OT. Depuis que Lille a été Capitale européenne de la Culture en 2004, et accueilli à cette occasion pas moins de neuf millions de personnes, la « ville du Nord » a dynamisé son image. Et gagner en attractivité touristique. Parmi tous ses visiteurs, les groupes constituent un marché essentiel pour la structure institutionnelle. L’offre proposée, dense, couvre toute une métropole.
Lille, il faut flâner « la tête levée »! Ses maisons étroites sont tellement ornementées et rehaussées de couleurs qu’il faut prendre son temps pour admirer en détail le travail des sculpteurs. Le style bien particulier de l’architecture lilloise, entre Baroque et maniérisme flamand, et ce depuis le XVIIe siècle, a donné à la ville sa silhouette actuelle. Des « rangs » de maisons qui bordent la rue du Palais Rihour (où s’est installé l’office de tourisme et des congrès de Lille en 1976), qui entourent la Grand’Place, et qui se multiplient en 24 maisons identiques formant le carré de la Vieille Bourse. Quelques étapes parmi d’autres qui constituent la découverte du Vieux-Lille, dont le tracé sinueux date du Moyen-âge. Une des premières pages de l’histoire lilloise, qui en tournera beaucoup d’autres. Car la ville fut, au fil des siècles, flamande, bourguignonne, espagnole avant de devenir définitivement française en 1713. Et chaque époque a laissé des témoignages caractéristiques pour son siècle (on retrouve notamment l’empreinte de Vauban). « Plus de sept agrandissements entre le Moyen-âge et aujourd’hui ont transformé la ville en grande métropole », souligne Claudine Lefebvre-Woussen, responsable du service des visites guidées à l’office de tourisme et des congrès. Et le dernier en date est le quartier Euralille, espace contemporain aux lignes futuristes. Inauguré en 1994 (après l’arrivée de la Ligne à Grande Vitesse Nord), il est aujourd’hui le troisième quartier d’affaires de France, après La Défense et La Part-Dieu. Entre passé et présent, autant de balades à faire en groupe, à pied, en autocar et même en métro à bord du Val, « premier métro entièrement automatisé du monde », glisse Claudine Lefebvre-Woussen. Sans oublier quelques arrêts, et plus particulièrement au Palais des Beaux-Arts (pour la richesse de ses collections) ou encore au musée de l’Hospice Comtesse, ancien hôpital fondé en 1237 et rare témoin de l’évocation d’une maison religieuse flamande du XVIIe siècle.
« Lorsqu’en 2004, Lille devient Capitale européenne de la Culture et en même temps est labellisée Ville d’Art et d’Histoire, le rayonnement de la ville s’intensifie dans le monde entier, poursuit Claudine Lefebvre-Woussen. L’office de tourisme et des congrès a vu ses indices de fréquentation exploser, et a accueilli de plus en plus de touristes en provenance des pays lointains ». Depuis, tous les trois ans, la capitale des Flandres organise un événement-phare sur trois mois, généralement en période hivernale « afin de pérenniser ce coup de projecteur », indique t-elle. Le prochain aura lieu en 2015, « et fera certainement comme en 2012 l’objet d’un document dédié à des offres groupes », ajoute-t-elle. En attendant, il y a beaucoup à voir et à faire à Lille, comme en témoigne la palette de produits proposés à la clientèle groupes par la structure institutionnelle. Un marché auquel elle s’est intéressée depuis les années 80, durant lesquelles sera éditée la traditionnelle brochure.
Cette brochure rassemblait des offres sur Lille, mais aussi sa région,… jusqu’en Belgique et aux Pays-Bas! « À l’époque, l’office de tourisme et des congrès palliait le manque de réceptifs. Avec le temps et le développement du secteur touristique, nos compétences géographiques se sont réduites, explique Claudine Lefebvre-Woussen. Aujourd’hui, nous ne répondons qu’à des demandes axées sur Lille métropole, et si nous avons des groupes qui veulent aussi que nous organisions dans leur programme une visite d’Arras, par exemple, cette prestation sera achetée à l’office de tourisme de la ville ».
Ce sont dans les années 90 que l’activité touristique lilloise prend véritablement son envol, « à partir du moment où le transmanche, puis l’arrivée du TGV et la création du quartier Euralille ont apporté à la ville une plus grande attractivité touristique », raconte Claudine Lefebvre-Woussen. « Avec pour la destination, une image moins industrielle, plus dynamique, plus éclectique et, quelques années plus tard, plus culturelle lorsque Lille devient Capitale européenne de la Culture », ajoute pour sa part Olivier Duhamel, chargé de promotion. Un développement qui a conduit rapidement l’office de tourisme et des congrès à se positionner sur le marché groupes en apportant une offre adaptée, structurée, et surtout enrichie à travers une programmation de forfaits journées. La structure institutionnelle obtient en 1996 son agrément tourisme, pour pouvoir commercialiser ses produits (elle sera immatriculée en 2010 au registre des opérateurs de voyages). Le milieu associatif constituera, dans un premier temps, le principal marché groupes de l’office de tourisme et des congrès, au côté du tourisme d’affaires. Un dernier secteur, qui avec l’ouverture de Lille Grand Palais en 1994, a boosté l’activité, jusqu’à afficher une courbe en hausse, au point de créer en 2010 au sein de la structure institutionnelle un service affaires/congrès avec l’embauche d’une personne dédiée. C’est aussi cette année-là que la structure institutionnelle change de nom, et devient office de tourisme et des congrès de Lille. Et c’est également en 2010 que l’offre de forfaits journées s’enrichit de formules séjours de deux jours/une nuit, « parce qu’il fallait répondre à une demande concentrée sur Lille métropole et sa région », justifie simplement Claudine Lefebvre-Woussen.
