Découverte. Destination avant tout portée par ceux qui la font, les réceptifs, à l’instar d’Eastwest Voyage, les tour-opérateurs, les hôteliers ou encore les compagnies aériennes, le Monténégro dispose d’atouts pour doper son tourisme: une nature omniprésente et variée, une histoire et une culture attachantes, une gastronomie variée et savoureuse, des hôtels d’un bon rapport qualité/prix. Le tout sur un territoire à peine plus grand que le Nord-Pas-de-Calais, mais avec 620 000 habitants seulement et des montagnes en plus.
Les touristes blasés des destinations, elles-mêmes fatiguées des touristes, ne manqueront pas de s’étonner en arrivant au Monténégro. Ils survolent d’abord un capharnaüm montagneux fendu de quelques vallées profondes, promesses de randonnées dont les efforts seront récompensés par des vues à couper le souffle (s’il leur en reste), et de routes sinueuses dont ils ne se tireront pas à grande vitesse.
À l’approche de l’aéroport de Podgorica, dans la plaine bordant l’immense lac Skadar que le Monténégro partage à parts quasiment égales avec l’Albanie, le paysage se fait plus tendre, même si à la fin de l’hiver les eaux prennent leurs aises et s’étalent allégrement dans les prés déjà bien verts. Si l’endroit est un sanctuaire pour les oiseaux, on se dit que décidément le pélican noir a le bon goût de savoir choisir son habitat.
Les virages sur l’aile de l’avion permettent d’embrasser (de loin quand même) les montagnes alentours qui se dressent subitement, comme des cônes posés sur la plaine, formant des chaînes tortueuses entre mer et lac. C’est d’ailleurs à ce mont Lovćen et à ses pins sombres dégringolant vers la mer aperçus par les navigateurs vénitiens que le Monténégro doit son nom. Les Monténégrins le désignent eux par son nom vernaculaire, Crna Gora.
L’appellation de « montagne noire » est quelque peu réductrice, car le pays est aussi parcouru de rivières aux eaux d’un vert transparent de tourmaline ou de calcédoine et de forêts aux teintes parfaitement méditerranéennes. Il en a aussi le climat, du moins sur sa frange côtière, beaucoup moins dans les terres plus continentales et généralement assez élevées. Les saisons n’en sont pas moins marquées, avec neige en abondance l’hiver et soleil en permanence l’été, fleurs de printemps et forêts d’automne.
Mais il n’y a pas que les paysages pour surprendre. En ces temps où ceux qui l’ont inventé doutent de l’euro, le Monténégro, lui, n’a pas hésité à l’adopter comme monnaie dès 2002, avant même son indépendance, et sans faire partie des décideurs ni même avoir la maîtrise de la planche à billets. C’était déjà le cas avec le Deutsche Mark qu’il utilisait avant le passage à la monnaie unique. Toujours est-il que cela facilite bien des transactions, et supprime de fastidieux calculs de conversion.
Pays d’abord rural, à peine effleuré par une industrie qui n’a pas résisté à la crise des dernières décennies, ni aux soubresauts politiques qui ont eu raison de la Yougoslavie du maréchal Tito, le Monténégro est entré directement dans la modernité avec une hôtellerie qui n’a rien à envier à celle de l’Europe occidentale, et des places de stationnement qu’on peut payer directement via son smartphone auprès de la police locale. À Podgorica tout au moins, la capitale.
L’ancienne Titograd dégage, selon les quartiers, des atmosphères différentes. Ici, la ville est encore marquée par le communisme avec une architecture dépouillée, de style brutaliste même, et un urbanisme déconcertant. Là, elle prend des allures de village, avec de vieilles bâtisses taille basse et des rues et ruelles qui, pour les éviter, n’ont pas été tracées au cordeau. Ailleurs, elle se donne des airs modernes avec des tours de verre et d’acier, où se logent souvent des banques, et l’élégant pont suspendu du Millénium inauguré en 2005.
