Certificats numériques, enfants, formulaires de localisation... À chaque pays, sa politique. De quoi brouiller les esprits des voyageurs et pousser l'IATA à appeler les États membres de l'UE à accorder leurs réglementations.
L'harmonisation européenne au sujet des voyages est loin de faire l'unanimité depuis le début de cette crise sanitaire. Preuve en est avec ce nouvel appel de l'Association du transport aérien international (IATA), qui demande aux États membres de l'UE d'accorder leurs réglementations d'entrée.
« L'Association du transport aérien international (IATA) a averti que la libre circulation au sein de l'Europe est compromise par l'échec des États membres de l'UE à harmoniser les réglementations d'entrée du Covid-19. En conséquence, la réouverture des frontières perturbe les voyageurs et les entreprises et n'apporte pas les avantages escomptés en termes de facilité de voyage et de reprise économique », indique-t-elle dans un communiqué le 2 septembre.
Les problèmes
Les voyageurs et professionnels du tourisme ont en effet de quoi perdre la tête face aux protocoles mis en place... Les différences significatives révélées par l'IATA sont nombreuses :
- Près de 30% des États utilisant le certificat numérique de l'UE n'acceptent pas les tests rapides ;
- 19% des États n'exemptent pas les enfants des exigences de test ;
- 41% des États n'autorisent pas l'entrée des voyageurs vaccinés en provenance de pays non membres de l'UE sur la « liste blanche » ;
- 45% des États acceptent les formulaires de localisation des passagers en ligne, 33% les acceptent en papier et en ligne, mais 11 % n'acceptent que le papier et 11 % supplémentaires n'ont aucun formulaire de localisation.
« Comment les passagers peuvent-ils voyager en toute sérénité alors que les règles sont si différentes dans chaque pays de l'Union européenne ? Ils ne savent pas si leurs enfants doivent être testés ou non, ou s'ils doivent remplir un formulaire sur papier, en ligne ou pas du tout. C'est une Union européenne. Les gens s'attendent raisonnablement à une approche unie de la gestion des voyages », estime Rafael Schvartzman, vice-président régional de l'IATA pour l'Europe.
Les solutions
Pour faire à ce problème, l'IATA appelle notamment à :
- Effectuer une vérification des certificats numériques avant l'arrivée des passagers à l'aéroport, pour limiter les perturbations opérationnelles et donner aux passagers la certitude qu'ils sont prêts à voler ;
- Développer un portail d'État pour faciliter la vérification directement par les autorités nationales et limiter le traitement des données de santé par les compagnies aériennes ;
- Intégrer les formulaires numériques de localisation des passagers dans un portail d'État pour la vérification, ce qui n'est pas le cas actuellement dans 80% des pays européens ;
- S'aligner sur les exigences en matière de santé, notamment sur les tests rapides, sur l'exemption des mineurs, sur l'ouverture universelle des frontières aux passagers vaccinés...
Le message sera-t-il rapidement entendu ?