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Quand l’Allemagne se sent pousser des ailes

Destination | publié le : 01.06.2013 | Dernière Mise à jour : 01.06.2013

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Quand l’Allemagne se sent pousser des ailes

Crédit photo Jean-François Bélanger

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  • Jean-François Bélanger

39e Germany Travel Mart Le tourisme allemand ne s’est jamais aussi bien porté. Non satisfait d’être la deuxième destination pour les Européens, derrière l’Espagne et devant la France, pour la troisième année consécutive, notre voisin d’outre-Rhin nourrit de plus grandes ambitions.

La France fait partie des marchés qui ont été séduits par la qualité du service touristique allemand. « Sur les dix dernières années, le nombre de nuitées générées par la France en Allemagne a augmenté de 84 % », se réjouit Béatrix Haun, directrice de l’office national allemand du tourisme (Onat), à Paris. Les explications de cette évolution sont nombreuses. On peut ainsi citer la chute du mur de Berlin, la réunification, la coupe du monde de football… qui ont considérablement joué un rôle attractif sur les déplacements touristiques. On peut y ajouter, la qualité de service, avec des prix qui restent raisonnables et maîtrisés. Avec, aussi, une situation économique européenne qui favorise les destinations proches et à budget mesuré. Ces arguments font que l’Allemagne est devenue, ces derniers temps, l’objet d’une curiosité, en rapport à sa culture, en rapport à son histoire si mouvementée de ces siècles passés, non seulement pour les Français, mais aussi pour les autres pays européens.

Le marché s’élargit, bien au-delà de l’Europe

Car ce sont bien les pays européens qui ont assuré à l’Allemagne la dynamique de son trafic, ces dernières années. Ils garantissent encore, à ce jour, l’essentiel de son activité touristique, à la deuxième place des destinations européennes derrière l’Espagne, mais devant la France. Ils représentent encore 76 % du total des nuitées internationales. Pourtant, aujourd’hui, la conquête touristique de l’Allemagne semble atteindre de nouvelles zones de marché, de plus en plus lointaines. Par exemple, la Russie est le pays qui a le plus progressé l’année dernière, avec une hausse du nombre de ses nuitées de près de 26 %. Et l’Asie, avec une croissance du nombre de nuitées de 17 %, en 2012, représente désormais plus de 10 % de part de marché, soit davantage que l’ensemble du continent américain! Et, justement, en Amérique Latine, l’Allemagne vient de passer un accord avec le Brésil, lors du 1er World Travel Market Latin America d’avril dernier, un pays qui lui a déjà apporté une croissance de ses nuitées de 18,4 % en 2012. Dans ces conditions, l’ambition touristique germanique ne peut qu’être au rendez-vous: « nous souhaitons atteindre les 80 millions de nuitées de visiteurs internationaux en 2020 », a déclaré Petra Hedorfer, directrice générale du German national tourist board (GNTB), organisateur de la 39e édition du Germany Travel Mart (GTM), qui s’est tenue à Stuttgart du 5 au 7 mai derniers. Pour comparaison, l’an passé, 68 millions de nuitées ont été enregistrées, en progression de 8,1 %, par rapport à 2011. Sur ce chiffre, la France, se situe à la 7e place dans la hiérarchie internationale. Seuls, les États-Unis s’intercalent devant, entre d’autres pays européens (cf. encadré).

Organisation et sécurité, les atouts de l’Allemagne…

Parmi les 620 acheteurs internationaux invités au 39e GTM, la délégation française comptait cette année 27 professionnels représentants toute la gamme des différents métiers du tourisme: les loisirs, le Mice, les groupistes, les organisateurs de voyages linguistiques, l’événementiel…. Et chacun s’accorde à considérer cette destination comme une valeur sûre. Jacques Charpentier est le directeur général d’Aclat Multitour, basée à Paris, qui déplace des groupes d’artistes dans le monde: « l’Allemagne dispose de structures d’accueil qualitatives et bien équipées. Les Allemands sont très conciliants pour privatiser à destination d’une clientèle groupes la plupart de leurs lieux: musées, monuments publics, entreprises…, avec des offices de tourisme locaux qui se montrent toujours très coopératifs », relève-t-il. Ce qui fait qu’Aclat Multitour réalise ici 20 % de la partie d’activité induite par le secteur artistique. Et qu’il a ainsi contribué à faire de l’Allemagne le numéro un mondial des destinations pour les voyages culturels. Auprès des organisateurs de voyages culturels ou linguistiques, le constat est similaire: « nous envoyons environ 140 groupes scolaires par an en Allemagne, par avion ou par autocar, et nous travaillons les yeux fermés. Par exemple, lorsque nous choisissons le système des familles d’accueil, nous n’avons pas de retour négatif, ce qui n’est pas toujours le cas pour d’autres pays, où ce système peut poser problème », analyse Fabien Chollat, directeur des voyages chez Les Maisons Internationales de la Jeunesse et des Étudiants (Mije), à Paris. « Pour les groupes scolaires, la destination augmente régulièrement chez nous, grâce à des prix inférieurs à d’autres destinations », confirme Arnaud Diem, responsable des ventes Allemagne/Autriche chez Envol Espace, à Caen. Il totalise une soixantaine de groupes par an à destination de Berlin, la Bavière, Aix-la-Chapelle, Cologne…