La capitale montégrine ne fait pas dans le clinquant. Elle se contente d’offrir l’animation d’une ville de 150 000 habitants. Presque entièrement reconstruite après la Seconde Guerre mondiale qui ne l’a pas épargnée, elle ne compte que peu de vestiges, à part Sahat Kula, une tour ottomane carrée qui a l’air de se retrouver là par hasard, comme égarée ou rescapée de l’histoire.
Ce n’est pas tant Pogdorica qui arrêtera les touristes que les villes côtières où va l’essentiel des deux millions de visiteurs se rendant au Monténégro, les Français arrivant par le nombre, en 2012, juste après les Russes et devant les Italiens.
Ces derniers ont, il est vrai, depuis longtemps leurs habitudes sur la partie orientale de l’Adriatique. Les marchands et navigateurs de Venise y ont établi de solides liens comme en témoignent Dubrovnik, l’ancienne Raguse rattachée à présent à la Croatie, ou Kotor, autrefois appelée Cattaro par les Vénitiens, attribué depuis deux siècles au Monténégro.
En mouillant dans ces quelques ports, les marchands vénitiens entendaient commercer avec l’arrière-pays montagneux et si difficile d’accès par voie terrestre. Aujourd’hui, ce ne sont plus tant les galères et galions vénitiens qui lui rendent visite que les navires de croisières qui pointent régulièrement leur proue devant les Bouches de Kotor. Des liaisons par car-ferries avec l’Italie (Ancône ou Bari) accostent à Bar, le grand port de commerce monténégrin situé plus au sud.
Des plages de sable fin d’Ulcinj, aux confins de l’Albanie, jusqu’au monastère Savina de Herceg Novi, à un jet de pierre de Dubrovnik, s’enchaînent criques et montagnes à pic, monastères et forteresses de pierres. Cités balnéaires aussi, à l’instar de Budva, la principale ville du littoral. Le développement hôtelier n’a pas eu raison de la vieille ville blottie sur sa presqu’île, avec ses ruelles et ses jolis commerces. À l’abri de ses fortifications, elle forme comme un cocon urbain, avec le bruit des vagues qu’à la nuit tombée on entend frapper les rochers. Un peu comme si la cité avait pris la mer, une arche de Noé à laquelle on accède par de lourdes portes. Ce petit Dubrovnik est aussi connu pour ses flacons de verre, des larmiers destinés à recueillir les larmes de la nécropole romaine, elle même établie sur une ancienne nécropole grecque. Mais ce ne sont pas les larmes que tire généralement Budva, plutôt les rires et l’insouciance des touristes qui flânent sur le bord de mer, donnant à ce petit Dubrovnik des allures de promenade italienne. Alanguie au pied de la chaîne du Lovćen, Budva s’étire dans les découpes de la côte. Les hôtels ont poussé au fil de l’eau, mais sans chasser la nature, toujours visible, côté mer ou côté mont.
C’est presque naturellement qu’on se retrouve à Sveti Stefan, un ancien village de pêcheurs planté dans la mer. Cet îlot transformé en village-hôtel sous Tito a retrouvé son lustre et son luxe depuis sa restauration récente. Tout hôtel que soit devenu le petit hameau, il se visite durant le jour, ouvrant le charme de ses maisons traditionnelles aux toits de tuiles rouges aux touristes attirés par cette vision magique.
En remontant vers le nord, la route mène vers les Bouches de Kotor, joyau naturel le plus connu de la côte monténégrine. Coincées entre les montagnes de l’Orijen au nord et celles du Lovćen au sud, dont les sommets culminent respectivement à 1895 m et à 1749 m d’altitude, les Bouches de Kotor forment un décor exceptionnel qui récompense aussi les randonneurs partis à l’assaut de leurs hauteurs.
Depuis Budva, la route file notamment vers Tivat, première étape dans les Bouches de Kotor, en coupant à travers le relief. Tivat passe pour être la plus récente des villes de l’endroit. L’hôtellerie s’y développe rapidement, notamment autour de Porto Montenegro, une nouvelle marina où un hôtel de luxe est en cours de construction. Un musée pour sous-marins et dédié au patrimoine naval est ouvert à proximité de la marina. Au nord de Tivat, il est possible de prendre un traversier, qui en quelques minutes, permet de se retrouver sur la rive occidentale de l’étroit le plus ténu des Bouches de Kotor.
