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Le collaboratif a-t-il sa place dans le voyage d'affaires ?


Publié le : 04.12.2015 I Dernière Mise à jour : 04.12.2015
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Les professionnels du secteur s'accordent à dire que le collaboratif intéresse de plus en plus les voyageurs d'affaires. I Crédit photo © Fotolia.com

Les acteurs du collaboratif (transport, hébergement, etc.) sont à même de séduire les voyageurs corporate. Mais des solutions restent à trouver en matière de technologie et de sécurisation.

OUI. Les acteurs de l'économie collaborative lorgnent le voyage d'affaires. Si l'on en croit le géant de l'hébergement collaboratif Airbnb, son activité avec les entreprises a augmenté de 700% en un an, depuis son partenariat avec Concur, l'éditeur de solutions de notes de frais.

D'autres plates-formes de location d'hébergements ou de salles de réunion sont positionnées d'emblée sur le marché corporate, comme Magic Event, exposant à l'IFTM Top Resa, ou Office-Riders. Sans oublier, bien sûr, les plates-formes de location de voitures entre particuliers, comme OuiCar ou Drivy, ou même le covoiturage, cher à BlaBlaCar, qui peuvent intéresser les voyageurs d'affaires.

"Aujourd'hui, ces acteurs vendent en CtoC mais se disent qu'ils peuvent toucher d'autres typologies de clients, affirme Georges Rudas, Pdg d'Amadeus France. Nous sommes régulièrement sollicités. D'ores et déjà, notre nouveau front office et notre solution door to door Cytric pemettent d'intégrer des acteurs extérieurs, avec une consolidation comptable."

Pour Michel Dieleman, président de l'Association française des travel managers (AFTM), "les jeunes générations de voyageurs d'affaires demandent plus de souplesse dans la politique voyages et apprécient ce type de prestations qu'ils utilisent dans leur vie privée".

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Mais peu de chiffres viennent corroborer cette tendance. "Il y a un fort intérêt de la part des entreprises, surtout suscité par les voyageurs eux-mêmes, confirme néanmoins Valérie Sasset, directrice générale de BCD Travel France. Personne ne peut plus ignorer cette sharing economy."

Du côté du GDS Sabre, Stéphane Aïta, vice-président Europe de l’Ouest, reconnaît que le besoin des entreprises évolue. "Nous pouvons proposer des offres collaboratives sur notre appli mobile TripCase", assure-t-il. Selon lui, le rôle des travel management companies est de présenter ces prestations alternatives pour faire réaliser des économies aux entreprises sur le poste hébergement et transport : "A quoi cela sert de prendre une compagnie aérienne low cost si le trajet en taxi vaut aussi cher ?" s’interroge-t-il, pragmatique.

Chez MagicEvent, le cofondateur Valéry Linÿer assure que son offre d’appartements meublés dans 60 villes européennes répond à la problématique de saturation hôtelière, lors des congrès et grands salons internationaux. "Nous nous adressons à des exposants qui réservent très longtemps en amont, et à des visiteurs qui se décident de deux mois à quatre jours à l’avance, en dernière minute. La durée moyenne de séjour est de trois ou quatre nuits, avec des tarifs inférieurs de 15 % à 60 % par rapport aux hôtels classiques." Et d’ajouter : "Nous sommes en contact avec des acteurs technologiques comme Amadeus, Concur, KDS, et nous réfléchissons avec des réseaux comme Selectour Afat et des TMC comme American Express ou Carlson Wagonlit Travel. Nous avançons sur la problématique de flux et de contractualisation. C’est une question de mois", assure-t-il.

 

« En matière de technologie, il faut des outils compatibles avec le self booking tool ou un agrégateur hôtelier. Ce n’est pas toujours évident à mettre en place. »

Michel Dieleman, porte-parole des travel managers

 

NON. Si les produits collaboratifs sont séduisants au premier abord aux yeux des utilisateurs corporate, ils ne semblent pas encore avoir trouvé leur place dans les entreprises. "Les entreprises françaises ne sont pas à l’aise avec ce type de prestataires, avoue Patricia Morosini, directrice du voyage d’affaires chez Selectour Afat. Les problèmes de garantie et de sécurité se posent toujours, car les entreprises sont légalement responsables de leurs collaborateurs en déplacement."

