Le dernier baromètre publié par Raffour Interactif en partenariat avec Opodo confirme une transformation profonde des pratiques touristiques des Français de 15 ans et plus
Si les courts séjours marchands atteignent un niveau record, les longs séjours – qu’ils soient marchands ou non marchands – restent structurants dans l’organisation des vacances.
Les courts séjours marchands au plus haut depuis 24 ans
En 2025, 46 % des Français ont effectué au moins un court séjour marchand, soit un record historique depuis la création du baromètre il y a 24 ans. En 2011, cette proportion n’était encore que de 30 %.
Cette progression représente 26 millions de Français, soit 1,7 million de plus qu’en 2024.
Pour Guy Raffour, ce succès s’explique par la flexibilité de ces séjours :
« Le court séjour marchand correspond à un véritable principe de lâcher-prise immédiat. Il peut s’organiser très vite, avec un budget limité puisque la durée est souvent de deux ou trois nuits. Les Français peuvent tester de nouvelles destinations, vivre des expériences, s’offrir un break ou simplement s’aérer en ajoutant un RTT. »
Ces escapades n’entrent pas en concurrence directe avec les vacances traditionnelles.
« Ce n’est pas un phénomène qui cache la forêt : la montée des courts séjours ne se fait pas au détriment des longs séjours. Les deux répondent à des besoins différents dans la vie des Français », souligne-t-il.
Côté destinations, les voyageurs français ont privilégié les villes ensoleillées et proches, avec un trio de tête composé de Barcelone, Marrakech et Lisbonne.
Les longs séjours marchands restent à un niveau très élevé
Les longs séjours marchands, c’est-à-dire avec hébergement payant, concernent 41 % des Français en 2025, contre 42,6 % en 2024.
Malgré ce léger recul, ce niveau reste parmi les trois plus élevés observés depuis 24 ans.
Selon Guy Raffour, ces vacances font l’objet d’une préparation beaucoup plus approfondie :
« Le long séjour marchand est un séjour que les Français préparent longtemps. Ils recherchent beaucoup d’informations, échangent avec leur entourage, consultent les réseaux sociaux. Cette phase de préparation fait déjà partie du voyage. »
Ces séjours s’accompagnent souvent d’une recherche d’intensité et de découverte.
« Les Français privilégient souvent des destinations nouvelles. Ils nous disent qu’une semaine dans un lieu totalement inconnu peut donner l’impression d’être partis quinze jours dans une destination familière. »
Parmi les destinations long-courriers plébiscitées par les clients français figurent notamment Bangkok, Montréal, Pointe-à-Pitre et Saint-Denis.
Plusieurs facteurs ont soutenu ces départs en 2025 : une inflation contenue autour de 0,9 %, mais aussi un contexte national et international jugé anxiogène.
« Dans un contexte tendu, les Français ressentent un besoin fort de partir, de changer de rythme et de se ressourcer », observe Guy Raffour.
Le long séjour non marchand en recul mais toujours au-dessus de l’avant-Covid
Troisième catégorie analysée par le baromètre : les longs séjours non marchands, c’est-à-dire les séjours chez la famille, les amis ou en résidence secondaire.
En 2025, 37,1 % des Français y ont eu recours, contre 40,8 % en 2024.
Cette baisse s’explique en partie par l’évolution du télétravail.
« Pendant la période Covid, les longs séjours non marchands ont fortement augmenté. Certains accompagnaient un proche en télétravail dans une résidence secondaire. Le retour au présentiel dans de nombreuses entreprises a logiquement réduit ce phénomène », analyse Guy Raffour.
Malgré ce recul, le niveau reste supérieur à celui d’avant la pandémie, qui s’établissait à 34 % en 2019.
Ces séjours répondent à une logique différente :
« Le long séjour non marchand est davantage associé au cocooning et au ressourcement : on retrouve un cadre connu, des habitudes et des activités que l’on apprécie », précise-t-il.
Un taux de départ en vacances toujours élevé
Au total, 61,4 % des Français ont effectué au moins un long séjour de loisirs de quatre nuits ou plus en 2025, soit 34,9 millions de personnes.
Ce taux est en léger recul de 0,7 point par rapport au record de 2024, mais reste nettement supérieur à la plupart des années précédentes, souvent en dessous de 60 % avant 2020.
Si l’on ajoute les Français ayant réalisé uniquement des courts séjours marchands, la proportion de personnes parties au moins une fois atteint 65,9 %.
La France reste largement privilégiée
Parmi les Français partis en 2025 :
- 76 % ont voyagé en France métropolitaine
- 47,4 % sont partis à l’étranger ou dans les DROM-COM
- 23,4 % ont combiné les deux
Pour Guy Raffour, l’attractivité de l’Hexagone reste forte :
« La France offre une très grande diversité d’expériences, une forte créativité touristique et une praticité logistique qui rassure les voyageurs. »
À l’inverse, l’étranger répond davantage à une quête de dépaysement culturel et géographique.
« Partir à l’étranger, c’est souvent rechercher une différence plus marquée : langue, culture, gastronomie, climat ou mode de vie. »