Comme en témoigne la brochure Groupes 2013, qui fait une centaine de pages (!) parce que sa particularité est d’être – depuis quelques années maintenant – à la fois en versions française et anglaise (une cinquantaine de pages pour chaque version qui présente les mêmes offres). « Nous avons fait le choix d’un document bilingue pour répondre aux professionnels étrangers, prescripteurs de voyages en groupe, se rendant dans des salons où nous participons, explique Claudine Lefebvre-Woussen. Aujourd’hui, l’anglais est la langue la plus pratiquée ». Tirée à 2000 exemplaires, elle paraît généralement fin septembre, début octobre. « Cette brochure est dense parce que notre souhait est de mettre en avant le caractère éclectique de notre offre », souligne Olivier Duhamel. Les grands événements de l’année en cours sont mentionnés dès les premières pages. Suivent « Lille à la carte » (à pied, en autocar et en métro), « Lille aux enfants » ou encore « les packages » d’une journée sous l’angle thématique (histoire, musées ou encore croisière). S’insère ensuite une rubrique intitulée « les petits groupes », une offre proposée à partir de quatre personnes, qui s’inscrit dans deux types de visites organisées à dates fixes en autocar City Tour et à pied, « permettant de répondre à une offre GIR de dernière-minute », justifie Claudine Lefebvre-Woussen. Les dernières pages sont consacrées aux « séjours » (culturels, tradition, liberté, en métropole et en région), ainsi qu’au « patrimoine, activités et loisirs » (religieux, les plaisirs du palais avec notamment des offres de cours de cuisine). S’enchaînent ensuite les rubriques « visiter autrement » (via des agences événementielles) et « Lille métropole congrès », et enfin « informations pratiques » où une page mentionne des autocaristes du Nord tout en précisant le stationnement des autocars. La brochure est également téléchargeable en ligne via un onglet dédié, « ou disponible sur clé USB », précise Olivier Duhamel. Côté nouveautés, signalons dans la production 2013 un forfait « Euralille 1 et Euralille 2 » où Lille à l’heure de la modernité avec un accent sur l’aspect développement durable à travers la découverte du Jardin des Géants. Sans oublier les événements comme une exposition sur les trésors d’enluminures au Palais des Beaux-Arts (annoncée pour l’automne prochain) ou encore le traditionnel marché de Noël lillois (de fin novembre à fin décembre).
Après s’être intéressé au milieu associatif, l’office de tourisme et des congrès de Lille a souhaité faire connaître son offre auprès des professionnels, et en particulier autocaristes (la structure institutionnelle a notamment participé régulièrement au Mitcar, au MitInternational, au MAP Pro en 2011… mais n’y sera pas présente lors de l’édition 2013. Des professionnels qui aujourd’hui, avec les tour-opérateurs et les agences de voyages, amènent le plus de groupes: 40 % contre 30 % d’associations et de clubs, et 30 % du tourisme d’affaires. « Si la brochure présente des tarifs identiques pour tous définis sur la base de 25 pax, pour les professionnels nous avons mis en place une commission variant entre 6 et 10%, uniquement sur les produits « visites guidées » de l’office de tourisme, et selon le volume d’activité réalisé », indique Claudine Lefebvre-Woussen. Parallèlement s’applique une gratuité pour le conducteur et pour l’accompagnateur.
« Les groupes loisirs se maintiennent, même si leur budget est de plus en plus serré, ajoute-t-elle. Une tendance qui se retrouve aussi sur le marché des groupes affaires. De plus, leur taille diminue, et les demandes se font de plus en plus tardives ». C’est encore plus le cas sur 2013, mais Claudine Lefebvre-Woussen reste optimiste, et ce au regard des réservations déjà bien engagées sur septembre et octobre.
• CA 2012: 293 142 euros
• 1352 groupes ont été accueillis en 2012.
• Les excursions journées représentent 90 % des ventes, les séjours 10 %.
• 40 % des groupes sont amenés par les autocaristes, les agences de voyages et les tour-opérateurs, 30 % par les associations et les clubs, et 30 % par les entreprises (congrès, séminaires, tourisme d’affaires).
• Les groupes sont principalement issus de la région parisienne, du Grand Ouest et de Provence Alpes Côte d’Azur.
• Top 3 des sites les plus plébiscités en 2012: le Vieux-Lille, le musée de l’Hospice Comtesse et la cathédrale, à Lille.