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Destination

i-Tourisme : En quête de local et responsable, de l’intention à l’action !


Publié le : 06.01.2022 I Dernière Mise à jour : 06.01.2022
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  • Rémi Bain-Thouvenez

Si la crise sanitaire a permis un incontestable regain d’intérêt pour le tourisme local et responsable, cela fait déjà plusieurs années que des acteurs du secteur s’intéressent au sujet. La COVID a remis sur le devant de la scène cette urgence de se tourner vers un tourisme plus durable.

Conscience écologique, mobilité durable, empreinte carbone, tous ces termes font aujourd’hui partie intégrante de notre quotidien. Selon une étude IFOP pour les Rencontres du Tourisme Durable, 61 % des Français déclarent que la préservation de la nature et de l’environnement constitue une motivation plus forte qu’avant le début de la crise sanitaire. Aussi, 88 % des Français sont favorables à l’instauration de quotas ou de restriction de visite à certains sites emblématiques, inédit à un tel niveau. Cette étude illustre que le tourisme durable progresse, et de nombreuses startups se sont désormais emparées du sujet pour répondre ou même anticiper les attentes des voyageurs.

Plateformes de mise en relation avec des locaux, sites de réservation d’hébergements ou d’activités écoresponsables, ou encore boom des réservations de mobilité douce type vélo, l’industrie du tourisme de loisirs se réinvente au rythme de ces nouvelles innovations. Mais le tourisme d’affaires doit lui aussi se repenser et s’adapter, c’est pourquoi certaines startups travaillent à rendre plus durables et écoresponsables les voyages professionnels, grâce à de nouveaux indicateurs notamment.

Tourisme durable et crise sanitaire : une conjonction historique ?

Thomas Deschamps, directeur de l’Observatoire, du Tourisme durable et accessible à l’Office du Tourisme et des Congrès de Paris, a sa propre réponse.

La disparition totale des touristes pendant la crise pousse à repenser la notion de tourisme. Mais cela sera-t-il un mouvement de fond ? Les crises de fréquentation touristique ne sont pas nouvelles dans les grandes métropoles. Provoquées par des événements géopolitiques ou culturels (attentats, revendication d’autonomie, etc.), sociétaux (rejet du tourisme, revendications sociales, etc.), naturels (ouragans, crues, canicules, etc.) ou encore économiques (crise des subprimes, éclatement de la bulle internet, etc.), ces crises n’ont pas entamé la résilience des grandes villes, qui se sont, à chaque fois, réinventées.

À chaque occasion, les touristes ont mis plus ou moins de temps pour revenir. Mais ils sont revenus, intégrant de nouveaux paramètres, modifiant leur mode de consommation. Qu’en sera-t-il cette fois-ci ?

Après la crise sanitaire : une nouvelle ère ou la suite de l’histoire ?

Du côté des professionnels du tourisme le premier réflexe de survie est l’espoir d’un retour du « business as usual » pour sortir la tête de l’eau le plus rapidement possible. Mais les touristes, auront-ils changé ? Eux aussi dans un premier temps reprendront leur vie normale. Certaines destinations tablent même sur un « tourisme revanchard », espérant que les touristes souhaiteront rattraper le temps perdu après ces deux années de frustration, privées de voyages.

Mais les touristes comme les professionnels du tourisme ont-ils pris conscience que les pratiques devaient évoluer ? Ce qui est sûr c’est que la crise est un catalyseur. Dans leur vie quotidienne, les consommateurs comprennent de plus en plus que chacune de leurs actions peut devenir un levier pour minimiser la destruction de la planète. Le tourisme étant une composante de la consommation moderne, il devrait suivre ce chemin vertueux tracé par les consommateurs eux-mêmes.

Mais le tourisme se construit également en réaction à un mode de vie qui n’évolue pas toujours aussi vite que la consommation elle-même. Aujourd’hui la moitié de l’humanité vit en ville, et la ville n’est pas le meilleur terrain de relaxation face à un mode de vie stressant, si elle n’affiche pas un nouveau visage. Ces derniers étés, les métropoles ont été délaissées au profit d’autres types d’espaces moins risqués sanitairement. Si cette situation laissera sans doute des traces.

Alors que faire ?

Les villes touristiques ne s’y sont pas trompées et voient dans le tourisme durable un sujet de nature à renchérir leur message, rassemblant des acteurs très divers autour d’une nouvelle idée de la destination. Penser à la planète, mais aussi à faire du tourisme un meilleur contributeur de l’économie urbaine. Le tourisme durable est au centre de la réflexion qui fait se rejoindre les habitants, les professionnels et les touristes.

Paris est en pole position sur ces questions et a décidé de rééquilibrer son développement urbain pour le rendre durable : par un partage de l’espace public entre les piétons, les voitures et les mobilités douces ; en donnant une place plus grande à la nature et à la biodiversité et rendant ainsi la ville plus accueillante et vivable pour tous ses usagers, au point que l’association entre écotourisme et milieu urbain pourrait représenter une nouvelle façon de valoriser le territoire.

En revanche, pour les professionnels du tourisme le paradigme est autre : changer de process, de façon de gérer le personnel et les approvisionnements, de diversifier ses clients afin d’être plus résilient, de s’ouvrir sur le quartier, etc., ne se fait pas sans mal et sans effort. II faut donc pousser à passer à l’action en les convainquant que changer c’est se mettre en phase avec leurs futurs clients. Leur proposer des solutions pragmatiques, clés en main, afin de leur faciliter la transition vers un nouveau modèle. Beaucoup de solutions existent déjà quand d’autres nécessitent encore d’être inventées, individuellement et collectivement. Les informations pour faire évoluer les mentalités sont disponibles, mais pour beaucoup encore elles nécessitent d’être décomplexifiées, mises en perspectives.

Générer un mouvement d’engagement

Les défis à relever sont ambitieux mais exaltants. Le tourisme autrefois inventé pour découvrir d’autres cultures en se formant soi-même (le fameux Grand Tour) était devenu une industrie de masse déconnectant les producteurs des lieux d’accueil, n’incluant que peu la population. Aujourd’hui les destinations urbaines repensent la ville et l’intégration du tourisme pour que toutes les parties prenantes trouvent un bénéfice dans ce changement. Le capital économique ne peut plus aujourd’hui occulter le capital social et naturel. L’équation entre ces trois notions doit se rééquilibrer, sans greenwashing, pour envisager le développement.

Le tourisme de masse est-il devenu un ennemi à combattre ? Les visiteurs lointains sont-ils coupables de générer du CO2 ? Quid des Américains, 1ère clientèle étrangère en temps normal à Paris ? Les destinations vont apprendre à projeter l’image qui correspond le mieux à leur ville et aux clientèles qu’elles souhaitent recevoir, sans pour autant fermer les portes de « ancien monde ». Le chemin qui se présente à nous aujourd’hui est de (re)trouver un équilibre entre les hôtes de passage et les habitants.

Se fixer des objectifs, mesurer sa progression, responsabiliser les agents et afficher la transparence de ses actions sont les composantes principales de la méthode à appliquer pour changer. Elle positionne la collecte et l’analyse de données au cœur de l’engagement en valorisant la notion de progrès.

L’avenir nous dira si les évolutions conjointes des acteurs du tourisme arriveront à faire d’un comparateur d’impact carbone un outil incontournable dans la décision du consommateur en termes de destination, au même titre qu’un comparateur de prix. Mais ce qui est certain c’est que les villes changent et accompagnent cette prise de conscience et n’attendent que le Tourisme pour la mettre en avant.

 

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