Valérie Sasset, de BCD Travel France, va encore plus loin : "Dans la réalité, comment ça se passe ? Qui gère les éventuels problèmes à destination ? Et quelle entreprise voudra couvrir les grandes plates-formes, accusées de fraude fiscale ? Cela pose aussi un problème de responsabilité sociétale !"

Michel Dieleman, porte-parole des travel managers, insiste sur le fait que les entreprises doivent pouvoir maîtriser la technologie, pour tracer la réservation du voyageur et obtenir un reporting en temps réel, et non après le déplacement, sous forme de notes de frais. "En matière de technologie, il faut des outils compatibles avec le self booking tool ou un agrégateur hôtelier. Ce n’est pas toujours évident à mettre en place", juge-t-il. D’autres obligations entrent en jeu, comme la sécurisation des hébergements loués. "L’entreprise peut imposer des exigences sur la localisation d’un bien. Le jour où il y a le moindre problème, elle est tenue pour responsable", rappelle-t-il.

Chez Egencia, Ronan Bergez, directeur des ventes, reconnaît qu’un de ses grands clients utilise Airbnb et Uber, en direct. "Le seuil de déclenchement n’est pas atteint pour intégrer le collaboratif dans notre plate-forme technologique. Pour le moment, nous nous concentrons sur notre base hôtelière qui comprend 200 000 établissements avec prépaiement, et sur notre appli mobile."

Même situation chez ATPI : "Mes clients utilisent les compagnies low cost, mais pas encore les prestataires collaboratifs, déclare Jean-Philippe Reynaert, responsable des grands comptes. Ils cherchent plutôt des hôtels à tarifs négociés. L’enjeu pour une TMC, c’est de consolider les reportings, et de garantir la politique voyages". Et ce n’est pas encore chose faite avec les acteurs du collaboratif, dont le modèle initial est tourné vers le BtoC.

Chez 3mundi, le cofondateur Simon Renaud témoigne : "Nous avons fait un test avec Airbnb en 2014, mais il y a eu peu de réservations. Certes, c’était avant la création des comptes dédiés aux entreprises".

 

« Une fois que le paiement des plates-formes collaboratives sera centralisé, elles feront partie du paysage du voyage d’affaires. »

Patricia Morosini, directrice du voyage d’affaires chez Selectour Afat

 

PEUT-ÊTRE. Le collaboratif peut se développer rapidement dans le voyage d’affaires, à condition de structurer l’offre. La première étape est technologique. Pour Stéphane de Laforcade, président de l’agrégateur HCorpo, "la technologie n’est pas un frein. Les flux seraient intégrés dans notre plate-forme, sous forme d’API [interface de programmation d’applications, ndlr]. Dès que la demande deviendra impérative, nous serons prêts", lâche-t-il. Chez BCD Travel, Valérie Sasset estime quant à elle qu’"il faut créer un consolidateur et trouver un modèle de rémunération pour la TMC".

De son côté, Patricia Morosini, de Selectour Afat, reconnaît qu’il est plus pratique d’avoir un interlocuteur unique. "Je me rappelle des débuts des compagnies low cost, qu’il fallait payer sur leur site avec la carte de l’agence. Une fois que le paiement des plates-formes collaboratives sera centralisé, elles feront partie du paysage du voyage d’affaires, prédit-elle. Certes, les outils ne sont pas prêts à ce jour, mais il y aura certainement d’autres schémas à venir."

Le GDS Amadeus se dit prêt à accélérer une intégration technologique "si le contenu est fiable et pertinent", dit Georges Rudas, qui précise que les investissements peuvent être faits par le GDS, ou par l’acteur tiers, suivant le cas.

Côté sécurité, le cofondateur de MagicEvent assure effectuer une sélection drastique des biens à louer, en attribuant des étoiles en fonction du niveau d’équipement et de confort. "Nous travaillons avec des agences immobilières qui gèrent les éventuels soucis sur place, plaide Valéry Linÿer. Cela rassure les entreprises." Après la dernière levée de fonds de 1,5 million d’euros, son objectif est de proposer 20 000 appartements à fin 2015, et 100 000 fin 2016. "Nous pouvons proposer des solutions technologiques sur mesure, car nous gérons notre propre développement informatique", conclut-il.

Catalina Cueto

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