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Un plan complet pour relancer le secteur proposé par l'Alliance France Tourisme


Publié le : 27.10.2021 I Dernière Mise à jour : 27.10.2021
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L’Alliance France Tourisme (AFT) regroupe les entreprises leaders du secteur du tourisme. A la fois force de proposition et groupe de pression, elle apporte régulièrement sa contribution au débat sur l’avenir du Tourisme. Voici la dernière.

Elle s’inscrit dans une stratégie nationale à horizon 10 ans, qui devrait être pilotée et portée par une gouvernance renouvelée, dont l’objet premier sera la structuration de l’offre globale de services.

Deux freins principaux doivent être soulignés : la crise des ressources humaines et la fragilité financière des entreprises qui les rend vulnérables et restreint leur capacité d’investissement, alors même que les exigences des clientèles sont croissantes.
L’Alliance France Tourisme propose des mesures au bénéfice des acteurs économiques du secteur, leurs salariés, des territoires et bien sûr les touristes :

5 propositions marquantes en faveur du développement de l’expérience touristique et au bénéfice des territoires :

  • Développer des parcours s’appuyant sur des thématiques fortes, sur le modèle des « Routes des Vins » en élargissant cette démarche à d’autres thématiques comme l’Histoire, les Sports extrêmes (sports nautiques dans les outre-mer). Cela pourra dynamiser le tourisme émanant des locaux, encourager la revisite, diffuser les flux entre sites, et contribuer à renforcer les comportements de choix d’un séjour en fonction de l’expérience que l’on y vit plutôt que de site « à faire ».
  • En matière de transports, renforcer l’accessibilité « point à point », notamment sur les « derniers kilomètres » et le transport sur place, et ce y compris en dehors des grandes métropoles, à travers un maillage plus fin, moins carboné et plus fréquent d’offre de transports régionaux et locaux, avec notamment la mise en service opérationnel du CDG Express au plus tôt.
  • Soutenir le retour des jeunes générations sur les territoires touristiques tricolores :

a. Dédier des enveloppes allouées aux voyages scolaires et classes de neige dans le budget de l’Éducation nationale.

b. Proposer, dès la saison hivernale 2021-2022 et pour toute la saison de ski, aux jeunes âgés de 10-13 ans un "Passeport des Neiges", sur le modèle de ce qui se pratique avec succès au Canada. Ce pass leur permet de skier à titre gracieux sur un certain nombre de domaines skiables participants et de bénéficier de prix d’hébergement avantageux à la fois pour eux et leurs accompagnateurs.

  • Amplifier la diffusion des « chèques vacances » :

a. Par les entreprises à leurs salariés au même titre que la prime défiscalisée, en harmonisant le régime d’exonération sociale applicable à tous les clients de l’ANCV, quelle que soit la taille de l’entreprise

b. En repensant la gouvernance de la distribution des chèques vacances pour amplifier leur diffusion et assurer le financement des politiques sociales sans dépendre d’une dotation budgétaire de l’État et donc scinder l’activité de l’ANCV en une composante sociale, relative aux politiques sociales, et une composante commerciale qui serait la diffusion des chèque vacances.

c. Soutenir le programme Séniors en vacances de l’ANCV : élargir le tour de table des financeurs en y impliquant les mutuelles et les acteurs du monde de l’autonomie et de la dépendance

  • Favoriser la création de pôles de compétitivité touristiques. Sur les territoires, favoriser les pôles de compétitivité afin d’y favoriser l’innovation, développer l’entreprenariat et fédérer les écosystèmes, créer des emplois et générer la croissance.

5 propositions marquantes au bénéfice des entreprises et des salariés du secteur touristique français :

  • Relever le défi de la crise des ressources humaines en finançant l’emploi via l’entreprise et non plus les dispositifs de chômage ou de chômage partiel en instaurant une réduction des charges salariales proportionnelle et progressive selon l’accroissement de la masse salariale (en nombre de salariés et non au sens budgétaire). Une solution qui financerait les nouveaux recrutements et pourrait favoriser une réponse à la demande de flexibilité des salariés qui ne souhaiteraient plus travailler en coupure. Par ailleurs, mettre entre parenthèses les règles de droit social relatives aux PSE obligeant les entreprises à observer un délai d’un an pour réembaucher au même poste, alors que la reprise est plus rapide que prévue et que le besoin en personnel en ETP est croissant.
  • Faire en sorte que la France soit une nation qui forme à des métiers plutôt qu’une nation qui délivre des diplômes, en créant notamment un réseau d’instituts de formation et/ ou d’écoles spécialisées présents dans chaque grande destination française qui permettrait de mettre en valeur les secteurs d’excellence à la française (hospitalité, luxe, etc.), en y associant les entreprises pour identifier précisément les besoins et développer l’apprentissage et l’acquisition de compétences et en développant la logique des « passerelles » en inter métiers et inter filières, dans le cadre de la formation continue et des plans de carrières.
  • Répondre aux enjeux spécifiques des saisonniers et apporter des solutions à la vie professionnelles quotidienne des saisonniers :