… avec un bon rapport qualité/prix

Cette satisfaction ressentie par les professionnels s’accompagne effectivement d’un niveau de prix raisonnable et confirmé notamment par les études du cabinet allemand IPK pour le compte du GNTB. Selon lui, le prix moyen de la chambre, l’année dernière, en Allemagne, se situait à 94 euros (+ 3,4 % par rapport à 2011). À titre de comparaison, ce prix était de 256 euros à Paris (+ 8,7 %), de 88 euros pour Berlin (+ 3,7 %) et de 104 euros (+ 4,7 %) en moyenne pour l’Europe. Autre exemple: selon le site hotels.com, les supporters du Bayern de Munich ou du Borussia de Dortmund ont dû se positionner, pour la finale de la Champions League du 25 mai dernier, sur un prix moyen de la chambre à Londres établi pour 2012, à 139 euros la nuit. À Dortmund, il est de 68 euros! Arnaud Diem le reconnaît aussi: « par rapport à d’autres pays, le trafic à destination de l’Allemagne augmente chez nous régulièrement ».

La situation est donc favorable à des perspectives expansionnistes, et rend crédibles les objectifs annoncés par la directrice du GNTB. Un organisme qui a, par ailleurs, déjà tracé les grandes lignes pour les prochaines années. 2014 sera l’occasion de présenter le côté culturel de l’Allemagne, grâce à un partenariat passé avec l’Unesco, concernant la trentaine de sites labellisés. L’année suivante sera celle de la célébration du 25e anniversaire de la réunification, puis 2016 mettra en valeur les parcs nationaux. Enfin, 2017 sera dominée par des événements autour de la personnalité de Martin Luther, célèbre moine augustin allemand, et d’une façon générale, orientée vers le tourisme religieux. Des thèmes qui seront relayés par l’ensemble des représentations du GNTB de par le monde.

Ils devraient notamment permettre à Béatrix Haun, de s’inscrire dans la démarche de croissance initiée par son siège: « de notre côté, l’objectif pour 2020, est d’atteindre, pour le marché français, le cap des 3,5 millions de nuitées, contre un peu plus de trois millions en 2012 ». Dans cette optique et dès maintenant, une campagne de communication (réseaux sociaux, affichage dynamique, street-marketing…) a démarré le 20 mai dernier et se poursuivra jusqu’au 20 juin. Le tout, grâce à un budget annuel qui se situe à hauteur de 185 000 euros, mais qui peut être triplé grâce aux accords passés avec des partenaires tels que Lufthansa, Deutsche Bahn, Alleo (cf. encadré),… Et une destination qui a déjà séduit certains opérateurs: « sur le premier trimestre de cette année, nous sommes sur une progression de 30 % de nos ventes, par rapport à l’année 2012, et, à fin avril, nous sommes à la moitié de ce que nous avons réalisé l’année dernière », se réjouit Karine Buffin, conseillère chez Voyageurs du Monde, à l’occasion de sa première participation au GTM.

Alleo augmente ses capacités, entre France et Allemagne

La filiale commune de la SNCF et de la Deutsche Bahn, Alleo, dont le siège est à Sarrebruck, nourrit, elle aussi, de grandes ambitions sur le réseau franco-allemand de la grande vitesse ferroviaire. Alleo exploite, à ce jour, une douzaine de relations internationales, entre Paris et Francfort, Paris et Stuttgart-Munich ainsi qu’entre Marseille-Lyon et Francfort. Le matériel utilisé alterne les rames françaises TGV et les rames allemandes Ice. Depuis juin 2007, date de la mise en service des premières relations à grande vitesse entre la France et l’Allemagne, la croissance de la fréquentation est constante. Sur l’axe Paris-Stuttgart, qui affiche la meilleure performance par rapport à l’avion, avec un temps de parcours de 3 h 39, la part de marché du transport ferroviaire s’élève à 56 %. Sur le Paris-Francfort, il est de 25 %. « Pour conforter ces résultats, les relations Alleo vont profiter progressivement, jusqu’en 2014, de la livraison du nouveau matériel, les rames Euroduplex dernière génération, qui offrent 40 % de capacité supplémentaire par rapport aux rames TGV actuelles », précise – à l’occasion du 39e GTM –, Olivia Fischer, chargée du développement du marché Alleo à Sarrebruck.

Autre amélioration menée: qualitative celle-ci, un appel d’offres visant la restauration à bord. Ces modifications doivent contribuer à dynamiser le trafic français, et tenter avec l’accroissement du trafic attendu, de l’équilibrer au trafic allemand majoritaire. « Celui-ci représente toujours autour des deux tiers du total, en moyenne sur l’ensemble des axes », reconnaît Olivia Fischer. La nouvelle offre prendra toute sa dimension, particulièrement à l’occasion des prochains marchés de Noël, avec des tarifs incitatifs pour les groupes, à partir de dix pax. Mais, le train a déjà commencé sa séduction auprès d’une large partie de la clientèle. « Sur les différents modes de transport qu’ont utilisés les Français pour se rendre en Allemagne, c’est le train qui enregistre, entre 2011 et 2012, la plus forte progression. Sa part de marché est passée de 6 à 15 %. Même si l’avion reste encore avec plus de 40 % le mode de transport le plus utilisé, et alors que l’autocar se maintient autour des 6 %, il ne faut pas oublier qu’il y a quelques années, la voiture individuelle accaparait 70 % du trafic », observe Beatrix Haun, directrice de l’office national allemand du tourisme à Paris. Une évolution qui explique aussi en partie que le Bade Wurtemberg est devenue, devant Berlin et la Bavière, la première région visitée par les Français.

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