Destination en soi, ou combiné de choix pour le touriste passant par Dubrovnik et la Croatie, les Bouches de Kotor se donnent des airs de riviera italienne, enfilant les villes et villages de charme comme les perles d’un collier tarabiscoté.
« Le plus méridional des fjords d’Europe », est-il souvent décrit
En février, le mimosa fait son festival dans plusieurs cités, qui organisent notamment des floralies et, temps de carnaval oblige, des bals masqués et tournois divers et variés. En mars, c’est la ville de Stoliv qui célèbre les Journées du camélia, avec floralies également, mais aussi bals à l’ancienne et élection de la Dame du camélia. En octobre, la même cité accueille « Les châtaigniades », un festival gastronomique où les habitants rivalisent de savoir-faire dans les préparations culinaires à base de châtaignes.
D’une manière générale, les villes du pourtour des différents golfes formant les Bouches de Kotor ne manquent pas une occasion de divertir leurs habitants et leurs visiteurs tout au long de l’année. Théâtre, chants, danses folkloriques, musiques, gastronomie, bals et carnavals, tout est bon pour faire la fête.
Parmi les plus connues de ces manifestations, la « Fašinada » se tient chaque année le 22 juillet à Perast, bourgade baroque, avec son palais et son musée maritime, placée sous la protection de l’Unesco. Cette célébration annuelle commémore la découverte, le 22 juillet 1452 d’une icône de la Vierge sur un récif marin. Depuis, les hommes, les plus âgés uniquement, transportent des pierres par barque et les jettent dans la mer pour renforcer l’îlot artificiel qui est progressivement sorti des flots. Sa superficie actuelle est de 3000 m2. Un sanctuaire y a même été érigé au milieu du XVe siècle, mais l’église a dû être reconstruite au XVIIe siècle après un tremblement de terre. Notre-Dame de Skrpjela (Notre-Dame des Rochers, la bien nommée) a pris des allures baroques mâtinées de byzantisme.
À un jet de pierre, ou presque, de cet îlot artificiel, une vraie île fait face à Perast. Elle ne compte qu’un seul habitant, un moine, qui veille sur l’église Saint-Georges. Pour minuscule soit elle, cette île a été à plusieurs reprises conquises par les envahisseurs, notamment les Français en 1812, chassés de l’endroit comme d’autres avant et après eux.
Autre grand moment festif des Bouches de Kotor, la « Nuit bokeloise », fête maritime et dansante qui célèbre la marine de la Boka. Costumes traditionnels, barques décorées, danses folkloriques strictement ordonnées, tout concourt à rendre plus joyeux le mois de mars à Kotor qui, du fin fond de son golfe, a donné son nom à toutes ces curiosités façonnées par la nature et la géologie.
Ceinturée de remparts, la vieille ville croquignolette avec ses étroites ruelles, ses places et placettes, marie dans un décor médiéval, où l’influence vénitienne se fait particulièrement sentir, vieilles pierres et vie moderne. Des boutiques de luxe, des cafés design, des galeries d’art se fondent dans ce ravissant décor, soigneusement entretenu.
Parmi ses nombreux monuments, petits palais et édifices religieux, la cathédrale Saint-Triphon se distingue par sa fière stature. D’abord basilique romane, érigée en 1166, elle a été passablement transformée au fil des siècles, notamment après le séisme de 1667. Des campaniles remplacent alors les clochers romans, la coupole disparaît et le bâtiment lui-même adopte un style mélangeant Renaissance et baroque. Le splendide ciborium, ce baldaquin surmontant l’autel, fait lui référence au gothique. Il remonte au XIVe siècle, tout comme les fragments préservés des fresques illustrant la vie de saint Triphon.
Tout aussi saint est le touriste qui part à l’assaut de la montagne à l’aplomb du triangle urbain de Kotor. Les fortifications, avec leurs nombreux fortins épousent le relief abrupt qui domine la cité. À mi-chemin en grimpant vers la forteresse Saint-Jean, une halte à la chapelle du Salut n’est pas de trop.