a. Créer un « Pass Saisonnier de Retour à l’Emploi » qui comprendrait pour les travailleurs saisonniers le remboursement des frais de déplacement aller-retour (élargissant aux saisonniers le dispositif d’aide à la mobilité de Pôle Emploi), une participation au logement saisonnier et une semaine de formation. Cette mesure pourrait être financée par l'économie de versement de l'Allocation Retour à l'Emploi (ARE).

b. Pour améliorer les conditions de logement des employés saisonniers, dont les moyens sont souvent modestes et qui doivent faire face à la forte pression exercée sur le marché immobilier local, autoriser les professionnels du tourisme à dégrever de leur contribution au 1% Logement les investissements alloués à la rénovation, réhabilitation et à l’amélioration des conditions de logement des employés saisonniers.

  • Réguler les relations entre les acteurs, notamment les GAFAM :

a. Renforcer juridiquement l’encadrement de la relation avec les OTA afin que les commissions qui leur sont versées ne puissent s’appliquer qu’aux prix en HT encaissés par les hébergeurs et les restaurateurs, et non pas aux prix TTC.

b. Plus généralement, adapter les règles régissant les relations entre les hébergeurs français et internationaux présents sur le territoire français et les OTAs, en renforçant juridiquement l’encadrement des pratiques des plateformes.

Adapter les règles concernant les entreprises du numérique touristique afin de permettre l’émergence d’acteurs français. Les contraintes réglementaires et fiscales auxquelles les acteurs touristiques français du numérique sont soumis peuvent les mettre en difficulté face aux GAFAM qui ne sont pas.

  • Simplifier réellement les démarches administratives et la lisibilité des offres de tourisme en France :

a. La nécessaire création d’un guichet unique des services de l’État pour les professionnels du tourisme. Placé sous l’autorité directe du préfet de département, ce guichet unique pourrait se traduire par un interlocuteur unique au sein des directions départementales de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS), chargé d’animer un réseau de référents dans l’ensemble des services de l’État (DDT, DGFIP, Ademe, etc), la crise ayant révélé la complexité à dialoguer avec différents interlocuteurs.

b. Clarifier pour rendre plus lisibles et plus fiables, les labels et classifications du tourisme et leur attribution. Depuis les années 1990, au sein de l’industrie du tourisme prolifèrent un grand nombre de labels, classifications, prix, agréments, sigles qui égarent les entreprises, les collectivités territoriales, et finalement les clients.

 

Enfin concernant le « surtourisme », les entreprises de l’AFT ont une vision très claire des solutions à déployer :

Il n’y a aucune fatalité en la matière mais à la condition que l’ensemble des acteurs de la filière, et au premier chef les entreprises, se mobilisent pour endiguer ce risque là où il peut apparaître. Cela nécessite entre autres :

  • Une meilleure répartition de l’offre dans l’espace et dans le temps,
  • La valorisation de nouveaux sites,
  • La multiplication des parcours clients, des activités touristiques qui s’intègrent mieux dans les territoires concernés
  • Une valorisation du cadre de vie et du milieu naturel
  • Une création de vraie « richesse » pour les habitants des zones concernées.

En effet, les entreprises de l’AFT souhaitent le développement de nouveaux sites touristiques homogènes avec notamment un positionnement territorial qui permettront de renforcer l’attractivité touristique et le rayonnement d’une destination tout désengorgeant les sites de visite majeurs existants et d’assurer une meilleure diffusion du tourisme sur l’ensemble du territoire national. Il s’agit donc d’une réponse positive pour réduire les problématiques de sur-fréquentation qui affectent certains sites majeurs, tout en soutenant durablement les écosystèmes touristiques et économiques locaux. Cela implique que les entreprises innovent et sortent des sentiers battus (exemple : gestion des hébergements, diversification des offres, promotion, etc), et bien sûr que les différents échelons territoriaux, en bonne articulation avec ces dernières, favorisent et accompagnent ces évolutions.

Télécharger les propositions de l'Alliance France Tourisme

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