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Billet d'humeur

Le clash / le crush : Le tourisme gay souffle le show et le froid


Publié le : 26.06.2019 I Dernière Mise à jour : 26.06.2019
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Un onglet « Paris gay et lesbian » sur le site de l’office de tourisme de Paris recense les lieux emblématiques et les carrefours du Marais arborent les couleurs de l’arc-en-ciel. Ce n'est pas suffisant ! I Crédit photo Adobe Stock

Auteur

  • Thierry Beaurepère

Mercredi, c'est permis ! Thierry Beaurepère est de retour pour vous faire part de son humeur du moment. Et cette semaine, il s'attaque au tourisme gay, encore peu développé en France. Un sujet sociétal dont les acteurs du tourisme doivent aussi s'emparer. 

C’était le 28 juin 1969. Ce jour-là, une énième descente de police dans un bar homosexuel de New York — le Stonewall — tournait à l’émeute. Pour la première fois, les gays s’élevèrent contre les persécutions de la police, qui n’hésitait pas alors à embarquer les clients au simple motif que leur comportement était jugé immoral ou qu’il était interdit de servir de l’alcool aux homosexuels ! L’année suivante, pour célébrer le début de la lutte pour les droits LGBT, la première gay pride était organisée.

50 ans plus tard, New York s’apprête à fêter (en grande pompe !) le cinquantième anniversaire des émeutes. Au cœur de Greenwich Village, le Stonewall a été classé par les autorités pour échapper à la folie destructive des promoteurs. Et Big Apple va se pavoiser de drapeaux arcs-en-ciel pour la « World Pride », qui se déroule samedi. Avec ce sens du business qui les caractérise, les Américains ont fait du défilé un événement touristique. La ville attend quatre millions de visiteurs !  

Un cas loin d’être isolé… De Sydney, avec son Gay and Lesbian, à Mardi Gras à Madrid qui accueille chaque année l’une des plus chaudes gay pride de la planète, le tourisme gay est une niche qui rapporte. Car selon l’adage "Double Income No Kids" ("deux revenus, pas d’enfants", en français), les gays disposeraient d’un pouvoir d’achat plus élevé que la moyenne. Et seraient plus accros aux voyages !

La France en fin de cortège

L’association internationale du tourisme gay et lesbien (IGLTA) fédère ses différents acteurs. Surfant sur un communautarisme exacerbé dans les pays anglo-saxons, les produits estampillés « gay » sont légion outre-Atlantique, du club de vacances à la croisière. Le 27 août, Marseille accueillera même une escale de l’Oasis of the Seas de Royal Carribean, affrété par Atlantis Events, LE spécialiste des croisières gay. On attend 5 000 passagers surchauffés sur la Canebière !

Et la France ? Elle est en fin de cortège… La gay pride qui va envahir les rues de Paris samedi, six heures avant celle de New York, sera sans doute chaude et légèrement vêtue, canicule oblige. Avec l’accueil des Gay Games l’année dernière, la capitale a annoncé vouloir valoriser le tourisme gay. Un onglet « Paris gay et lesbian » sur le site de l’office de tourisme recense les lieux emblématiques et les carrefours du Marais arborent les couleurs de l’arc-en-ciel. Pas assez néanmoins pour faire réellement de Paris la ville de tous les amours.

Les agences spcialisées jettent l'éponge

Quant aux agences gays françaises qui avaient tenté la folle aventure au début des années 2000, elles ont presque toutes jeté l’éponge. Attitude Travels, la plus emblématique d’entre elles, a fermé en 2013. A la place, son créateur Stéphane Loiselier a lancé le site Mygayplaces.com. Citons encore Misterbnb, "l’équivalent" homosexuel d’Airbnb. Au-delà, c’est presque le désert, un terrain vierge digne de celui traversé par les drag-queens du film Priscilla, folle du désert.
On pourra rétorquer que le communautarisme est moins exacerbé dans l’Hexagone, que c’est la preuve que l’homosexualité s’est banalisée.

Après tout, voyager entre gays va à l’encontre des valeurs du tourisme, qui prône la richesse des rencontres, le mélange des populations. Pour autant, la résurgence d’actes homophobes ces derniers mois pourrait inciter des opérateurs à reprendre le flambeau. Car choisir un hôtel, un bateau ou une plage « gay » est parfois la seule option pour un couple homosexuel pour se prendre la main ou échanger un tendre baiser, sans subir au mieux des regards désapprobateurs, au pire des insultes…    

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