Agrippé aux montagnes qui le cernent au fond du golfe qui s’enfonce sur près de 30 km dans les terres, Kotor a été tout naturellement inscrit par l’Unesco sur la liste du Patrimoine mondial de l’Humanité.
À moins de vouloir boucler le tour des Bouches de Kotor, il est préférable de quitter la cité par la montagne en empruntant la bien-nommée « route Serpentine » en direction de Njeguši. Construite au XIXe siècle, cette voie zigzague fortement en s’élevant au dessus de Kotor. Elle doit son nom à ses 32 lacets, scrupuleusement numérotés, qui permettent de grimper à plus de 1000 m d’altitude et de jouir d’un magnifique panorama sur les golfes des Bouches de Kotor.
La légende veut que l’ingénieur des Ponts-et-Chaussées qui a dessiné cette route impressionnante était épris de la reine Milena, et qu’il lui témoigna par voie routière son amour: les trois premiers lacets forment de fait un M griffé dans le relief… Comme s’en amusent les Monténégrins, c’est une chance que la reine ne s’appelait pas Olga. La route aurait alors eu la fâcheuse idée de tourner en rond!
Le col franchi, la route débouche sur un plateau cerclé de montagnes. Vers le Sud de la chaîne du Lovćen, d’ailleurs classée parc national, un monument de granit dédié à Pierre II Petrović Niegoš, se dresse sur une arête. Il offre une vue panoramique sur le lac Skadar, la plaine et les sommets du centre du Monténégro.
Le ton est donné: on entre ici en terre de symbole, celui de l’indépendance du Monténégro et de la dynastie princière puis royale qui l’a portée (voir encadré).
De fait, la route traverse le village de Nieguši, berceau de la dynastie des Petrović Niegoš. Son habitat traditionnel de maisons bien séparées lui donne encore tout son charme. C’est aussi ici qu’est fabriqué un jambon fumé réputé dans tout le pays. Le jambon de Nieguši a la particularité de sécher dans un air influencé tout à la fois par le climat méditerranéen et le climat continental, ce qui lui vaut d’être unique, dit-on.
Un peu plus loin, non sans quelques zigzags supplémentaires, la route parvient à Cetinje, l’ancienne capitale du Monténégro encore toute auréolée de son passé prestigieux.
Ce fut en effet une grande fierté pour les Monténégrins de se voir reconnaître par les grandes puissances du XIXe siècle, après que le Congrès de Berlin, en 1878, a confirmé la souveraineté du Monténégro. Ce petit bourg, de la taille d’un chef-lieu de canton, se trouva tout à coup érigé en ville internationale accueillant les unes après les autres les représentations diplomatiques. Première accréditée, la Russie a ensuite été suivie du Royaume-Uni, de l’Autriche-Hongrie, de l’Italie, de la Turquie, de la France et de la Grèce. D’autres encore les imitèrent, laissant aujourd’hui quantité de bâtiments originaux, rappelant pour certains les pays qui les firent construire. Ils hébergent des services publics, des centres culturels, les fonds particuliers de la bibliothèque centrale pour ce qui est de la villa diplomatique française.
Cet afflux étranger donne à la ville un cachet bien particulier. Elle reste un haut-lieu culturel en abritant plusieurs musées nationaux. Elle conserve aussi tout son aura avec le palais du roi Nicolas Ier Petrović et diverses résidences royales ou princières. De magnifiques parcs urbains ont aussi été dessinés, sous l’impulsion de Nicolas Ier faisant de la bourgade aux rues bordées de platanes, un lieu plaisant à vivre. En diffusant le charme désuet d’une capitale encore imprégnée de Belle époque, Cetinje transporte ses visiteurs dans le temps. C’est tout juste si l’on ne s’attend pas à voir surgir, au coin d’une avenue ombragée, des femmes en crinoline portant ombrelle et des hommes avec queue-de-pie et chapeau haut de forme.
Le sacré n’est pas en reste, avec plusieurs églises et surtout le monastère, dont la première construction remonte au XVe siècle, où ont été conservés reliques chrétiennes et objets sacrés de la souveraineté monténégrine. Sans concurrencer la capitale d’aujourd’hui, Cetinje reste un symbole cher au cœur des Monténégrins.
