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Le château de Guillaume le Conquérant se dévoile « en vrai »

Bon plan | publié le : 01.06.2013 | Dernière Mise à jour : 01.06.2013

Auteur

  • Karine Filhoulaud

Calvados À Falaise, le château de Guillaume le Conquérant propose aux visiteurs, depuis peu, une visite historique numérique. Celle-ci dévoile le monument tel qu’il était au Moyen-âge, par le biais d’un dispositif axé sur la réalité augmentée.

À celui qui n’apprécie guère les châteaux non meublés, celui de Falaise dans le Calvados apporte une nouvelle, et des plus inattendues, réponse… Si presque toutes les salles de l’édifice sont effectivement vides et dépourvues d’ornementations, les visiteurs y admirent pourtant de riches intérieurs très colorés, signe d’une grande richesse à l’époque. L’explication de cet apparent paradoxe tient à l’utilisation de la technologie dîte de « réalité augmentée ou virtuelle: celle-ci veut que l’on se joue de la vision humaine en proposant une autre version de ce qu’elle est censée capter. En d’autres termes, un visiteur qui serait dans un espace billetterie-boutique par exemple, ne devrait voir que caisses, comptoirs, vitrines,… sauf si un outil tel qu’une tablette, contenant un complexe logiciel approprié, lui propose autre chose!

Renaissance d’un château

Et c’est le cas justement dans l’espace accueil du château de Guillaume le Conquérant. Le même visiteur, en regardant sa tablette, découvre la cuisine médiévale du lieu avec couteaux, billot, cheminée, aliments, récipients… devant lui. Mais aussi, et c’est ce qui rend l’expérience vraiment saisissante, tout autour de lui, au fil de ses mouvements et déplacements, et d’insoupçonnés autant qu’innombrables calculs informatiques, il découvre que la cuisine l’entoure… ou plutôt qu’il « est » dans la cuisine! Avec la tablette devant les yeux, chaque visiteur est plongé définitivement au Moyen-âge avec ce plancher rustique ou encore cette charpente de bois en lieu et place de l’aluminium du plafond et des dalles d’aggloméré du sol.

Avant de commencer la visite moyennâgeuse, le fonctionnement de la tablette est expliqué. Ainsi, au centre de chacune des salles se trouve une mire ronde collée au sol sur laquelle la tablette doit être positionnée le temps qu’elle intègre les nouvelles données de localisation propre à chacune des pièces. Lorsque, après seulement trois ou quatre secondes, elle est opérationnelle, l’écran devient flou et laisse de façon presque magique apparaître le Moyen-âge…

Deux entrées sont proposées pour l’utilisation de cette tablette. Première d’entre elles: la « normale » qui permet de contempler simplement la réalité médiévale dans laquelle on est comme intégré. L’augmenté offre la possibilité d’afficher des légendes sur des éléments médiévaux particulièrement intéressants. Est également proposée la « ludique » qui engage à dénicher, toujours dans les pièces reconstituées, deux points brillants et clignotants. Ils localisent les objets du Moyen-âge, que l’on doit mettre dans le coffre aux trésors virtuel de la tablette.

À chacun donc son mode de découverte, que l’on peut bien sûr alterner tout au long du parcours.

Dans un château vide ou presque

Une fois passée l’entrée du château (elle, bien réelle!), reconstruite il y a maintenant vingt ans avec ses murs, son herse, ses meurtrières… en béton et en métal, les visiteurs pénètrent dans la première et vaste salle de l’édifice.

Face à un haut mur lisse et foncé, tentures, meubles et objets du quotidien composant un intérieur gai et soigné… se dévoilent virtuellement. S’enchaînent des salles de réception et des espaces plus privés… où des braseros des coupes de fruits, une plume pour écrire, des tapis, une lanterne, des coussins, des rideaux, des frises… sont eux « visibles ». En entrant dans la seule pièce vraiment aménagée, on se prend à être surpris de voir de vrais meubles et éléments de décoration couverts de vives couleurs. Autre pièce marquante: le cellier circulaire, où l’on se sent plus encore que dans les autres salles, vraiment dans les lieux médiévaux. Paniers, brocs, aliments paraissent si proches… C’est certainement l’exiguïté de la pièce, aussi réelle que virtuelle bien entendu, qui produit cet effet. Idem dans la petite chapelle en fin de visite: ici, tableaux, statues, autel… pourraient être à portée de main s’ils existaient! Sans doute l’écoulement goutte à goutte qui se fait entendre dans le cellier, comme les chants grégoriens diffusés dans la chapelle, accentuent-ils le côté immersif de ces espaces virtuels.

Quand le réel réapparaît

Dans les deux dernières salles, la tablette prend un rôle plus communément envisagé de borne tactile d’information individuelle. Dans la salle qui rassemble des maquettes de machines de guerre médiévales, on positionne la tablette devant de petites mires pour voir, sur l’écran, fonctionner les engins. Le principe est le même dans la salle consacrée à Guillaume le Conquérant: sur la tablette, le château se construit à grande vitesse, un cavalier normand présente tout son attirail de soldat sous divers angles, un drakkar fait de même…

Un film évoquant la bataille d’Hastings clôt la visite intérieure du château. Projeté dans un décor composé de vraies maquettes de navires illuminées, sur très grand écran, cette dernière animation paraît presque démunie de technologie… , mais elle a pour avantage de faire revenir en douceur à la réalité.

Pratique

– Ouvert tous les jours de 10 h à 18 h.

– Visite guidée classique d’1 h 30.

– Tarif groupe sur la base de 20 pax. Une gratuité par tranche de 10. Au-delà de 20 payants: gratuité accompagnateur et conducteur.

– Parking au pied des remparts.

– Tél.: 02 31 41 61 44

(www.chateau-guillaume-leconquerant.fr)

La tablette, oui… mais pas seulement!

Pour de petits groupes souhaitant effectuer la visite ensemble, la visite guidée avec tablette et animée par un médiateur, est possible. Mais, pour profiter pleinement de la muséographie, mieux vaut être autonome. Le parcours intérieur inclut aussi des projections sur les murs de certaines salles: des personnages clés de l’histoire du château interprétés par des comédiens de talent s’adressent face aux visiteurs. Des panneaux informatifs et thématiques jalonnent aussi le parcours en intérieur, comme en extérieur où la basse cour se visite aussi. Un chemin qui longe les remparts mène à diverses tours accessibles au public. En six endroits, des bornes rouges sont posées sur l’herbe: grâce à des œilletons et à un système de plaques stéréoscopiques, on peut ainsi visionner, sous divers angles, en 3D et en couleurs, les lieux tels qu’ils étaient au Moyen-âge. Enfin, dans un fragment de rempart, sur grand écran, est diffusé un montage d’images de synthèses en 3D montrant le château à différentes époques de son histoire.

À savoir…

Ce type de visite qui conduit à une découverte, pas après pas, implique que l’on marche lentement, et que l’on fasse de courtes enjambées pour limiter tout risque… Se cacher la vue avec une tablette pousse aussi à une certaine vigilance avec ses voisins! En se concentrant sur l’outil numérique, le visiteur ne se focalise pas sur des panneaux, un guide, des vidéos, des objets… mais sur un outil qui l’entraîne dans tous les sens! Enfin, la tablette délivre peu d’informations, mais privilégie le visuel.

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