire négatif : Microsoft (-21.5%) image software, Meta (-12.6%) lisibilité plus faible de sa stratégie de dépenses technologiques, Tesla (-10.9%) arbitrage avant l’IPO de SpaceX.

Par ailleurs, la volatilité des titres individuels s’est nettement accrue : en mai, la volatilité implicite moyenne d’une action du S&P 500 atteignait 42 %, soit 2,4 fois celle de l’indice (contre un ratio habituel de 2,0x). De plus, la corrélation moyenne entre les titres du S&P500 est tombée à 0,13 sur les trois derniers mois, proche de son plus bas depuis 2018, traduisant une évolution très indépendante des actions entre elles.

Naviguer dans des marchés moins efficients ou plus volatils. En période de forte volatilité et de dispersion accrue des marchés — lorsque l’écart de performance entre les meilleures et les moins bonnes valeurs s’élargit — les stratégies actions actives peuvent prendre l’avantage sur la gestion indicielle.

Elles tirent parti de la volatilité accrue des titres individuels et de l’incertitude économique, tout en maîtrisant le risque global du portefeuille. La gestion active tend à obtenir de meilleures performances sur les marchés moins efficients, tels que les petites capitalisations ou les marchés émergents.

Dans ces segments, les asymétries d’information et les contraintes de liquidité offrent aux gestionnaires expérimentés la possibilité d’identifier et d’exploiter des anomalies de valorisation.

En période de croissance régulière et de faible volatilité, les stratégies passives offrent une exposition efficace à la performance globale du marché. En revanche, lorsque l’aversion au risque progresse et que la volatilité s’intensifie, les gestionnaires actifs peuvent adapter leurs portefeuilles de manière dynamique, en sélectionnant soigneusement les titres et en mettant en place des couvertures tactiques pour protéger le capital et générer des revenus.

Le critère du coût ne suffit pas à trancher entre gestion active et gestion passive. Si la gestion passive permet d’accéder aux marchés à moindre coût, se focaliser uniquement sur les frais peut conduire les investisseurs à négliger la performance potentielle et à prendre des risques non maîtrisés. Les stratégies actives peuvent justifier leurs coûts par la génération d’alpha, en particulier sur des marchés très dispersés ou volatils.

L’analyse du tracking error (mesure la volatilité de l’écart de performance entre un portefeuille et son indice de référence) et du degré de recouvrement (pourcentage du portefeuille identique à l’indice de référence) avec les indices passifs constitue un bon point de départ pour apprécier leur potentiel de surperformance. Dans les secteurs de niche ou émergents, la valeur ajoutée des gestionnaires actifs peut s’avérer encore plus significative. La structure segmentée des marchés et les biais comportementaux des investisseurs favorisent l’apparition d’inefficiences que les gérants actifs peuvent exploiter. En élargissant les mandats d’investissement et en diversifiant les classes d’actifs, la gestion active accroît son potentiel de création de valeur, notamment sur des segments moins efficients comme le crédit d’entreprise ou la dette émergente.

À chaque révolution, de nouveaux leaders émergent : aucune entreprise ne conserve durablement sa position dominante. Identifier les futurs gagnants nécessite une approche active et sélective.

Conclusion :

Nous pensons avec Julia qu’un portefeuille résilient repose sur un équilibre entre gestion active et gestion passive.

Si les fonds passifs offrent une exposition large au marché et une efficacité en termes de coûts, les gestionnaires actifs peuvent apporter une valeur ajoutée par la sélection des titres, la gestion des risques et le positionnement tactique.

La gestion active ne consiste pas à rejeter la gestion passive, mais à la compléter. Dans un environnement marqué par une dispersion croissante, une évolution de l’appétit pour le risque et des inefficiences persistantes, la gestion active peut offrir la flexibilité, la compétence et l’adaptabilité nécessaires pour naviguer l’incertitude et capter la valeur à long terme.

Le bon équilibre entre outils actifs et passifs — adapté aux objectifs individuels et aux conditions de marché — reste la clé d’un investissement réussi, sans oublier la classe d’actif des produits structurés – particulièrement adaptée dans les conditions actuelles.

Julia et moi sommes à votre entière disposition.

Div qui contient le message d'alerte

Se connecter

Identifiez-vous

Champ obligatoire Mot de passe obligatoire

Mot de passe oublié

Déjà abonné ? Créez vos identifiants

Vous êtes abonné, mais vous n'avez pas vos identifiants pour le site ? Remplissez les informations et un courriel vous sera envoyé.

Div qui contient le message d'alerte

Envoyer l'article par mail

Mauvais format Mauvais format

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format

Div qui contient le message d'alerte

Contacter la rédaction

Mauvais format Texte obligatoire

Nombre de caractères restant à saisir :

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format