Si l’essentiel de la population se concentre dans le sud du pays, sur son rivage et dans la plaine au nord du lac Skadar, le pays profond, montagneux à souhait, livre aux touristes toutes les merveilles d’une nature encore peu fréquentée. En laissant Podgorica derrière soi, la route file vers le Nord. À quelques kilomètres avant d’arriver sur le plateau de Kolašin, une visite au monastère orthodoxe de Morača, édifié en 1252, s’impose. Outre son emplacement dans un cadre bucolique, il présente des icônes parmi les plus remarquables du sud-est de l’Europe. Ses fresques raffinées et harmonieusement colorées sont aussi splendides.
Continuons vers Kolašin, gros bourg doté d’une station de ski dont les 30 km de pistes s’étagent entre 1450 et 1950 m d’altitude. Le parc national de Biogradska, à deux pas est un paradis pour les randonneurs et la faune sauvage, notamment le loup, l’ours ou encore le cerf.
Suivant le cours de la Tara, une rivière poissonneuse couleur de tourmaline qui s’écoule vers la Bosnie, la route enchaîne les virages et les passages étroits. Le canyon de la Tara peut atteindre 1300 m de profondeur. C’est l’un des plus impressionnants du monde. Idéal pour les amateurs de sports de rivière.
En gagnant Žabljak, la route reprend de la hauteur. Cette station de ski parmi les plus réputées du Montenegro s’étale dans un paysage magnifique, en bordure du parc national du Durmitor. Les activités de plein air sont ici une seconde nature, qu’il s’agisse de ski l’hiver ou de randonnée l’été, autour du lac Noir par exemple.
C’est par une route sinueuse que l’on peut retourner vers le sud, en direction de Nikšić, la deuxième ville du pays, avec plus de 75 000 habitants. Centre économique important, Nikšić attire probablement moins que le monastère d’Ostrog. Fiché dans la falaise qui domine la vallée, ce monastère en partie troglodyte est un des plus courus du pays. Les pélerins vénèrent les reliques de saint Basile d’Ostrog auprès desquelles ils prient en espérant guérison et soutien pour faire face aux difficultés de la vie. En ce qui nous concerne, c’est plutôt aux difficultés des routes monténégrines qu’on devrait plutôt dédier ses prières!
En fait, il s’agirait plutôt d’un canyon créé par l’effondrement des montagnes dans lequel l’eau s’est engouffrée plutôt que de vallées rabotées par les glaciers comme en Norvège.
Plusieurs compagnies aériennes desservent le Monténégro, à commencer par Montenegro Airlines qui dispose d’une flotte de huit appareils, des Fokker 100 et des Embraer 195. Depuis Paris, elle dessert Podgorica les mardis, jeudis, vendredis, samedis et dimanches, mais aussi l’aéroport de Tivat, dans les Bouches de Kotor, les samedis et dimanches.
Des vols avec escale sont aussi assurés par la compagnie serbe JAT Airways et la compagnie slovène Adria Airways.
Plusieurs tour-opérateurs programment la destination, notamment Top of Travel, Amslav, Tango Voyages, Alest Voyages, Salaün Holidays…
L’offre hôtelière du Monténégro se développe progressivement. La crise mondiale ne facilite pas non plus les investissements, et certains hôtels se voient bloqués dans leur construction ou contraints de fermer. Mais il en est d’autres qui sont d’ores et déjà prêts et largement à la hauteur des attentes formulées par les touristes français, y compris par la clientèle affaires ou incentives.
C’est particulièrement le cas à Kolašin, dans les montagnes de Bjelasica, à une bonne heure de Podgorica. Le Bianca Resort & Spa, se présente comme un gros chalet de bois et de béton, à l’architecture anguleuse particulièrement travaillée. Les chambres, aux fenêtres hexagonales, sont lumineuses et chaleureuses à souhait. La neige peut tomber, l’hôtel garde ses clients au chaud. Que ce soit pour les loisirs – et il n’en manque pas avec la station de ski de Kolašin à quelques kilomètres de l’hôtel – ou pour le Mice, le cadre est un enchantement, les équipements et prestations sont très complètes, avec Spa, grande piscine, salle de sports, location de matériel de ski… En outre, les restaurants de l’hôtel proposent une cuisine succulente, à base de produits frais d’excellente qualité, y compris quand elle est servie sous forme de buffet. Pour tout dire, aucun risotto n’a jamais été aussi délicieux, léger sans rien perdre des subtilités de sa saveur, que celui servi au restaurant du Bianca Resort & Spa. Ce serait presque une raison suffisante pour y retourner, surtout en sachant qu’il y a de quoi s’occuper dans la région, en hiver avec les sports de neige, en été pour les randonnées.
L’autre établissement se trouve sur la côte adriatique, à Budva. C’est peu de dire que l’Hôtel Avala Resort & Villas, est bien placé en bord de mer et à proximité immédiate de la vieille ville fortifiée sur laquelle donnent certaines chambres. Ce complexe hôtelier de grande envergure comprend 290 chambres, dont une partie dans des villas attenantes. Les pièces sont spacieuses (à partir de 28 m2), modernes, décorées avec goût dans un style contemporain reposant. Elles offrent tout le nécessaire et même bien plus avec cet agréable balcon face à la mer par exemple. Bars de nuit, discothèque, casino salles de restaurant, espace de sports, piscine, rien ne manque. Les groupes y sont bienvenus, pour les loisirs ou dans le cadre d’incentives. Des salles de conférence de taille variable sont mises à disposition de la clientèle, ainsi que tout l’équipement technique nécessaire, ce qui est exceptionnel à Budva. L’hôtel propose en outre des packages adaptés à la demande Mice.
On dit l’Orient compliqué. Du coup, il ne nous reste plus de mot pour dire les Balkans. Car voilà bien des terres difficiles à appréhender, où la géographie et l’histoire ont tissé un écheveau tellement emmêlé qu’en tirant un fil, il en vient dix autres. Il n’est qu’à se pencher sur une carte pour constater que tout est imbriqué, que les uns vivent chez les autres et les autres chez leurs voisins. Si ailleurs, il n’est pas nécessaire de couper les cheveux en quatre pour rendre compte de la réalité, ici il est impensable de faire autrement. C’est en tout cas ainsi qu’est né le Monténégro d’aujourd’hui, produit de l’histoire et de la géographie sans que l’on puisse attribuer à l’une ou à l’autre un rôle décisif. C’est même probablement la conjonction des deux qui a présidé à la (re)naissance d’un Monténégro indépendant le 3 juin 2006. L’une et l’autre s’étant épaulées tout au long des siècles pour parvenir à ce résultat acquis par référendum le 21 mai 2006 avec une majorité d’un peu plus de 55 % en faveur d’une séparation d’avec la Serbie.
Mais l’âme monténégrine a essentiellement été portée par deux institutions, l’église orthodoxe d’une part, dont les monastères qui parsèment le pays ont encore une réelle influence, et la dynastie des Petrovic Niegoš qui règna, d’abord d’oncle en neveu tant qu’ils étaient princes-évêques, puis de père en fils quand ils devinrent rois, sur le Monténégro pendant plus de deux siècles. Obtenant, après bien des résistances et des batailles, une certaine autonomie, le pays a fini par se libérer du pouvoir ottoman au début du XVIIIe siècle et a pu ainsi affirmer son indépendance. L’un de ses plus emblématiques souverains reste Pierre II Petrovic Njegoš, à la fois prince-évêque du Monténégro de 1830 à 1851, philosophe et poète. Son œuvre La Couronne des montagnes, soulève encore l’émotion dans les âmes monténégrines.
Un de ces successeurs, Nicolas Ier Petrovic Niegoš a lui ouvert le pays sur l’Occident, durant son long règne, de 1860 à 1910. Mais il souleva aussi d’autres émotions en mariant ses filles aux familles régnantes de Serbie, de Russie ou encore d’Italie. Il réussit si bien qu’on le surnomma « le beau-père de l’Europe ».
Après avoir travaillé plusieurs années dans le secteur touristique, Zorka Raicevic a ouvert sa propre agence réceptive, Eastwest Voyage, en mars 2011, qu’elle dirige. Le potentiel du pays est tel que les demandes affluent. Elle connaît son pays comme sa poche. À l’affût du moindre changement, qu’il s’agisse de la rénovation d’un hôtel ou de l’ouverture d’un nouveau restaurant, rien ne lui échappe, pas même son téléphone portable, toujours à portée de main pour rester réactive. En plus de ses trois salariés à plein temps, elle s’est aussi entourée d’un collaborateur français installé au Monténégro. Philippe Girault l’aide ainsi à conquérir le marché français, un symbole pour cette agence au nom en partie emprunté à notre langue. Voyage, voyage…
À qui s’adresse à votre agence?
Eastwest Voyage est une agence réceptive qui travaille en btob. Plus de la moitié de nos clients sont des Français, mais nous recevons également des demandes en provenance d’Italie, d’Israël, de Turquie, de Hongrie, de Slovénie. Eastwest Voyage est enregistrée au Monténégro. Même si nous traitons avec plaisir les demandes individuelles, pour une large part, nous sommes installés sur le marché groupes, avec en moyenne 35 pax, mais cela a pu aller jusqu’60. Lorqu’il s’agit de randonneurs, nous préférons limiter à 35 personnes, tant pour des raisons de sécurité que de qualité.
Quelles demandes vous sont adressées et quelles offres proposez-vous?
Pour les groupes, ce sont généralement des circuits et, dans une moindre mesure, des séjours de huit jours / sept nuits, qui sont recherchés. Les demandes groupes sont parfois également ciblées: randonnée, trekking, parcours à thème religieux, pélerinage aussi, notamment au monastère de Nikšic, un lieu ouvert à tous mais particulièrement important pour les orthodoxes. Nous proposons aussi des packages hiver, spécialement durant les vacances scolaires des Français. Nous prévoyons aussi d’offrir prochainement un circuit gourmand à travers le Monténégro. Nous répondons aussi aux demandes du marché Mice, et pouvons organiser des incentives, des ateliers ou des conférences.
Quels sont pour vous les principaux atouts du Monténégro comme destination touristique?
Le Monténégro est encore étranger au tourisme de masse. Les tarifs restent abordables et la qualité des prestations tout à fait correcte. En outre, l’usage de l’euro est certainement un atout, de même que la proximité, à moins de trois heures de Paris.
Le pays est certes petit, mais il compte beaucoup de lieux à explorer, de paysages à découvrir. Il est riche de ses traditions séculaires, d’un passé passionnant qui lui a laissé un patrimoine intéressant. Le Monténégro est également une destination « nature » de premier plan avec cinq parcs nationaux, de nombreuses rivières, qui plus est, poissonneuses, des canyons impressionnants, propices aux descentes en rafting ou en kayak, 3 000 km de chemins de randonnée balisés, pour marcheurs ou adeptes du VTT,… Les amateurs de plein air et d’activités physiques sont servis. Ceux qui aiment les divertissements culturels peuvent trouver tout au long de l’année des manifestations susceptibles de leur plaire, qu’il s’agisse des fêtes de carnaval, des festivals de musiques, du jazz à l’électro en passant par le classique, le rock ou la pop, des cérémonies ou commémorations traditionnelles.
Enfin, et c’est particulièrement important pour les Français, le Monténégro est aussi riche de sa cuisine. Plusieurs festivals ont pour thème tel ou tel produit de la gastronomie monténégrine, les poissons, par exemple, au Festival gastronomique du lac Skadar. Nous avons aussi de bons vins, presque comme en France!
Quels conseils donneriez-vous aux agences intéressées par cette destination?
Je recommande à nos clients qui ont des intentions sur le Monténégro de réserver les vols le plus tôt possible. Les tarifs sont plus faciles à négocier, et il faut savoir que des réservations sont effectuées un an à l’avance et que l’offre aérienne n’est pas illimitée.
Les meilleures périodes pour visiter le Monténégro se situent en dehors de la haute-saison, d’avril à juin, ou de septembre à novembre. Les adeptes des sports d’hiver peuvent bien sûr trouver leur compte dans les stations de ski du Monténégro de décembre à fin mars.